Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

lundi 15 octobre 2018

Expédition au Relecq


Nous étions présents cette année encore au salon de la maquette et la figurine organisé par le Maquette Club Kerhuonnais.

Cette 32ème édition s'est déroulée samedi 13 et dimanche 14 octobre 2018 au Relecq-Kerhuon, près de Brest (29). Ce festival est le plus important du grand Ouest, et a réuni 68 clubs de maquettistes et de figurinistes de France, de Belgique et de Grande-Bretagne. 


Notre stand était placé dès l'entrée de la salle, offrant de la sorte aux visiteurs une vue directe sur nos tables. 

Comme le cœur de notre activité, le jeu, détonne avec le reste des exposants, notre installation iconoclaste attire naturellement la curiosité.

Le coin "modélisme" a toute sa place dans un salon de la maquette. Les techniques, les moyens utilisés et même les recherches documentaires sont partagés par tous les modélistes, quelles que soient la matière des modèles, l'échelle ou la période retenue.


En fait, notre grande originalité est la destination des maquettes réalisées : ici, pas de vitrine ou d'exposition statique : les figurines seront malmenées sur des décors  modulaires afin de jouer avec des "soldats de plomb".

Nous avons donc proposé en table de démonstration un scénario sur la bataille d'Eckmühl, jouée avec des figurines 6mm (1:300) sur la règle De Bellis Napoleonicis .
Le salon du MCK a été, comme à l'habitude, l'occasion de rencontres fort sympathiques, durant lesquelles nous avons pu partager les atouts de notre loisir qui reste encore assez confidentiel de ce côté-ci de la Manche.

lundi 1 octobre 2018

Dengitzic, fils d'Attila

A la mort de Théodose en 395, l'Empire romain est séparé en un Empire d'Occident et un Empire d'Orient. Entre les deux, la riche région de Pannonie attire les convoitises des peuples barbares qui finissent par s'y établir après avoir passé un traité avec Rome. Mais laissons la parole à Jordanès :

"Après que les Goths et les Romains eurent fait entre eux une paix solide, les Goths, voyant que les subsides qu'ils recevaient de l'empereur ne leur suffisaient pas, et désirant en outre faire voir leur courage, se mirent à butiner alentour sur les nations voisines, et tournèrent premièrement leurs armes contre les Satages, qui occupaient l'intérieur de la Pannonie.
 

Quand Dengitzic, roi des Huns et fils d'Attila, l'apprit, il rassembla autour de lui le petit nombre de nations qui semblaient reconnaître encore son autorité, savoir les Ulzingures, les Angiscires, les Biitugores et les Bardores. Et venant devant Bassianae, ville de la Pannonie, il en fit le siège et se mit à ravager son territoire. La nouvelle en étant venue aux Goths, dans le pays où ils étaient, ils abandonnèrent l'expédition qu'ils avaient entreprise contre les Salages. Ils se tournèrent alors contre les Huns, qu'ils chassèrent de leurs frontières avec tant d'ignominie pour ces derniers, que, depuis ce temps jusqu'à ce jour, ceux des Huns qui survécurent à leur défaite ont conservé une grande crainte des armes des Goths."




Les Huns furent donc chassés à grand renfort d'ignominie. Qu'est-ce-à dire en fait ? Pour le comprendre, quoi de plus ludique que de déployer une table sur ce scénario. Projetons-nous donc en Pannonie, en 468...


Devant les murs de Bassianae, les Huns et leurs alliés fourragent et pillent, en attendant que la cité ne tombe tel un fruit mur. C'est alors que s'approche Walemir et ses Ostrogoths, pressés de mettre fin à ces divagations champêtres.
L'alerte est donnée, les cavaliers hunniques se regroupent et délaissent la cité apeurée
Les Germains disposent d'une infanterie nombreuse et se déploient en trois corps équilibrés
La cavalerie germanique est impétueuse, et dédaigne la piétaille sensée l'accompagner
Toutefois, elle cède la place aux archers légers, qui repoussent les cavaliers hunniques dans les bois
Au centre, les Ostrogoths poursuivent les archers montés ennemis, sans pouvoir les rattraper...
...alors que sur l'aile gauche, les éclaireurs germains tentent de faire barrage aux Huns
 Ces derniers, comme à l'habitude, jouent aux anguilles et refusent la confrontation directe
Les cavaliers goths tentent de poursuivre les insaisissables provocateurs
Mais c'est au centre que tout va se jouer...
...à force de cavaler, le corps de Walemir est isolé et piégé
...et le doigt du Destin semble avoir déjà choisi son vainqueur
L'infanterie de Dengitzic apporte désormais son soutien, et les combats redoublent de violence
Walemir et ses cavaliers sont massacrés, les Goths n'ont plus de roi
Triomphants, les Huns viennent rallier l'infanterie ennemie

Sur notre table, le fils d'Attila a triomphé des Ostrogoths sous les murs de Bassianae. Walemir est mort, les Ostrogoths se soumettent.

A l'issue de cette bataille, Dengitzic affiche une puissance comparable à celle de son père, et se met à rêver des murs de Rome. Il n'avait pas prévu être assassiné lors du banquet fêtant sa victoire. Sa tête sera exposée à Byzance. Son assassin, d'origine ostrogothe, offrit donc la victoire à son peuple, d’ignominieuse manière.