Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

samedi 8 décembre 2018

Adiatuanos, roi des Sotiates




Ses affaires l'avaient rappelé à Rome. Mais avant de quitter la Gaule, Jules César a confié à ses lieutenants la mission de garder un œil vigilant sur les peuples turbulents pas vraiment soumis. C'est ainsi que Labienus est envoyé chez les Trévires, Sabinus et Brutus en Armorique, et Publius Licinius Crassus en Aquitaine. Intéressons-nous à ce dernier. Crassus s'engage donc, à la tête de son armée, chez les Sotiates. Adiatuanos, leur roi, ne l'entend pas de cette oreille.



Laissons la parole à César :
"Publius Crassus était arrivé dans l'Aquitaine, pays qui, à raison de son étendue et de sa population, peut être estimé, comme nous l'avons dit, le tiers de la Gaule. Songeant qu'il aurait à faire la guerre dans les mêmes lieux où, peu d'années auparavant, le lieutenant L. Valérius Préconinus avait été vaincu et tué, et d'où le proconsul Manlius avait été chassé après avoir perdu ses bagages, il crut qu’il ne pouvait déployer trop d’activité. Ayant donc pourvu aux vivres, rassemblé des auxiliaires et de la cavalerie, et fait venir en outre de Toulouse, de Carcasonne et de Narbonne, pays dépendants de la province romaine et voisins de l’Aquitaine, bon nombre d’hommes intrépides qu’il désigna, il mena son armée sur les terres des Sotiates. À la nouvelle de son arrivée, les Sotiates rassemblèrent des troupes considérables et de la cavalerie, qui faisait leur principale force, attaquèrent notre armée dans sa marche, et engagèrent avec elle un combat de cavalerie, dans lequel ayant été repoussés et poursuivis par la nôtre, ils firent tout à coup paraître leur infanterie, placée en embuscade dans un vallon. Ils assaillirent nos soldats épars et recommencèrent le combat". 
Guerre des Gaules - livre III - XX

Nous dressons la table : aux pieds de l'oppidum des Sotiates, les troupes de Crassus sont engagées par les hommes d'Adiatuanos.

La cavalerie gauloise ouvre les hostilités, mais les Légions tiennent le choc
Pendant ce temps, des cavaliers auxiliaires germains tombent sur des Celtes isolés...
...mais un prompt renfort permet aux Sotiates de piéger les cavaliers, et de les détruire

La bataille n'est pour l'instant qu'une suite d'escarmouches, et mérite une vue plus large, qui en embrasse l'intégralité.


En fait, cette partie de DBA avec des figurines 6 mm se déroule au restaurant, entre la poire et le fromage. Le minuscule plateau de 24 cm y a trouvé facilement sa place. La preuve est faite, s'il en était encore besoin : le jeu d'Histoire est transportable partout.

Les légionnaires se ressaisissent, et repoussent les cavaliers ennemis vers leurs lignes
 Les Celtes ont perdu l'initiative, et se regroupent...
...mais les Romains, emportés par leur élan, bousculent leurs adversaires

César écrira : "Le combat fut long et opiniâtre : Les Sotiates, fiers de leurs anciennes victoires, regardaient le salut de toute l'Aquitaine comme attaché à leur valeur. Nos soldats voulaient montrer ce qu'ils pouvaient faire en l'absence du général, sans l'aide des autres légions, sous la conduite d'un jeune chef. Couverts de blessures, les ennemis enfin tournèrent le dos. On en tua un grand nombre, et Crassus, sans s'arrêter, mit le siège devant la capitale des Sotiates". 
C'est effectivement ainsi que s'est achevée notre partie.

samedi 1 décembre 2018

La Belle Poule et L'Arethusa




Le 6 février 1778, la France signe un traité commercial et un traité d'alliance avec les Insurgés américains, provoquant de fait un casus-belli avec l'Angleterre.


L'amiral Augustus Keppel quitte Plymouth avec 24 navires pour surveiller les abords de Brest. Le 17, au large de Roscoff, la frégate française de 28 canons La Belle Poule, accompagnée du lougre Le Coureur aperçoit l'escadre anglaise.








Keppel détache de sa force deux navires pour les arraisonner : la frégate HMS Arethusa et le côtre HMS Alert.


Il est 18h30. Le commandant de l'Arethusa somme aux navire français de le suivre. Devant le refus du lieutenant de vaisseau Chaudeau de la Clocheterie, commandant la Belle Poule, les Anglais engagent le combat.

Nous jouons cette rencontre sur la règle Fighting Sail.

 Menaçants et sûrs d'eux, les navires anglais se dirigent vers leurs adversaires
 L'Arethusa est la première à ouvrir le feu, mais son tir reste sans effet
Les Français ne tremblent pas, et manœuvrent hardiment...
...et s'offrent l'opportunité d'un tir en enfilade sur leur adversaire, trop précipité
Le HMS Alert s'acharne sur le Courreur
Sa première bordée est dévastatrice
Le duel entre les frégates tourne à l'avantage de la Belle Poule
...alors que plus loin, le côtre anglais achève le malheureux lougre français
La Belle Poule se repositionne pour un nouveau tir en enfilade sur l'Arethusa...
...et lui porte le coup de grâce
Triomphante, la Belle Poule rentre au port, pour y penser ses plaies et recevoir des honneurs mérités

Les Anglais ont tiré les premiers, sans peser les conséquences historiques de cet acte funeste. La France peut alors s'engager pleinement dans la Guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique.

 

Nous avons proposé ce petit scénario naval les 1 et 2 décembre 2018 à Plouguern'expo, salon de modélisme à Plouguerneau (29). Il est vrai que le combat entre la Belle Poule et le HMS Arethusa s'était déroulé juste à proximité.

Parallèlement, les amateurs d'antiquité étaient également invités à rejouer la bataille de Leuctres sur notre petite règle d'initiation. En effet, si notre loisir a toute sa place dans une exposition de maquettes, ces dernières, contrairement à celles de la plupart des autres exposants, sont destinées à être manipulées et servir sur des tables de jeux.