Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest
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jeudi 27 avril 2023

NCSM Athabaskan

L'opération "Tunnel" du 26 avril avait opposé près de l'île de Batz, sur la côte nord de la Bretagne, les torpilleurs allemands T-24, T-27 et T-29 à une division alliée, composée du croiseur léger HMS Black Prince, accompagné par les destroyers HMS Ashanti, NCSM Haida, NCSM Huron et NCSM Athabaskan.

Le T-29 avait été coulé, mais les destroyers des deux camps avaient soufferts. Nous étions parvenu à un résultat sensiblement différent sur ce scénario. Dans les faits, les T-24 et T-27, endommagés, s'étaient échappés et réfugiés à Saint Malo.

Deux jours plus tard, le 28 avril, les destroyers canadiens HMCS Athabaskan et HMCS Haida appareillent une nouvelle fois de Plymouth afin de couvrir l'opération "Hostile 26", qui constituait à mouiller des mines à une dizaine de nautiques dans le NE de l'île de Batz. Le 29, peu avant 3 heures du matin, les navires étaient sur zone, quand deux échos menaçants sont signalés. Ce sont les deux torpilleurs allemands qui rentraient sur Brest. Nous jouons sur la règle Naval Thunder, avec des figurines au 1/3000.



Deux contre deux, mais les Canadiens disposent d'une artillerie supérieure

Le T-24 est le premier à ouvrir le feu, mais les cibles sont encore trop éloignées

La riposte n'attend pas : les deux canadiens marquent coup sur coup, et le torpilleur explose

Désormais à deux contre un, les destroyers canadiens vont tenter de piéger le T-27

Le torpilleur, acculé, ne renonce pas et se déchaine contre l'Athabaskan

Les tirs bien ajustés provoquent un incendie sur le destroyer canadien

L'Haida répond au feu ennemi, mais le T-27 tire une salve de torpilles sur le navire déjà blessé

C'est une mise à mort, l'Athabaskan n'est plus qu'un qu'un brasier infernal qui ne tarde pas à couler

Le triomphe du T-27 est de courte durée, et l'Haida parvient à le mettre finalement hors de combat

Ce jour-là, quelques jours avant le Débarquement, l'Athabaskan a effectivement péri au nord du phare de l’Ile Vierge à Plouguerneau. Le T-27, fortement endommagé, s'était échoué non loin sur les roches de Meneham à Kerlouan, alors que le T-24 était parvenu à se réfugier dans la rivière de Morlaix. Cette épisode, malheureusement peu connu, souligne l'engagement des forces canadiennes pour la libération de l'Europe.

vendredi 24 janvier 2020

L'émissaire de Nouvelle-France

La Guerre de Sept Ans fait rage en Europe et dans les colonies.

Au Canada, les espions anglais ont découvert qu'une estafette avait été envoyée par le Marquis de Vaudreuil au roi Louis XV. Le gouverneur général de Nouvelle-France réclamait des renforts afin de reprendre Québec, qui venait de tomber aux mains des Treize Colonies.


Après avoir traversé l'Atlantique, et essuyé une tempête exécrable, l'Utile et l'Amphion, qui transportent l'émissaire, s'approchent enfin de Belle-Isle. Nous sommes le 20 décembre 1759.


Alors que les deux navires se rapprochent de la côte française, des frégates anglaises font leur apparition au loin. Ces dernières patrouillaient au large des côtes du Morbihan après leur victoire à la bataille de Cardinaux.


Aux quatre frégates anglaises s'ajoute le HMS Norwich (vaisseau de 50 canons), qui poursuit les navires français depuis qu'ils ont quitté Louisbourg.



Côté français, le vaisseau L'Intrépide (vaisseau de 74 canons), rescapé de la bataille des cardinaux, est au mouillage devant le Palais, attendant la fin du coup de tabac.


De plus, la Comtesse de Gramont, corvette de 18 canons armée par le corsaire Pierre Dolhonde, se tient prête à embouquer le chenal de la Teignouse pour se porter au secours des arrivants.



L'idée du capitaine de L'Utile est de se porter au plus vite entre Belle-Île et la côte afin de pouvoir bénéficier de la protection des batteries côtières Taillefert, Ramonette et Gros Rocher. Son objectif est de débarquer son émissaire à Saint-Nazaire, afin qu'il puisse rejoindre Versailles au plus vite.


Ce que les vigies des navires français n'avaient pas remarqué, était la présence au sud ouest de l'île d'un sloop anglais, servant d'éclaireur aux frégates.



