Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

samedi 26 avril 2014

Un éléphant, ça piétine énormément




Un éléphant, ça piétine énormément

Laissons la parole à Lucien de Samosate. 

"Je vais vous raconter l'aventure qu'eut Antiochos dans sa bataille contre les Galates. Sachant qu'il avait affaire à des hommes braves, et les voyant supérieurs en nombre, formés en phalange serrée, se développant sur un front de bataille de vingt-quatre hoplites de profondeur, tous couverts de leurs boucliers et de cuirasses d'airain, flanqués de vingt mille hommes de cavalerie sur chaque aile ; au centre, quatre-vingts chars armés de faux tout prêts à s'élancer, et deux fois autant de chars attelés de deux chevaux ; Antiochos se crut perdu et regarda cette armée comme invincible, d'autant que la sienne avait été levée à la hâte, sans grandeur dans ses proportions mesquines, bataillons peu nombreux, composés presque tous de peltastes et de troupes légères".



Un éléphant, ça piétine énormément

"Antiochos songeait à un accommodement et à quelque moyen honorable de terminer la guerre, quand Théodotas de Rhodes, brave capitaine et tacticien consommé, ne voulut point qu'en sa présence on désespérât du succès. Il avait seize éléphants. Il ordonne de les cacher, de les dérober à la vue des ennemis. Puis, quand on sonnera la trompette, que la mêlée commencera, qu'on en viendra aux mains, que la cavalerie des Galates se mettra à charger, et que leur phalange en s'ouvrant livrera passage aux chars poussés en avant, alors quatre des éléphants s'élanceront sur chacune des divisions de la cavalerie ennemie, et les huit autres sur les chars armés de faux ou traînés par deux chevaux".
"Les Galates et leurs chevaux n'avaient jamais vu d'éléphants, et sont si épouvantés de ce spectacle inattendu, que, même loin de ces animaux, au seul bruit de leurs cris, à la vue de leurs défenses dont la blancheur était relevée par la couleur noire de leur corps, à l'aspect de leurs trompes dressées et menaçant de saisir ce qu'ils pourraient rencontrer, ils lâchent pied avant qu'on en vienne à une portée de trait, et s'enfuient en désordre. Les fantassins s’entre-percent de leurs lances, et sont foulés aux pieds des cavaliers, qui se ruent sur eux de toute leur vitesse. Les chars, retournés contre leur propre parti, ensanglantent leur passage, et, comme dit Homère : ils tombent, et tombant roulent avec fracas. Les chevaux, une fois lancés hors de leur route et ne pouvant tenir contre les éléphants, jettent à bas leurs conducteurs, Traînent par les sentiers le char vide et sonore , coupent et déchirent avec les faux ceux mêmes de leurs amis qui sont renversés. Or, combien n'y en avait-il pas de gisants au milieu de cet affreux tumulte ! Cependant les éléphants poursuivent leur course, écrasant sous leurs pas, lançant en l'air avec leurs trompes, et perçant de leurs défenses tout ce qu'ils rencontrent. En un mot, ils font remporter à Antiochos une victoire complète".



Un éléphant, ça piétine énormément



La Bataille des éléphants s'est déroulée vers -275, non loin de Pergame. Antiochos a gagné le titre de Sôter (le Sauveur), les Séleucides ayant stoppé la progression des Galates en Asie mineure.

Mais Lucien, qui relate ces évènements, est né un siècle et demi après la bataille. De nombreux détails sont litigieux (comment donc cacher des éléphants en plaine ?), et mettent en doute la véracité du récit.

Laissez-nous conter ce qui c'est réellement passé.


L'armée d"Antiochos, faisant face aux barbares
L'éléphant domestique et policé...
...face aux hordes hirsutes indisciplinées
Mais les Galates disposaient également d'équipements plus complexes
Mais les Galates disposaient également d'équipements plus complexes
Vue générale de la bataille
Et zoom sur un choc extraordinaire

Ensuite, tout s'est déroulé très vite. Les éléphants, qui n'avaient jamais vu de Galates, sont si épouvantés par ce spectacle inattendu que, même loin de ces barbares, au seul bruit de leurs carnyx, à la vue de la couleur crasse de leurs corps, qu'ils lâchent pied et s'enfuient en désordre... En un mot, Antiochos remporte ici sa plus grande humiliation.

Et Lucien est un menteur.

samedi 12 avril 2014

11 avril 1809 - Ile d'Aix : le bal des brûlots

Nous sommes le 11 avril 1809. Disons tout de suite que les choses sentaient déjà le roussi.




