Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

samedi 16 novembre 2019

La saga de Ragnar le Vorace




Le navire à tête de dragon se rapprochait silencieusement de la côte. À son bord, Ragnar ruminait sa vengeance.

Cette terre fut celle de son père, dont son jeune frère Olaf le Torve l'avait chassé. Olaf voulait se protéger des appétits insatiables de Ragnar, certainement à l'origine des disparitions inexpliquées des autres membres de la fratrie. Certains disent d'ailleurs qu'ils auraient été dévorés par Ragnar lui-même, aidé de ses cochons.


Depuis, Olfa le Torve est le seul chef d'un village réputé à la fois pour ses fortifications, pour la richesse de son élevage et pour la qualité de ses navires.


Ragnar décide donc d'attaquer son frère, pour faire le plus de prisonniers possibles et récupérer du bétail. Nous jouons ce scénario sur la règle Pig Wars, dont le thème semble parfaitement adapté au sujet présenté.


Le drakkar entre dans le port, sous le regard inquiet de quelques villageois
 Les hommes de Ragnar débarquent à l'abri d'une petite crique...
... tant pis pour la discrétion : l'alerte est donnée
Alors que les pirates se préparent à donner l'assaut...
...les villageois conduisent les cochons au fortin, afin de les protéger des pillards
Des fidèles d'Olaf forment une ligne et s'avancent, sus à l'ennemi
Ragnar, toujours stoïque, se repaît de toute cette violence
Pendant ce temps, le bétail est mis à l'abri
Les pillards se rapprochent, mais la confusion règne dans le fortin
 Sentant la victoire proche, les hommes de Ragnar se lancent à l'assaut...
...surveillés de près par les archers installés en haut des remparts



Ragnar le Vorace est bientôt pris pour cible par les défenseurs du village. Si la plupart des tirs n'atteint pas sa cible, il n'aura suffit que d'une seule flèche pour lui transpercer le cou.

Le chef viking, trop confiant ou trop téméraire, agonise dans un gargarisme funeste, provoquant la stupeur et la démoralisation de ses sujets. 
Les hommes de Ragnar décrochent alors, au profit d'une fuite salvatrice

C'est ainsi que Ragnar fut oublié des hommes, et des scaldes. Suprême indignité, ses restes furent confiés, à ce que l'on dit, à la voracité des cochons. Une histoire de famille, en somme.

dimanche 10 novembre 2019

Sur l'autre rive


Les temps étaient difficiles. La famine avait décimé le clan et mis à mal la cohésion qui avait assuré, de mémoire d'homme, la survie de la communauté.

Des chasseurs étaient rentrés d'une longue traque. Ils avaient aperçu, au fond d'une vaste vallée, quantité de gibiers qui n'attendaient qu'à être cueillis. Ils fallait traverser une vaste zone humide, qui ne semblait pas poser grand problème.


Bien sûr, les choses n'étaient pas si évidentes. Cela était sans considérer qu'une sorte de scénariste machiavélique avait voulu jouer sur les travers caractéristiques de l'espèce humaine, et avait assigné à chacun des objectifs inavouables, risquant de perturber ce qui n'aurait dû être qu'une simple partie de chasse.

Certains groupes traversent aussitôt, consciencieusement observés par d'autres, moins pressés...
...ou ravis de tomber dans le dos de rivaux, obéissant à des rancœurs auparavant enfouies
Sur l'autre rive, moins farouche, la loi est celle du règne animal...
 ...même si elle est déjà perturbée par les exactions de quelques hargneux bipèdes 
Pendant ce temps, la plupart des membres de la tribu traversent le plan d'eau parfaitement guéable
D'autres doivent encore résoudre quelques imprévus avant de les rejoindre
La vie sauvage n'est pas docile, et même les chevaux constituent de redoutables adversaires...
...au même titre que l'ours...
...ou du gigantesque mammouth
Évidemment, cela ne peut qu'attirer des prédateurs opportunistes


Des bagarres éclatent un peu partout, que ce soit lors du franchissement...
...ou entre groupes sur l'autre rive, avec le soutien involontaire des premiers résidents
Les humains s'entredéchirent, cela risque de devenir une habitude...
...mais la Nature devrait parvenir à reprendre le dessus...
... ainsi que l'attestèrent certainement les dernières pensées du chamane

Les survivants purent s'établir dans la vallée. Tirant conclusion de cette expérience funeste, ils décidèrent que les litiges ne seraient désormais réglés que par la discussion, sous l'autorité bienveillante du nouveau chamane.

Mais le chamane n'avait pas que des amis...

samedi 2 novembre 2019

Ciel de Deraa, 1941

Afin de soutenir la révolte de Rachid Ali contre la tutelle britannique en Irak, l'Allemagne demande, et obtient, le droit d'utiliser les infrastructures aéroportuaires du Liban et de Syrie, alors sous l'administration de Vichy.

Le 8 juin 1941, les troupes britanniques, secondées par 18.000 Australiens, 2.000 Indiens et 5.000 combattants de la France Libre, déclenchent l'opération Exporter, visant à prendre le contrôle du Levant. Les Alliés progressent assez rapidement, quoique rencontrant une forte résistance. Le 15, les Forces du Levant contre-attaquent.



Ce même jour, une patrouille double du GC 3/6  patrouille au sud de Damas.


Les six avions, des Dewoitine 520, protègent la progression de troupes au sol entre Soueida et Deraa, non loin de la frontière jordanienne.



Pour l'instant, l'horizon semble dégagé...
...quand apparaissent six points noirs menaçants : des Gladiator britanniques
Les biplans, mal armés et très rustiques comparés aux D-520, sont bien plus agiles
Les Dewoitine foncent dessus sans hésiter...
...mais les biplans sont déterminés, et relèvent le défi
Un premier face-à-face sera défavorable à un D-520, légèrement blessé
Son ailier est également touché, et son moteur dégage d'épaisses fumées noires
Une autre paire de Dewoitine se lance sur les biplans qui se livrent désormais à une danse étrange
Les Gladiator sont insaisissables, les D-520 sont trop rapides
Les pilotes britanniques parviennent à s'offrir de nombreuses opportunités de tirs...
...mais la première victime est anglaise, abattue dès le premier coup
Le combat aérien est en effet un gigantesque ballet

Les chasseurs des deux camps cherchent à se placer idéalement. Rien n'est véritablement simple. D'ailleurs, des pilotes ont déjà dépensé toutes leurs munitions et ne peuvent plus combattre.

Si les tirs sont plus rares, un troisième français est tout de même touché
Les Gladiator ne lui laissent aucune chance, le poursuivent, et l'abattent

Sur notre table, les deux camps n'ont perdu qu'un seul appareil. En fait, ce 15 juin, les S/Lt Le Gloan et Mertzisen ont été abattus près d'Ezraa, les deux pilotes s'en sortant indemnes. Les Français revendiqueront trois victoires sûres et une probable, les Britanniques ne reconnaissant qu'un seul Gladiator manquant.