Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

dimanche 28 février 2016

Ibelin, 29 mai 1123



Baudoin II, roi de Jérusalem, est prisonnier des Turcs.

Eustache Grenier assure la régence du royaume. Les Fatimides, qui contrôlent l'Egypte, espèrent profiter de la situation. Ils avaient en effet pris Jérusalem aux Turcs en 1198, en ont été chassés par les Croisés l'année suivante.

En 1123, les Fatimides débarquent à Jaffa, et se lancent à la reconquête des territoires perdus.

L'armée fatimide est une armée composite, comprenant un corps important d'archers soudanais, épaulé par une nombreuse cavalerie légère arabo-berbère. Le 29 mai, près du château d'Ibelin, ils sont 16.000, face à une armée chrétienne deux fois moins nombreuse, mais toute de fer vêtue. Les chroniques rapportent que, dès le premier choc, les Fatimides se débandèrent, furent poursuivis et massacrés par les Croisés.
 
A nous de réécrire ce combat...

Nous choisissons d'utiliser la règle DBA, dans sa version "grandes batailles". Deux armées fatimides à 12 plaquettes font face à une armée croisée. Cette dernière compte une plaquette supplémentaire, et bénéficie ainsi d'un seuil de démoralisation qui passe de 4 à cinq socles perdus. De plus, le déploiement contrarie le dispositif fatimide malgré son avantage numérique certain.


Le Croisé commence. Pour gagner, il lui suffit de prendre 4 plaquettes à l'un ou l'autre corps ennemi, ce qui entrainera la démoralisation de l'ensemble de l'armée adverse. La difficulté est de déployer rapidement ses chevaliers (notés 3KN) et d'éviter les archers soudanais (8BW) en face.

Le dispositif fatimide : derrière l'infanterie composée essentiellement d'archers se tient la cavalerie
Les chevaliers croisés partent à l'offensive, et se précipitent sur la droite...
 ...alors que la cavalerie fatimide se déploie pour couvrir les ailes
 Les chevaliers rejoignent leurs éclaireurs, déjà aux prises avec la cavalerie légère musulmane
Alors que les ailes manœuvrent, l'infanterie au centre n'a pas encore bougé
 Les chevaliers chrétiens font face aux cavaliers lourds égyptiens...
...mais ces derniers réussissent à briser l'élan des Croisés, et finissent par les repousser

Eustache Grenier aura faillit à sa mission, et laisse la route de Jérusalem ouverte aux Fatimides qui auront su briller sur notre table par leur cohésion, leur discipline, et d'excellents résultats aux dés.

mardi 23 février 2016

1798 - Combat de L'Iroise


Vaisseau de 74 canons, du même type que l'Hercule

Pendant son voyage inaugural le 21 avril 1798, seulement 24 heures après avoir quitté Brest, l'Hercule, vaisseau français de 74 canons flambant neuf est pris à partie par une flotte anglaise patrouillant devant Brest.

Le combat débute à la Pointe du Raz, où l'Hercule est pris en chasse par le HMS Mars.




Le développement historique a été modifié en faisant durer cette poursuite jusqu'en Iroise, où les deux camps ont été rejoints par des renforts. Les règles utilisées sont celles du "Pavillon du Roy (c)".

Ce scénario fait la part belle aux batteries côtières de la mer d'Iroise qui depuis Vauban empêchent tout débarquement ayant pour vocation de reprendre le contrôle des batteries par la terre.
La zone de bataille simulée est dessinée en rouge sur la carte

La bataille débute alors que l'Hercule a pratiquement fini de franchir le chenal du Toulinguet sous la protection de la batterie éponyme, poursuivi par le HMS Mars avec qui il échange des tirs de pièces de chasse et de retraite sans grand effet.
Le HMS Mars n'est pas loin derrière et commence à essuyer les tirs de la batterie côtière. Il subit des dégâts mineurs.
Peu de temps après le franchissement des deux vaisseaux, leurs manœuvres permettent que le combat s'engage. Au cours de ce dernier, l'Hercule ajustera un tir bien à propos avec des boulets ramés alors que son adversaire a encore toute sa voilure dehors pour se rapprocher.

Le résultat est sans appel : il ne reste plus qu'un seul mât au Mars !
Plus au Nord en mer d'Iroise, une partie de la flotte anglaise accourt pour soutenir le Mars : le HMS Jason (frégate de 32 canons) et le HMS Ramillies (vaisseau de 74 canons).

Ces deux vaisseaux on sous-estimé la puissance de feu du fort de Bertheaume, et le Jason va le découvrir à ses dépends et perdre une partie de sa mâture.
Côté français, les renforts appareillent.

Le vaisseau Le Hasard (64 canons) passe le goulet par le passe nord en jusant, ce qui l'aide bien alors que le vent est de suroît. Il passe ici entre le fort du Mengant et les batteries de Cornouailles et de Beaufort.
La Loire (frégate de 44 canons) appareille du mouillage de Camaret en quittant la protection de la tour et des batteries de l'anse de Camaret et de la pointe du Tremet.
Au large, le combat continue. L'Hercule parvient à prendre le Mars en enfilade, profitant d'une erreur de manœuvre de son capitaine. Les deux autres vaisseaux anglais arrivent en position pour l'engager, mais vont être cueillis par les renforts français.
La Loire engage le combat avec le Jason en position telle que le Ramillies ne peut intervenir.
Le Hasard entrera ensuite dans la mêlée et les bateaux anglais seront très endommagés, au point de ne pouvoir achever l'Hercule avant qu'il atteigne les positions des batteries du goulet. De son côté, l'Hercule rentrera à Brest remorqué et sans mâture.

