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lundi 15 mai 2023

Cérignole, 28 avril 1508

En ce printemps 1508, la présence française en Italie est de plus en plus délicate. Ferdinand le Catholique, le roi d'Espagne, y a envoyé celui qui est certainement le meilleur général de son temps : Gonzalve de Cordoue, également connu sous le sobriquet de "el Gran Capitán". 

Nous sommes ici à une période charnière de l'histoire militaire. L'art de la guerre est en pleine mutation, et de nouveaux types d'unités, s'appuyant sur de nouvelles technologies, font leur apparition. Ainsi, Gonzalve de Cordoue va théoriser l'emploi des Coronelía, ancêtres des fameux Tercios espagnols.

Au JHP, nous avons l'habitude de jouer sur certaines règles antiques-médiévales, qui ne sont plus tout à fait adaptées. C'est pourquoi nous avons ici choisi la règle "Stratégiké époque moderne", qui couvre la période allant de la fin du moyen-âge jusque la Révolution française. Autre avantage, et pas des moindres : elle est de la famille des DBx, et ne pose aucune difficulté d'apprentissage à nos joueurs habituels de DBA .



Chaque armée dispose, comme à DBA, de 12 plaquettes. Les bases du jeu restent globalement les mêmes. De nouveaux types d'unités font bien sûr leurs apparitions, avec de nouvelles caractéristiques pour le mouvement, les formations, ou le combat.

Le champ de bataille vu du côté français. L'avant-garde, sous le commandement de Louis d'Armagnac est composée de gendarmes. L'artillerie est au centre, l'infanterie placée juste sur son arrière. La cavalerie légère est tenue en réserve, avec l'infanterie légère.

Le dispositif est différent chez les Espagnols. En première ligne, les arquebusiers sont protégés par des talus érigés à la hâte. Les piquiers sont au centre, et barrent la route qui mène à Cérignole. L'artillerie, moins puissante que l'artillerie ennemie, est placée sur une hauteur, à gauche du dispositif. Elle est flanquée par les unités de génétaires. La cavalerie lourde est en réserve.


L'armée de Louis d'Armagnac engage le combat. Alors que la puissante artillerie française ouvre le feu  sur les positions espagnoles, les gendarmes qui composent l'avant-garde attaquent l'aile droite ennemie.


Les Espagnols ne sont pas passifs. Les génétaires viennent provoquer les Français, dans l'idée de contourner l'artillerie, dont les tirs, pour l'instant, n'ont pas véritablement eu de réel effet.


La réaction française est immédiate et efficace. Une unité de cavaliers légers est repoussée, et l'autre, désormais isolée, hésite à poursuivre son attaque.

Alors que l'artillerie française fixe l'infanterie espagnole, les gendarmes parviennent à contacter leurs homologues espagnols dans un rapport de force qui leur est, a priori, favorable. Mais parmi leurs adversaires se trouve el Gran Capitán...

Sur l'aile droite française, les génétaires reviennent à la charge. Cette fois, ils prennent le dessus, et massacrent avec une certaine virtuosité leurs malheureux adversaires.


Le coup de grâce vient de la première ligne. Les Français ne parviennent pas à passer, et Gonzalve de Cordoue fait des prodiges. Avec un total de quatre pertes contre trois, les Français démoralisent et se retirent.

Notre résultat sur table a rejoint le résultat historique.
Après Cérignole, les Français furent définitivement expulsés de Naples.

samedi 20 mai 2017

Bataille de Cadore


Depuis la fin du XVème siècle, la Sérénissime poursuivait son expansion au Nord de l'Italie aux dépends du Saint Empire et des États du Pape. De Rome, Jules II presse l'Empereur Maximilien d'intervenir. Ne souhaite-t-il pas être couronné dans la Ville éternelle ? Ce serait là bien belle occasion d'envahir Venise, en passant.

L'armée impériale se met alors en route. Elle laisse une petite Garnison de 3.000 hommes à Cadore, sous le commandement de Sixte de Trantson. La troupe du  redoutable condottiere Bartolomeo d'Alviano se présente avec ses 2,000 soldats et cavaliers sous les bannières de Venise.
L'armée vénitienne en marche
Les Impériaux devant le pont franchissant le Rusecco

Nous jouons ce scénario en utilisant la règle l'Art de la Guerre, de Hervé Caille, légèrement amendée afin de mieux coller avec le mode opératoire des colonnes de piquiers, typiques de ce début de XVIème siècle. Ainsi, en nous basant sur les "phalanges", telles que définies par la règle, nous avons considéré que les quatre rangs de profondeurs sont autonomes, et se soutiennent mutuellement. Cette "colonne" forme un groupe à part entière, auquel peuvent s'ajouter des unités d'enfants perdus (infanterie légère avec arquebuses) et de double-soldes (infanterie moyenne arme à deux mains). Lors de l'activation d'une colonne, ces dernières unités peuvent se replacer dans le groupe au gré du joueur, les enfants perdus pouvant également être placés à droite ou à gauche de la colonne. Nous avions utilisé ce principe sur d'autres scénarios : AgnadelMarignan...).
 
Les Stradiotes vénitiens se préparent à prendre les colonnes ennemies à revers...
...alors que les colonnes se déploient... 
et que les arbalétriers montés vénitiens attaquent à la gauche impériale
 La nasse s'est refermée sur les Impériaux
 Une première colonne s'élance, suivie par les deux autres
Les "enfants perdus" vénitiens font des ravages...
...tandis que les Stradiotes achèvent le travail
Les Impériaux succombent sous le choc...
...alors qu'une première unité vénitienne peut enfin franchir le torrent : la messe est dite



Notre conclusion a rejoint l'Historique : la victoire est vénitienne, et confirme la réputation d'Alviano.


