Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

samedi 15 juin 2019

Les chevaux sauvages

Depuis plusieurs jours, le clan poursuit sans résultat une harde de chevaux. Les animaux ne se laissent guère approcher, il va falloir ruser...

Le soleil se lève péniblement sur la vallée, et les brumes tardent à se dissiper. Pour les hommes, fatigués, la traque doit prendre fin aujourd'hui. Toutes les rations ont été consommées, et les relations entre certains membres commencent à devenir électriques.


Silencieusement, les chasseurs s'approchent par petits groupes de leurs proies...
...prenant soin d'éviter de passer à proximité des trop imprévisibles aurochs...
 ...mais tombant fortuitement de temps en temps sur quelque habitant sauvage et grognon...
  ...qui, sanglier ou loup, ne fait pas le poids face aux envahisseurs
Les chevaux sont repérés, mais ont l'oreille fine
Les bêtes s'enfuient, mais l'une d'elles reste à la traine
Le pauvre animal est aussitôt la proie malheureuse de deux chasseurs
 Un autre groupe tente d'approcher un mammouth
 La bête gigantesque parvient à s'enfuir par les bois
 Non loin, un autre groupe se cache des yeux d'un redoutable félin...
 ...mais ignore l'approche de féroces anthropophages qui se jettent sur les chasseurs imprudents...
...alors que les chevaux devenus furieux se ruent et massacrent leurs agresseurs avant de déguerpir


Cette chasse fut un véritable massacre. Les survivants purent toutefois ramener suffisamment de nourriture pour assurer la survie de la communauté. Jamais plus le clan n'allait considérer le cheval comme un gibier ordinaire. Pour preuve : les traces de cette vénération sont parvenue jusqu'à nous.

dimanche 9 juin 2019

Opération Gaudo, 28 mars 1941

En guerre du côté de l'Axe depuis le 10 juin 1940, l’Italie mussolinienne rêvait de restaurer un empire digne de Rome.  Le 28 octobre, le royaume entreprit la conquête de la Grèce. A leur grande stupeur, les généraux italiens tombèrent sur une résistance acharnée des troupes hellènes, et l'armée italienne marquait le pas. En mars 1941, les Britanniques amplifièrent leur soutien aux Grecs afin de contrer la menace d’une intervention allemande imminente.

Sous la pression de Berlin, la Regia Marina lance l'Opération Gaudo. Elle consiste en une exploration offensive destinée à perturber les convois alliés reliant Alexandrie au Pirée. La force est placée sous les ordres de l'amiral Angelo Iachino, à bord du cuirassé moderne Vittorio Venetto. Trois autres divisions de croiseurs l'accompagnent : la 1ère qui compte les croiseurs Zara, Fiume, Pola (amiral Carlo Cattaneo), la 3ème, avec les croiseurs Trieste, Trento et Bolzano (amiral Sansonetti), et la 8ème division de croiseurs légers avec l'Abruzzi et le Garibaldi (amiral Legnani). Les navires reçurent l'ordre de se regrouper le 28 mars au lever du jour à 20 milles nautiques au large de l'île de Gavdos, dans le Sud Ouest de la Crête.

Cette mission éloignait la flotte italienne de ses zones d'opérations habituelles. Elle pouvait de plus bénéficier du soutien de l'aviation italienne basée à terre dans le secteur de l'Egée ainsi que des avions allemands du X. Fliegerkorps basé en Sicile.


Et c'est ici qu'intervint "Ultra". Les Britanniques avaient intercepté puis déchiffré deux messages italiens de Rome à Rhodes, ainsi qu'un message allemand au X. Fliegerkorps, indiquant l'imminence d'une opération autour de la Crète. Ainsi mis en alerte, l’amiral Andrew Brown Cunningham sortit d'Alexandrie avec le porte-avion HMS Formidable et les vieux cuirassés HMS Warspite, HMS Valiant et HMS Barham. Il sera rejoint par la division de l'amiral Pridham-Whippel qui était au Pirée, et comprenant les croiseurs légers HMS Orion, HMAS Perth et HMS Gloucester.

Le 28 mars à l'aube, les deux flottes se rencontrent, fatalement.



Pour l'instant, seuls les Italiens naviguent sur la mer-jolie. Sur les bords de la nappe, les divisions britanniques attendent de rentrer en scène, ainsi que l'aviation, qu'elle soit embarquée sur le HMS Formidable, ou basée à terre pour l'Axe.


Évidemment, chaque division bénéficie d'une escorte non négligeable de torpilleurs ou destroyers
Venant d'Alexandrie, les navires de Cunningham vont à la rencontre des Italiens
Ces derniers, plus nombreux, se préparent à la bataille
 Le Zara est encadré par les tirs anglais, mais le HMS Griffin est le premier à sombrer
 Prudemment resté en retrait, le HMS Formidable fait décoller ses avions
 Le puissant Vittotio Veneto fait de même, et catapulte son hydravion de reconnaissance
Les cuirassés anglais engagent les croiseurs italiens, sans réel effet
C'est alors que le ciel s'assombrit : des "Swordfish" tombent sur l'Abruzzi...
...alors que, au même moment, des "Sparviero" ciblent le Barham
Des "Fulmars" interviennent aussitôt et abattent un assaillant ; le Barham est touché par une torpille
L'Abruzzi : les "Albacore" sont mis hors de combat par la défense anti-aérienne
 Les avions passés, les échanges de tirs reprennent de plus belle
Le destroyer HMS Hotspur est le second à être coulé
Désormais, l'Abruzzi a rejoint le Barham sous les flammes
L'Oriani et le Gioberti sont les deux premiers torpilleurs italiens à périr, mais le Barham sombre
 Au loin, l'Imam RO.43 italien est victime de la rencontre fatale avec un Walrus
Les destroyers de Pridham-Wippel font un écran de fumée pour protéger les croiseurs légers...
 ...mais les artilleurs du Vittorio Veneto s'offrent le HMS Orion...
Les Britanniques mettent hors jeu les torpilleurs Alpini et Fulgore
...aussitôt vengés par une manœuvre audacieuse du HMAS Stuart : le Garibaldi et le Carabiniere sont coulés
S'ensuit une terrifiante foire d'empoigne, les HMS Stuart et Nubian sont mortellement touchés...
... rejoints par les Italiens Abruzzi, Alfieri, Granatiere et Pessagno, mais le Warspite est blessé
Soudain, les Junker 88 du X. Fliegerkorps tombent sur le porte-avion isolé, sans succès
Profitant de la confusion, le Vittorio Venetto rallie les survivants italiens, qui rompent le combat...
...alors que les Britanniques, également fatigués par la bataille, font de même

