Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

samedi 7 décembre 2019

Les faux-frères



Séthi et Amenmes étaient deux demi-frères. Depuis la mort de leur père, ils se disputaient la succession de Méremptah sur le trône de Pharaon.

Le premier, Séthi, gouvernait l’Égypte inférieure, alors qu'Amenmes dirigeait Thèbes et le pays de Koush. Sous le soleil de l’Égypte, il y avait un pharaon de trop...




L'Histoire nous a laissé le nom du vainqueur : Séthi II. Le destin d'Amenmes est quant à lui confus. Il fut enterré à la vallée des rois, mais nous ignorons tout de ce qu'il lui advint. Notre scénario se base sur une rencontre hypothétique entre les deux prétendants, sur la règle DBA.



Deux armées identiques vont s'affronter (liste DBA I-22b : Nouvel Empire). Mais ce coquin de sort a décidé que Séthi puisse se déployer du côté de la ville tenue par son rival.

Soutenues par leur camp, les forces de Séthi se déploient
Déjà, la garnison de la ville, fidèle à Amenmes, se prépare à subir un siège bien réglé

Amenmes, ou plutôt le joueur qui l'incarne, espère que les tentatives de prise de la cité va fixer un moment l'armée adverse, et lui laisser le temps nécessaire pour démoraliser son adversaire en prenant le dessus sur la cavalerie plus expérimentée de Séthi.


Les chars d'Amenmes s'élancent vers leurs opposants
Quatre duels se dessinent, avec un bonus à celui qui a pris l'initiative
 Entretemps, l'assaut est donné
 Alors que le premier choc de cavalerie ne donne aucun résultat manifeste...
 ...et que l'infanterie d'Amenmes se rapproche, lentement... 
...la cité est tombée sous le contrôle des hommes de Séthi

Un vent mauvais souffle désormais sur l'avenir d'Amenmes. Les règles qui régissent ce monde donneront la victoire à son adversaire s'il défait une seule plaquette supplémentaire. Pour Amenmes, il y en a encore quatre à prendre s'il veut vaincre.

Les chars d'Amenmes ne tremblent pas, un char de Séthi est détruit
L'issue de la bataille ne se joue plus que du côté des chars
Mais les conducteurs de chars de Séthi parviennent à coincer un char ennemi, et le détruisent

Cette victoire consacre Séthi, deuxième du nom, en tant que seul et véritable souverain de l’Égypte. La tâche qui l'attend est ardue et complexe. Pour l'instant, sa priorité, est de faire oublier l'histoire de celui qui n'a été, tout compte fait, qu'un sombre usurpateur.

dimanche 1 décembre 2019

Bolia, 469 AD

L'empire hunnique n'avait pas survécu à la mort d'Attila en 453. Les tribus vassalisées se levèrent aussitôt contre leurs anciens maîtres.

À la bataille de Nedao, les Germains gagnèrent leur liberté. Liberté relative, car depuis, en Pannonie, les tribus germaniques vivaient sous la "protection" des Ostrogoths.  

Vers 460, Hunimund, le roi des Suèves, alla piller la Dalmatie romaine. Au passage, il enleva le bétail des Ostrogoths. Ces derniers réagirent et tombèrent sur les pillards. Hunimund fut capturé et dû faire amende honorable avant d'être renvoyé chez les siens.

Mais Hunimund avait la rancune tenace. Désormais allié avec les Skires, il partit en guerre contre les Ostrogoths. Lors d'une bataille, les Skires tuèrent le roi ostrogoth Valamir, mais furent massacrés.

Byzance suivait de très près ces évènements : tout ce qui pouvait nuire à la puissance du royaume ostrogoth devait être recherché. L'empereur Léon 1er dépêcha des conseillers auprès de Hunimund, alors que le roi suève montait une nouvelle coalition. Il fut alors rejoint par les Skires d'Édica et de Vulfo, les Sarmates de Beuga et Babaï, des Gépides, des Ruges... et installa son armée près de la Bollia en Pannonie, tout cela au nez et à la barbe des Ostrogoths.

C'est ainsi que les troupes ostrogothiques, dirigées par Vidimir, frère cadet de feu Valamir et du nouveau roi Théodemir, se présentèrent devant le campement d'Hunimund et de ses comparses...


Le camp est déserté aussitôt, et les guerriers se préparent à accueillir les Ostrogoths
Les cavaliers de Vidimir, sûrs de leur force, chargent têtes baissées au centre du dispositif ennemi...
 ...mais la ligne rebelle, plus mobile, se referme sur eux
 Par contre, sur l'aile droite, la cavalerie gothique ne fait qu'une bouchée des archers suèves...
...et l'infanterie ruge est fortement malmenée de l'autre côté
A ce moment, les Ostrogoths pourraient encore croire en la victoire...
...mais leur cavalerie ne parvient pas à percer, et marque le pas sous les coups des Suèves
Les hommes d'Hunimund se battent comme des lions et repoussent les Ostrogoths...
 ...qui finissent par céder le terrain, et la victoire...
 ...sous le regard d'un observateur romain, amusé et surtout satisfait

Un siècle plus tard, Jordanès rapportera que « le champ de bataille, inondé de sang, ressemblait à une mer rouge, où s'élevaient, comme des collines, des tas d'armes et de cadavres, et que plus de dix mille guerriers restèrent sur la place ». Par contre, il écrira que les Ostrogoths avaient vengé Valamir, et furent les véritables vainqueurs de cette bataille. Nous savons qu'il n'en a rien été. D'ailleurs, Jordanès n'était-il pas Goth lui-même ?

samedi 23 novembre 2019

Bataille des îles Arginuses

La guerre du Péloponnèse touchait à sa fin. Sparte et ses alliés triomphaient sur terre et sur mer. Le commandant général de la flotte athénienne Conon était assiégé à Mytilène, le port principal de l'île de Lesbos, par le navarque spartiate Callicratidas.

