Nous avions déjà abordé la guerre du football sur ce blog. En quelques mots, de très vives tensions, exacerbées dans le contexte de la coupe du monde de football à Mexico avait précipité le Honduras et le Salvador dans une guerre absurde en 1969. Ce conflit, meurtrier, aura duré 100 heures. Il a vu les derniers combats entres avions à moteurs à pistons.
Nous sommes le 14 juillet 1969, le premier jour de la guerre. Les forces salvadoriennes attaquent le Honduras. Deux C-47 des FAS (Forces Aériennes Salvadoriennes) reçurent l'ordre de bombarder l'aérodrome de Toncontin. Ils sont escortés par des Cavalier Mustang. Des Corsair des FAH (Forces Aériennes honduriennes) tentent de les intercepter.
Alors que le deuxième C-47 s'est égaré et est parti bombarder un autre objectif, les Corsair honduriens s'approchent des trois autres appareils salvadoriens de retour de mission.
Les Corsair se préparent à engager les appareils ennemis
Le C-47, vidé de son chargement, est sous la protection rapprochée de deux Mustang
Les pilotes honduriens se lancent à l'attaque
Les chasseurs salvadoriens tentent de les repousser, et initient les premiers échanges de tirs
Les Corsair focalisent sur le "gros", en essayant de repousser les Mustang
Alors que les chasseurs tournoient comme des mouches, le C-47 plonge pour échapper à ses agresseurs
Un tir bien ajusté met l'un des Mustang hors de combat
Malgré cette victoire, les Corsair ne parviennent à prendre réellement le dessus sur leurs adversaires...
...qui se rapprochent de la frontière où ils seront définitivement tirés d'affaire
Les Corsair décrochent finalement, le C-47 est sauf
Dans les faits, ce 14 juillet, les pilotes honduriens n'avaient pas découvert les avions salvadoriens à cause de la tombée de la nuit.
Le Honduras et le Salvador ont de nombreux points communs : la
langue, l'histoire, la région, des drapeaux presque identiques, et bien
sûr le football.
Mais les relations entre les deux voisins sont
explosives : un déséquilibre économique évident, conjugué à un
nationalisme exacerbé sur fond de guerre froide, n'attend qu'une
étincelle.
Nous sommes en 1969. Les deux équipes nationales se
rencontrent lors des éliminatoires pour la coupe du monde de football,
qui aura lieu l'année suivante, au Mexique.
Le premier match a lieu le 8 juin à Tégucigalpa, la capitale du
Honduras. Le Salvador perd 0 à 1. L'équipe salvadorienne n'avait pas pu
dormir la nuit précédente, du fait du chahut extraordinaire organisé par
les supporters honduriens. Une supportrice salvadorienne se tira une
balle dans le cœur, et eu des obsèques nationales.
Une semaine
plus tard, le match retour se déroule au Salvador. L’hôtel de l’équipe
du Honduras fut incendié, et dans leur second hôtel, les Honduriens
furent soumis au chahut incessant des supporters salvadoriens. Ils
disputèrent la rencontre exténués, et perdirent logiquement 0 à 3. De
plus, les supporters honduriens furent pris à partie, et les frontières
entre les deux états furent fermées.
Un ultime match est programmé
le 26 juin à Mexico, pour départager les équipes. La violence fut à son
comble : des morts, des viols, alors que le Honduras, qui a perdu 2 à
3, accuse simplement les arbitres de malhonnêteté, et les Salvadoriens
de tricherie.
Le 4 juillet, les relations diplomatiques sont
rompues. Le 14 juillet, un avion salvadorien largue une bombe sur la
capitale du Honduras, et l'armé salvadorienne pénètre en territoire
ennemi...
Le théâtre
Notre scénario se déroule le 17 juillet 1969. Le Corsair des FAH (Forces aériennes honduriennes) piloté par le capitaine Zapeda est poursuivi par deux Mustang des FAS (Forces aériennes salvaduriennes) alors qu'il rentre à sa base, ses canons enrayés.
Le Corsair des FAH, vétéran de la seconde guerre mondiale...
...face à un autre ancêtre, le Mustang salvadorien
Zapeda, désarmé et poursuivi
Le capitaine Soto à la rescousse
On se tourne autour, on hésite, on accélère
Zapeda finit par se dégager
Et Soto s'offre un face-à-face dont il sortira victorieux
Cette guerre du football est également appelée la guerre des 100
heures. En effet, le 19 juillet, sous la pression de la communauté
internationale et de l'Organisation des Etats Américains, les
Salvadoriens retirèrent leurs troupes. 2000 Honduriens sont morts, ainsi
que 1000 Salvadoriens.
Mais le contexte de tout cela, alors ? Pour nous, ce ne fut qu'un jeu lors des portes ouvertes du CSAM
à Brest, où nous avons pu présenter nos activités. Les visiteurs n'ont
pas trop osé interrompre les joueurs lors des parties en cours,
visiblement trop concentrés...
Ici, sur la règle DBA, qui reste idéale pour l'initiation
...alors que l'Artiste, lui, semble accessible.
Comme quoi, les apparences peuvent être trompeuses.