Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

vendredi 2 janvier 2026

L’étroit mousquetaire


Une gente demoiselle (Françoise de Mitout) faisait son marché au village, quand elle fut abordée par le chef des soudards (Gérard Nonce) dont la bande, connue sous le nom de bande à Nonce, se désaltérait dans la taverne du Maître Quanterre donnant sur la grand place.

Avec la délicatesse habituelle qui le caractérise, le chef, surnommé le gros Gégé, fît hurler la jeune dame quand il lui présenta ses compliments tout en lui demandant de la suivre illico derrière l’auberge pour lui présenter le reste... Pas de bol pour Gérard, d’une part les cris de la dame alertèrent les 3 (mais bon 4 quand même) mousquetaires qui déjeunaient à l’étage de la maison principale et d’autre part, elle sortit de ses jupons une rapière dont Gégé ne soupçonnait pas l'existence.

Un peu assoupis par un repas copieux commandé par Porthos, les mousquetaires eurent toutes les peines du monde à sortir du bâtiment, au point que deux d’entre eux, dont d’Artagnan, décidèrent que ça irait plus vite de sauter par la fenêtre vu que Porthos bloquait les escaliers en vociférant que non, il n’était pas gros.

A peine sortis, ils furent repérés par une troupe de gardes du cardinal menés par l’infâme Rochefort, bien décidés à arrêter les mousquetaires en flagrant délit de baston et de trouble à l’ordre public. « Laissez moi ce jeune freluquet ! » exultait Rochefort en désignant d’Artagnan du doigt.


Les gardes du cardinal se montrèrent redoutables, réussissant à blesser Athos et à bloquer d’Artagnan, pas très en forme ce jour là. On les vit escalader des murets et monter sur des tables pour mieux se jeter sur les mousquetaires dans des gestes techniques qui suscitèrent plus d’admiration que de succès. Sur la place du village, on s’envoya des bancs, des pommes et des poissons pas frais. Pire, on se traita de tous les noms de part et d’autres : « freluquet », « malandrin », « faquin » et « daronne » volèrent autant dans l’air que les épées sautèrent des mains. La bande à Nonce finit par sortir de sa torpeur sans trop se presser pour essayer de mettre la main sur la demoiselle qui s’étant réfugiée dans le bâtiment dont les mousquetaires venaient de sortir (après avoir occis un soudard au passage). Porthos, resté dans le bâtiment en raison de sa surcharge pondérale, la prit sous sa protection. Pour résumer, tout le monde tapait sur tout le monde et la place du village fût transformée en vrai champ de bataille au plus grand désespoir des honnêtes commerçants.

Alors que d’Artagnan ferraillait avec Rochefort, un des derniers soudards, profitant que les mousquetaires étaient occupés à neutraliser ses complices, réussit à ceinturer Françoise de Mitout et à l’exfiltrer du village sous les yeux ébahis du public. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants dit-on. Ou pas.


Jouer aux mousquetaires est un vieux projet du club. Profitant d’une commande de figurines (surtout Blue Moon et Northstar gamme 1672) et d’une peinture habilement sous-traitée ces derniers mois, nous avons pu concrétiser ce projet. Le projet initial était de tester la règle En Garde ! (Osprey) ou une adaptation de Song of Blades (Flashing Steel), mais nous avons d'abord testé «... Et un pour tous », une règle courte, gratuite et traduite en français, à l’origine conçue pour aligner les belles figurines Eurêka en 40 mm.


Cette règle est à la fois très simple (par exemple, on ne mesure pas les distances de mouvement, les actions réussissent automatiquement, les personnages n’ont qu’un seul facteur de combat...), très cinématographique (personne ne meurt, on peut monter sur les tables, sauter par la fenêtre, insulter sa cible, on fait un effort pour décrire son action…) et très fluide (on a joué à 4, on ne passe son tour que lorsqu’on sort un 1 aux dés...). Le moteur du jeu est celui des actions : chaque joueur fait une action l’une après l’autre (qui réussit toujours) et lance un dé. Le joueur continue s'il a obtenu de 2 à 6. A la 2e action consécutive de la même figurine, le joueur lance 2 dés. Et ainsi de suite, sans fin… sauf si le joueur obtient un 1 lors d'un lancé de dé, dans ce cas le tour du joueur s’arrête. Donc plus les actions se cumulent, plus le risque d’obtenir un 1 est grand.



