Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest
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samedi 4 juillet 2026

Petite Bataille Terrestre

 Retour aux bases et aux fondamentaux hier soir au club du JHP, avec la reprise en mains de la règle "Petite Bataille Terrestre".

Vue d'une bataille antique (Macédoniens contre Perses, du côté du 4e siècle av. JC)

Très inspirée de De Bellis Antiquitatis (DBA pour les intimes), PBT est une règle maison spécialement conçue pour l'initiation sur les salons, avec la possibilité que les visiteurs repartent avec un exemplaire de la règle et puissent jouer directement chez eux (avec des petits soldats plastique, des Lego ou des Playmobils).

Une bien belle armée indienne non ?

Le cahier des charges est radical : la règle ne doit pas dépasser 1 page recto verso. Donc exit les subtilités, les exceptions, les sous-classes de troupes exotiques et les cas particuliers. Les principes de DBA sont conservés : peu de plaquettes, petite surface de 60 x 60 cm pour des figurines en 15 mm, élimination ou recul en fonction de l'écart de points, objectif du camp ou du général adverse, partie en environ 20 minutes, unité de mesure unique et 1 seul d6. La règle couvre l'Antiquité et le Moyen Age et on pique des idées de listes d'armées dans DBA.

Au contact, si je fais le double que l'adversaire (avec le dé + la valeur de la troupe), il est éliminé

Pourquoi donc ne pas juste repris DBA ? C'est que cette règle, présentée comme règle d'initiation, n'est pas si simple que cela comme le prouve la nécessaire et très réussie de la nouvelle traduction effectuée en interne au club. Les principes généraux sont limpides, mais leur application concrète en jeu nécessite la connaissance d'une sérieuse jurisprudence qui ravit les joueurs expérimentés mais qui ne rassurerait pas des novices complets.

Vue aérienne prise par un drone

Hier soir, on avait donc 4 tables avec 7 joueurs qui ont enchaîné plusieurs parties chacun, avec le but secondaire de vérifier si la règle était suffisamment précise et complète. On a noté quelques idées, mais sans alourdir le travail remarquable de base et que vous trouverez ici.

Le but principal d'hier soir était de bien s'amuser, et ce fut le cas !


dimanche 2 juillet 2023

Sabins contre Romains


Au commencement, Rome n'était alors qu'une petite bourgade, et devait constamment  lutter contre ses voisins pour sa survie. Lors de ces premières guerres, les Romains combattirent les Albains, les Étrusques, les Sabins, les Latins... sans jamais réellement les soumettre. Notre scénario nous porte sous le règne de Tarquin l'Ancien. 

Lucius Tarquinius Superbus, d'origine étrusque, est le cinquième roi de Rome. Il va continuer l'œuvre de ces prédécesseurs et affermir la puissance romaine. Mais, entretemps, les Sabins continuaient de piller les campagnes aux alentours. Nous jouons avec la règle De Bellis Antiquitatis (version 2).




Les deux armées se rencontrent à quelques heures de marche de Rome. Les Sabins disposent principalement de troupes moyennes, polyvalentes. Les Romains quant à eux ont une infanterie lourde d'inspiration étrusque, soutenue par quelques unités de cavalerie.

Les Romains ont l'initiative et avancent droit vers l'ennemi, alors que Tarquin part à gauche

Les deux armées déploient leurs infanteries et se préparent au choc

Pendant ce temps, Tarquin continue seul sa progression et contourne le dispositif sabin

Le roi engage au flanc une unité adverse, alors que son infanterie continue sa progression sur une ligne

C'est le choc tant attendu !

Les premiers résultats sont incertains : certaines unités sont repoussées, la ligne est brisée

Les Sabins tentent de capturer Tarquin, délaissant leur ligne au bénéfice de leurs adversaires

Mais l'orgueilleux Tarquin ne se laisse pas cueillir par les unités sabines à sa poursuite

Les hoplites romains en profitent et foudroient les Sabins qui s'enfuient du champ de bataille

Rome a gagné en infligeant 4 pertes contre 0. Il faudra encore quelques autres batailles pour que les Sabins seront définitivement défaits, et que Tarquin puisse être honoré d'un triomphe.

mardi 13 septembre 2022

Bolgios contre Ptolémée Kéraunos (279 av JC)

En 284 avant JC, Ptolémée Kéraunos, fils de Ptolémée 1er, quitte l'Egypte car il craint pour sa vie, voyant son père lui préférer son frère pour lui succéder. Après un bref séjour auprès de Lysimaque, roi de Macédoine, il finit par se réfugier à la cour de Séleucos 1er, qu'il pousse à entrer en guerre contre Lysimaque. A la bataille de Couroupédion en 281 av JC, Lysimaque est défait et tué. En septembre 281, Ptolémée fait assassiné Séleucos et se fait proclamé roi de Macédoine par l'armée.

