Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

lundi 21 octobre 2019

Descente au Relecq-Kerhuon


Répondant à l'invitation du Maquette Club Kerhuonnais, notre club était présent au salon de la maquette au Relecq-Kerhuon, près de Brest. Plus de 3,000 visiteurs se sont pressés les 19 et 20 octobre 2019, pour contempler les somptueuses réalisations de plus de 70 exposants, présentant sur 500 mètres linéaires maquettes en plastiques, sous-marins en laiton, réseaux ferrés, modèles en carton... et bien sûr, "soldats de plomb".

Pour nous, ce salon reste toujours l'opportunité qu'il existe une autre façon, ludique, d'aborder le modélisme. Ici, on tripote, on tord, et on peut massacrer, virtuellement bien entendu, les figurines.


Près d'une grande table "Diadoques" en 15mm, nos joueurs-figurinistes ont pu partager leurs passions à un public toujours très curieux de découvrir le jeu d'histoire.

samedi 5 octobre 2019

Tunnel sur la Manche

Les forces d'occupation n'étaient pas dupes : tôt ou tard, les Alliés tenteraient de débarquer sur le continent. C'est ainsi que trois torpilleurs de la 4. Torpedobootsflottille basée à Brest reçoivent l'ordre de poser des mines à proximité des Sept Iles, non loin de Lannion, sur la côte nord de la Bretagne. Sait-on jamais...
 



Nous sommes le 26 mai 1944, non loin de l'île de Batz. Il est quatre heures du matin.

Les T-24, T-27 et T-29, tous de classe Elbing, rentrent sur Brest, mission accomplie.





 
C'est alors que cinq navires ennemis leur barrent la route...

Le croiseur léger HMS Black Prince est à leur tête. Il est accompagné par quatre destroyers de la classe Tribal : le Britannique HMS Ashanti, et les Canadiens NCSM Haida, NCSM Huron et NCSM Athabaskan.

Ils participent à une opération "Tunnel", visant à blanchir les eaux de la Manche de toute présence de navires de l'Axe.

Tel qu'il se présente, le combat est déséquilibré. C'est la raison pour laquelle historiquement les torpilleurs allemands avaient préféré faire demi-tour, et tenté de se réfugier à Saint-Malo en longeant la côte. Le T-29 avait toutefois été coulé.

Sur notre table, les joueurs peuvent prendre plus de risques, naturellement. Le scénario se joue sur la règle Naval Thunder.

Le joueur allemand prend la direction des opérations, méprisant superbement le danger

Son choix est fait : il fonce !

Les "Torpedoboot" mettent le cap au nord, espérant coincer les alliés entre eux et la côte
Les Alliés ne se laissent pas berner, et vont au plus court
Les quatre "Tribal" barrent la route aux Allemands, alors que le HMS Prince of Wales les contourne
Première salve du croiseur léger : le T-29 est mortellement touché
Les Allemands ripostent, un incendie se déclare sur le Black Prince, mais est rapidement maîtrisé
Les actions s'accélèrent, et les solutions de tirs se précisent
C'est au tour du T-27 de disparaître sous l'action combinée des NCSM Haida et Athabaskan
 Le T-24, seul survivant de son camp, lâche une salve de torpilles sur le NCSM Haida qui explose...
...qui est aussitôt vengé par une salve bien ajustée du NCMS Huron

La conclusion de cette partie est sans appel : les trois torpilleurs allemands ne reverront pas le port de Brest, alors que le Canada aura perdu l'un de ses destroyers.

dimanche 29 septembre 2019

Numistro

Hannibal avait mené une campagne victorieuse en Italie, mais Rome résistait, et continuait à combattre. Déjà, des villes en Lucanie se levaient contre l'autorité carthaginoise. Il en fut ainsi de la cité d'Herdonia, sévèrement châtiée malgré l'intervention des Légions battues sous ses murs.