11 avril 1809 - Ile d'Aix : le bal des brûlots

En Europe, le blocus continental imposé par les Britanniques perturbe les liaisons maritimes avec les colonies. A Brest, l'amiral Willaumez reçoit l'ordre de forcer le passage et de rallier Rochefort, après avoir reçu le renfort des navires stationnés à Lorient. L'objectif était de faire ensuite route sur la Martinique.

L'escadre de Lorient n'a pas pu appareiller, un vaisseau, le Jean Bart, s'échoue en approchant l'Ile d'Aix.
 11 avril 1809 - Ile d'Aix : le bal des brûlots
  L'amiral Willaumez est révoqué, et remplacé par le vice-amiral Zacharie Allemand.











Le vice-amiral Allemand prend ainsi le commandement des onze vaisseaux et quatre frégates désormais piégés devant l'embouchure de la Charente par l'escadre anglaise présente devant le Pertuis d'Antioche, commandée par lord John James Gambier.

Les Anglais disposent de onze vaisseaux, sept frégates, d'une quarantaine de petits navires et de quarante brûlots.Les Français se croient à l’abri sous les canons des îles d'Aix et d'Oléron.
L'île d'Aix, dûment fortifiée
 
11 avril 1809 - Ile d'Aix : le bal des brûlotsLes Français sont au mouillage sur trois lignes. Les préparatifs anglais, parfaitement visibles, étaient évidents. Allemand fait établir une estacade pour prévenir l'arrivée des brûlot, d'autant que le vent souffle du Nord-Ouest et bénéficie aux Anglais. Ces derniers libèrent leurs machines infernales, qui, poussées par le vent, ont des fortunes variées.

Néanmoins, l'estacade ne tiendra pas. Le vice-amiral Allemand donne liberté de manœuvre à ses navires.












Notre scénario commence ici, sur la règle Trafalgar publiée par Warhammer Historical (qui ne la commercialise plus d'ailleurs).

11 avril 1809 - Ile d'Aix : le bal des brûlotsCette règle "historique" de Warhammer est difficilement comparable aux autres règles navales, beaucoup plus techniques. En gardant les notions élémentaires de navigation et de jargon maritime, Trafalgar privilégie la jouabilité à la description, et il n'est pas besoin d'apprentissage complexe avant d'avoir le plaisir d'y jouer.

D'ailleurs, comme c'est un jeu, nous considérons que les Français vont tout faire pour tenter de s'évader, plutôt que de se jeter sur les hauts fonds ou les rochers.

Ceci étant dit, feu !
Les Français, bien rangés et alignés
Les Anglais, précédés des derniers brûlots
A force de jouer avec le feu...
Un temps de curée
la confusion du brasier...
 ... n'a rien a envier avec celle de la table

Cinq vaisseaux français vont partir en fumée, mais aucun autre n'arrivera à briser l'étau anglais. Deux frégates anglaises ont toutefois été coulées.

La victoire anglaise semble encore une fois confirmée dans cette bataille des brûlots.
Le vaisseau français Régulus échoué

mercredi 9 avril 2014

Kenley, 18 août 1940

Basé près de Londres, l'aérodrome de Kenley était l'un des trois aéroports chargés de la défense de la capitale de l'Empire britannique. Le 18 août 1940, les Allemands décident de frapper fort, et de mettre enfin l'arrogante Angleterre à genoux.
 
L'aérodrome de Kenley
et sa version sur table

La règle utilisée sera une fois encore Check your 6! de Scott Fisher. Les bombardiers allemands, escortés par des Me109E, volent vers l'aérodrome de Kenley à basse altitude. La défense anglaise est un peu dispersée.
Les bombardiers, précédés par leur escorte
Arrivée à l'aérodrome
 Réponse de la DCA, et de la chasse britannique
Tiens ? Des trombones géants ?
Non : des cables verticaux lancés par fusées : pièges diaboliques, mais pas vraiment efficaces
Sortie de la zone

La DCA anglaise fut particulièrement efficace sur notre table de jeu (mais contre ses propres avions). Bilan final côté allemand : 1 Me109 détruit ,1 bombardier au tapis, 2 autres endommagés (sur 6 engagés). Du côté anglais le score est de 3 chasseurs abattus et 2 endommagés.

Le 18 août 1940 fut pour les britanniques le jour le plus difficile de la bataille d'Angleterre ("the Hardiest Day"). Soixante-huit de leurs appareils furent perdus, contre soixante-neuf pour les Allemands. A Kenley, la piste fut fortement abîmée, l'ensemble des hangars mis en pièces, et douze avions détruits.