La place du village au début de l’action : Gégé est sonné (marqueur rouge) car il s’est pris une grosse baffe de Françoise Mitout (en jaune) et qui s’est enfuie vers le bâtiment où sont les mousquetaires. Les soudards cuvent dans le bâtiment du fond (sans toit) et commencent à sortir. Les gardes du cardinal sont hors champ (avant le pont).



Gros plan sur la cour où Athos vient de sauter de l’étage pour punir le soudard qui a bousculé le pauvre commerçant qui a voulu protéger Françoise (au premier plan, notez qu’elle n’a pas pas l’air contente).



D’Artagnan saute sur une table pour épater la galerie et tenter de fondre sur un garde : aucun effet.



Rochefort vient défier personnellement d’Artagnan après que celui-ci a essayé de lui renverser la table sur la tête, ce qui explique qu’elle soit retournée.



Alors qu’Athos est à terre, Aramis est en fâcheuse posture avec Rochefort et deux gardes dont un

qui grimpe sur le mur.

Un garde est à terre et également un soudard dans le fond.



Porthos est sorti du bâtiment mais comme deux gardes lui tombent sur le paletot, il laisse s’enfuir Françoise qui se fait capturer par un soudard à proximité. Elle est entraînée hors du village (les photos sont trop dures pour être montrées au grand public, mais si vous venez au club, on vous racontera).




vendredi 31 octobre 2025

A l'abordage du Salon


Comme chaque année, nous étions présents au Salon de la Maquette et de la Figurine organisé par le Maquette club kerhuonnais (MCK) pour faire découvrir notre passion du wargame historique. Cela nous permet de discuter autour de l'histoire, des figurines mais également de notre approche en tant que joueur.

 profitons de ces moments-là pour parler avec les autres exposants et découvrir nous aussi de très belles figurines et maquettes.

Nous sommes là pour parler aux visiteurs qui ont toujours de nombreuses questions à poser.

Comme chaque année, nous présentons nos derniers travaux. 


Deux de nos tables, avec bien sûr un côté Terre Mer qui nous caractérise bien.


Les différents travaux qui vont de la Grèce antique à la période napoléonienne.




D'un côté, une présentation fixe avec de la seconde guerre mondiale et de l'autre une bataille antique.



La bataille en question nous montre une confrontation entre Romains et Gaulois.
Un classique dans notre Histoire.

Le salon fut très agréable. Nous avons pu initier et faire découvrir notre passion. Cela fait toujours plaisir de répondre et de donner des idées à de nombreuses personnes.

Vivement l'année prochaine.


vendredi 3 octobre 2025

Bataille de Cornus

Durant la Deuxième Guerre punique, tandis que Hannibal opérait en Italie, une révolte éclata en Sardaigne sous l’impulsion de Hampsicora, un notable local. Il s’allia avec Carthage pour chasser la domination romaine.

Cornus (près de Cagliari, sur la côte ouest de l’île) devint le centre névralgique de cette rébellion. Rome réagit en envoyant une armée, sous le commandement du préteur Titus Manlius Torquatus.

Nous jouons cette bataille avec la règle Dba v3 sur un format de 12 plaquettes chacun avec placement initial.

C'est principalement le premier affrontement que nous voyons sur notre table. Maintenant voyons si l'Histoire va être changée ou non.


Les deux armées se font face et se jaugent avant le combat

Le général romain avec l'aide de l'infanterie légère empêche la cavalerie sarde de foncer sur le camp romain.

Les deux camps avancent et vont en découdre très vite. La cavalerie romaine tente de prendre de flanc la ligne ennemie.

Le combat a commencé.

Les affrontements sont équilibrés pour l'instant, la puissance de l'éléphant a parlé.

Les Romains tiennent bon et font reculer la ligne des Sardes.

L'aile droite sarde disparaît mais cela n'empêche pas les Sardes de pousser et de continuer à pousser.

Les Sardes profitent des espaces et les voilà qui mettent leurs dernières forces dans la bataille.

Le courage des Sardes aura permis à l'armée de battre l'armée romaine. Ils contrôlent le terrain.


La bataille s’est soldée par une victoire mineure des Sardes et de leur allié, après des combats intenses marqués par une résistance héroïque de la légion romaine. Les forces engagées ont démontré la discipline romaine, mais également révélé que combattre contre des éléphants est compliqué. Cet affrontement restera un exemple pour les Romains qui combattront de nouveau à Cornus le lendemain et mettront en déroute les Sardes et les Carthaginois.