On peut parler d'une victoire en demi-teinte française, les vaisseaux anglais ayant été rendus inaptes au combat pour un certain temps.

Historiquement, le combat n'eut lieu qu'au niveau de la Pointe du Raz et fut un duel entre l'Hercule et le HMS Mars. L'Hercule, avec un équipage peu expérimenté, a rendu les armes et le vaisseau fut capturé pour commencer une carrière sous les couleurs britanniques.

samedi 13 février 2016

Opération Wasserkante : bombardement sur Varsovie

Nous sommes le 1er septembre 1939, et un déluge de feu va s'abattre sur la Pologne.

La Luftwaffe lance l'Operation Wasserkante dans le but d'écraser toute tentative de résistance polonaise à l'invasion. Quatre groupements de bombardiers sont impliqués, auxquels s'ajoutent leurs escortes. Mais au mauvais temps et à l'inexpérience des pilotes et des équipages, s'ajoute un paramètre que les Allemands avaient négligé : la combativité de la chasse polonaise à bord de ses PZL P.11.

Les Messerschmitt Bf 109 D-1 du groupe de chasse I.JG 21 ont reçu pour mission d'escorter une formation de bombardiers He111 pour le raid sur Varsovie. L'éloignement des champs d'aviation les fait arriver tardivement sur le point de rendez-vous. De plus, le brouillard aidant, les mitrailleurs inexpérimentés des bombardiers prennent les 109 pour des ennemis et ouvrent le feu.

Le commandant du groupe de chasse décide de se signaler aux bombardiers en tirant une fusée, mais celle-ci explose dans la cabine. Le malheureux pilote est blessé à la main, alors que le cockpit est rempli de fumée. Handicapé de la sorte, il décide de faire demi-tour. Les chasseurs qui l'entourent (et qui ne disposent pas de radio) ne comprennent pas la manœuvre, et l'accompagnent à la base.
C'est donc avec une escorte limitée que les bombardiers de la Luftwaffe se présentent devant les faubourgs de Varsovie, accueillis par la DCA et les appareils des 113ème et 152ème escadrons de chasse.

Deux P.11 polonais essaient de barrer le passage aux He111 allemands
Les chasseurs d'escorte sont à la traîne, et les P.11 agiles
Les pilotes polonais se moquent des mitrailleuses adverses...
... et obtiennent leur premières touches sur les lourds bombardiers
Mais les tirs défensifs des He111 commencent également à porter, alors que se rapprochent les 109
Les bombardiers sont sur l'objectif
Les pilotes allemands s'en remettent aux mains du Destin pour se dégager
Les P.11 ont la dent dure, et ne doutent de rien
Deux bombardiers sont détruits
Les survivants tentent de rentrer à leur base...
...malmenant les P.11, dont un seul sera finalement abattu
Les Bf 109 D-1 quant à eux n'auront pas été particulièrement efficaces


La victoire stratégique est allemande, mais la chasse polonaise s'en est plutôt bien sortie. Mais très rapidement, l'avance technologique et la supériorité numérique de la Luftwaffe vont prendre le dessus sur la combativité de l'héroïque armée de l'air polonaise, dont de nombreux pilotes continueront de se battre sous d'autres cocardes jusqu'à la fin de la guerre.

dimanche 7 février 2016

Pyrrhus à Héraclée, -280


Il se rêvait en nouvel Alexandre, et souhaitait bâtir un empire autour de la mer Ionienne.

Quand il reçu l'appel à l'aide de Tarente contre Rome,  Pyrrhus, le roi d'Epire eut le prétexte pour intervenir en Italie. La victoire devait être facile contre ces barbares. Une fois la péninsule soumise, il pourrait recruter de nouvelles troupes, soumettre la Grèce, continuer vers la Sicile. Et pourquoi pas, prendre Carthage ?

Rome était conquérante. Elle soumettait un à un les différents peuples italiques, et lorgnait vers les riches cités grecques du Sud de l'Italie.  Ces dernières, comprenant que jamais Rome ne respecterait le moindre traité et visait l'hégémonie, n'avaient d'autre choix que d'appeler leurs alliés de la Grande Grèce.

Pyrrhus débarque à Tarente au printemps avec 25.000 hommes, et 20 éléphants. Rome dépêche contre lui le consul Publius Valérius Laevinus, à la tête de deux Légions romaines, et de deux Légions alliées. La rencontre a lieu à Héraclée, à deux jours de marche de Tarente.
Le camp des Grecs, protégé des Romains par la Siris
Les Romains s'apprêtent à franchir la rivière, et déjà une colonne de cavaliers auxiliaires s'engage
Les Grecs se réorganisent, comptant sur le cordon de frondeurs en avant de leurs forces
Le passage guéable est étroit, et les Légions s'engagent progressivement
Les masses de hoplites se reforment, les éléphants de guerre les accompagnent
 Les cavaliers tarentins fondent sur la droite romaine...
 ...mais ils sont contournés par la cavalerie ennemie, alors que les Romains se déploient
Les Tarentins se battent comme des lions, repoussent leurs adversaires et se dégagent
Sur l'autre aile, les cavaliers italiens se heurtent aux phalanges qui n'en font qu'une bouchée
 Défaits sur leurs ailes, les Romains ne parviennent pas à se déployer et sont coincés
Laevinus, voyant la partie jouée, s'offre aux dieux infernaux, et se jette dans la mêlée

Ce Devotio  n'aura pas suffit : les dieux étaient grecs en ce jour funeste. Rome a perdu face à Pyrrhus, et va devoir apprendre de ses erreurs. Héraclée fut la première confrontation avec une armée hellénistique. Visiblement, les Légions doivent évoluer pour que Rome accomplisse sa Destinée.