Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest
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samedi 12 septembre 2020

Le Pactole



Certains disaient qu'il était petit et boiteux, d'autres le disaient beau et affable. Qu'importe ! Agésilas II laissa son titre de roi de Sparte à son fils, Archidamos III, afin de se consacrer pleinement à sa passion : la guerre outremer. Après une aventure en Égypte, il décide de profiter d’une révolte des Satrapes contre Artaxerxès II, afin de libérer toutes les cités grecques ioniennes des Perses. A cet effet, il réunit une armée imposante, constituée d'esclaves affranchis, de Grecs et bien sûr de quelques Spartiates.



Agésilas s’engage en Lydie, avec des fortunes diverses. Non loin du Pactole, rivière réputée charrier des paillettes d'or, il rencontre l’armée du satrape Tissapherne. Nous sommes en -395.


La phalange d'Agésilas s'avance avec ordre et discipline au devant des troupes perses

Sûrs d'eux, les cavaliers de Tissapherne défient les outrecuidants...

...et chargent les hoplites au centre

D'ailleurs, les cavaliers légers perses tentent de passer sur l'aile droite ennemie

Las, les hoplites tiennent bon, et le Satrape tourne bride sans demander son reste...

...alors qu'une unité de cavalerie grecque de l'aile droite est détruite

Mais l'aile gauche des envahisseurs se ressaisit, et tente de déborder les Perses

D'ailleurs, les cavaliers du Satrape ne parviennent pas à percer

N'écoutant que son courage, Tissapherne revient au combat, et tente de faire basculer la décision en sa faveur....

...mais il est trop tard : les Grecs piègent leurs adversaires les uns après les autres

Et, alors que le satrape est toujours engagé, ses troupes démoralisées désertent le champ de bataille

Le résultat de notre partie jouée sur la version 3 de DBA a rejoint la conclusion historique.

Tissapherne, vaincu, rentre honteusement à Colosse en Phrygie. La reine-mère va l'accuser de trahison et le faire exécuter. Il est vrai qu'elle n'avait toujours pas digéré que Tissapherne se soit révolté contre son fils préféré, Cyrus le Jeune.

lundi 16 septembre 2019

La révolte d'Ariarathe

Quand Alexandre le Grand avait envahi l'Asie, ses armées négligèrent la Cappadoce et préférèrent frapper directement au cœur de l'empire achéménide. Nous sommes en -322, Alexandre est mort.


Ariarathe avait 82 ans. Le vieil homme, d'origine perse, était le satrape de Cappadoce, mais n'adhérant pas à l'hégémonie alexandrine et voyant son heure venue, s'était aussitôt proclamé roi.

Évidemment, ce n'était pas du goût d'Eumène de Cardia à qui les Accords de Babylone accordaient la Cappadoce. Le Diadoque dépêcha contre Ariarathe l'un des meilleurs généraux macédoniens : Perdiccas.

L'Histoire ne décrit pas par le détail la suite des évènements. Certes, si les Macédoniens furent victorieux, nous pouvons toujours mettre sur table un thème original, en jouant la rencontre des deux armées et tenter d'offrir un sort plus enviable au vieil Ariarathe.

Nous proposons ce scénario lors de la sixième édition de la Fête du Jeu Troadé, à Plouvorn (29). Les amateurs peuvent prendre en main l'une ou l'autre armée au format DBA (version 2.2), la partie se déroulant sous la règle éponyme, ou avec notre petite règle pour les salons.

A côté de cette table, nous invitons également les joueurs à participer à du naval : la bataille du Rio de la Plata et le combat du 8 juin 1755 dans le Golfe du Saint Laurent.


L'armée d'Ariarathe attend de pied ferme les Macédoniens

Des remparts, les défenseurs de la cité attendent, inquiets quant à leur avenir proche

Le vieux roi n'a pas encore dit son dernier mot, et s’apprête à en découdre

La phalange macédonienne est imposante, mais très lente

Les Cappadociens, plus mobiles, tentent de déborder les envahisseurs par les ailes

Sur un bord, Ariarathe se retrouve face à Perdiccas...

 ...alors que de l'autre côté, l'éléphant macédonien est engagé par la cavalerie légère cappadocienne 

Le choc est rude, la phalange bouscule et écrase ses malheureux opposants

L'éléphant parvient au même résultat, avec moins de subtilité

 Ariarathe est repoussé, son armée capitule

La conclusion de cette partie est conforme à l'Histoire, mais notre joueur cappadocien n'a pas eu à subir le sort funeste d'Ariarathe qui fut, malgré son grand age, condamné à périr sur la croix.

samedi 1 octobre 2016

L'ultime frontière


Ambhi était le roi de Taksasila, royaume indien situé aux marches de l'Empire perse. Il parvint à convaincre Alexandre, désormais maître de l'Asie, de marcher contre Pôros, le roi du Paurava.

