Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

samedi 23 avril 2016

Thapsus : César face à Scipion



César viendrait de "kesar", éléphant en carthaginois. La légende dit qu'un ancêtre de Jules César aurait gagné ce nom après avoir tué un pachyderme lors des guerres puniques. Rien de bien étonnant pour celui qui se prétendait également descendant de la déesse Vénus.

Ainsi, combattre des pachydermes devait être à la portée de Jules, naturellement. Mais l'histoire qui nous intéresse ici le met face à un autre héritier fabuleux des guerres qui opposèrent Rome aux troupes de Hannibal : Metellus Scipion. Nous sommes le 6 avril, en l'an 46 avant notre ère.



Depuis l'an -49, la guerre civile opposait les partisans "républicains" de Pompée (les Optimates) à ceux de César (les Populares). Malgré le revers magistral subit par les Optimates à Pharnace en -48, puis l'assassinat de Pompée en Égypte, la guerre civile s'éternisait. L’Afrique restait fidèle aux amis de Pompée. De plus, leur nouveau chef, Scipion, pouvait compter sur le soutien de Juba, roi des Numides.

Alors que César assiégeait le port de Thapsus (actuelle Tunisie), Scipion va tenter de secourir la ville.


Laissons la parole à César lui-même :
(César) alla camper devant Thapsus, où Vergilius commandait une forte garnison. Le même jour il investit la place, et se saisit de plusieurs postes avantageux, qui devaient lui servir à empêcher l'ennemi de venir jusqu'à lui, ou d'approcher de la ville. Cette entreprise de César obligea Scipion à livrer combat, pour n'avoir pas la honte d'abandonner lâchement Vergilius et les habitants de Thapsus, si fidèles à son parti... Il y avait un étang salé et, entre cet étang et la mer, un passage d'environ quinze cents pas, par où Scipion voulait pénétrer afin de secourir les assiégés. César, qui s'y attendait, y avait établi un fort dès la veille, et avait mis dans ce fort une triple garnison, tandis qu'avec le reste des troupes, il continuait les travaux autour de la ville.
Scipion, ayant trouvé le passage fermé, et ayant passé le jour suivant et la nuit au-dessus de l'étang, vint, le surlendemain dès la pointe du jour camper du côté de la mer à environ quinze cents pas de nos lignes.
Dès que la nouvelle en arrive à César, il retire ses troupes des travaux, laisse le proconsul Asprénas avec deux légions à la garde du camp et marche avec une troupe légère vers l'ennemi... César, à son arrivée, trouva l'armée de Scipion rangée en bataille à la tête de ses retranchements, les éléphants sur les deux ailes, tandis qu'une partie des troupes travaillait avec ardeur à fortifier le camp. César rangea son armée sur trois lignes, plaça la dixième et la seconde légions à l'aile droite, la huitième et la neuvième à la gauche, et cinq légions au centre.
Il plaça sur ses deux ailes, cinq cohortes qu'il opposa aux éléphants, et distribua sur les mêmes points ses archers et ses frondeurs...
(d'après De Bello Africo, LXXIX à LXXXVI)


Pour ce scénario, que nous avons joué sur la règle L'art de la Guerre, nous avons défini de nouveaux comportements pour des groupes d'unité, afin de mieux simuler la logique "manipulaire" et son rendu visuel. Ainsi, chaque légion est composée de quatre plaquettes regroupées qui peuvent se combiner et se recombiner en avançant, reculant, ou en se déplaçant latéralement. De plus, l'infanterie légère équipée d'arc voit sa portée de tirs améliorée, et les unités de la Vème Légion disposent de la capacité "javelot".

Si l'armée césarienne démoralise à 14 pertes sèches (nous ne comptons pas les unités en désordre), ses adversaires, en plus grand nombre, en admettent 24. Pour rééquilibrer le scénario, et respecter la problématique historique, une unité romaine en déroute fait perdre un point de cohésion non seulement aux unités qui la suivent, mais également à celles qui sont placées sur ses côtés. De plus, les deux ailes numides démoralisent chacune à 4 pertes, ou si leur généraux sont pris.

