Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

lundi 28 octobre 2013

De retour du festival de la maquette du MCK

Beaucoup de monde, beaucoup de stands. L'édition 2013 du salon de la maquette fut pour nous l'occasion de confirmer, une fois encore, notre appartenance à la communauté du modélisme à la pointe
du mondede la Bretagne.

Notre stand, avant l'invasion des visiteurs : 8 tables sur lesquelles toutes les dimensions, toutes les échelles et toutes les périodes sont représentées.

Qui sommes nous ? Que faisons nous ? Les questions essentielles.

Nos petits modèles ont suscité la curiosité de nombreux observateurs, surpris par la finesse des gravures des figurines exposées et le travail de peinture.

- Du 15 mm ? Et vous arrivez à les peindre ? Et même du 6mm ?

Il faut signaler également la présence de notre excellent ami et camarade venu d'Outre-Manche, qui a partagé quelques-unes de ces réalisations. Mark Votier est son nom.
Le peintre est Anglais, les tenues sont donc rouge.

En cours de réalisation, pour un prochain débarquement.

De plus, Mark nous a aidé à animer quelques batailles d'initiation au jeu d'histoire avec figurines. En effet, l'une des différences que nous avons avec les modélistes présents au salon est que non seulement il est possible de toucher nos maquettes, mais que l'on vous propose de jouer avec elles.
 La table proposée au public, sur le thème "Arturus Rex".
La main de Mark conduisant à la Bataille.

Ce festival fut l'occasion de présenter notre loisir au public. Nous tenons donc ici à remercier l'équipe du MCK non seulement pour l'ambiance du salon mais aussi l'excellence de son organisation.

samedi 26 octobre 2013

Kerguidu 1793 : baroud au Bro Léon

Avant la Chouannerie et la Vendée Militaire, des épisodes sanglants vont secouer la Basse-Bretagne, où la population prendra les armes contre les abus de la Convention. La répression sera immédiate et terriblement efficace. Toutefois, la Vendée occultera aux yeux de l'Histoire ces combats devenus anecdotiques.
L'image en Noir et Blanc n'est pas toujours d'époque...




Kerguidu 1793 : baroud au Bro Léon


Pour cette simulation, nous choisissons la règle Muskets and Mowaks, de 2HoursWargame. Cette règle d'escarmouche, écrite autour de la Guerre de 7 ans au Canada, est particulièrement adaptée pour cette époque de la "poudre noire", et donc de la Révolution française. Son principe est basé sur une série de tests, prenant en compte le moral et la discipline des combattants (des cavaliers me chargent... je m'enfuis, ou je leur tire dessus?).







Kerguidu 1793 : baroud au Bro Léon

Nous sommes donc le 24 mars 1793. Les Républicains (comprendre : les Forces de la Convention, la Bretagne étant de cœur fédéraliste), viennent de mater la révolte à St Pol de Léon et à Plabennec, où la population se soulevait contre la levée en masse de 300.000 hommes décidée le 24 février pour contrer la coalition des états européens.
Les insurgés souhaitent couper la route qui mène de St Pol à Brest, en détruisant un pont franchissant une rivière, près de la ferme de Kerguidu.







Kerguidu 1793 : baroud au Bro Léon

A St Pol, les troupes républicaines sont constituées de Gardes nationaux et de volontaires du Calvados.

A Lesneven, le Général Canclaux dispose d'un détachement issus des 1.200 hommes en attente d’embarquement pour St Domingue afin d'y contrer la révolte des esclaves. Les deux colonnes de 300 hommes disposent chacune également d'un canon. Les insurgés, certainement bien plus nombreux, étaient quant à eux faiblement équipés.



Venant de St Pol, la sensation de traquenard semble évidente...
...et exige des mesures d'urgence.

Comme dans la véritable histoire, les premiers chocs se déroulèrent sur la rive droite. Mais les insurgés, ne faisant pas le poids face à la discipline et aux canons des forces de la Convention ne purent lâcher prise.