Sur notre table, les Alliés ont perdu un cuirassé, un croiseur et quatre destroyers. Les Italiens quant à eux ont perdu lors de cet engagement deux croiseurs et huit torpilleurs. Tactiquement, le match est nul. Pratiquement, les Italiens ont payé le prix fort, et ne devraient plus être tentés de s'aventurer aussi loin de leurs bases désormais.

samedi 1 juin 2019

Bataille d'Ipsos



Désormais, Ptolémée gouvernait l’Égypte, Séleucos la Syrie, Lysimaque la Thrace, Cassandre la Macédoine et Antigone le Borgne l'Asie mineure. Mais ce dernier ambitionnait de restaurer l'empire d'Alexandre, à son profit, bien entendu. Avec l'aide de son fils Démétrios Poliorcète, il avait conquis la Palestine et la Grèce. Les autres Diadoques formèrent une coalition pour contrer l'ambitieux et garantir définitivement leurs parts de l'héritage du Conquérant.



En 301 avant notre ère eu lieu en Phrygie l'une des plus grandes batailles de l'Antiquité. A Ipsos, elle opposa les Antigonides aux forces coalisées menées par Séleucos et Lysimaque.






Nous amendons légèrement la règle l'Art de la Guerre afin de coller au mieux à notre interprétation du scénario historique. Ainsi :
  • Lysimaque, Séleucos, Antigone et Démétrios disposeront d'un D4+3 d'activation. Pour les autres généraux, cela sera 1D6 + 1 ;
  • les distances de commandement fixées à 8 UD pour les 4 généraux majeurs, 6 pour les autres ;
  • la taille maximale d'un groupe de phalangistes est portée à 10 au lieu de 6 ;
  • l'artillerie lourde disposera d'une capacité de déplacement (2 UD) mais sans pouvoir constituer de groupe et sans possibilité de tir après mouvement ;
  • côté alliés, la mort de Séleucos ou de Lysimaque entraine la démoralisation de leurs troupes respectives et par effet domino la retraite de l'autre contingent ;
  • côté antigonide, la mort cumulée d'Antigone et de Démétrios provoque la démoralisation de l'armée dans son ensemble ;
  • dès qu'un corps a perdu 25%, 50 % puis 75% de ses effectifs initiaux, toutes les plaquettes restantes perdent automatiquement un point de cohésion à la fin du tour. 

Le champ de bataille, vu du côté d'Antigone
 


Chaque armée est séparé en trois corps. Elle sont de types comparables. Si l'on croit les auteurs anciens, les alliés disposaient de 64.000 fantassins, 15.000 cavaliers et 400 éléphants. En face, Antigone pouvait compter sur 70.000 fantassins, 10.000 cavaliers et 75 éléphants. Le cœur de ces armées formidables était constitué comme il se doit de phalanges hellénistiques.

La règle dit que les phalanges sont peu manœuvrables, ce qui est effectivement le cas
Derrière les éléphants, les phalangistes poussés par Lysimaque vont à la rencontre de leurs adversaires
Sur la gauche d'Antigone, les deux ailes de cavalerie se déploient
De l'autre côté, un char à faux séleucide percute déjà la phalange antigonide...
...alors que les unités de cavalerie légère en sont déjà aux mains
Dans un vacarme épouvantable, les pachydermes se rencontrent
 Les combats sont acharnés, et tournent à l'avantage de Séleucos
D'ailleurs, sur son aile droite, sa cavalerie parvient à contourner la cavalerie antigonide
Cette dernière résiste héroïquement mais difficilement
Sur l'autre aile les résultats sont encore plus tranchés...
... en peu de temps, la cavalerie antigonide est balayée
 Toutefois, l'infanterie tient bon, et le flanc de la phalange ne semble pas menacé
En fait, le coup est frontal, et les éléphants séleucides n'ont pas dit leur dernier mot
L'un d'eux parvient à pénétrer la phalange, et s'en donne à cœur joie devant un Antigone sidéré
De sa chaise, le vieil Antigone exhorte ses troupes à tenir le choc...
 ...mais une énorme brèche a rompu le front...
...et sa phalange prête désormais le flanc aux éléphants de Séleucos
 Les Antigonides tentent un ultime choc, mais c'est trop tard
Les hommes d'Antigone livrent désormais un combat désespéré
Les derniers corps à corps sont livrés, la résistance antigonide s'effondre

Les rêves d'Antigone ne se réaliseront pas. L'empire d'Alexandre ne sera pas restauré. Antigone le Borgne avait 81 ans, et son destin s'est achevé ainsi, d'un simple coup de javelot, sur la plaine d'Ipsos.