Les Césariens sont à gauche, leurs adversaires, caractérisés par leurs éléphants, à droite
Les troupes de César passent à l'initiative,et chargent l'aile gauche numide
Dans un premier temps, les archers légers parviennent à malmener leurs adversaires...
...et cèdent le pas à la Vème, qui ne fera qu'une bouchée de l'éléphant
Sur les deux ailes, les cavaliers numides tentent d'envelopper les Césariens
D'ailleurs, sur l'aile droite républicaine, l'éléphant numide a percé les lignes ennemies
Les légions césariennes affrontent l'infanterie lourde numide
L'éléphant de Juba, seul parmi ses adversaires
Les combats se déroulent désormais sur toute la ligne de front
L'aile droite césarienne prend facilement le dessus...
...alors que l'aile droite numide déborde ses malheureux adversaires
 ...qui se font littéralement tailler en pièces
Pour l'instant, rien ne laisse présager de l'issue de la bataille
Au centre, les Républicains tiennent, grâce aux travaux de terrassement réalisés
Mais les Césariens poussent, le moral s'effondre, et c'est la catastrophe
d'après "Astérix légionnaire"


Sur notre table de jeu, César l'a remporté, grâce à son génie, et à la Fortune qui lui a accordé les meilleurs lancers de dés quand il en avait besoin. Il s'en est fallut de peu pour que la victoire ne lui échappe.


Historiquement, la bataille de Thapsus a marqué la fin des hostilités en Afrique. Les combats vont se poursuivre désormais en Espagne.


samedi 16 avril 2016

Ramsès à Qadesh

Le 9ème jour du 3ème mois de Chémou, la cinquième année du règne de Ramsès II, l'armée de Pharaon marchait sur l'Amourrou afin de soustraire cette région à l'influence hittite. Les Égyptiens avaient choisi de progresser en remontant la vallée de la Bekaa, délaissée par l'ennemi, et s'apprêtaient à franchir l'Oronte. 

Derrière l'avant-garde venaient Ramsès et la division d'Amon. Ils avaient établi un camp à l'Ouest de Qadesh. La division de Ra suivait, puis venaient les divisions de Ptah et de Seth, ces deux dernières n'ayant pas encore franchi le gué sur le fleuve. D'ailleurs, des déserteurs de la tribu des Chasous, alliée aux Hittites, avaient informé les officiers de Pharaon que l'armée ennemie était encore bien plus au Nord, et rien ne justifiait que Ramsès regroupe ses quatre divisions pour cette opération.


Le piège se refermait sur l'armée d’Égypte. Trois-mille cinq-cents chars hittites allaient fondre sur les Égyptiens. Leur objectif : prendre le camp de Ramsès II.


La population de Qadesh observe les chars hittites se ruant sur la division de Ra
Mais les Égyptiens font face, et s'apprêtent à recevoir le choc
Les premiers échanges de flèches provoquent les premières pertes...
...alors que continuent d'affluer les Hittites et leurs alliés
Les quelques Égyptiens ne semblent pas peser lourd face à leurs ennemis
Les Égyptiens tiennent bon, les chars lourds hittites sont impuissants...
...et sont balayés par les chars légers de la division de Ra 
 La seconde vague hittite surgit alors sur le champ de bataille...
... mais La Division de Ptah arrive également...
...alors qu'au loin, Ramsès II a décidé de se joindre à la furie de la mêlée
La division de Ra continue de sa battre comme un lion, rejoint par les divisions d'Amon et de Ptah
Pharaon a enfin franchi la zone humide
Les combats de chars tournent tous à l'avantage des Égyptiens
Les Hittites ne sont pas passés : Ramsès est victorieux

Le Hittite s'est focalisé sur la division de Ra, qu'il pensait balayer d'un revers de main. Mais les Dieux étaient égyptiens, et ces derniers ont pu non seulement fixer et affaiblir leur adversaire, mais aussi tenir jusque l'arrivée des divisions éloignées, et perturber le déploiement de la seconde vague de chariots hittites. Jamais le camp égyptien n'a été inquiété sur notre table.

Ainsi, quelques années après son père, Ramsès II a gagné une autre bataille de Qadesh, mais cette fois-ci sur l'Oronte.

La propagande royale embellira le récit, et fera du pharaon le véritable héros de ce combat, où il triompha personnellement des Hittites avec l'aide d'Amon.


dimanche 10 avril 2016

Les Fils du Ciel

Le scénario joué ici est assez librement inspiré d’un passage du tome 3 des aventures de Buck Danny : "La revanche des Fils du Ciel".

Replaçons tout cela dans un contexte historique. Le 7 décembre 1941, l’aviation japonaise surprend la marine américaine à Pearl Harbour. La victoire est éclatante, mais les Américains ne sont pas écrasés et reprendront très vite du poil de la bête.

