Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

samedi 30 juillet 2016

Siège de Ganuvara



Alors que la peste ravageait le pays de Hatti, de nombreux vassaux se révoltèrent contre l'autorité du roi hittite Mursili II.

Au Nord, les Gasgas descendirent de leurs montagnes, alors qu'au Sud l'Arzawa tentait de gagner son indépendance, et qu'au Sud-Est l'Assyrie se faisait pressante.


Anniya, le roi de Hayasa-Azzi, avait profité de l'occasion pour occuper de nombreuses villes hittites, et fait de nombreux prisonniers. Mursili II dépêcha contre lui l'un de ses plus brillants chefs : le général Nuwanza. Nous étions dans la 9ème année du règne de Mursili II, aux alentours de -1312.
 


La rencontre a lieu devant la cité de Ganuvara, assiégée par l'armée d'Anniya.

Ganuvara est l'un de ces postes frontaliers hittites, protégeant le Hatti des actions de son turbulent voisin.


Nous jouons ce scénario à quatre joueurs sur la règle l'Art de la Guerre, légèrement adaptée.
Les troupes du Hayasa-Azzi assiègent la cité hittite...
...quand surgit Nuwanza, à la tête de son armée 
 Alors que s'élancent sur une aile les chariots lourds hittites, devancés par de l'infanterie légère
...les chariots légers hittites sont fixés sur l'autre aile par un groupe de javeliniers...
...dont le sacrifice a laissé le temps aux archers de se déployer
Les forces d'Anniya tentent de se réorganiser sous la pression ennemie
Désormais, les archers sont au corps à corps avec leurs adversaires...
...alors que le centre succombe
Les assiégeants sont devenus assiégés
Les archers d'Anniya repoussent triomphalement leurs adversaires
Les Hittites percent au centre
...et se consacrent désormais à leur aile droite 
Les chars lourds hittites chargent malgré le risque d'encerclement... 
...et parviennent à bousculer les lignes ennemies...
 Les dernières troupes du Hayasa-Azzi décrochent : la bataille est perdue

La victoire hittite sur notre table correspond au résultat historique. A l'issue de l'expédition de Musili II, le Hayasa-Azzi n'est plus mentionné, et sombre dans les nimbes de l'Histoire.

samedi 16 juillet 2016

Skiathos, et autres conséquences

Dix années se sont écoulées depuis la bataille de Marathon. Les Perses marchent de nouveau sur la Grèce. Certaines cités acceptent volontiers la paix du Grand Roi Xerxès et se commettent dans une neutralité opportune. D'autres refusent de "médiser" et choisissent de se battre. A leur tête se trouvent Sparte et Athènes.

Pourtant, les cités rebelles ne s'entendent pas vraiment sur une stratégie commune. Elles parviennent à un compromis : fixer l'armée ennemie aux Thermopyles, et la flotte perse à l'Artémision.

L'Oracle de Delphes n'a-t-il pas annoncé que le salut viendrait d'une muraille de bois ? Pour Thémistocle, c'est bien de la marine athénienne dont il s'agit. Une victoire navale priverait l'armée perse du soutien nécessaire pour poursuivre la campagne, et Athènes serait sauvée.

Entretemps, des trières de Sidon, au service du Grand Roi, reconnaissent et balisent le passage entre la Magnésie et l'île de Skiathos.




Laissons la parole à Hérodote...

Tandis que l'armée navale de Xerxès partait de la ville de Therme, dix vaisseaux, les meilleurs voiliers de la flotte, cinglèrent droit à l'île de Skiathos, où les Grecs avaient trois vaisseaux d'observation : un de Trézen, un d'Égine, et un d'Athènes. 

Ceux-ci, apercevant de loin les Barbares, prirent incontinent la fuite. 

 Histoire, livre VII, CLXXIX








L'île de Skiathos, vue du Nord.

Les dix trières rapides phéniciennes arrivent du large, et surprennent les Grecs désorganisés. Il leur faut fuir, et prévenir le reste de la flotte qui remonte l'Eubée.


Les trières légères grecques sont encore échouées sur une plage de Skiathos
Les Phéniciens arrivent du large, à la grande surprise des équipages grecs
 Les Grecs mettent leurs trières à l'eau, mais les Phéniciens sont plus rapides
La poursuite s'engage
La trière rapide athénienne (voile jaune) est éperonnée
Une première tentative d'abordage a lieu, sans succès...
La galère d'Egine (voile rouge) subit le même sort que l'athénienne, alors que celle de Trézen (voile blanche) est capturée


La flotte grecque ne sera pas informée de la présence des éclaireurs ennemis. Pendant ce temps, des milliers de hoplites s'installent aux Thermopyles, et la flotte se regroupe au Cap Artémission. L'armée perse est en marche, et sa flotte l'accompagne.

Le temps est à l'orage...

samedi 9 juillet 2016

Séquanes & Éduens

La Gaule n'est pas encore rentrée dans l'Histoire. Les Séquanes, alliés des Arvernes, convoitent les terres des Éduens qui bordent la Saône. Ils se sont d'ailleurs alliés à une tribu germanique : les Suèves d'Arioviste.

