Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

samedi 31 mai 2014

La Praya, 16 avril 1781

Les treize colonies d'Amérique ont déclaré leur indépendance en 1776. Mais George III ne l'entend pas de cette oreille, et les renforts britanniques affluent sur le nouveau continent. Les Insurgés cherchent un appui à l'extérieur, en Europe.

C'est ainsi que Benjamin Franklin traverse l'Atlantique. La France rentre en guerre contre l'Angleterre le 6 février 1778. Les premiers combats se portent sur la mer.
Benjamin Franklin est présenté à Louis XVI

L'Angleterre est déjà en guerre contre les Provinces-Unies, qui avaient l'audace de commercer avec les Insurgents. Opportunistes, les Anglais décident de saisir la colonie hollandaise du Cap, en Afrique Australe.

Côté Français, les instructions de Louis XVI étaient claires : "Le Roi, en laissant ses généraux les maîtres de déterminer les opérations qu'ils estimeront les plus utiles et les plus glorieuses à ses armes, leur prescrit d'attaquer les Anglais séparés ou réunis partout où il sera possible de le faire...".

Louis XVI et Suffren

La Praya, 16 avril 1781

Pierre-André de Suffren quitte Brest avec 6 vaisseaux le 22 mars 1781, en compagnie de l'escadre de De Grasse destinée aux Antilles. Ils se séparent au large du Portugal. Suffren continue vers le Cap de Bonne Espérance, pour rallier ensuite l'Inde.

Arrivés aux îles du Cap-Vert pour y faire de l’eau, les Français découvrent fortuitement l’escadre anglaise du Commodore Johnstone en route pour Le Cap. Suffren n'hésite pas, et pénètre dans la baie pour foudroyer les vaisseaux ennemis.

Pour nous, il est temps de faire place au jeu.


Les îles du Cap Vert. La Praya est tout au Sud,
 Les Anglais au mouillage, bout au vent
Les Français s'approchent...
 Les Anglais manoeuvrent pour répondre aux agresseurs
Comme dans la réalité, les vaisseaux de Suffren infligent de nombreux dégâts aux Anglais qui répondent coup pour coup. Bataille indécise, mais ayant un très grand impact stratégique : l’escadre britannique mettra quinze jours à réparer, ce qui permet de renforcer la place hollandaise du Cap.

Suffren continuera vers l'Inde. Les Anglais le surnomment déjà l'Amiral Satan.


samedi 24 mai 2014

1757 - L'éveil de Serbelloni

Avril 1757. L'armée d’invasion prussienne pénètre en Bohème en 4 colonnes qui convergent vers l’objectif de Frédéric II : la ville de Prague. Les armées autrichiennes, toujours cantonnées dans leurs quartiers d’hiver sont, une fois de plus, prises par surprise.

1757 - L'éveil de Serbelloni


Les réactions sont à l’image de la plupart des généraux prussiens : parfois héroïques, comme à Reichenberg, où le Général autrichien Von Lacy oppose une résistance farouche au corps du général prussien Von Bevern (bataille que nous avons jouée il y a quelques semaines au club), mais la plupart du temps les généraux autrichiens incompétents se contentent de fuir devant les colonnes ennemies. C’est le cas en particulier du général Johan Baptist Graf Serbelloni, comte milanais au service de l’Autriche.

Serbelloni commande un des corps autrichiens à l’est de Prague, composé de 20 000 fantassins et 6 000 cavaliers. Mais le général se signale plus par ses contacts auprès de la cours de Vienne que par ses exploits sur les champs de bataille. Enfin, d'après ce qu'on dit...

1757 - L'éveil de Serbelloni

Sur sa route se trouve Kurt Christoph Von Schwerin, l'un des meilleurs généraux prussiens de l’époque. Schwerin, à la tête de 25 000 hommes de troupes et de 9 000 cavaliers, avance rapidement pour faire sa jonction avec Von Bevern.

Serbelloni, peu désireux de tester la valeur de son armée, n’offre aucune résistance et recule mollement vers Prague. Tout se jouera donc à Prague le 6 mai, où Frédéric, ayant réuni ses 4 colonnes, bat difficilement les Autrichiens et les enferme dans Prague.

Et si Serbelloni s’était accroché au terrain et avait tenté de résister à Schwerin ?

Le village de Trautenau, croisement important dans cette zone montagneuse, est le site sur lequel Serbelloni a choisi d’attendre Von Schwerin. Son contrôle est vital pour bloquer la colonne prussienne.

Il a déployé son aile gauche, composée de troupes légères, afin de perturber le déploiement de l'ennemi prussien, et tenter de gagner le contrôle du village et du bois attenant. Les deux corps d’infanterie sont au centre, et un corps mixte est déployé sur son aile droite.

De l’autre côté, la cavalerie prussienne est devant Trautenau, soutenue par de l’infanterie et le corps de Von Kleist. Un deuxième corps d’infanterie est déployé sur son aile gauche.
Trautenau, à la croisée des chemins

L’avancée prussienne est directe et rapide .

Deux corps de hussards autrichiens se ruent à l’assaut des Prussiens pour tenter de les ralentir. Leur sacrifice sera utile car ils mettront en fuite l’artillerie prussienne, imprudemment avancée. Ils se feront tailler en pièce et, désorganisés en plein milieu du champ de bataille, bloqueront l’avancée ennemie sur Trautenau.

Sur la gauche prussienne, le faible corps autrichien ralentit une troupe deux fois plus forte qu’elle. L’attrition est sévère, et des renforts sont envoyés.
L'aile gauche prussienne en action

Le centre du combat se déroule autour de Trautenau : deux lignes d’infanterie se mitraillent à courte portée pendant plusieurs tours avant de se ruer à l’assaut l’une de l’autre. Un bataillon de grenadiers autrichiens réussit à percer, mettant un bataillon ennemi en déroute et exterminant un deuxième sur sa lancée. Isolé au milieu des prussiens, il réussit néanmoins à ne pas céder.