Mais très vite, une nouvelle menace se fait jour à l'ouest. Des armées galates descendent, avec femmes et enfants, des Carpates : Kéréthrios attaque la Thrace, Brennos foncent vers les cités grecques et Bolgios se présentent face à Ptolémée Kéraunos en février 279.

L'occasion d'un affrontement en mode DBA big battle ...


Les guerriers galates sont rassemblées dans la plaine avec Bolgios à leur tête,
la redoutable cavalerie celte occupant son flan gauche

 
Côté macédonien, si la phalange occupe bien le centre du dispositif et la cavalerie le flan droit, Ptolémée Kéraunos a lui décidé de se poster sur son éléphant au devant de ses troupes. 

Bolgios prend rapidement l'initiative et rejoint sa cavalerie pour tenter de profiter de sa supériorité numérique sur les troupes montées macédoniennes.



Mais le premier choc n'est clairement pas à l'avantage des galates qui voient la cavalerie lourde macédonienne mettre en fuite trois unités et menacer leur chef.
Pendant que les troupes à pied se rapprochent timidement les unes des autres, le combat fait rage entre cavalerie des deux camps. Profitant d'une plus grande mobilité, les gaulois contournent leur adversaire et rétablissent en partie l'équilibre des pertes.

Mais Bolgios est désormais la cible de toutes les attentions macédoniens. Il parvient à repousser une première fois une attaque de la cavalerie lourde adverse mais doit rendre les armes lorsque un taxi de phalanges décident de soutenir la nouvelle attaque.

Historiquement, c'est Ptolémée Kéraunos qui vit son règne sur la Macédoine s'achever bien vite. Fait prisonnier lors de la bataille, il est exécuté quelques temps plus tard.



dimanche 29 mai 2022

Montlhéry 1465

Louis XI s'était mis la noblesse à dos. Entre mesures vexatoires et remise en cause des droits féodaux des Grands du royaume, rien d'étonnant que ces derniers se liguent et conspirent contre le roi. Les ligueurs publient un manifeste, visant à remédier au "désordonné et piteux gouvernement" de Louis XI, et à mettre le ô combien manipulable duc du Berry à sa place.

La Ligue du Bien Public regroupe ainsi, autour du duc du Berry Charles de France, qui n'est autre que le frère de Louis XI, de nombreux princes parmi lesquels le duc de Bourbon, le duc de Bretagne, le duc de Lorraine, le duc de Nemours, et le brillant Charles, comte de Charolais et héritier du duché de Bourgogne : le futur Charles le Téméraire.


Le roi rassemble son armée, et marche contre le Bourbonnais, faisant revenir à la raison de nombreux nobles séditieux. Mais entretemps, les Bourguignons assiègent Paris, et les Bretons sont en route pour les rejoindre. Craignant d'être piégé, Louis remonte en urgence vers la capitale qui résiste aux Bourguignons. Les deux armées se rencontrent le 16 juillet 1465 à Montlhéry, à une trentaine de kilomètres au sud de Paris.


À la lumière blafarde des néons de la salle du club, le champ de bataille semble moins lumineux que ce qu'en laisse paraître les enluminures. Mais voyez plutôt... 


L'armé bourguignonne découvre l'armée royale qui s'appuie sur le bourg de Montlhéry. L'avant-garde, commandée par Pierre de Brézé, compose l'aile droite. Le corps de bataille, sous les ordres de Louis XI, est au centre, renforcée par l'arrière-garde du comte du Maine.

Les Bourguignons, quant à eux, disposent d'une plus forte artillerie. L'avant-garde du comte de St Pol, qui avait néanmoins reçu l'ordre de reculer, gardait l'aile gauche. Le centre était tenu par Antoine, Bâtard de Bourgogne, alors que le comte de Charolais était à droite. Charles était confiant : il disposait d'une artillerie bien supérieure.