Tant bien que mal, Athènes parvint à rassembler une nouvelle flotte pour se porter au secours de Conon. Devant le manque de citoyens disponibles, on appela des métèques mais aussi des esclaves à qui l'on promit la citoyenneté. Cette force hétéroclite fut placée sous le commandement de huit stratèges : Aristocrate, Aristogène, Diomédon, Erasinidès, Lysias, Périclès le Jeune, Protomaque et Trasulle. Les navires prirent la mer, et, après une escale à Samos, firent escale aux îles Arginuses, situées juste en face de Mytilène.


Quand Callicratidas l'apprit, il abandonna le siège et se mit face à la flotte ennemie. Le Spartiate ne disposait que de 120 navires contre les 150 galères athéniennes. Par contre, ses équipages étaient d'un niveau bien supérieur.


La flotte athénienne se déploie en deux lignes. Les Spartiates leur font face, et n'ont laissé que quelques navires pour surveiller le port de Mytilène.

Nous jouons ce scénario sur la règle Poseidon's Warriors, avec un ratio de 1 figurine pour 5 navires réels. Ce sont tous des navires légers (trirèmes au maximum), et extrêmement fragiles. Le combat se fera à l'éperon. Alors que les équipages spartiates sont tous "élite" et disposent d'une meilleure capacité de déplacement, Athènes a pour elle le nombre.

Les Athéniens prennent l'initiative et se lancent à l'attaque
Les galères légères athéniennes, plus rapides, cherchent en envelopper l'adversaire
Alors que les Athéniens impatients se déploient en plusieurs divisions, les Spartiates gardent la ligne
Les deux flottes se toisent, mais se rapprochent inexorablement
 Les trirèmes légères athéniennes, arrogantes et inconscientes, provoquent les Spartiates
Erreur : elles ont présenté leurs flancs aux impitoyables rostres adverses
Sur l'autre aile, c'est Athènes qui triomphe, du moins pour l'instant, car...
...les galère athéniennes sont piégées par les épaves ennemies, et subissent les assauts spartiates
Certains commandants n'hésitent pas à se sacrifier dans un tête à tête sans issue
D'autres tentent de coincer un adversaire, pour lui briser les avirons, ou l'aborder
Mais l'éperon semble être la seule arme raisonnable, et la mer se couvre d'épaves
Les Athéniens sont désorganisés, et ne parviennent pas à briser la défense ennemie
Les Spartiates fondent sur toutes les galères isolées et les coulent
 Le moral athénien finit par rompre, et les survivants s'enfuient du lieu du désastre

La victoire sur notre table est différente de l'historique. Les Spartiates ont triomphé, en n'ont perdu que 5 vaisseaux contre 17 navires athéniens envoyés par le fond. Quoi qu'il en soit, il était écrit que les amiraux athéniens devaient périr.

samedi 16 novembre 2019

La saga de Ragnar le Vorace




Le navire à tête de dragon se rapprochait silencieusement de la côte. À son bord, Ragnar ruminait sa vengeance.

Cette terre fut celle de son père, dont son jeune frère Olaf le Torve l'avait chassé. Olaf voulait se protéger des appétits insatiables de Ragnar, certainement à l'origine des disparitions inexpliquées des autres membres de la fratrie. Certains disent d'ailleurs qu'ils auraient été dévorés par Ragnar lui-même, aidé de ses cochons.


Depuis, Olfa le Torve est le seul chef d'un village réputé à la fois pour ses fortifications, pour la richesse de son élevage et pour la qualité de ses navires.


Ragnar décide donc d'attaquer son frère, pour faire le plus de prisonniers possibles et récupérer du bétail. Nous jouons ce scénario sur la règle Pig Wars, dont le thème semble parfaitement adapté au sujet présenté.


Le drakkar entre dans le port, sous le regard inquiet de quelques villageois
 Les hommes de Ragnar débarquent à l'abri d'une petite crique...
... tant pis pour la discrétion : l'alerte est donnée
Alors que les pirates se préparent à donner l'assaut...
...les villageois conduisent les cochons au fortin, afin de les protéger des pillards
Des fidèles d'Olaf forment une ligne et s'avancent, sus à l'ennemi
Ragnar, toujours stoïque, se repaît de toute cette violence
Pendant ce temps, le bétail est mis à l'abri
Les pillards se rapprochent, mais la confusion règne dans le fortin
 Sentant la victoire proche, les hommes de Ragnar se lancent à l'assaut...
...surveillés de près par les archers installés en haut des remparts



Ragnar le Vorace est bientôt pris pour cible par les défenseurs du village. Si la plupart des tirs n'atteint pas sa cible, il n'aura suffit que d'une seule flèche pour lui transpercer le cou.

Le chef viking, trop confiant ou trop téméraire, agonise dans un gargarisme funeste, provoquant la stupeur et la démoralisation de ses sujets. 
Les hommes de Ragnar décrochent alors, au profit d'une fuite salvatrice

C'est ainsi que Ragnar fut oublié des hommes, et des scaldes. Suprême indignité, ses restes furent confiés, à ce que l'on dit, à la voracité des cochons. Une histoire de famille, en somme.