Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest
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vendredi 29 mars 2024

Libération de Brest - À l'assaut de la colline 154 !

Été 1944 : après le succès du débarquement, les troupes américaines pénètrent en Bretagne. En quelques jours, elles s'emparent de Rennes et de l'essentiel de la région. Les ordres allemands sont de tenir jusqu'au dernier homme les principaux ports bretons. Saint-Malo, Lorient et Brest sont érigés en forteresse !

Au sud-est de Brest, la presqu'ile de Plougastel est une clé de la défense de Brest de part la vue qu'elle offre sur la cité et son port : une position idéale pour diriger les tirs d'artillerie. La ligne de défense allemande court depuis Daoulas au sud jusqu'aux rives de l'Elorn où se dresse la colline 154 ainsi désignée sur les cartes américaines. 

Située à proximité du hameau de Kerudu sur la route reliant Plougastel à Landerneau, ...

 ... l'emprise est lourdement protégée : blockhaus bétonnés, réseaux de tranchées, barbelés, mines ...

La prise de ce point stratégique incombe aux hommes du 3ème bataillon du 38th Infantry (2nde division d'infanterie) commandé par le lieutenant-colonel Olinto M. Barsanti. Le 22 août 1944 en début d'après-midi, l'attaque commence.

Pour jouer cette bataille, nous utilisons la règle Bolt Action.

Pendant que les troupes américaines se déploient à l'est de la colline ...
 
... l'alerte est donnée dans le camp allemand. Les ordres sont simples pour les soldats
de la 266. Infanterie-Division renforcés par des paras de la 2. Fallschirmjäger-Division :
il faut tenir à tout prix.
 
Les Allemands ont à peine le temps de se retrancher
qu'un violent tir de préparation sature bientôt la colline d'obus explosifs.

L'attaque est lancée et les premières troupes américaines s'avancent sur le plateau. Elles sont aussitôt accueillies par un tir de mortier bien réglé qui provoque les premières pertes alliées.

Mais l'observateur d'artillerie américain a pu repéré la position du mortier allemand
et ordonne un tir de réaction immédiat.

La précision des artilleurs américains est redoutable !
Dès les premiers obus, les servants de la pièce allemande sont atteints et le mortier est rendu inopérant.

Pendant ce temps, un Stuart de reconnaissance s'avance sur la route de Plougastel,
aux devants d'un groupe de bretons fuyant la région à l'approche des combats.

Bien inspiré, le chef de char profite de cette rencontre pour recueillir quelques renseignements. Malgré la barrière de la langue, il parvient à récolter des informations précieuses quant aux dispositifs de défense allemands et notamment leurs champs de mines.

Sans doute trop confiant après cette échange fructueux, il n'hésite pas à progresser en profondeur le long de l'axe routier et se fait bien vite stopper dans son élan par un tir de canon automoteur allemand.

Pendant ce temps, et malgré un bombardement en provenance des batteries de Kerjean à Kerhuon et des pièces d'artillerie de la Pyrotechnie au nord de l'Elorn qui les ralentit quelques instants, les hommes des compagnies I et L s'avancent vers le hameau de Kerudu ...


... provoquant le repli d'un puppchen, qui aurait été de toute façon peu efficace face à ces unités d'infanterie.

Progressant désormais en terrain dégagé, les américains opèrent des tirs de fumigène
en avant des positions allemandes afin de limiter leur capacité d'action.

Les fantassins américains progressent vers les premiers bâtiments du hameau ...

... mais une section subit les tirs combinés des soldats embusqués dans la ferme et d'un Panzerschreck !?!?
Face aux pertes subies, les GI's doivent se replier et évacuer leurs blessés.

Ils sont très vite remplacés sur le terrain par une autre section qui part aussitôt à l'assaut du corps de ferme.
Le combat est féroce et si l'unité allemande est anéantie, la section américaine a elle aussi subi de lourdes pertes et doit se retrancher dans le bâtiment en attendant d'être secourue et renforcée.

Alors que le Marder s’apprêtait à renforcer le dispositif central allemand,
un vrombissement reconnaissable se fait entendre dans le ciel breton.
Le chasseur-bombardier américain pique immédiatement vers le blindé ennemi.

Dans le même temps, des éléments de la compagnie L, à gauche du dispositif américain,
se lancent à l'assaut d'une position tenue par des paras allemands ... 