La partie est jouée sur la version 3 de la règle De Bellis Antiquitatis (DBA). Chaque armée dispose toutefois de 19 plaquettes, portant le seuil de démoralisation à 7 pertes au lieu de 4.

Le roi Louis avait hésité à engager Charles, il s'en remettait désormais à la Providence

De son côté, Charles croyait d'avantage dans l'usage de la force brute

Un premier détachement bourguignon s'avance vers Montlhéry

Pierre de Brézé descend de sa position, et lance la contre-attaque...

...alors que le Bâtard de Bourgogne s'apprête à l'accueillir

Les deux armées se déploient, les choses sérieuses vont pouvoir commencer

L'artillerie bourguignonne tonne, avec un certain succès, sous les échanges de volées de flèches

La cavalerie du comte du Maine est repoussée par les Bourguignons

Mais le centre de Charles est sous le feu ennemi, et risque d'être pris en tenaille

Effectivement, le roi Louis mène la charge française, qui bouscule tout sur son passage

A Montlhéry, la population commence enfin à respirer : la messe semble dite

Les combats sont acharnés, et les hommes de Charles sont repoussés

Les Bourguignons résistent tant bien que mal, mais ne parviennent pas à se ressaisir...

...pour, finalement, laisser le champ de bataille au roi de France

Ce combat, entre deux armées relativement similaires, fut sanglant. Louis XI gagne, 7 pertes infligées contre 5 subies. Les risques qu'il a pris sur notre table auraient pu lui faire perdre sa couronne. Leçon à méditer, pour les futurs combats à venir...

jeudi 23 décembre 2021

Fontanetum, 25 juin 841


Lothaire, fils de Louis le Pieux et empereur d'Occident, n'était pas reconnu par ses frères Louis et Charles, qui s'étaient révoltés contre son auguste personne. Les petits-fils de Charlemagne ne s'accordaient pas sur le partage de l'Empire, obligeant Lothaire à intervenir manu militari, et envahir les territoires des factieux.

Nous sommes le 25 juin 841, sur la voie romaine qui relie Bourges à Auxerre, près du bourg de Fontanetum (Fontenoy-en-Puisaye de nos jours). Face à ses deux frères récalcitrants, Lothaire a avec lui Pépin II d'Aquitaine, qui est le neveu de chacun des autres protagonistes. Une banale histoire de famille, en fait.


La partie se joue sur la version 3.0 de la règle De Bellis Antiquitatis. Chaque camp dispose de deux corps "standards" à 12 plaquettes, issus de la liste DBA III-28 "Carolingiens". Quand un corps démoralise après avoir subi 4 pertes, le jouer lance un D6 qui détermine le nombre de plaquettes (au choix du joueur) qui rallieront le corps restant. L'objectif est de démoraliser les deux corps adverses.

Charles le Chauve parmi ses hommes, tous prêts au combat, provoquent Lothaire

Son armée, renforcée de celle de Louis le Germanique, s'avance vers les lignes impériales

La réunion de famille risque d'être sanglante

Les rebelles placent leur infanterie au centre, protégée par deux ailes de cavalerie

L'armée de Lothaire s'avance en deux blocs distincts

Louis tente de déborder par la droite le corps de Pépin sur une aile

Alors que la voie romaine semble pour l'instant bloquée...

...et que Lothaire et Charles sont face à face et se jaugent...

...les combats ont commencé entre Pépin et Louis, à l'avantage à ce dernier

Pour l'instant, rien de décisif ne se passe au centre

Des cavaliers légers de Louis sont parvenus à prendre à revers les cavaliers de Pépin...

...et c'est le massacre, les hommes de Pépin qui parviennent à survivre se débandent

Au même moment, Lothaire parvient à enfoncer la ligne de Charles...

...et les combats au centre tournent également en sa faveur

Mais la cavalerie de Charles le Chauve se fait pressante...

...et porte le coup fatal aux cavaliers de Lothaire, qui abandonne le combat

Le résultat de notre partie rejoint le résultat historique. Un an après cette bataille, le traité de Verdun consacrera la dissolution de l'empire de Charlemagne et déterminera l'avenir de l'Europe pour les siècles suivants.