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dimanche 29 mai 2022

Montlhéry 1465

Louis XI s'était mis la noblesse à dos. Entre mesures vexatoires et remise en cause des droits féodaux des Grands du royaume, rien d'étonnant que ces derniers se liguent et conspirent contre le roi. Les ligueurs publient un manifeste, visant à remédier au "désordonné et piteux gouvernement" de Louis XI, et à mettre le ô combien manipulable duc du Berry à sa place.

La Ligue du Bien Public regroupe ainsi, autour du duc du Berry Charles de France, qui n'est autre que le frère de Louis XI, de nombreux princes parmi lesquels le duc de Bourbon, le duc de Bretagne, le duc de Lorraine, le duc de Nemours, et le brillant Charles, comte de Charolais et héritier du duché de Bourgogne : le futur Charles le Téméraire.


Le roi rassemble son armée, et marche contre le Bourbonnais, faisant revenir à la raison de nombreux nobles séditieux. Mais entretemps, les Bourguignons assiègent Paris, et les Bretons sont en route pour les rejoindre. Craignant d'être piégé, Louis remonte en urgence vers la capitale qui résiste aux Bourguignons. Les deux armées se rencontrent le 16 juillet 1465 à Montlhéry, à une trentaine de kilomètres au sud de Paris.


À la lumière blafarde des néons de la salle du club, le champ de bataille semble moins lumineux que ce qu'en laisse paraître les enluminures. Mais voyez plutôt... 


L'armé bourguignonne découvre l'armée royale qui s'appuie sur le bourg de Montlhéry. L'avant-garde, commandée par Pierre de Brézé, compose l'aile droite. Le corps de bataille, sous les ordres de Louis XI, est au centre, renforcée par l'arrière-garde du comte du Maine.

Les Bourguignons, quant à eux, disposent d'une plus forte artillerie. L'avant-garde du comte de St Pol, qui avait néanmoins reçu l'ordre de reculer, gardait l'aile gauche. Le centre était tenu par Antoine, Bâtard de Bourgogne, alors que le comte de Charolais était à droite. Charles était confiant : il disposait d'une artillerie bien supérieure.

La partie est jouée sur la version 3 de la règle De Bellis Antiquitatis (DBA). Chaque armée dispose toutefois de 19 plaquettes, portant le seuil de démoralisation à 7 pertes au lieu de 4.

Le roi Louis avait hésité à engager Charles, il s'en remettait désormais à la Providence

De son côté, Charles croyait d'avantage dans l'usage de la force brute

Un premier détachement bourguignon s'avance vers Montlhéry

Pierre de Brézé descend de sa position, et lance la contre-attaque...

...alors que le Bâtard de Bourgogne s'apprête à l'accueillir

Les deux armées se déploient, les choses sérieuses vont pouvoir commencer

L'artillerie bourguignonne tonne, avec un certain succès, sous les échanges de volées de flèches

La cavalerie du comte du Maine est repoussée par les Bourguignons

Mais le centre de Charles est sous le feu ennemi, et risque d'être pris en tenaille

Effectivement, le roi Louis mène la charge française, qui bouscule tout sur son passage

A Montlhéry, la population commence enfin à respirer : la messe semble dite

Les combats sont acharnés, et les hommes de Charles sont repoussés

Les Bourguignons résistent tant bien que mal, mais ne parviennent pas à se ressaisir...

...pour, finalement, laisser le champ de bataille au roi de France

Ce combat, entre deux armées relativement similaires, fut sanglant. Louis XI gagne, 7 pertes infligées contre 5 subies. Les risques qu'il a pris sur notre table auraient pu lui faire perdre sa couronne. Leçon à méditer, pour les futurs combats à venir...

mardi 2 juin 2020

Bataille de la Planta, 1475

Notre scénario nous porte durant les guerres de Bourgogne

Essayons de faire simple ! Les Confédérés suisses s’étaient rangés du côté du roi de France alors que leurs ennemis héréditaires, les Habsbourg, avaient rejoint Charles le Téméraire. La Savoie était dirigée par une régente, Yolande de France, qui n'était autre que la sœur de Louis XI. Toutefois, Yolande pris le parti du duc de Bourgogne.

