Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

samedi 17 août 2019

Bataille du Rio de la Plata

 



En 1939, la marine allemande disposait de trois cuirassés de poche. Leur mission principale était de s'en prendre aux navires de commerce alliés, en évitant, dans la mesure du possible, le contact avec des vaisseaux ennemis. En moins de trois mois, malgré la chasse incessante que lui donnaient les marines françaises et britanniques, l'Admiral Graf Spee avait déjà coulé neuf navires.







Le 2 décembre, le Graf Spee rencontra le cargo Doric Star dans le sud de Sainte Hélène. Avant de couler, le navire marchand signala par radio l'attaque dont il était l'objet. Les Alliés purent repositionner le corsaire allemand, et purent estimer sa route. La Force G, constituée des croiseurs HMS Exeter, HMS Ajax et HMNZS Achilles, se présentèrent à l’embouchure du Rio de la Plata.


 

Notre table nous porte au 13 décembre 1939. Il est 06h00. Nous jouons sur la règle Naval Thunder.

 Le jour se lève, le Graf Spee voit des silhouettes menaçantes à l'horizon
 Les navires se rapprochent, les équipages ayant été rappelés aux postes de combat
 Les navires alliés tentent d'envelopper le cuirassé de poche
 Le Graf Spee cherche à rester à distance, hors de portée des canons ennemis...
 ...tout en concentrant son tir sur l'Achilles néo-zélandais...
 ...puis l'Ajax, mais le navire allemand est désormais à portée de tir de ses adversaires
 L'Achilles, blessé, parvient à maîtriser l'incendie, contrairement à l'Ajax qui se consume
 Alors que le Graf Spee se concentre sur les croiseurs légers, l'Exeter se rapproche insidieusement...
...et ses tirs précis, combinés à ceux du néo-zélandais, s'abattent sur le Graf Spee



Les obus pleuvent sur le Graf Spee.

Bien que doté d'une puissance de feu supérieure, le navire allemand a eu tort de lutter seul contre trois navires déterminés. 

Un dernier coup au but achève définitivement le cuirassé de poche allemand qui explose, et rejoint le HMS Ajax qui disparaît dans les flots.

samedi 10 août 2019

Saint Aubin du Cormier, 1488



François II était duc de Bretagne depuis bientôt 30 ans. Bien que décrit "léger et frivole", et "de caractère irrésolu", il défendait les droits du duché des appétits voraces de son puissant voisin, le royaume de France.


Le 12 juillet 1488, les troupes françaises assiègent Fougères. L'armée bretonne est rassemblée afin de délivrer la cité, clef de voûte de la défense du duché. La montre se tient le 24 puis se met aussitôt en route, mais Fougères était tombée cinq jours plus tôt.



François II dispose d'environ 11.000 hommes, placés sous le commandement du maréchal de Rieux. Ses troupes ne sont pas toutes bretonnes. En effet, en 1485 a éclaté la "Guerre folle", qui oppose de nombreux princes et autres grands féodaux français à la régente Anne de Beaujeu, qui gouverne le royaume lors de la minorité de Charles VIII. De plus, François n'a pas d'héritier mâle, et ses deux filles attirent les convoitises des puissants. C'est ainsi que sous la croix noire de Bretagne, nous trouvons, entre autres, le duc de Lorraine, le prince d'Orange, le comte d'Albret, le comte d’Angoulême, le gouverneur de Guyenne, mais aussi Louis d'Orléans (le futur Louis XII), renforcés par des soudards du Saint Empire, de Castille et d'Angleterre.

L'armée royale, l'une des plus impressionnantes de son temps, est dirigée par Louis de la Trémoille. Elle repose sur ses compagnies d'ordonnances, de nombreux fantassins mercenaires et d'une puissante artillerie, et compte bien plus de combattants que l'armée ducale. Elle dispose encore de quelques troupes féodales, tel l'arrière ban de Normandie. Il faut aussi noter que de nombreux nobles bretons servent sous le Lys contre le duc de Bretagne, comme, par exemple, le vicomte de Rohan combattant du côté français, face à son propre fils servant son duc...




Ce n'est que le 26 juillet que l'armée ducale stationnant à Rennes est informée de la chute de Fougères. Les chefs finissent par s'accorder pour attendre l'ennemi à Saint Aubin du Cormier.

Nous sommes le 28 juillet 1488, l'armée française débouche de la route de Fougères. En face d'elle, l'armée bretonne a déjà pris ses positions.


Afin d'équilibrer le scénario, joué sur la règle l'Art de la Guerre, les corps démoralisaient uniquement sur les pertes des Gendarmes. A 50% de pertes, le corps entier démoralise. De plus, les Suisses (4 plaquettes) démoralisaient automatiquement à une perte, alors que l'arrière garde française, placée bien en arrière ne pouvait pas véritablement agir les premiers tours. Une armée démoralisait si deux de ses corps étaient démoralisés.