La victoire républicaine est logique, et les pertes sont magnifiées. Si le vainqueur claironne fièrement de 250 à 400 insurgés tués, les registres des décès des communes n'en dénombrent que 6, dont 2 femmes.
 L'épilogue, classique et attendu .

dimanche 20 octobre 2013

Check Your 6 !

Un peu d'aérien 2° Guerre Mondiale pour décrotter ces bottes pleine de glaise impériale... ça fait du bien de changer un peu.
Il n'est pas évident de représenter du combat aérien sur les deux dimensions d'une table de jeu. De fait, les règles ne sont pas si nombreuses si l'on considère les décennies écoulées (déjà...).

Du coté des "simulationistes" qui souhaitent fournir une représentation réaliste, tout (ou presque) se joue sur carte avec des pions. Les étapes principales ont été "Air Force" (1976), le système de J.D. Webster (de "Air Superiority" en 1987 à "Whistling Death" en 2003, qui semble revivre récemment avec une extension dans le magazine de Clash of Arms) et le formidable système "Birds of Prey" (2008).

Du coté des "joueurs" (qui acceptent une forte abstraction pour fournir un jeu plus endiablé que technique), à l'ouest encore moins de nouveau... Depuis le génial système de "Blue Max" (1983, avec une superbe éditions française nommée "les ailes de la gloire"), pas grand chose de neuf si ce n'est son adaptation à la seconde guerre mondiale puis au moderne par Scott Fischer depuis 2007 dans sa série "Check your 6!".
 Check Your 6 !
C'est ce dernier système que nous utilisons communément au club pour jouer l'aérien. Tant pis pour le plaisir de la simulation "réaliste" des mouvements, ça bouge, c'est simple et ça utilise de jolies figurines d'avions (nous nous sommes tournés vers les Raiden Miniatures (I-94) au 1/285ème mais tout est possible, le système est très ouvert).

Pour schématiser, chaque type d'appareil dispose d'une fiche qui présente les manœuvres possibles. A chaque tout de jeu, les joueurs programment leurs mouvement "en simultané" et en secret suivant ce que peuvent faire les avions et ce qu'ils devinent des intentions de leurs adversaires. Les déplacements sont donc effectués en simultané suivant les programmations, avec leur lot de surprises...

Il est possible de jouer des scénarios simples ou des campagnes plus ou moins complexes dont le déroulement dépend des résultats successifs.

D'expérience, le système est très accessible pour les débutants et les parties ont très peu de temps morts. Plusieurs livrets d'extensions ou de scénarios permettent d'aller batifoler au dessus de tous les champs de bataille de la seconde guerre mondiale mais aussi des conflits plus récents (Corée, israélo-arabe, Vietnam...) avec un système commun.
En somme, c'est beau et ça bouge bien. Que demander de plus ?

lundi 14 octobre 2013

Valoutina-Gora 1812

Une nouvelle séance de DBN sur la campagne de Russie, cette fois pour un premier test d'un scénario pour proposer une future initiation au public.

Valoutina-Gora, c'est la banlieue est de Smolensk, la ville sainte. En août 1812 Napoléon pense que les Russes viennent de lui offrir une chance historique de remporter la campagne en défendant la ville, symbole religieux que personne ne laisserait aux Français... Il ordonne donc le siège de la ville, 3 jours d'assauts furieux face à des murs médiévaux contre lesquels la Grande Armée est mal équipée. Mais au matin du 19 août, alors que les défenses s’effondrent, les Français constatent que l'armée russe a évacué la ville pendant la nuit. Les corps français entament la poursuite dans la plus grande improvisation.

Au nord, impossible de rattraper les Russes, qui ont trop d'avance.

Mais à l'est, le corps de Tchoutkov, qui couvrait la retraite du train d'artillerie, s'est perdu dans des marécages et est toujours à porté !!! Ney, toujours bouillant, fonce, plus ou moins soutenu par Junot et ses westphaliens. Junot ne s'est jamais vraiment remis d'une blessure à la tête (un coup de sabre reçu en Espagne) mais personne ne veut l'admettre, et l'on blâme plutôt ses mauvaises relations avec l'état-major westphalien.
Au centre du champ de bataille les deux corps russes de Tchoutkov et de Baggovout. A gauche de l'image, les deux corps français de Ney et de Junot qui entament le combat.

