Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest
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mardi 2 juin 2020

Bataille de la Planta, 1475

Notre scénario nous porte durant les guerres de Bourgogne

Essayons de faire simple ! Les Confédérés suisses s’étaient rangés du côté du roi de France alors que leurs ennemis héréditaires, les Habsbourg, avaient rejoint Charles le Téméraire. La Savoie était dirigée par une régente, Yolande de France, qui n'était autre que la sœur de Louis XI. Toutefois, Yolande pris le parti du duc de Bourgogne.

Les Milanais, alliés à la Bourgogne, souhaitaient contrôler le Col du Simplon dans le Valais, afin de pouvoir faire jonction avec les armées bourguignonnes. L'accès au col leur était interdit par l'évêque de Sion, allié aux Confédérés et donc, par ricochet, au roi de France.

La Maison de Savoie envoya l’armée de l’évêché de Genève, fidèle à l'Empire, contre le Valais. Le Valais dépêcha l’évêque de Sion Walter Supersaxo et ses hommes.

Le 13 novembre 1475, Savoyards et Valaisans se rencontrèrent devant les murs de la ville de Sion, au lieu-dit La Planta.



La puissante armée "savoyarde", constituée en majorité de piquiers genevois

Elle est attendue de pied ferme par les quelques miliciens valaisans de Walter Supersaxo

C'est alors que surgissent, sur la gauche des "Savoyards", les troupes de Berne

Les "Savoyards" manœuvrent pour contrer ce nouveau front

Les piquiers valaisans se mettent en colonne et chargent, soutenus par leur artillerie

Alors que la cavalerie lourde, menée par Jean-Louis de Savoie, charge les Bernois...

...la confusion règne entre genévois et valaisans

 L'artillerie valaisane fait des miracles, et les piquiers genevois, impuissants, sont massacrés

Du côté de Berne, une unité de cavalerie savoyarde a également été balayée


 Seul Jean-Louis triomphe de son adversaire, et en profite pour quitter cette sinistre bataille...

Cette fois, notre partie, jouée par correspondance, a obtenu la même conclusion que la bataille historique. Le déclin de la Savoie est en marche.

mardi 5 mai 2020

Chronique de Hard

Jalouse de sa liberté chèrement acquise, la Confédération des XIII Cantons suisses ne pouvait accepter ces nouvelles obligations voulues par Maximilien, l'empereur du Saint Empire. Des escarmouches entre les milices suisses et l'armée des Habsbourg épaulée par celle de la Ligue de Souabe se font de plus en plus fréquentes et meurtrières.

La bataille de Hard est un épisode de la guerre de Souabe qui opposa le 22 février 1499 les Confédérés suisses contre les Impériaux au bord du Lac de Constance.

 
C'est le deuxième scénario que nous jouons par correspondance, confinement oblige. Nous utilisons encore la règle DBA en ajoutant quelques modifications pour offrir du "chrome" historique. Ainsi :

- Nous définissons les "colonnes de piquiers" comme un groupe de plusieurs éléments de front dont le cœur est constitué de piquiers sur deux rangs (pour les Allemands) ou trois rangs (pour les Suisses). Des unités de PS ("enfants perdus") et de BD ("double-soldes") peuvent être rattachés à ces colonnes.
- Bonus de + 1 pour un troisième rang de piquiers suisses. Par contre, ce rang n'est pas détruit si la plaquette de tête est détruite.

- Une colonne avance au prix de 1 point d'activation. Pour 1 point supplémentaire, les "enfants perdus" et "les double-soldes" peuvent se repositionner sur l'un des côtés des piquiers, même si cela les met en contact avec une plaquette ennemie ou les fait rentrer dans leur zone de contrôle. Ils doivent rester au contact bord sur bord.
- La dernière plaquette de piquiers attaquée sur le flanc ou sur son arrière se conforme à l'attaquant. Par contre, les autres plaquettes de piquiers de la colonne attaquées sur le flanc ne se conforment pas à l'attaquant et ne bénéficient d'aucun support. En cas de défaite, elles ne reculent pas et sont détruites.
- Les colonnes suisses bénéficient de la possibilité d'un second mouvement pour un point d'activation supplémentaire, à condition de ne pas commencer ou de terminer le mouvement dans la zone de contrôle d'un adversaire (4 cm).
- Les Suisses ne disposent pas de bagages.
- L'artillerie peut pivoter, mais ne se déplace pas.

 

Les deux armées sont inspirées de leurs listes DBA respectives, avec quelques modifications :
Saint Empire (d'après IV-13d) - Général 3KN + 2x 3KN + 2x 2LH + 4x 4PK + 2x 2PS + 1x Art
Suisses (d'après IV-79) - Général 4PK + 1x 4BD + 8x 4PK - 2x 2PS

 La partie peut désormais commencer...

Les colonnes helvètes chargent au pas de course l'armée ennemie qu'elles croient surprendre

L'artillerie impériale tonne, alors que les chevaliers souabes se placent sur le flanc droit

Des piquiers se détachent pour faire taire le canon, qui a déjà fait fuir des miliciens

Ces piquiers courageux sont distraits par la soldatesque ennemie, alors que les artilleurs ricanent

En fait, les Suisses piétinent, et les Impériaux resserrent leur emprise 

Les colonnes de piquiers se défient, mais aucune ne l'emporte

Le canon est enfin éliminé, au prix de lourdes pertes

Mais c'est trop tard : les Suisses sont débordés de toutes parts...