Le Punique fut ensuite route vers le nord-est de la Lucanie, à proximité de Numistro. Il installa son camp sur une colline alors que les Romains étaient déjà à ses trousses. Quand Marcus C. Marcellus arriva en vue de Numistro, l'armée carthaginoise l'attendait déjà. Le général romain accepta la bataille qui lui était proposée, pressé de laver l'affront d'Herdonia.







Les murs de Numistro sont déserts. La cité est subjuguée : son destin va se jouer dans la plaine entre les deux plus grandes puissances de leur temps.






Face aux Carthaginois, les Légions ne se sont pas encore déployées
Qu'importe ! Marcellus donne l'ordre à sa première Légion de marcher face aux Barbares
Les éléphants puniques, misant sur la terreur qu'ils inspirent, s'avancent
Les pachydermes sont aussitôt harcelés par les vélites romains...
...qui cèdent rapidement leur place à de hardis hastati
Les éléphants sont débordés, paniquent puis périssent, sous les yeux des frondeurs baléares impuissants
Sur l'aile droite romaine, les Espagnols appuyés par la cavalerie punique repoussent les cavaliers italiens
De l'autre côté, la cavalerie romaine tente de profiter d'une faille et prendre l'ennemi à revers...
...mais les Ibères, toujours eux, leur barrent le passage
La première ligne carthaginoise est balayée, les Légions bousculent désormais les Espagnols
Les combats sont âpres, les Romains semblent prendre le dessus
C'est alors qu'avancent les phalanges africaines, timidement
...mais Hannibal, sentant l'heure tourner, décide le repli

Le général carthaginois a déjà beaucoup perdu lors de cette bataille. Ses mercenaires baléares sont en déroute, les Espagnols sont au bord de l'effondrement, et, surtout, ses éléphants sont hors de combat. Rome semble avoir désormais pris l'initiative dans cette guerre. Pour Hannibal, seul le repli pourra lui permettre de tenter de sauver sa cavalerie et sa phalange, et ne pas être expulsé d'Italie.

lundi 16 septembre 2019

La révolte d'Ariarathe

Quand Alexandre le Grand avait envahi l'Asie, ses armées négligèrent la Cappadoce et préférèrent frapper directement au cœur de l'empire achéménide. Nous sommes en -322, Alexandre est mort.


Ariarathe avait 82 ans. Le vieil homme, d'origine perse, était le satrape de Cappadoce, mais n'adhérant pas à l'hégémonie alexandrine et voyant son heure venue, s'était aussitôt proclamé roi.

Évidemment, ce n'était pas du goût d'Eumène de Cardia à qui les Accords de Babylone accordaient la Cappadoce. Le Diadoque dépêcha contre Ariarathe l'un des meilleurs généraux macédoniens : Perdiccas.

L'Histoire ne décrit pas par le détail la suite des évènements. Certes, si les Macédoniens furent victorieux, nous pouvons toujours mettre sur table un thème original, en jouant la rencontre des deux armées et tenter d'offrir un sort plus enviable au vieil Ariarathe.

Nous proposons ce scénario lors de la sixième édition de la Fête du Jeu Troadé, à Plouvorn (29). Les amateurs peuvent prendre en main l'une ou l'autre armée au format DBA (version 2.2), la partie se déroulant sous la règle éponyme, ou avec notre petite règle pour les salons.

A côté de cette table, nous invitons également les joueurs à participer à du naval : la bataille du Rio de la Plata et le combat du 8 juin 1755 dans le Golfe du Saint Laurent.


L'armée d'Ariarathe attend de pied ferme les Macédoniens
Des remparts, les défenseurs de la cité attendent, inquiets quant à leur avenir proche
Le vieux roi n'a pas encore dit son dernier mot, et s’apprête à en découdre
La phalange macédonienne est imposante, mais très lente
Les Cappadociens, plus mobiles, tentent de déborder les envahisseurs par les ailes
Sur un bord, Ariarathe se retrouve face à Perdiccas...
 ...alors que de l'autre côté, l'éléphant macédonien est engagé par la cavalerie légère cappadocienne
Le choc est rude, la phalange bouscule et écrase ses malheureux opposants
L'éléphant parvient au même résultat, avec moins de subtilité
 Ariarathe est repoussé, son armée capitule

La conclusion de cette partie est conforme à l'Histoire, mais notre joueur cappadocien n'a pas eu à subir le sort funeste d'Ariarathe qui fut, malgré son grand age, condamné à périr sur la croix.

vendredi 13 septembre 2019

La chasse au gros

Juillet 1944.

