Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

lundi 16 septembre 2019

La révolte d'Ariarathe

Quand Alexandre le Grand avait envahi l'Asie, ses armées négligèrent la Cappadoce et préférèrent frapper directement au cœur de l'empire achéménide. Nous sommes en -322, Alexandre est mort.


Ariarathe avait 82 ans. Le vieil homme, d'origine perse, était le satrape de Cappadoce, mais n'adhérant pas à l'hégémonie alexandrine et voyant son heure venue, s'était aussitôt proclamé roi.

Évidemment, ce n'était pas du goût d'Eumène de Cardia à qui les Accords de Babylone accordaient la Cappadoce. Le Diadoque dépêcha contre Ariarathe l'un des meilleurs généraux macédoniens : Perdiccas.

L'Histoire ne décrit pas par le détail la suite des évènements. Certes, si les Macédoniens furent victorieux, nous pouvons toujours mettre sur table un thème original, en jouant la rencontre des deux armées et tenter d'offrir un sort plus enviable au vieil Ariarathe.

Nous proposons ce scénario lors de la sixième édition de la Fête du Jeu Troadé, à Plouvorn (29). Les amateurs peuvent prendre en main l'une ou l'autre armée au format DBA (version 2.2), la partie se déroulant sous la règle éponyme, ou avec notre petite règle pour les salons.

A côté de cette table, nous invitons également les joueurs à participer à du naval : la bataille du Rio de la Plata et le combat du 8 juin 1755 dans le Golfe du Saint Laurent.


L'armée d'Ariarathe attend de pied ferme les Macédoniens
Des remparts, les défenseurs de la cité attendent, inquiets quant à leur avenir proche
Le vieux roi n'a pas encore dit son dernier mot, et s’apprête à en découdre
La phalange macédonienne est imposante, mais très lente
Les Cappadociens, plus mobiles, tentent de déborder les envahisseurs par les ailes
Sur un bord, Ariarathe se retrouve face à Perdiccas...
 ...alors que de l'autre côté, l'éléphant macédonien est engagé par la cavalerie légère cappadocienne
Le choc est rude, la phalange bouscule et écrase ses malheureux opposants
L'éléphant parvient au même résultat, avec moins de subtilité
 Ariarathe est repoussé, son armée capitule

La conclusion de cette partie est conforme à l'Histoire, mais notre joueur cappadocien n'a pas eu à subir le sort funeste d'Ariarathe qui fut, malgré son grand age, condamné à périr sur la croix.

vendredi 13 septembre 2019

La chasse au gros

Juillet 1944.

Un nouveau raid de la 15th Air Force prend pour cible les installations industrielles de Budapest, capitale de la Hongrie. Les escadrilles de quadrimoteurs B17 et B24 ont décollé depuis leurs aérodromes d’Italie, escortées par les chasseurs à long rayon d’action P38 et P51. Après une mission plus ou moins couronnée de succès, le temps de rentrer à la base arrive. Mais le voyage de retour, tout comme celui de l’aller nécessite le survol des pays ennemis et entraîne le risque de rencontres inopportunes avec les chasseurs des forces de l’Axe.

Le B24 Liberator du Lieutenant Jones a été méchamment accroché par la Flak pendant sa mission de bombardement et un de ses moteurs a rendu l’âme. Il doit donc rentrer à sa base sur trois pattes et a dû abandonner sa formation pour un vol de retour solitaire et donc très risqué. Par chance, Jones a croisé sur sa route un squadron de P51B qui a décidé d’escorter le grand frère jusqu’à la maison.













Bien évidemment, cette proie d’apparence fragile a été repérée par les observateurs au sol et les pilotes de l’Axe encore en l’air dans la zone sont envoyés vers le B24 blessé avec pour mission de l’expédier définitivement ad patres.


Les lourds Me210 et les chasseurs flambant neufs Me109G de la MKHL (Magyar Kiralyi Honved Legiero) se ruent à l’assaut pour tenter d’éliminer l’intrus. Ils ont l’avantage de la position et de la vitesse, leur altitude est plus élevée et le bombardier se déplace avec une vitesse réduite.


Alors que les Hongrois se jettent à l’assaut du « gros », les chasseurs de l’escorte se précipitent à leur rencontre pour les gêner dans leur attaque. Le bombardier, quant à lui essaie de prendre de l’altitude pour se garder la possibilité de plonger plus rapidement en cas de besoin.


Sur le côté droit du bombardier, les P51 prouvent leur supériorité de manœuvre sur les Me210 et se positionnent idéalement dans leur dos pour les mitrailler à courte distance...