Les Milanais, alliés à la Bourgogne, souhaitaient contrôler le Col du Simplon dans le Valais, afin de pouvoir faire jonction avec les armées bourguignonnes. L'accès au col leur était interdit par l'évêque de Sion, allié aux Confédérés et donc, par ricochet, au roi de France.

La Maison de Savoie envoya l’armée de l’évêché de Genève, fidèle à l'Empire, contre le Valais. Le Valais dépêcha l’évêque de Sion Walter Supersaxo et ses hommes.

Le 13 novembre 1475, Savoyards et Valaisans se rencontrèrent devant les murs de la ville de Sion, au lieu-dit La Planta.



La puissante armée "savoyarde", constituée en majorité de piquiers genevois

Elle est attendue de pied ferme par les quelques miliciens valaisans de Walter Supersaxo

C'est alors que surgissent, sur la gauche des "Savoyards", les troupes de Berne

Les "Savoyards" manœuvrent pour contrer ce nouveau front

Les piquiers valaisans se mettent en colonne et chargent, soutenus par leur artillerie

Alors que la cavalerie lourde, menée par Jean-Louis de Savoie, charge les Bernois...

...la confusion règne entre genévois et valaisans

 L'artillerie valaisane fait des miracles, et les piquiers genevois, impuissants, sont massacrés

Du côté de Berne, une unité de cavalerie savoyarde a également été balayée


 Seul Jean-Louis triomphe de son adversaire, et en profite pour quitter cette sinistre bataille...

Cette fois, notre partie, jouée par correspondance, a obtenu la même conclusion que la bataille historique. Le déclin de la Savoie est en marche.

samedi 8 août 2015

Héricourt, 13 novembre 1474


Il rêvait non seulement de bâtir un royaume, mais aussi de devenir Empereur.

Le duc de Bourgogne Charles le Téméraire poursuit sa politique d’expansion, et tente de réunir en un seul bloc ses possessions éparpillées. Pour cela, il doit s'emparer de la Champagne, française, et de la Lorraine, qui dépend du Saint Empire.  




Mais la Bourgogne en devenir n'est pour l'instant qu'un assemblage féodal et bancal de territoires et de cités, dont certaines n'hésitent pas à rejeter l'autorité du Duc ou de ses représentants.

Ainsi, aux révoltes succèdent les répressions, jusqu'au jour où l'un des grands capitaines du Téméraire, Pierre de Hagenbach, est capturé et condamné à mort par les mutins.

Etienne de Hagenbach se met alors en selle pour venger la mort de son frère, et décide de mettre au pas les villes révoltées, alliées aux Suisses.

Pendant ce temps, le "bon cousin" du Téméraire, Louis XI, persuade les Helvètes de frapper l'ennemi bourguignon. Les Cantons, appuyés par des troupes impériales mettent le siège devant Héricourt où les troupes de Hagenbach sont enfermées. Charles dépêche une armée de secours pour venir en aide aux assiégés. La rencontre a lieu le 13 novembre 1474. Héricourt est tombée la veille.

Les Suisses au premier plan barrent la route de Héricourt aux Bourguignons

Les terribles colonnes suisses précèdent les troupes impériales

Les gendarmes du Téméraire partent sur la droite...

 ...alors que sur l'autre aile les arbalétriers montés taquinent l'avant garde des Cantons
 
 Mais d'autres Suisses surgissent des bois

L'avant garde "italienne" du Téméraire est piégée...

... et fera bravement face à la fureur helvète

Les troupes des Cantons, désormais regroupées, nettoient le centre du champ de bataille...
 
...et reçoivent enfin le soutien des chevaliers impériaux, qui étaient restés à l'arrière

 Prise dans l'étau, l'infanterie bourguignonne est détruite 

... alors que l’orgueilleuse cavalerie du Téméraire était décidément bien trop éloignée pour intervenir


C'est déjà le début de la fin pour les prétentions de Charles le Téméraire. Son rêve se brise face aux piques suisses, qui vont gagner une réputation d'invincibilité.

Mais l'autre grand vainqueur de la bataille est bien Louis XI, dont les intrigues et la diplomatie habile vont entraîner au démantèlement de la Bourgogne.