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vendredi 24 février 2023

Les Éperviers du Duce

 

Un convoi britannique fait route depuis Alexandrie vers l’île de Malte afin de ravitailler la garnison assiégée depuis plusieurs mois par les forces de l’Axe. Les navires anglais sont régulièrement attaqués par les bombardiers allemands et italiens. En particulier, les bombardiers italiens SM.79 "Sparviero" attaquaient régulièrement et avec quelque succès ces convois en utilisant des torpilles lancées à ras de l’eau.



Nous retrouvons l’as des as italiens, Franco Lucchini, le 27 septembre 1941 quelque part en Méditerranée, entre la Sicile et Malte, pour une mission d’escorte de bombardiers torpilleurs.

La partie est jouée avec la règle aérienne Check your Six, et le scénario est adapté d’un de ceux qui sont proposés dans le supplément Falcon of the duce.





La météo est très mauvaise et un hydravion italien CANT Z.506 est en reconnaissance en avant de l’escadre italienne. Il est chargé de repérer le convoi et de piloter par radio les torpilleurs vers celui-ci.


Le convoi est rapidement repéré, mais une escorte de chasseurs Hurricane Mk II surgit des nuages pour nettoyer le ciel des avions de l’Axe. 


L’hydravion pique au ras de l’eau pour éviter les Anglais et manœuvre de main de maître pour éviter les tirs. Les chasseurs anglais, totalement obnubilés par leur proie, en oublient de surveiller leurs arrières et c’est dans leurs six heures que surgissent les bombardiers italiens et leur escorte, menée par Lucchini.


Celui-ci se place idéalement derrière les Anglais et déclenche ses mitrailleuses pour un tir imparable : un des chasseurs anglais s’écrase immédiatement dans la mer, alors que l’autre essaie de s’échapper en plongeant dans un banc de nuages.


Perdu dans les nuages, le pilote anglais en sort pour se retrouver miraculeusement en position de tir idéale et en profite pour endommager un des chasseurs italiens.


Mais c’est pour se retrouver encerclé dans une nuée de SM.79 qui l’arrosent à leur tour et l’endommagent de la même manière.

La moitié de la chasse anglaise se trouve hors de combat et les bombardiers ont le temps de choisir leurs cibles, même si une nouvelle escadrille anglaise apparaît à l’horizon.


Les chasseurs italiens tentent tant bien que mal de protéger leurs bombardiers alors que les Hurricane foncent pour tenter une interception avant le torpillage des cargos.


L’accrochage se fait juste au-dessus du convoi ; les tirs se succèdent de part et d’autre et des dégâts sont subis dans chaque camps. Deux des SM.79 italiens peuvent lancer leurs torpilles alors que le troisième doit s’écarter de sa route au dernier moment à cause d’une bourrasque violente qui l’empêche de garder son cap. La DCA qui protège le convoi fait mouche à plusieurs reprises et un des chasseurs italiens est endommagé.

Alors que les deux avions torpilleurs qui ont rempli leur mission s’éloignent des combats, le troisième vire pour tenter une nouvelle fois de larguer sa torpille ; il doit repasser au-dessus du convoi. Il est alors touché successivement par deux obus qui le font exploser en plein vol.


Au final, les Italiens rentrent en Sardaigne avec la satisfaction du devoir accompli : le convoi anglais a subi des dégâts, deux des Hurricane engagés sont endommagés, un autre s’écrase à l’atterrissage et un quatrième s’est écrasé en mer avec son pilote, ce qui affaiblira la chasse au-dessus de l’île de Malte dans les semaines à venir. Néanmoins, les pertes italiennes sont assez lourdes, puisque un des bombardiers n’est pas rentré et que deux des Macchi M.C.200 de l’escorte sont assez fortement endommagés.

samedi 3 juillet 2021

L'évasion du Guillaume Tell

En 1798, en se rendant en Egypte, le général Bonaparte s’était emparé de l’île de Malte. Aux yeux des Anglais, c’était un coin inadmissible dans leur domination de la Méditerranée. Un blocus de l’île fut aussitôt engagé.

Les défenses du général de Vaubois étaient inviolables, et les Anglais le savaient. Aussi, priver l’île de tout approvisionnement extérieur était le seul moyen qu’ils avaient pour essayer de déloger les Français.

Afin de prolonger la résistance de la garnison, le conseil de défense décida en mars 1800 de faire sortir le Guillaume Tell. À son bord, le contre amiral Décrès devra informer le gouvernement de la situation. Il saura en profiter pour se «débarrasser» des «bouches inutiles» (pas moins de 130 malades)…

La météo, avec un vent de force 6, n'est pas favorable à la navigation et encore moins à la visibilité. Les Anglais ont donc mis en place des patrouilles de corvettes et frégates le long de la côte, se rapprochant dangereusement des forts profitant de l'aveuglement de circonstance des artilleurs français. 


Le Guillaume Tell (vaisseau de second rang, avec 80 canons) attend une accalmie prévue de la météo pour appareiller au nez et à la barbe de ses "geôliers".