... et prennent pied de l'autre côté de la haie pour faire prisonnier les Fallschirmjäger survivants. Si le tir de l'aviation n'était pas parvenu à endommager le blindé mais avait juste atteint le moral de son équipage, cette arrivée subite d'ennemis juste dans le dos du Marder provoque la panique de ce dernier.

Le blindé fuit alors vers Kerudu avec le fol espoir de pouvoir se retrancher sur la colline.
Mais les troupes américaines se sont déjà rendues maîtres du hameau et ont débuté leur assaut final.

Profitant que les fumigènes limitent grandement l'action des dernières forces allemandes retranchées,
les renforts américains s'avancent à proximité immédiate de la colline.

 La section du sergent Alvin Carey n'est désormais qu'à quelques mètres des tranchées ennemies
mais est ralentie par les barbelés et la mitrailleuse allemande dans le bunker ...

Sur la base des renseignements recueillis auprès des réfugiés bretons,
le sergent sait que ce secteur n'a pu être correctement miné.
Il n'hésite pas à sortir de son couvert pour s'approcher seul de l'abri bétonné.
Il est alors pris sous le feu d'un fantassin allemand.

Grièvement blessé, il parvient néanmoins à jeter ses grenades vers l'embrasure du blockhaus. Miraculeusement, l'une d'elle atteint sa cible et explose à l'intérieur de l'abri faisant taire définitivement
la mitrailleuse et ouvrant la voie aux américains pour la conquête ultime de la colline 154. 

Le temps nous a malheureusement manqué pour aller au bout de ce scénario historique.
En réalité, la bataille dura jusqu'au 23 août à 15h et nécessita le soutien de tanks destroyers du 705th TD bataillon pour anéantir les derniers abris bétonnés. L'acte d'héroïsme du sergent Carey lui valu l'attribution de la Medal of Honor à titre posthume. Le 3ème bataillon du 38ème régiment d'infanterie reçut une citation "pour son comportement remarquable au combat" lors de la prise de la côte 154.

mardi 4 juillet 2023

Le retour de Barbetorte

Nous sommes le 1er juillet 936, et Alain Barbetorte vient de débarquer près de Dol, à l’est de Dinan. Il revient d'Angleterre où il est exilé depuis les années 920 à la cour du roi Æthelstan son parrain. 

Alain souhaite reprendre possession de la Bretagne, alors aux mains des Scandinaves. Pour cela, il doit déjà attaquer le camp viking de Péran, situé dans les actuelles Côtes d’Armor.

Il envoie alors son avant-garde vers le village breton de Plédran, au sud-est du camp, pour y sécuriser une ancienne voie romaine. Les deux bandes sont désormais séparées par l'Urne, une petite rivière.



L’objectif de l'avant-garde bretonne est de faire un raid éclair sur le camp viking dans le but d’affaiblir les forces adversaires, avant que le gros de l’armée d’Alain Barbetorte ne se joigne à la fête. Mais les Bretons ne s’attendent pas à ce que les Vikings soient déjà sur le pied de guerre !

De leur côté, depuis quelque temps déjà, les Vikings lorgnent sur le village, que leur armée est prête à aller piller. Ils ignorent qu’une bande armée hostile se trouve à proximité.

Ce scénario est joué sur la règle Pillage. Sera déclaré vainqueur le camp ayant ramené le plus de richesses (vivres, armes ou prisonniers). Evidemment, défaire le chef de la bande opposée serait un bonus appréciable... Mais place au jeu !


Dans un semblant d'ordre, les troupes bretonnes et leurs alliés saxons s'avancent sur le champ de bataille, tandis qu'Alain Barbetorte et deux cavaliers s'éloignent du village et prennent la route en direction du campement Viking.


Côté scandinave, c'est la surprise. On ne s'attendait pas à voir de résistance sur ces terres désolées. Uldérik le Rouge et ses hommes verrouillent le campement pour éviter toute incursion et protéger les maigres richesses déjà pillées.


Les hommes du nord se dispersent sur le terrain pour intercepter les guerriers bretons. L'un des guerriers en profite, et fouille une masure et récupère quelques maigres butins qu'il s'empresse de rapporter au campement.


De son côté, Alain Barbetorte fonce à brides abattues vers sa cible : Uldérik en personne. S'il défait le chef viking, il défait son armée.