Plus loin, le corps à corps, longtemps incertain, finit par se traduire par une victoire des blancs ; les bleus s’enfuient sans démériter.
L'étau se resserre
ça piétine, ça tire, ça crie

A Trautenau, les grenzers autrichiens, après avoir subi les charges des cavaliers prussiens, ont perdu deux bataillons en déroute, mais les cavaliers isolés subissent le feu des tireurs d’élite et s’enfuient, laissant le champ libre aux Oguliners et Szluiners qui occupent Trautenau.

Sur l'aile gauche, le dernier sursaut prussien s’achève par un malheureux double 1 sur un bête test de moral, qui met un bataillon de ligne supplémentaire en déroute.

Von Schwerin doit laisser le terrain au héros de la soirée : Serbelloni. Frédéric II attendra.

samedi 17 mai 2014

Du côté du Danube, an 400

A la mort de Théodose en 395, l'Empire romain est divisé entre ses deux fils : Honorius, 11 ans, hérite de l'Occident, et Arcadius, 18 ans, de l'Orient. Ils vont très rapidement tomber sous la tutelle des chefs de leurs armées, déjà fortement barbarisées.


Du côté du Danube, an 400

Arcanius est dit faible d'esprit, et débile de volonté. A cette époque, les Wisigoths d'Alaric écumaient la Macédoine et la Thrace. Le "tuteur" d'Arcadius, Rufin, préféra négocier avec eux plutôt que d'attendre le renfort de l'armée d'Occident commandée par Stilichon.

Les barbares en profitèrent et poussèrent jusque dans le Péloponnèse, alors que Rufin est assassiné par le mercenaire Gainas, à la solde de Stilichon. Gainas est Goth. Il devient généralissime de l'armée d'Orient.

En 399, un corps fédéré d'Ostrogoths se révolte. Gainas, envoyé à leur rencontre, fini par s'entendre avec eux. Il pénétra triomphalement dans Constantinople à la tête de ses troupes gothiques.

Pour la population de Constantinople, s'en était trop : les barbares, brutaux, sales, braillards et perfides, contrôlaient la capitale. Les 7000 goths qui y tenaient garnison furent massacrés par la population, et Gainas fut déclaré ennemi public. Ce dernier du s'enfuir et traversa le Danube pour chercher asile chez les Huns.

La colonne d'Arcadius, qui fut érigée à Constantinople en mémoire de sa victoire sur les Goths

Notre scénario commence ici : sur la règle Art de la Guerre, l'armée ostrogothique de Gainas est accueillie par les Huns de Uldin. Car Uldin, fin politique, a comme une idée derrière la tête... et c'est bientôt Noël.
Une plaine ouverte, et pleins de chevaux
Les distances se réduisent très, très vite
La cavalerie gothe tente de contacter les insaisissables Huns...
... qui vont face, décochent leurs flêches, et tournent bride aussitôt...
... n'hésitant pas à se présenter face au bout du Monde Connu
Les lourds Goths repoussent ainsi les Huns sur le champ de bataille, mais en subissant de nombreuses pertes.

Uldin fut le premier Hun a rentrer dans l'Histoire. Le 23 décembre 400, il offrit à Arcadius la tête de Gainas, avec ses plus profondes amitiés.

samedi 3 mai 2014

Les murs de Washshukanni

 Les murs de WashshukanniAu XIVème siècle avant notre ère, entre les empires égyptiens et hittites, le Mitanni est un vaste territoire sur laquelle cohabitent de nombreuses cités états.

Les lettres d'Amarna dévoilent les contacts étroits qu'entretenait alors le Mitanni avec l'Egypte. L'une des princesses mitanniennes, elle-même fille d'une princesse égyptienne, avait d’ailleurs épousé Amenhotep III.

Sur le plan intérieur, Tushratta a su rétablir la stabilité après que son prédécesseur Artashumara fut assassiné lors d'une obscure révolution de palais.

Ne reste alors que le problème hittite. Nous sommes aux alentours de 1260 avant notre ère.


 Les murs de Washshukanni

Souppilouliouma est l'un des plus importants empereurs hittites. Il réforma complètement l'administration et l'armée, et poursuivit la politique de consolidation de l'Empire.

Conquérant, il l'agrandit considérablement tout en créant un Empire durable.

Profitant des troubles à la cour du Mitanni après la mort d'Artashumara, les Hittites lancèrent une campagne militaire en Syrie. Le Mitanni appela à l'aide son allié égyptien, qui ne répondit pas.

L’envahisseur hittite était parvenu sous les murs de la capitale, Washshukanni.

L'arrivée des Hittites...
...qui passent aussitôt à l'offensive
Les chariots du Mitanni les attendent
Alors que la garnison de Washshukanni s'inquiète
Les Hittites chargent, faisant décrocher leur adversaire
Les combats se rapprochent du Tell
La furie est générale
et seule la capitale semble pouvoir résister


 Les murs de Washshukanni

Effectivement, sur notre table, l'armée du Mitanni est enfoncée, et ne reste plus qu'un groupe de chariots aux pieds de la capitale. Un peu comme ce qui a du se passer à l'époque.

Effectivement, malgré son armée superbe articulée autour de ses nombreux chars de guerre, le Mitanni ne survivra pas longtemps aux coups de son puissant voisin hittite. Le Nord de la Syrie tombe sous domination hittite, alors que la ville d'Assur, auparavant vassale du Mitanni, prend le contrôle d'une grande partie du royaume moribond.

L'Assyrie rentre dans la cour de l'Histoire.