 ...et le coup de grâce vient des chevaliers impériaux

Les Impériaux ont gagné sur notre table. Mais pour les Suisses, ce n'est que partie remise !

lundi 26 octobre 2015

1515 ?

Il n'aurait pas été correct de rater le cinquième centenaire de la bataille de Marignan. Nous avions d'ailleurs choisi ce thème en tant que projet commun de l'année, où chacun de nos membres prenait part à la réalisation d'un certain nombre de plaquettes pour jouer les deux jours du combat historique.

La table a été présentée lors du 29ème festival du Maquette Club Kerhuonnais (MCK).


Marignan fait partie de ces batailles mythiques que tout le monde croit connaître, si ce n'est la date. Pourtant, le fonds documentaire reste assez maigre ou sujet à caution, et seuls de très récents ouvrages permettent de s'affranchir d'une lecture faite à la gloire de François 1er.

Aucune prétention de notre part : notre démarche reste ludique, et nous laissons les historiens à leur débats passionnés. Sur notre table, une figurine représente 100 combattants réels. Les différentes unités ainsi composées prendront vie grâce à la règle L'Art de la Guerre, à laquelle nous avons apporté quelques modifications pour simuler le comportement de troupes particulières au début de la Renaissance.

Nous sommes le 13 septembre 1515. Le cardinal Matthieu Schiner a persuadé une partie des troupes suisses de se porter devant les Français qui menacent Milan.



Le champ de bataille : une plaine cultivée, un peu marécageuse

 Les Suisses sont répartis comme à leur habitude par cantons en trois corps séparés

Les Français les attendent, leur puissante artillerie protégée par l'infanterie

Les Helvètes s'avancent, méprisant le feu ennemi

L'avant garde, à droite, est enveloppée par les Français 

 A gauche, le corps principal subit le même sort

Malgré leur courage, les Suisses piétinent devant les lignes françaises et ne trouvent pas la faille

Les Suisses parviennent toutefois à prendre quelques canons



Mais la nuit tombe, interdisant aux assaillants de reconnaître les amis des ennemis. Les adversaires se séparent l'espace de quelques heures.

Loin des lignes, Schiner s'impatiente : les Français auraient du être emportés par la furia helvète. Leur roi inexpérimenté a bénéficié de la chance des débutants. Certains disent qu'il aurait passé la nuit parmi ses canons.


A l'aube, les combats reprennent

La mêlée devient confuse, aux dépends des Suisses...

... alors que même Schiner donne de sa personne...

 ... et que se présentent les troupes de Venise, alliées du roi de France

Les Suisses sont exsangues. Ils ont payé le prix fort face à l'artillerie française dès le premier jour, et ne disposent plus des ressources nécessaires pour contrer l'arrivée de la cavalerie vénitienne.
Les Français reprennent Milan. Il est désormais temps pour le jeune roi d'écrire sa légende.


samedi 8 août 2015

Héricourt, 13 novembre 1474


Il rêvait non seulement de bâtir un royaume, mais aussi de devenir Empereur.

Le duc de Bourgogne Charles le Téméraire poursuit sa politique d’expansion, et tente de réunir en un seul bloc ses possessions éparpillées. Pour cela, il doit s'emparer de la Champagne, française, et de la Lorraine, qui dépend du Saint Empire.  




Mais la Bourgogne en devenir n'est pour l'instant qu'un assemblage féodal et bancal de territoires et de cités, dont certaines n'hésitent pas à rejeter l'autorité du Duc ou de ses représentants.

Ainsi, aux révoltes succèdent les répressions, jusqu'au jour où l'un des grands capitaines du Téméraire, Pierre de Hagenbach, est capturé et condamné à mort par les mutins.

Etienne de Hagenbach se met alors en selle pour venger la mort de son frère, et décide de mettre au pas les villes révoltées, alliées aux Suisses.

Pendant ce temps, le "bon cousin" du Téméraire, Louis XI, persuade les Helvètes de frapper l'ennemi bourguignon. Les Cantons, appuyés par des troupes impériales mettent le siège devant Héricourt où les troupes de Hagenbach sont enfermées. Charles dépêche une armée de secours pour venir en aide aux assiégés. La rencontre a lieu le 13 novembre 1474. Héricourt est tombée la veille.

Les Suisses au premier plan barrent la route de Héricourt aux Bourguignons

Les terribles colonnes suisses précèdent les troupes impériales

Les gendarmes du Téméraire partent sur la droite...

 ...alors que sur l'autre aile les arbalétriers montés taquinent l'avant garde des Cantons
 
 Mais d'autres Suisses surgissent des bois

L'avant garde "italienne" du Téméraire est piégée...

... et fera bravement face à la fureur helvète

Les troupes des Cantons, désormais regroupées, nettoient le centre du champ de bataille...
 
...et reçoivent enfin le soutien des chevaliers impériaux, qui étaient restés à l'arrière

 Prise dans l'étau, l'infanterie bourguignonne est détruite 

... alors que l’orgueilleuse cavalerie du Téméraire était décidément bien trop éloignée pour intervenir


C'est déjà le début de la fin pour les prétentions de Charles le Téméraire. Son rêve se brise face aux piques suisses, qui vont gagner une réputation d'invincibilité.

Mais l'autre grand vainqueur de la bataille est bien Louis XI, dont les intrigues et la diplomatie habile vont entraîner au démantèlement de la Bourgogne.