Louis de la Tremoille ordonne à ses troupes de se déployer face aux lignes bretonnes...
 ... mais certaines unités sont encore assez éloignées
Profitant de la désorganisation française, Alain d'Albret prend l'initiative à la tête de ses gendarmes
La manœuvre bretonne retient l'attention des artilleurs français...
...qui font aussitôt parler la poudre ; les Bretons répliquent
L'armée ducale hâte le pas : elle doit garder l'initiative pour emporter la victoire
Mais les canons français fixent la cavalerie bretonne...
...alors que des cavaliers italiens contournent les lignes ducales par la forêt de Haute Sève
La cavalerie bretonne hésite, et attend le renfort de l'infanterie
Le maréchal de Rieux se porte en avant, pour donner l'exemple et galvaniser ses troupes
...mais Louis d'Orléans parmi ses gens de pieds hésite et tergiverse
 Sur l'aile gauche, des archers arborant la croix rouge des Anglais tente de terroriser les Français
Ces derniers ne l'entendent pas de cette oreille : la guerre de 100 ans est loin derrière...
...et les archers de Lord Scales sont écrasés par les gendarmes
Entretemps, Jean de Baudricourt, commandant de l'arrière garde royale, se rapproche timidement
Sur l'aile gauche, l'artillerie française a décimé l'aile droite bretonne
Les troupes à pied du corps principal, la "bataille", démoralise et s'enfuit...

...alors que Rieux tente héroïquement de freiner l'avance française...
 ...mais il est trop tard, l'armée bretonne est massacrée



Le résultat de notre table a vérifié le dénouement historique. Les partisans du duc et de sa politique d'indépendance sont démoralisés, alors que l'armée bretonne est détruite. Il ne reste plus qu'à Louis de la Tremoille à cueillir les forteresses qui résistent encore à l'autorité royale. François II, acculé, devra se résoudre à signer le Traité du Verger, par lequel l'héritière du duché ne pourra plus se marier sans l'accord du roi de France.

lundi 22 juillet 2019

Reinhausen, 17 avril 1809


 
Nous sommes le 17 avril 1809 à proximité de Ratisbonne. Des unités du 3ème Corps du maréchal Davout stationnent au nord du Danube pour protéger la grande ville d'une éventuelle menace autrichienne qui déboucherait par l'est. 

 
En effet, c'est bien par cette voie qu'une avant-garde impériale aux ordres de Klenau arrive au matin du 17 avril et dont les reconnaissances identifient des troupes françaises à Reinhausen. C'est ici que se situe l'unique pont, passage obligé pour l'artillerie et les bagages, sur la route de Ratisbonne.

Composée de deux colonnes, l'avant-garde autrichienne entame une approche vers Reinhausen.


Klenau choisit l'option d'attaquer frontalement avec son infanterie en colonnes assez denses, couverte par des bataillons de Jägers à leur gauche (bien que ces derniers ne soient trop peu efficaces face aux éléments du 13ème léger, retranchés) et par l'artillerie regroupée de la colonne à leur droite.


Plus au nord, la cavalerie quant à elle occupait le terrain, menaçant de tourner les Français retranchés derrière la Regen.


Davout, informé, donne des ordres pour que l'artillerie de la brigade soit déployée pour tenir à distance les troupes montées autrichiennes, de telle sorte qu'elles n'eurent jamais l'occasion de déborder les Français.


Pendant ce temps, les troupes autrichiennes du 25 Infanterie Regiment, appuyées par des volontaires de la Landwher, se lancèrent à l'assaut de Reinhausen, tout en ayant au préalable occupé Weich au sud-est pour s'assurer un appui.


Ni le bombardement de l'artillerie, ni les assauts répétés des lignes impériales autrichiennes n'entamèrent les défenseurs, bientôt rejoints par plusieurs bataillons du 30ème de Ligne qui contre-attaquèrent sur la droite du village, déroutant des Jägers bien impuissants face à une telle charge. Cette contre attaque s'acheva par la reprise de vive force de Weich menaçant ainsi toute l'aile gauche impériale d'être tournée.


Las ! Le commandant en chef autrichien, voyant son infanterie s'user face aux légers retranchés et incapable de rabattre sa cavalerie bien trop éloignée ordonna le repli de ses troupes. Il estimait en effet sa mission accomplie : les Français étaient débusqués et il pouvait en avertir Charles... Débusqués, oui mais pas chassés de Reinhausen comme il était convenu de le faire. La route de Ratisbonne n'était pas ouverte, pis encore : qui et combien étaient-ils, ces Français?

Ce manque d'information n'allait pas tarder à nuire aux Impériaux qui subiront au sud du Danube les assauts du corps de Davout qui rejoignait Napoléon, tandis qu'un régiment bloquerait ces troupes au nord de Ratisbonne. Autant d'unités qui feront défaut à Charles lors des engagements suivants...