Notre héros, Buck Danny, ingénieur dans les travaux maritimes au port de Pearl, se trouve déjà sur place, et devient rapidement pilote de l’aéronavale (entre parenthèses, ce gars-là est extraordinaire : en moins de 2 mois, il apprend à piloter, à décoller et à apponter sur porte-avions, et devient un as de l’USAAF).


De l’autre côté du Pacifique, le Japon est déjà en lutte avec la Chine depuis 1937 et l’affaire du pont Marco-Polo qui a provoqué l’invasion japonaise de la Chine.
Pont Marco Polo, en 1937

Le 7 décembre 1941, les japonais ont aussi lancé une attaque en Asie du Sud-Est et envahi la Malaisie, puis prennent Singapour et les Philippines. Les Anglais tiennent les Indes et les combats se concentrent en Birmanie.

Côté chinois, l’aviation n’est pas vraiment développée ; les avions disponibles sont, en début de guerre, des biplans Hawk II ou des Boeing P26C, totalement dépassés face aux avions japonais modernes.

Assez rapidement, des avions russes sont fournis aux Chinois et plusieurs centaines de I-15, I-15bis et I-16 arrivent en Chine. Aux mains des pilotes chinois inexpérimentés, et en face des Nate, des Oscar ou des Zeke japonais, ces avions ne font pas vraiment le poids.

Pour aider les Chinois nationalistes, un groupe de volontaires américains (l’AVG, american volunteers group) est monté à partir de pilotes et de rampants de l’US Army Air Force ou de l’aéronavale. L’AVG, bientôt appelé les Tigres Volants, opèrera à partir de bases chinoises, sur des avions d’origine américaine, mais sous cocardes chinoises. Les Tigres Volants seront réintégrés à l’US Army Air Force en juillet 1942 et formeront le 23th Fighter group.

Pour en revenir à notre histoire, le capitaine Buck Danny est nommé chef d’une des escadrilles des Tigres volants basée à Sou-Chow, en Chine. Il rejoint les nouveaux pilotes de l’AVG en Australie avant le voyage jusqu’en Chine. Le trajet entre Sydney et l’Inde se fait sans incident notable, mais il reste encore à traverser une partie de la Birmanie pour arriver à Sou-Chow.

Or, un misérable traître, l’infâme Mo-Choung-Young a infiltré les volontaires des Tigres Volants et a communiqué le plan de vol du Dakota qui doit transporter les pilotes américains de Calcutta à Sou-Chow.

L’action démarre quand une patrouille d’Oscar du 64ème Sentai est repérée par l’escorte du Dakota. Celui-ci est piloté par Buck Danny, alors que les deux I-16 et deux I-15 d’escorte sont aux mains de pilotes avec peu d’expérience, voire aucune.  Le Dakota doit passer !

Le Dakota et son escorte
Les deux Oscars du 64ème Sentai
 

L’attaque frontale des Japonais perfore l’escorte chinoise et le Dakota prend une première rafale.

Mais Buck, avec sa maestria habituelle, passe à travers les balles et décharge sa Thompson à travers le pare-brise.



Les Japonais, emportés par leur vitesse se retrouvent devant le C47 qui essaie de monter, alors que les pilotes chinois tentent de revenir au contact des Japonais 
Les I-15 chinois se rapprochent et réussissent à se mettre dans les six heures des Japonais, qui n’arrivent pas à anticiper les cabrioles du C47  
Et là, gros coup de chance pour les Chinois : un pilote novice ajuste une rafale qui endommage l'aileron arrière du leader du 67ème Sentai. Le premier sang versé est donc japonais !
Le slalom continue et la mêlée est générale ; les Chinois sont bien placés
Mais il suffit d’un moment d’inattention et le capitaine Yaka Ari ajoute une 12ème victoire à son tableau de chasse : un premier I-15 prend feu et s’abat dans la jungle birmane
La deuxième patrouille de I-16 arrive alors au contact du commandant japonais

Dans le feu de l’action, et à cause d’un manque avéré d’expérience, une collision intervient alors. Un des I-16 s’accroche brutalement à l’Oscar qui a une aile sectionnée. Les débris viennent frapper de plein fouet le deuxième I-16 qui explose à son tour en plein vol. Deux avions de moins dans le ciel, en l’espace d’un instant.

La route devient alors beaucoup plus dégagée pour Buck qui a pris de l’altitude. Ainsi, il pourra franchir l’Himalaya et arrivera à Sou-Chow en pleine forme. Pour une fois, l’« histoire » est vérifiée.