Devant leur camp, les Vikings forment un mur de boucliers, et se préparent à intercepter les Bretons, occupés à traverser la rivière sur un petit pont de bois.


Ça y est, la première rencontre a lieu ! Par delà un petit promontoire, Vikings et Bretons s'entretuent pour la suprématie des terres de Bretagne.


Rapidement les rangs s'éclaircissent et les chefs, en retrait jusqu'ici, vont devoir se jeter dans le combat pour en favoriser l'issue.


Du côté du village, c'est la même histoire. Les Bretons, en défense, essaient tant bien que mal de contenir l'avancée viking. Abrités derrière un muret de pierre, ils encaissent le choc tandis que les Vikings, plus malins, débordent sur la droite par un petit passage ouvert.


Sur tout le terrain la bataille fait rage, et tout doucement, tourne à l'avantage des Scandinaves. Les Bretons, moins bien équipés, font face à des adversaires aguerris parmi lesquels quelques Berserkers, qui sont des guerriers d'élite.


Devant le camp, le mur de boucliers viking se disloque afin de permettre aux guerriers de foncer tête baissée contre leurs adverses, qui n'ont pas encore fini de traverser l'Urne.


Les rangs clairsemés des Bretons tentent de se reformer, mais le sort est désormais scellé. Alain Barbetorte n'a pas réussi à atteindre Uldérik, qui a refusé le combat singulier en restant sous la protection de ses hommes.


Devant le camp de Péran, les dernières formations bretonnes sont dispersées. Il ne reste plus que le chef, vaillant, et quelques chiens de guerre. Sur notre table, la libération de la Bretagne ne se fera pas aujourd'hui. Alain Barbetorte devra retrouver des forces avant de lancer un nouvel assaut pour délivrer la Bretagne du joug scandinave.

jeudi 27 avril 2023

NCSM Athabaskan

L'opération "Tunnel" du 26 avril avait opposé près de l'île de Batz, sur la côte nord de la Bretagne, les torpilleurs allemands T-24, T-27 et T-29 à une division alliée, composée du croiseur léger HMS Black Prince, accompagné par les destroyers HMS Ashanti, NCSM Haida, NCSM Huron et NCSM Athabaskan.

Le T-29 avait été coulé, mais les destroyers des deux camps avaient soufferts. Nous étions parvenu à un résultat sensiblement différent sur ce scénario. Dans les faits, les T-24 et T-27, endommagés, s'étaient échappés et réfugiés à Saint Malo.

Deux jours plus tard, le 28 avril, les destroyers canadiens HMCS Athabaskan et HMCS Haida appareillent une nouvelle fois de Plymouth afin de couvrir l'opération "Hostile 26", qui constituait à mouiller des mines à une dizaine de nautiques dans le NE de l'île de Batz. Le 29, peu avant 3 heures du matin, les navires étaient sur zone, quand deux échos menaçants sont signalés. Ce sont les deux torpilleurs allemands qui rentraient sur Brest. Nous jouons sur la règle Naval Thunder, avec des figurines au 1/3000.



Deux contre deux, mais les Canadiens disposent d'une artillerie supérieure

Le T-24 est le premier à ouvrir le feu, mais les cibles sont encore trop éloignées

La riposte n'attend pas : les deux canadiens marquent coup sur coup, et le torpilleur explose

Désormais à deux contre un, les destroyers canadiens vont tenter de piéger le T-27

Le torpilleur, acculé, ne renonce pas et se déchaine contre l'Athabaskan

Les tirs bien ajustés provoquent un incendie sur le destroyer canadien

L'Haida répond au feu ennemi, mais le T-27 tire une salve de torpilles sur le navire déjà blessé

C'est une mise à mort, l'Athabaskan n'est plus qu'un qu'un brasier infernal qui ne tarde pas à couler

Le triomphe du T-27 est de courte durée, et l'Haida parvient à le mettre finalement hors de combat

Ce jour-là, quelques jours avant le Débarquement, l'Athabaskan a effectivement péri au nord du phare de l’Ile Vierge à Plouguerneau. Le T-27, fortement endommagé, s'était échoué non loin sur les roches de Meneham à Kerlouan, alors que le T-24 était parvenu à se réfugier dans la rivière de Morlaix. Cette épisode, malheureusement peu connu, souligne l'engagement des forces canadiennes pour la libération de l'Europe.