A 23h30, l'accalmie annoncée se fait sentir et il se lance.
Il suppose que le dispositif anglais n'a pas évolué, comme les jours précédents où les vaisseaux mouillaient de nuit juste en dehors de la portée des forts.
Sir Edward Berry, capitaine du HMS Foudroyant  (80 canons) et chef du dispositif de blocus en a décidé autrement. Il demande à ses patrouilles de se rapprocher encore de la côte, les corvettes dans l'ouest de La Valette et le HMS Penelope (frégate de 38 canons)à l'Est.
Les billes bleues sont un artifice pour suivre les  navires anglais sans les dévoiler au joueur français tant qu'ils sont hors de vue.


A 00h30, la frégate HMS Penelope aperçoit la masse imposante du Guillaume Tell dans la nuit. 
Elle fait courir dans le vent aussi vite que possible pour prévenir les vaisseaux au mouillage. 



Malheureusement pour elle, sa manœuvre la mit à portée des batteries meurtrières du vaisseau français. Ce dernier avait intégré des portées nocturnes réduites et chargé tous ses canons avec des boulets ramés. Il en résulte une destruction très significative de la mâture de la frégate, mais insuffisante cependant pour l'empêcher de courir jusqu'au HMS Foudroyant.


Avant même que la Penelope le rejoigne, Sir Berry avait vu la formidable lumière provoquée par la bordée du Guillaume Tell et donné l'ordre d'appareiller en urgence. 

Laissant son ancre au fond, le HMS Foudroyant s'éveille et se lance à la poursuite du fugitif. 


Le HMS Vincenjo (sloop de 18 canons dont 16 caronades) tente de se mettre en travers de la route du mastodonte. 


Dans le lointain, le bruit de la canonnade inquiète le capitaine Harrington du HMS Alexander (vaisseau de 74 canons) qui quitte son mouillage à l'Est pour se rapprocher des combats...

Se faisant, il oublie la consigne de Sir Berry de maintenir le blocus sur le port de La Valette. 


Vaillamment, le HMS Vincenjo tire une première bordée, réalise un virement de bord puis en tire une seconde. Le géant ne s'en laisse pas compter et continue sa course jusqu'à le percuter. 

L'intention du joueur anglais était de ralentir le fuyard, mais il avait compté sans l'écart de taille entre les navires, et le résultat a été une percussion dramatique pour le sloop.

A peine le sloop avalé par les flots, les deux géants, le HMS Foudroyant ayant rattrapé sa proie, commencent un échange intensif de bordées. 
Le HMS Lion (vaisseau de 64 canons) avait quitté son mouillage à la lumière des combats et s'est tranquillement placé pour prendre le fugitif en enfilade avec sa première bordée. Le résultat a été au niveau du brio de la manœuvre, perte totale du mât de beaupré et d'une bonne partie de la misaine.

Le Guillaume Tell résiste vaillamment, mais est maintenant aux prises avec deux vaisseaux anglais moins endommagés que lui qui a finalement perdu sa misaine...


Le HMS Lion manœuvre pour rester dans la bataille ce qui lui vaut de se prendre un enfilade arrière.



Profitant de ce que le HMS Alexander a quitté son poste, des navires français et un corsaire espagnol en profitent pour rejoindre le port de La Valette et ravitailler les défenseurs affamés. 








Au lever du jour, le Guillaume Tell ne s'est toujours pas défait de ses poursuivants et devra rendre les armes après que tous ses mâts ont été abattus. 

Il sera capturé et servira sous le nom de HMS Malta dans la marine anglaise jusqu'en 1840.








Ce scénario est fictif, bien que ses acteurs auraient tous pu s'y trouver. Il nous a permis de tester les derniers ajustements de la règle Pavillon du Roy, pratiquée par le club pour les batailles de cette époque.








Sources d'inspiration :
1/ Batailles navales de la France, Tome second (O. Troudé-1867)
2/ Battles of the British Navy, Vol II (Joseph Allen-1852)
3/ Carte des isles de Malte, du Goze, et du Cuming avec les nouvelles Redoutes & Batteries 1715.(Sieur Milcent)

samedi 3 septembre 2016

Aéroport de Ta Qali, deuxième

 Nous sommes de retour sur Malte, pour le deuxième volet de la mini campagne CY6.



La première partie de cette campagne avait vu les Junker 87 de la Luftwaffe escortés par les Messerschmitt 109F de la Jg53, la célèbre "Pik As", se heurter aux Spitfire et Hurricane qui couvraient l’aéroport de Ta Qali. La moitié des bombardiers n’était pas rentrée, et les chasseurs allemands n’avaient pas brillé par leur efficacité. Le front de l’Est se rapprochait pour la Jg53... 



Cette première attaque allemande a néanmoins eu pour effet de dégarnir la défense au-dessus de l’aéroport, les chasseurs anglais engagés s’étant lancés à la poursuite des derniers aéronefs allemands, cap vers la Sicile. C’est alors que surgit une deuxième vague de bombardiers...