Le capitaine du HMS Weazle (16 canons), n'écoutant que son courage, et conscient de l'urgence à ralentir les Français, se porte seul, toutes voiles dehors malgré la force du vent, au devant des deux navires français arrivant du Canada.

L'histoire retiendra que ce choix risqué s'avéra payant.






Ne sachant pas sur lequel des deux navires se trouvait l'émissaire, il se porta naturellement devant celui qu'il estimait désarmé.

En effet, l'Utile, flûte de 20 canons, avait pris soin de masquer tous ses sabords afin d'être en mesure de tirer de prêt sa première bordée.

Larguant sa première bordée dans les voiles de l'Utile dès qu'il est assez près, le HMS Weazle fait des dégâts bien au-delà de ce qu'il avait espéré.


L'Utile, en pleines voiles, avec un vent résidu de la tempête de la veille se fait littéralement démâter, ne conservant pour poursuivre sa route qu'un mât endommagé et ses chaloupes !

Le HMS Weazle, ne s'attarde pas pour apprécier le spectacle, et file avec toute la dextérité que lui permet sa petite taille pour éviter le retour de flammes. L'Utile n'a plus de voiles mais a toujours ses canons.



Pendant ce temps, la flottille anglaise s'est rapprochée en maintenant sa formation en ligne de file. Derrière l'Utile, le HMS Norwich (50 canons), qui poursuivait l’émissaire depuis Louisbourg mais avait plus souffert de la tempête, arrive pour profiter de l’éclatante action du Weazle.

La Comtesse de Gramont a fini le franchissement du passage de la Teignouse pour sortir de la baie de Quiberon, et cherche à se rapprocher du Weazle afin d'honorer son contrat.

Enfin, L'Intrépide qui avait appareillé, s’apprête à entrer dans la danse en s'interposant entre la flotte anglaise et sa proie.





De son côté, le corsaire Amphion (50 canons) qui escortait l'Utile, se porte au devant de la ligne anglaise pour laisser le passage à l'émissaire.









S'en suivit une "joyeuse" empoignade, au cours de laquelle l'Amphion tâche tant bien que mal de ralentir la flottille anglaise. Mais à un contre quatre, il n'avait que peu de chances de réussir à les ralentir.

L'Intrépide engagea la conversation avec trois frégates anglaises, laissant passer la première qui fondit sur ce qui restait de l'Utile.



Ce dernier cherchant toujours désespérément à rejoindre la côte au moyen de ses chaloupes qui ne lui donnaient évidemment pas assez de vitesse.

Ayant garder suffisamment d'hommes, il ne se privait pas d'arroser au passage la première frégate anglaise avec ses canons intacts.







L'acharnement de l'équipage de l'Utile ne fut pas récompensé et ne résista plus très longtemps aux assauts répétés des Anglais qui l'obligèrent à rentrer ses couleurs.

On notera au passage qu'à deux contre un, la Comtesse de Gramont subit le même sort et a dû rendre les armes.






Anecdote amusante, tout accaparé par l’hallali sur l'Utile et la Comtesse de Gramont, le HMS Norwich ne réduisit pas sa voilure suffisamment tôt au moment de virer pour éviter la côte et n'eut plus assez d'espace et dû mouiller en urgence pour éviter une embrassade trop violente avec la côte.

Au bilan, l'émissaire n'arriva jamais à Versailles, et la Nouvelle France n'eut pas ses renforts.

Quelques mois plus tard, les treize colonies achevaient la conquête de la quasi totalité de ses territoires.

 

Ce scénario est fictif, bien que ses acteurs auraient tous pu s'y trouver. Il nous a permis de tester les derniers ajustements de la règle Pavillon du Roy, pratiquée par le club pour les batailles de cette époque.

samedi 5 octobre 2019

Tunnel sur la Manche

Les forces d'occupation n'étaient pas dupes : tôt ou tard, les Alliés tenteraient de débarquer sur le continent. C'est ainsi que trois torpilleurs de la 4. Torpedobootsflottille basée à Brest reçoivent l'ordre de poser des mines à proximité des Sept Iles, non loin de Lannion, sur la côte nord de la Bretagne. Sait-on jamais...
 



Nous sommes le 26 mai 1944, non loin de l'île de Batz. Il est quatre heures du matin.

Les T-24, T-27 et T-29, tous de classe Elbing, rentrent sur Brest, mission accomplie.





 
C'est alors que cinq navires ennemis leur barrent la route...