Le Macédonien rassemble une fantastique armée issue des nombreuses provinces de son empire. La rencontre a lieu au printemps -327, mais une rivière large de plusieurs centaines de mètres sépare Alexandre de Pôros.

 
Alexandre fait alors construire un camp, l'armée indienne restant en face sur l'autre rive. Durant sept semaines, ses éclaireurs vont explorer l'amont et l'aval de la rivière afin de trouver un endroit de franchissement favorable. Un passage guéable et discret est enfin repéré, à une vingtaine de kilomètres en amont.


Alors que ses lieutenants Méléagre et Cratère font diversion, Alexandre traverse la rivière avec 10.000 hommes. Son avant-garde tombe sur un détachement ennemi.






Sur l'aile droite indienne, la cavalerie légère se met en mouvement...

...suivie par la cavalerie moyenne, sur l'autre côté

Les cavaliers perses d'Alexandre manœuvrent afin de déborder leurs adversaires...

...alors que les cavaliers "grecs" se préparent à les recevoir frontalement

Premier choc, premiers dégâts

Au centre, les chariots indiens font fuir les cavaliers légers perses

 Sur l'aile, les Macédoniens prennent l'avantage... 

...mais se font enfermer rapidement : leur sort est scellé

Les éclaireurs d'Alexandre se débandent, l'effet de surprise est raté


Le détachement indien a le temps de prévenir son maître de l'arrivée imminente du gros de l'armée macédonienne. Pôros rappelle ses troupes, et les met en ordre de bataille dans la plaine de Karri, sur la rive gauche de l'Hydaspe.

Mais ceci est une autre histoire...

samedi 16 juillet 2016

Skiathos, et autres conséquences

Dix années se sont écoulées depuis la bataille de Marathon. Les Perses marchent de nouveau sur la Grèce. Certaines cités acceptent volontiers la paix du Grand Roi Xerxès et se commettent dans une neutralité opportune. D'autres refusent de "médiser" et choisissent de se battre. A leur tête se trouvent Sparte et Athènes.

Pourtant, les cités rebelles ne s'entendent pas vraiment sur une stratégie commune. Elles parviennent à un compromis : fixer l'armée ennemie aux Thermopyles, et la flotte perse à l'Artémision.

L'Oracle de Delphes n'a-t-il pas annoncé que le salut viendrait d'une muraille de bois ? Pour Thémistocle, c'est bien de la marine athénienne dont il s'agit. Une victoire navale priverait l'armée perse du soutien nécessaire pour poursuivre la campagne, et Athènes serait sauvée.

Entretemps, des trières de Sidon, au service du Grand Roi, reconnaissent et balisent le passage entre la Magnésie et l'île de Skiathos.




Laissons la parole à Hérodote...

Tandis que l'armée navale de Xerxès partait de la ville de Therme, dix vaisseaux, les meilleurs voiliers de la flotte, cinglèrent droit à l'île de Skiathos, où les Grecs avaient trois vaisseaux d'observation : un de Trézen, un d'Égine, et un d'Athènes. 

Ceux-ci, apercevant de loin les Barbares, prirent incontinent la fuite. 

 Histoire, livre VII, CLXXIX








L'île de Skiathos, vue du nord.

Les dix trières rapides phéniciennes arrivent du large, et surprennent les Grecs désorganisés. Il leur faut fuir, et prévenir le reste de la flotte qui remonte l'Eubée.


Les trières légères grecques sont encore échouées sur une plage de Skiathos

Les Phéniciens arrivent du large, à la grande surprise des équipages grecs 

 Les Grecs mettent leurs trières à l'eau, mais les Phéniciens sont plus rapides

La poursuite s'engage

La trière rapide athénienne (voile jaune) est éperonnée

Une première tentative d'abordage a lieu, sans succès...

La galère d'Egine (voile rouge) subit le même sort que l'athénienne, alors que celle de Trézen (voile blanche) est capturée



La flotte grecque ne sera pas informée de la présence des éclaireurs ennemis. Pendant ce temps, des milliers de hoplites s'installent aux Thermopyles, et la flotte se regroupe au Cap Artémission. L'armée perse est en marche, et sa flotte l'accompagne.