Un nouveau raid de la 15th Air Force prend pour cible les installations industrielles de Budapest, capitale de la Hongrie. Les escadrilles de quadrimoteurs B17 et B24 ont décollé depuis leurs aérodromes d’Italie, escortées par les chasseurs à long rayon d’action P38 et P51. Après une mission plus ou moins couronnée de succès, le temps de rentrer à la base arrive. Mais le voyage de retour, tout comme celui de l’aller nécessite le survol des pays ennemis et entraîne le risque de rencontres inopportunes avec les chasseurs des forces de l’Axe.

Le B24 Liberator du Lieutenant Jones a été méchamment accroché par la Flak pendant sa mission de bombardement et un de ses moteurs a rendu l’âme. Il doit donc rentrer à sa base sur trois pattes et a dû abandonner sa formation pour un vol de retour solitaire et donc très risqué. Par chance, Jones a croisé sur sa route un squadron de P51B qui a décidé d’escorter le grand frère jusqu’à la maison.













Bien évidemment, cette proie d’apparence fragile a été repérée par les observateurs au sol et les pilotes de l’Axe encore en l’air dans la zone sont envoyés vers le B24 blessé avec pour mission de l’expédier définitivement ad patres.


Les lourds Me210 et les chasseurs flambant neufs Me109G de la MKHL (Magyar Kiralyi Honved Legiero) se ruent à l’assaut pour tenter d’éliminer l’intrus. Ils ont l’avantage de la position et de la vitesse, leur altitude est plus élevée et le bombardier se déplace avec une vitesse réduite.


Alors que les Hongrois se jettent à l’assaut du « gros », les chasseurs de l’escorte se précipitent à leur rencontre pour les gêner dans leur attaque. Le bombardier, quant à lui essaie de prendre de l’altitude pour se garder la possibilité de plonger plus rapidement en cas de besoin.


Sur le côté droit du bombardier, les P51 prouvent leur supériorité de manœuvre sur les Me210 et se positionnent idéalement dans leur dos pour les mitrailler à courte distance...


...mais sur l’autre côté, les Me109G perforent l’écran défensif et se retrouvent rapidement à portée de tir.



Le Liberator fait feu de tout bois sur la meute qui l’entoure et la mêlée devient bientôt très confuse avec plus d’une dizaine de chasseurs qui virevoltent autour d’une cible qui tente d’éviter les tirs qui proviennent de tous les côtés à la fois.


Un deuxième Me210 est touché par les tourelles du B24 mais les canons des 109G viennent perforer à de nombreuses reprises le fuselage du bombardier dont un deuxième moteur prend feu.


Une dernière rafale fait alors exploser le lourd quadrimoteur en plein vol, expédiant des débris en tous sens.


Leur mission accomplie, les pilotes hongrois décident de se replier, les chasseurs américains étant visiblement une proie d’un calibre trop élevé pour eux.



En effet, ivres de rage, les chasseurs américains plus maniables et d’une robustesse à toute épreuve ont décidé de faire payer au prix fort aux Hongrois la perte du « grand frère ». Dans la poursuite, deux autres chasseurs Me 109G hongrois sont endommagés, mais ils peuvent profiter d’une vitesse et d’une altitude supérieure pour s’échapper.

Les Américains doivent à leur tour rentrer vers leur base, à court de munition et de carburant pour la plupart d’entre eux.

Leur atterrissage sera mitigé : malgré leur bravoure et leur habileté manœuvrière, ils n’ont pas réussi à protéger leur camarade. Près d’un quart des bombardiers engagés ce jour-là ne rentrera d’ailleurs pas sur le sol de la péninsule !