Mais rien n'est jamais définitif, et les heures de Venise sont comptées...


samedi 12 décembre 2015

Agnadel, 14 mai 1509



En 1508, Venise prend le contrôle de la Romagne qui dépendait de Rome.  A l'instigation du pape Jules II, la Ligue de Cambrai qui regroupe la France, le Saint Empire, la Hongrie, Florence, Ferrare et l'Espagne rentre en guerre contre la République de Venise.

Le 27 avril 1509, Jules II prononce l'excommunication de Venise. 

Le 9 mai, les Français, qui occupent Milan, traversent l'Adda, Louis XII à leur tête. Les jours de la Sérénissime sont désormais comptés.



L'armée de Venise est commandée par les cousins Orsini, les condotierres Bartolomeo d'Alviano et Noccolò di Pitigliano. Ils ont pour mission d'éviter toute confrontation directe avec les Français et de s'en tenir à des démonstrations et des escarmouches pour harceler l'ennemi. Les Vénitiens sont séparés en deux colonnes séparées de plusieurs kilomètres.

Le 14 mai, Alviano tombe sur l'avant-garde française de l'amiral Charles d'Amboise. Malgré les ordres reçus, Alviano décide de combattre, et attend les Français au Sud d'Alviano. Ses 8.000 hommes sont déployés sur une position favorable en hauteur, elle-même protégée par de nombreux canaux. Les Français sont environ 30.000.

 Face aux Vénitiens au premier plan, l'avant-garde française se déploie

 Les troupes vénitiennes sont composées essentiellement de mercenaires

Les Français se ruent sur les positions vénitiennes...

... mais sont rapidement fixées par l'artillerie ennemie 

Sur la gauche, les gendarmes parviennent à peine à mettre les pieds sur le coteaux, alors que les Suisses hésitent à franchir le canal

Sur la droite, les stradiotes vénitiens sont sacrifiés contre leurs trop solides adversaires

 Les Vénitiens tiennent le choc...

 ... alors que se présente le corps de bataille français

 Les Vénitiens, débordés, lâchent peu à peu le terrain

Alviano tentera même de s'enfuir, sans succès

Alviano sera capturé par les Français, avant de mettre son épée au service de la France. Il sera même l'un des principaux artisans de la bataille de Marignan, au même titre que les Vénitiens, désormais alliés. Étrange époque que ce début du XVIème siècle, où les alliances se font et se défont au fil des caprices de l'Histoire.

lundi 26 octobre 2015

1515 ?

Il n'aurait pas été correct de rater le cinquième centenaire de la bataille de Marignan. Nous avions d'ailleurs choisi ce thème en tant que projet commun de l'année, où chacun de nos membres prenait part à la réalisation d'un certain nombre de plaquettes pour jouer les deux jours du combat historique.

La table a été présentée lors du 29ème festival du Maquette Club Kerhuonnais (MCK).


Marignan fait partie de ces batailles mythiques que tout le monde croit connaître, si ce n'est la date. Pourtant, le fonds documentaire reste assez maigre ou sujet à caution, et seuls de très récents ouvrages permettent de s'affranchir d'une lecture faite à la gloire de François 1er.

Aucune prétention de notre part : notre démarche reste ludique, et nous laissons les historiens à leur débats passionnés. Sur notre table, une figurine représente 100 combattants réels. Les différentes unités ainsi composées prendront vie grâce à la règle L'Art de la Guerre, à laquelle nous avons apporté quelques modifications pour simuler le comportement de troupes particulières au début de la Renaissance.

Nous sommes le 13 septembre 1515. Le cardinal Matthieu Schiner a persuadé une partie des troupes suisses de se porter devant les Français qui menacent Milan.



Le champ de bataille : une plaine cultivée, un peu marécageuse

 Les Suisses sont répartis comme à leur habitude par cantons en trois corps séparés

Les Français les attendent, leur puissante artillerie protégée par l'infanterie

Les Helvètes s'avancent, méprisant le feu ennemi

L'avant garde, à droite, est enveloppée par les Français 

 A gauche, le corps principal subit le même sort

Malgré leur courage, les Suisses piétinent devant les lignes françaises et ne trouvent pas la faille

Les Suisses parviennent toutefois à prendre quelques canons



Mais la nuit tombe, interdisant aux assaillants de reconnaître les amis des ennemis. Les adversaires se séparent l'espace de quelques heures.

Loin des lignes, Schiner s'impatiente : les Français auraient du être emportés par la furia helvète. Leur roi inexpérimenté a bénéficié de la chance des débutants. Certains disent qu'il aurait passé la nuit parmi ses canons.


A l'aube, les combats reprennent

La mêlée devient confuse, aux dépends des Suisses...

... alors que même Schiner donne de sa personne...

 ... et que se présentent les troupes de Venise, alliées du roi de France

Les Suisses sont exsangues. Ils ont payé le prix fort face à l'artillerie française dès le premier jour, et ne disposent plus des ressources nécessaires pour contrer l'arrivée de la cavalerie vénitienne.
Les Français reprennent Milan. Il est désormais temps pour le jeune roi d'écrire sa légende.