Cette fois, ce sont des CANT1007 italiens, escortés par les MC202 du 51ème Stormo
Les quelques chasseurs encore présents décollent en urgence et se précipitent vers les bombardiersL’engagement démarre très vite

Les chasseurs anglais réussissent à éviter la chasse italienne pour mitrailler de près les « martins-pêcheurs » italiens ; les premiers résultats sont rapides et un des bombardiers prend du plomb dans l’aile.

Les Spitfire rejoignent les Hurricane et le tir aux pigeons continue

Malheureusement dans le feu de l’action, un des Hurricane coupe la route du Flying Officer Jones au moment où celui-ci ajuste un "CANT". Les obus des canons de 20mm découpent littéralement le Hurricane qui explose en vol ! Ça commence mal pour les Anglais.

La formation de bombardiers finit par éclater 

La deuxième passe est fatale pour un des Alcione sèchement descendu par le Hurricane survivant alors que le deuxième Spitfire tente de racheter la faute de son équipier en endommageant l’autre bombardier.

Les deux derniers bombardiers italiens, endommagés mais avec leurs moteurs intacts, arrivent à esquiver les chasseurs anglais qui les poursuivent ; l’aéroport est proche… 
Sur la cible

Malgré les nombreuses traces d’impact dans leurs carlingues, les deux survivants déposent leur chargement à la verticale des pistes et des hangars. Les chasseurs italiens, eux, batifolent au-dessus de la piste en essayant de contrer les Anglais et de détourner le feu de la DCA, totalement inefficace, une fois de plus.

Le retour s’annonce délicat pour les bombardiers

Mais, une fois allégés de leur chargement de bombes, les Alcione reprennent de la vitesse et réussissent à éviter les balles des Anglais, qui commencent à manquer de munitions.

Au final, cette deuxième mission est aussi une réussite mitigée pour les Italiens. Deux des bombardiers rentrent à bon port, mais dans un tel état qu’ils ne reprendront pas l’air de si tôt. La chasse anglaise a été épargnée, puisque sur les 8 chasseurs disponibles en début de partie, un seul a été détruit, et un autre endommagé.

Ta Qali a subi de multiples dégâts, mais plus de la moitié des bombardiers de l’Axe sont détruits ou inutilisables. Les chasseurs ont été peu efficaces. La Jg53 sera envoyée sur le front de l’Est peu après.

dimanche 21 août 2016

Blitz, Spits, et As de pique


"Soit nous obtenons des Spitfire  dans les jours qui viennent, et non pas des mois, soit tout est fini pour nous". C'est ainsi qu'en février 1942 le Squadron Leader Stan Turner résume la situation à Sir Hugh Lloyd, commandant la RAF à Malte sur la situation catastrophique de l'ile. En effet, Malte est assiégée depuis l'été 1940, et l'Axe déploie tout ses efforts pour réduire une fois pour toute cette épée de Damoclès en plein milieu de la Méditerranée.


Allemands et Italiens s'accordent pour bombarder sans cesse les infrastructures de l'île et les convois de ravitaillement. Ils disposent en effet d'une évidente supériorité aérienne, et les 14 Hurricane fatigués ne font pas le poids face aux nouveaux Messerschmitt Be109F du Jagdgesschwader 53 (surnommé "As de Pique") et aux Macchi C202 Folgore italiens.

Le 7 mars 1942, les 15 premiers Spitfire Mk.V sont enfin livrés par le porte-avions HMS Eagle. 


Notre scénario nous porte aujourd'hui sur l'un de ces raids de la Luftwaffe sur Malte. Un groupe de Stuka, escorté par des 109, est repéré.
Un "Rotte" de 109 éclaire la route des Stuka
Comme lors de la bataille d'Angleterre : les rapides Spitfire se ruent sur les chasseurs d'escorte...
...alors que les Hurricane, plus lents, se chargent des bombardiers
Les premiers contacts se font aussitôt, malgré de nombreux nuages
Les Spitfire perturbent le dispositif allemand...
...et bientôt le chaos s'installe, amplifié par les tirs de la DCA britannique
Un premier 109 est malmené
Les cibles sont en vues
Les Stuka se préparent à livrer leur mortelle cargaison ...
 ...mais les avions allemands sont éparpillés...
...et de nombreux bombardiers sont touchés
L'approche des Stuka sur leurs objectifs est difficile, et pas vraiment efficace
 Les cibles sont finalement traitées par les chasseurs d'escorte, distraits de leur mission première...
...alors que la RAF reprend la maîtrise du ciel


Sur notre table de jeu, l'aviation allemande aura réussi à infliger de nombreux dégâts aux infrastructures aéroportuaires de Malte. Mais pas assez, et au prix de nombreux bombardiers détruits.

Malte pourra poursuivre sa résistance héroïque, et continuer de nuire aux ambitions de l'Axe en Afrique du Nord.