Le croiseur léger HMS Black Prince est à leur tête. Il est accompagné par quatre destroyers de la classe Tribal : le Britannique HMS Ashanti, et les Canadiens NCSM Haida, NCSM Huron et NCSM Athabaskan.

Ils participent à une opération "Tunnel", visant à blanchir les eaux de la Manche de toute présence de navires de l'Axe.

Tel qu'il se présente, le combat est déséquilibré. C'est la raison pour laquelle historiquement les torpilleurs allemands avaient préféré faire demi-tour, et tenté de se réfugier à Saint-Malo en longeant la côte. Le T-29 avait toutefois été coulé.

Sur notre table, les joueurs peuvent prendre plus de risques, naturellement. Le scénario se joue sur la règle Naval Thunder.

Le joueur allemand prend la direction des opérations, méprisant superbement le danger

Son choix est fait : il fonce !

Les "Torpedoboot" mettent le cap au nord, espérant coincer les alliés entre eux et la côte
Les Alliés ne se laissent pas berner, et vont au plus court
Les quatre "Tribal" barrent la route aux Allemands, alors que le HMS Prince of Wales les contourne
Première salve du croiseur léger : le T-29 est mortellement touché
Les Allemands ripostent, un incendie se déclare sur le Black Prince, mais est rapidement maîtrisé
Les actions s'accélèrent, et les solutions de tirs se précisent
C'est au tour du T-27 de disparaître sous l'action combinée des NCSM Haida et Athabaskan
 Le T-24, seul survivant de son camp, lâche une salve de torpilles sur le NCSM Haida qui explose...
...qui est aussitôt vengé par une salve bien ajustée du NCMS Huron

La conclusion de cette partie est sans appel : les trois torpilleurs allemands ne reverront pas le port de Brest, alors que le Canada aura perdu l'un de ses destroyers.

dimanche 8 septembre 2019

Golfe du Saint Laurent, 8 juin 1755


La France et l'Angleterre se disputent le contrôle de la vallée de l'Ohio, alors que les deux royaumes sont en paix, officiellement du moins. Après une série d'incidents, les deux pays décident de renforcer leurs forces en Amérique du nord. C'est ainsi qu'une escadre commandée par le comte Emmanuel-Auguste Cahideuc Dubois de La Motte quitte Brest à destination de Québec le 3 mai 1755.

Ce 08 juin 1755, l'Alcide, le Lys, et le Dauphin Royal sont séparés du reste du convoi par le brouillard. Ces deux derniers sont armés en flûtes, et ont du débarquer une partie importante de leur artillerie pour transporter les troupes d'infanterie.

À une vingtaine de lieues au sud-est du Cap Race (Terre-Neuve, dans le Golfe du St Laurent), les Français égarés croisent trois navires de ligne anglais : le HMS Dunkirk, le HMS Defiance et l'imposant HMS Torbay.




Cette histoire aurait pu être sans intérêt, si nous n'avions pu compter sur la duplicité coutumière de la Perfide Albion, qui nous a offert un scénario original parfaitement approprié pour les démonstrations en public ou l'initiation au combat naval sur table.


Les navires se rapprochent : n'est-on pas en paix ?
Toutefois, les Français restent méfiants : ces voiles anglaises n'augurent rien de bon
Les deux divisions se regroupent, perplexes
Le HMS Torbay, 80 canons, ouvre le feu sur les Français...
L'Alcide réplique
Le HMS Defiance se lance dans la danse
 ...et parvient a prendre en enfilade le Dauphin Royal, sans toutefois faire but
Mal lui en pris : le vaniteux HMS Defiance périt d'une salve bien ajustée de l'Alcide
Les Anglais sont déconcertés, et les transports français profitent pour fuir...
...alors que l'Alcide tente de fixer les deux vaisseaux anglais
Le Lys revient pour tenter de dégager l'Alcide en mauvaise posture...
...puis se remet à la remorque du Dauphin Royal : la sauvegarde des troupes embarquées est la priorité
Les combats autour de l'Alcide sont de plus en plus violents
 L'Alcide, désemparé, descend ses couleurs et capitule
Son sacrifice a offert le champ nécessaire aux deux autres vaisseaux pour s'échapper



Sur notre table, le sort des armes a été moins défavorable aux Français. Ce 8 juin 1755, les Anglais avaient en effet capturé l'Alcide et le Lys, affaiblissant les positions françaises en Amérique du nord.

Ce n'est que le 18 juillet que la nouvelle de ce combat funeste parvint en France, suscitant effroi et consternation face à des méthodes anglaises semblables à celles des Barbaresques. La Guerre de Sept Ans était déjà engagée outremer.