En évitant de sombrer dans les images d’Épinal décrivant la Gaule d'avant la conquête romaine, ce conflit quasiment pas documenté est pour nous le bon prétexte pour déployer rapidement une table de jeu.

Nous utilisons la règle L'Art de la Guerre, à peine amendée : nous gardons juste le principe d'un soutien arrière tel qu'il existe dans de nombreuses autres règles.





Au centre de la carte, les Éduens possèdent deux hameaux, paisibles pour l'instant. Ils sont les objectifs des Séquanes, qui se présentent sur l'autre rive de la Saône, devant le passage guéable permettant sa traversée.

De plus, des Germains auraient été vus dans les parages...


Les Éduens se présentent au gué pour en interdire l'accès
 De plus, des troupes sont déployées pour défendre les villages
Les Séquanes s'avancent vers la Saône, les troupes légères ennemies ne les intimident guère
La cavalerie séquane traverse et charge
Le choc est rude, et ouvre la voie à l'infanterie
De l'autre côté surgissent les terribles Germains
 La bataille est désormais générale
 Cavalerie gauloise contre cavalerie germanique
Les Éduens font une sortie, pour fixer l'infanterie suève sur un flanc...
...alors que les Séquanes parviennent à enfoncer la défense éduenne sur la Saône

Débordés sur deux fronts, les Eduens capitulent, et n'ont d'autre choix que de céder ces territoires à leurs trop encombrants voisins.

Jules César raconte dans La Guerre des Gaules : "Les Éduens ont livré deux combats (contre les Séquanes), et ont eu, outre leur défaite, de grands malheurs à déplorer : la perte de toute leur noblesse, de tout leur sénat, de toute leur cavalerie. Épuisé par ces combats et par ces revers, ce peuple, que son propre courage ainsi que l'appui et l'amitié des Romains avaient précédemment rendu si puissant dans la Gaule, s'était vu forcé de donner en otage aux Séquanes ses plus nobles citoyens, et de s'obliger par serment à ne jamais réclamer pour sa liberté ni pour celle des otages, à ne point implorer le secours du peuple romain, à ne pas tenter de se soustraire au joug perpétuel de ses vainqueurs."
d'après "Astérix le Gaulois"

Il ajoute : "Après une lutte de plusieurs années pour la prééminence, les Arvernes, unis aux Séquanes, attirèrent les Germains en leur promettant des avantages. Quinze mille de ces derniers passèrent d'abord le Rhin ; la fertilité du sol, la civilisation, les richesses des Gaulois, ayant charmé ces hommes grossiers et barbares, il s'en présenta un plus grand nombre, et il y en a maintenant cent vingt mille dans la Gaule."


L'Histoire était en marche...

dimanche 3 juillet 2016

Tak attaqué

La Thaïlande avait accordé au Japon le plein accès à ses routes, aéroports et infrastructures militaires le 30 décembre 1941. Cet accord facilitait l'Empire du Soleil levant dans sa conquête de la Birmanie, riche en matières premières dont l'archipel manquait.

En face des Japonais se dressaient l'Empire britannique, les Chinois, et le Groupe de Volontaires Américains (AVG) du colonel Chennault, plus connu sous le nom des "Tigres volants". Sous les couleurs chinoises, cette petite force d'environ 270 hommes assurait la défense aérienne du Yunnan, frontalière avec la Birmanie sous mandat britannique. Les Tigres volants furent redéployés à Rangoun le 29 décembre 1942.



Nous sommes le 3 janvier 1942. Des Ki-27 "Nate" du 77ème Sentai (escadrille) rentrent à l'aérodrome de Tak (Rahaeng, en Thaïlande) après une mission de mitraillage contre l'aérodrome de Moulmein où ils ont détruits quatre aéronefs indiens du Coastal Defense Flight. Mais ils ne sont pas tous seuls...

En effet, pour leur première mission, 4 P-40 de l'AVG ont quitté leur nouvelle base : attaquer l'aérodrome de Tak. Suite à des problèmes techniques, l'un des Tigres volants rebrousse chemin.

Un premier groupe de Ki-43 se présente dans l'axe de la piste de l'aérodrome...
...sans se douter que, derrière les nuages, trois P-40 s'approchent
Les "Tigres volants" sont repérés : les Japonais font volte-face
Un premier "Nate" est abattu
C'est alors que se présente la patrouille haute japonaise, au cul des P-40
 La DCA de l'aérodrome se fait entendre
Au dessus de l'aérodrome, c'est un ballet incessant d'oiseaux de métal
 Deux P-40 sont endommagés
Les "Nate" tombent, mais sont remplacés par d'autres avions qui décollent en urgence
Les derniers combats, avant que les P-40 ne décrochent pour rejoindre Rangoon




Côté propagande US, la victoire est sans appel : 6 victoires certaines, 4 probables, aucune perte ; la mission est un réel succès !