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vendredi 13 décembre 2019

Bataille de Döbeln, 12 mai 1762



Mai 1762.

La fin de la Guerre de Sept ans est proche, mais personne ne s’y attend vraiment. Frédéric II de Prusse est mis sous pression par les armées autrichienne et russe en Saxe, Silésie et dans la Prusse Orientale, alors qu’à l’ouest de l’Allemagne ses alliés anglais et hanovriens neutralisent les armées françaises. En sous-effectif chronique, à un contre deux au mieux, la seule bonne nouvelle pour lui vient du retrait du conflit des Suédois. Cette reddition lui permet de récupérer quelques régiments qui vont être immédiatement redirigés vers la Saxe. 

 
Cette région, fortement disputée depuis près de sept ans, est encore partiellement occupée par les Prussiens, commandés par le frère du roi : le prince Henri de Prusse. Ce théâtre d’opération est considéré comme secondaire par Frédéric, et Henri de Prusse doit se contenter de régiments de qualité moyenne, et en quantité nettement insuffisante pour pouvoir faire autre chose que de la résistance. L’arrivée de ces renforts est la bienvenue. 

Le prince Henri choisit alors de prendre l’offensive en espérant surprendre les troupes autrichiennes dans leurs cantonnements d’hiver, avant qu’ils puissent repartir à l’offensive. Son choix se porte sur la région de Döbeln, petite ville sur les bords de la rivière Mulder, sur les berges de laquelle les troupes autrichiennes se sont assez fortement fortifiées depuis plusieurs années.

Les Autrichiens ont bâti des redoutes pour protéger les ponts sur la Mulder mais ne s’attendent pas à une attaque. Le 12 mai, à cinq heures du matin les Prussiens lancent l'assaut.


Le général Von Zedtwitz, commandant les forces autrichiennes, est en arrière du dispositif avec ses régiments de cavalerie et ses grenadiers. La surprise est totale et les régiments ne sont pas formés.


La colonne la plus au sud, menée par le général prussien Von Kleist , aborde son objectif la première mais se heurte à une batterie retranchée derrière le pont.


Au nord, la colonne de cavalerie menée par le général Von Seidlitz franchit elle aussi le pont, dragons en tête, pour se heurter à une seconde batterie qui la bloque dans son élan.


Les dragons se lancent à l’assaut des défenses mais ne peuvent les franchir et sont repoussés.

Au centre, la colonne d’infanterie menée par le général Von Stutterheim avance plus lentement. Les bataillons avancent les uns derrière les autres et se font cueillir à la sortie du pont par un bataillon de Grenzer qui s’oppose vaillamment à tous les efforts des Prussiens pour se déployer.

 
Deux bataillons prussiens sont mis en déroute successivement…


… avant que le rouleau compresseur des grenadiers ne s’installe, bien aidés par une batterie prussienne qui prend en enfilade les Grenzer hongrois et les oblige à se replier.

Au nord, Von Seydlitz a réussi à faire charger le bataillon de grenadiers qui accompagnait sa cavalerie. Enragés par les heures passées à manger la poussière des régiments de cavalerie placés en avant-garde, leur avance est irrésistible !

Deux bataillons autrichiens sont mis en déroute, ainsi qu’un régiment de hussards pris totalement par surprise ! Le nord de la Mulder est franchi et la cavalerie prussienne, qui a réussi à se reformer, se prépare à anéantir les Autrichiens en désordre. 


Côté sud, Von Kleist a réussi à faire traverser ses troupes mais il se retrouve coincé sans possibilité de manœuvre, alors que les renforts autrichiens du général en chef arrivent au contact. Sa situation est délicate.


Enfin, la dernière colonne, un peu au sud de Döbeln, a mis plus de temps à traverser la rivière et a déjà subi de nombreuses pertes.


Mais elle peut compter sur le soutien d'un bataillon de chasseurs qui réussit à contourner les retranchements autrichiens, et qui désorganise la défense !

Au même moment, du côté nord de Döbeln, la dernière redoute autrichienne est prise à la baïonnette par l’infanterie prussienne.

Avec la perte de cette batterie, trois des colonnes prussiennes ont passé la Mulder et ont réussi à établir une solide tête de pont. La colonne du général Von Kleist, plus isolée, résiste toujours et a pu neutraliser la majeure partie des renforts autrichiens.

Les bataillons autrichiens sont pour la plupart en déroute et s’enfuient vers le sud, pour rejoindre le gros de leur armée. Von Zedtwitz ne les a pas attendus : il a pris la fuite depuis longtemps…

La victoire est prussienne, même si les pertes ont été plus élevées que prévu !

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