Les Français ont l'avantage en qualité de troupes, et une quasi-parité numérique. De plus Ney est un chef redoutable et dispose entre autres de la remarquable brigade de cavalerie lourde saxonne, un avantage indéniable.

Pour autant, les Russes ne sont pas de simples victimes offertes en sacrifice. Si ils sont en infériorité numérique, ils disposent de plusieurs unités de grenadiers qui renforcent encore leur solide infanterie. De plus leurs cosaques ne peuvent être négligés même si ce ne sont pas des troupes de choc.

Au nord, Ney fonce et crée un désordre dans les rangs russes par une manœuvre de flanc. Il ne faut pas traîner, l'objectif des Français est soit de faire traverser la rivière à un maximum de brigades, soit de démoraliser complètement les russes au plus vite.

L'objectif est de poursuivre le gros de l'armée, pas de remporter une victoire facile sur une fraction négligeable des forces ennemies.
Hélas au sud, Junot se montre franchement apathique et sa progression est bien plus lente qu'espérée et n'épaule pas efficacement Ney. Les Français ont historiquement remporté une petite victoire mais sans pouvoir rattraper le gros de l'armée russe.

Ce combat est atypique puisque l'avantage des généraux français est moins évident que lors des autres batailles de la campagne (Ney est excellent mais Junot n'est pas meilleur que les Russes, généraux très braves mais manœuvriers moins énergiques que les Français par goût, par doctrine et par une moindre efficacité des état-majors).

Dans notre petite partie les Russes ont fait un peu mieux que dans la réalité: quoi que malmenés dès le début par le corps de Ney ils ont résisté solidement et les deux armées se sont effondrées au même moment. Match nul tactique et donc une petite victoire stratégique pour les russes dont la retraite vers Moscou sera un peu plus calme. Aurons-t'ils le temps de mieux fortifier Borodino ?

samedi 12 octobre 2013

Harran, en ce joli mois de mai 1104

Décidément, il existe des lieux maléfiques pour les Occidentaux. Alors que les siècles n'effaçaient pas la désastreuse défaite des Légions romaines à Carrhae, en 53 avant notre ère, une armée européenne se présentait de nouveau sur cette même route afin d'assurer de façon définitive son empreinte en Orient. Nous sommes en 1104. C'est le temps des Croisades, et Carrhae s'appelle désormais Harran.

A la tête de l'armée croisée, Beaudoin du Bourg, comte d'Edesse, et futur roi de Jérusalem. Il commande une armée hétéroclite d'un peu plus de 10 000 hommes, de la piétaille en majorité. En face, la cavalerie légère turque et les troupes syriennes les attendent.
La situation au départ, sur la route de Mossoul.
Les chevaliers croisées se précipitent au contact... il est vrai que l'herbe semble plus verte dans cette direction...
...alors que la nasse musulmane se referme.

Le résultat ne se fait pas attendre. Beaudoin tombe, comme dans l'Histoire, la Vraie. Il sera effectivement capturé, ainsi que son cousin Josselin de Courtenay. Libéré en 1108, après une tentative avortée d'évasion, il deviendra roi de Jérusalem en 1118.

La bataille de Harran marque un tournant dans l'histoire des Croisades, et marque la fin de leur expansion vers l'Est.

dimanche 6 octobre 2013

Winkowo 1812

Un autre épisode de la campagne de Russie...

Après Borodino les Français ont pris Moscou et profitent d'un début d'automne encore clément pour se remettre des épreuves de la campagne. Mais l'armée russe n'a pas été détruite et l'Empereur s'inquiète de ne pas avoir d'informations précises sur sa position et ses intentions.
Le corps de cavalerie de Murat est stationné au sud de Moscou, soutenu par l'infanterie du corps polonais de Poniatowski.