...mais sur l’autre côté, les Me109G perforent l’écran défensif et se retrouvent rapidement à portée de tir.



Le Liberator fait feu de tout bois sur la meute qui l’entoure et la mêlée devient bientôt très confuse avec plus d’une dizaine de chasseurs qui virevoltent autour d’une cible qui tente d’éviter les tirs qui proviennent de tous les côtés à la fois.


Un deuxième Me210 est touché par les tourelles du B24 mais les canons des 109G viennent perforer à de nombreuses reprises le fuselage du bombardier dont un deuxième moteur prend feu.


Une dernière rafale fait alors exploser le lourd quadrimoteur en plein vol, expédiant des débris en tous sens.


Leur mission accomplie, les pilotes hongrois décident de se replier, les chasseurs américains étant visiblement une proie d’un calibre trop élevé pour eux.



En effet, ivres de rage, les chasseurs américains plus maniables et d’une robustesse à toute épreuve ont décidé de faire payer au prix fort aux Hongrois la perte du « grand frère ». Dans la poursuite, deux autres chasseurs Me 109G hongrois sont endommagés, mais ils peuvent profiter d’une vitesse et d’une altitude supérieure pour s’échapper.

Les Américains doivent à leur tour rentrer vers leur base, à court de munition et de carburant pour la plupart d’entre eux.

Leur atterrissage sera mitigé : malgré leur bravoure et leur habileté manœuvrière, ils n’ont pas réussi à protéger leur camarade. Près d’un quart des bombardiers engagés ce jour-là ne rentrera d’ailleurs pas sur le sol de la péninsule !

dimanche 8 septembre 2019

Golfe du Saint Laurent, 8 juin 1755


La France et l'Angleterre se disputent le contrôle de la vallée de l'Ohio, alors que les deux royaumes sont en paix, officiellement du moins. Après une série d'incidents, les deux pays décident de renforcer leurs forces en Amérique du nord. C'est ainsi qu'une escadre commandée par le comte Emmanuel-Auguste Cahideuc Dubois de La Motte quitte Brest à destination de Québec le 3 mai 1755.

Ce 08 juin 1755, l'Alcide, le Lys, et le Dauphin Royal sont séparés du reste du convoi par le brouillard. Ces deux derniers sont armés en flûtes, et ont du débarquer une partie importante de leur artillerie pour transporter les troupes d'infanterie.

À une vingtaine de lieues au sud-est du Cap Race (Terre-Neuve, dans le Golfe du St Laurent), les Français égarés croisent trois navires de ligne anglais : le HMS Dunkirk, le HMS Defiance et l'imposant HMS Torbay.




Cette histoire aurait pu être sans intérêt, si nous n'avions pu compter sur la duplicité coutumière de la Perfide Albion, qui nous a offert un scénario original parfaitement approprié pour les démonstrations en public ou l'initiation au combat naval sur table.


Les navires se rapprochent : n'est-on pas en paix ?
Toutefois, les Français restent méfiants : ces voiles anglaises n'augurent rien de bon
Les deux divisions se regroupent, perplexes
Le HMS Torbay, 80 canons, ouvre le feu sur les Français...
L'Alcide réplique
Le HMS Defiance se lance dans la danse
 ...et parvient a prendre en enfilade le Dauphin Royal, sans toutefois faire but
Mal lui en pris : le vaniteux HMS Defiance périt d'une salve bien ajustée de l'Alcide
Les Anglais sont déconcertés, et les transports français profitent pour fuir...
...alors que l'Alcide tente de fixer les deux vaisseaux anglais
Le Lys revient pour tenter de dégager l'Alcide en mauvaise posture...
...puis se remet à la remorque du Dauphin Royal : la sauvegarde des troupes embarquées est la priorité
Les combats autour de l'Alcide sont de plus en plus violents
 L'Alcide, désemparé, descend ses couleurs et capitule
Son sacrifice a offert le champ nécessaire aux deux autres vaisseaux pour s'échapper



Sur notre table, le sort des armes a été moins défavorable aux Français. Ce 8 juin 1755, les Anglais avaient en effet capturé l'Alcide et le Lys, affaiblissant les positions françaises en Amérique du nord.

Ce n'est que le 18 juillet que la nouvelle de ce combat funeste parvint en France, suscitant effroi et consternation face à des méthodes anglaises semblables à celles des Barbaresques. La Guerre de Sept Ans était déjà engagée outremer.