Le temps est à l'orage...

lundi 13 juin 2016

Marathon



Vers -500, les cités grecques d'Asie Mineure se révoltèrent contre leurs maîtres perses. Sous l'impulsion de la cité de Milet, les rebelles connurent quelques succès initiaux. Ils ont même brûlé Sardes, la capitale du satrape d'Ionie.

Mais les Perses ont réagi fermement : les cités rebelles ont été remises au pas, l'une après l'autre. Darius promit également de châtier les autres cités qui avaient soutenu la révolte afin de venger l'affront subi à Sardes. Une première expédition échoue en -492. Deux ans plus tard, une nouvelle tentative d'invasion militaire est lancée.

Devançant l'armée, les émissaires de Darius réclamaient "de la terre et de l'eau" en gage de soumission au Grand Roi. Sparte et Athènes comptèrent parmi les rares cités à refuser. Les Perses débarquent à Marathon, à 35 km d'Athènes après avoir soumis Érétrie. Datis commandait les Perses. Arthaphernès, un neveu de Darius, disposait de l'infanterie.

Hippias, qui fut tyran d'Athènes, avait trouvé refuge auprès du Grand Roi. Avec l'aide des nombreux soutiens qu'il avait encore dans la cité, il comptait livrer la ville aux Perses qui pourraient le reconduire dans ses fonctions passées. De la plaine de Marathon, les Perses attendaient le signal indiquant que la cité ouvrait ses portes. Entretemps, les troupes de Datis organisaient leur campement.

Côté grec, ce n'est pas si simple. Sparte respectait une fête religieuse et ne pouvait dépêcher aucune troupe d'ici la prochaine pleine lune, et les Athéniens ne semblaient pas enthousiastes pour affronter ce terrible adversaire. Finalement, poussés par Miltiade, ce sont 10.000 Athéniens renforcés par 1.600 Platéens qui se sont présentés à Marathon. L'armée grecque était commandée par l'archonte-polémarque Callimaque.

Durant cinq jours, les deux armées sont restées face à face, à peine à 5 km de distance. Les Grecs ne voulaient pas se découvrir, car ils ne disposaient ni d'archers, ni de cavalerie, et auraient été laminés par les nombreux cavaliers perses. Ils attendaient aussi l'arrivée des renforts de Sparte.

De son côté, Datis préférait économiser sa faible infanterie, qui ne faisait pas le poids face aux lourds hoplites grecs, et attendait le signal de la reddition d'Athènes. La nuit du 11 au 12 août, en l'absence de signal des traîtres et de l'éventualité de l'arrivée imminente des Spartiates, Datis rembarqua sa cavalerie, direction Phalère, l'un des ports d'Athènes. Il pourrait ainsi forcer les portes de la ville, puis revenir rapidement prendre à revers l'armée grecque fixée à Marathon.  Il n'a laissé que 15.000 combattants dans la plaine, dont une très faible cavalerie.

La manœuvre n'avait pas échappé aux éclaireurs grecs. Les Athéniens décidèrent alors de tenter l'impossible : foncer sur l'ennemi et le détruire, puis rentrer à marche forcée à Athènes afin d'interdire le débarquement des Perses. Callimaque commande l'aile droite, les Platéens sont à gauche. Le centre du dispositif est aminci, alors que les ailes sont plus épaisses et plus fortes.

Le déploiement des Perses est plus classique : les Mèdes (dont les fameux Immortels) sont au centre, les peuples satellites (dont des Grecs) sur les côtés.

Les Perses sont devant leur camp, et s'appuient à gauche sur la baie, et à droite sur le Mont Kotroni
Les Grecs ont allégé la profondeur de leur centre afin de renforcer leurs ailes
Les Grecs se ruent sur les ailes perses
Les fameux Immortels, au centre, se tiennent en dehors des corps-à-corps
Arthaphernès tente de protéger sa vie
Les ailes perses sont réduites

Les hoplites grecs procèdent à un grand coup de balais...
... puis, les ailes ennemies nettoyées, les Grecs se lancent sur les Immortels
Le général perse est finalement coincé, et tombe en combattant


Sur notre table, la victoire fut grecque, et conforme à l'Histoire. Les Athéniens, victorieux, partirent vers Phalère qu'ils atteignirent alors que les Perses n'avaient pas encore débarqués. Datis vit les Grecs, comprit son échec à Marathon, et fit demi-tour pour rentrer en Perse. Le mythe de Marathon était né.


Et n'oublions pas les 2.000 Spartiates, arrivés deux jours après les combats !