Les cavaliers, confiant après leur participation brillante à la bataille de la Moskova (Borodino) ne semblent néanmoins pas accueillir les tâches ingrates de la reconnaissance avec enthousiasme. C'est ainsi qu'ils ne repèrent absolument pas l'approche de la 2° armée de l'Ouest commandée par Koutousov.

La situation est dramatique, car la principale force de cavalerie française en Russie bivouaque avec insouciance autour de Winkowo alors que l'ennemi a quitté son camps de Taroutino pour l'attaquer à l'aube, 40000 hommes contre 26000. Heureusement les brigades d'infanterie polonaise ont disposée un mince rideau de tirailleurs au sud qui va servir d'alarme.



Le vieux général n'est pourtant pas enchanté de se trouver là. Si ses compétences de commandant ont pu être discutées, son talent de courtisan est incontestable, et il sait fort bien que l'ordre d'offensive qu'il a reçu d'Alexandre sont le fait du général Bennigsen.
Celui-ci (comme bien d'autres) pétitionne auprès de son empereur pour obtenir le commandement en chef à la place de Koutousov et souhaite donc obtenir une victoire qui soulève l'enthousiasme de la Russie. L'imprévoyance coupable de Murat est bien prêt de la lui offrir.
Koutousov ne peut pas s'opposer à cela, mais en tant que commandant en chef il passe la veille à "réorganiser des détails" du plan et à affecter à Bennigsen un état-major déjà critiqué pour son manque de compétence.

Les Français au bivouac, chevaux dessellés, alors que les Russes manœuvrent en lisière sud pour lancer l'assaut.

Qui oserait accuser le chef russe d'avoir "savonné la planche" de son rival ? N'est-ce pas plutôt un effet des hasards malheureux de la guerre ? Toujours est-il que l'aile droite de Bennigsen n'est pas en position comme prévu à 4 heures du matin.

Les corps de l'aile gauche (commandés par des officiers moins propres à menacer la place de Koutousov) sont parfaitement prêts et entament leur attaque. Heureusement, les quelques tirailleurs polonais font écran, et si ils ne peuvent arrêter l'avance des soldats en vert... sauf à l'est, ou Bennigsen n'est toujours pas en place pour l'attaque.

Les Russes ont emporté une belle victoire à Winkowo, mais la bataille n'a pas tourné au désastre prévisible. L'alarme des tirailleurs a donné aux cavaliers les quelques minutes dont ils avaient besoin et quand la vague russe les a atteint ils étaient désorganisés mais en selle.

Leur expérience et leur valeur a fait le reste, et une série de combats désespérés leur a permis de reculer en bon ordre vers le nord. Ils ont abandonnés leur campement mais restent une force combattante intacte.

Koutousov expliquera à tous que ce demi-succès stratégique est du au retard de l'aile de Bennigsen, et obtiendra son blâme pour cet échec.
... il n'était pas le chef pour rien...
Au lendemain de Winkowo, Napoléon est persuadé qu'il sera impossible d'hiverner en Russie avec l'armée de l'ennemi libre de ses mouvements autour de Moscou. Il décide donc de rapatrier son armée vers les provinces de Prusse, c'est le début de la retraite de Russie...

Azincourt 1415

Quoi de plus classique que la bataille d'Azincourt ? La piétaille anglaise (pardon, galloise) tirant aux pigeons sur l'arrogante chevalerie française qui voit ici l'une de ses défaites les plus humiliantes. Pour beaucoup, Azincourt est le champ du cygne de la chevalerie. J'avais dit pigeon ?
le champ de bataille : les anglais, inférieurs en nombre, attendent les Français qui ne manqueront pas de se précipiter dans le piège.
L'Histoire n'a pas été réécrite. Dès le premier choc, les chevaliers français ont été mis à mal, et ont laissé le champ libre aux Anglais, libres de poursuivre leur chemin pour rentrer chez eux.


Et si ? Et si les Français avaient laissés l'infanterie prendre initiative ? Nous avons rejoué cette option. Le résultat fut, bien sûr, fort différent. Les Anglais battus, Henry V capturé, il est fort à parier que la face du monde eut été changée.