Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest
Affichage des articles dont le libellé est guerre de 100 ans. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est guerre de 100 ans. Afficher tous les articles

vendredi 18 novembre 2022

Le Combat des Trente

En cet hiver 1351, une trêve est en vigueur entre les deux camps belligérants pour la succession du duché de Bretagne. Néanmoins les tensions restent vives. C'est ainsi qu'au début du mois de mars, le seigneur de Josselin, Jean de Beaumanoir, partisan de Charles de Blois, fait le déplacement jusqu'à la commune voisine de Ploërmel pour se plaindre des exactions commises par les hommes du chef de la garnison monfortiste de la commune, Robert Bembro.

Très vite le ton monte entre les deux hommes tant et si bien que rendez-vous est pris pour une confrontation des deux hommes, soutenus chacun par une trentaine de leurs soutiens. Pour le lieu du combat : à mi-voie entre les deux communes, près du chêne.

Pour rejouer cet épisode de la guerre de succession de Bretagne, nous avons du adapter, pour une partie sur table et avec figurines, le jeu de plateau "Le Combat Des Trente" édité par Coop Breizh.

Quand Jean de Beaumanoir arrive avec ses hommes ...

... la foule est déjà rassemblée en nombre autour du champ pour assister au combat.

Si Beaumanoir a rassemblé chevaliers et écuyers de son camp, Bembro a lui fait appel aux meilleurs hommes de sa garnison pour compléter ses rangs.

Les deux camps se font désormais face et le combat va pouvoir débuter.

La mêlée est rapidement très confuse ...

... et rapidement les duels s'enchaînent entre les protagonistes.

Au cœur de la bataille, les Monfortistes ont pris le contrôle de la zone autour du chêne malgré la tentative d'Yves Charuel (3), de Geoffroy du Bois (4) ou de Simon Richard (27) de les en déloger.

Un soldat monfortiste, Jean Roussel, sans doute galvanisé par la prime promise par son capitaine à moins que ce ne soit par le désir de briller devant la belle qu'il a remarqué dans la foule, se distingue en enchainant les victoires face aux chevaliers du camp blesiste.
Après avoir repoussé Yves Charruel, le voilà mettre hors de combat Jehan de Tinténiac.

Quant à Charruel, après une pause pour reprendre quelques forces, ...

... il retournera bien vite dans la mêlée à ses dépends.
Pris à partie par Hulbité Le Villart et Jean Troussel, il périra sous leurs assauts combinés.

De l'autre côté du champ de bataille, la situation du camp monfortiste est moins réjouissante.
Bons nombres de chevaliers ont péris ou sont hors de combat, et les hommes menés
par Olivier Arrel (1) débordent bientôt ceux de Hugues de Caveley ou de Hervé de Luxuelen (2).

Pendant que Guillaume de Montauban remonte à cheval pour charger au cœur de la mêlée ...

... Jean de Beaumanoir, soutenu par Simon Richard, affronte Bembro et Raoul d'Apremont pour le contrôle du Chêne.

Blessé et repoussé, Robert Bembro décide dès lors de se retirer et met fin au combat.

Les combats ont été âpres et avec 4 morts de part et d'autres, et autant de blessés graves, les pertes sont lourdes pour chacun des parties. La victoire acquise par Beaumanoir lors de cet ultime combat avec Bembro aura fait penché la balance en sa faveur et consacré la victoire du camp de Charles de Blois.

dimanche 10 février 2019

Raid sur Wight

Quand Charles V nomme Jean de Vienne, Bourguignon d'origine, amiral de France, son objectif était de doter le royaume d'une marine puissante afin de prendre l'initiative face à l'Anglais. Au printemps 1377, la flotte royale comptait cent vingt navires, dont trente cinq nefs appartenant en propre au roi de France et huit galères castillanes commandées par Don Fernao Sanchez de Tovar. Quatre mille soldats vinrent compléter les effectifs embarqués. Jean put ainsi se lancer dans une campagne de harcèlement au cœur du pays ennemi.

Le 29 juin 1477, le port de Rye dans le Sussex est saccagé et incendié. La flotte s'est ensuite dirigée vers Portsmouth, Dartmouth et Plymouth qui connaissent à leur tour les déboires de la guerre. Début août, Jean rentre à Harfleur, ses hommes ayant achevé leur service rémunéré.

 

Après une courte relâche, la flotte reprend la mer à la mi-août pour soutenir l'attaque du duc de Bourgogne sur Calais, toujours aux mains des Anglais. Mais la tempête détourne les navires de leur route, et la flotte de Jean atteignit l'île de Wight le 21 août. Autant en profiter ! Mais les habitants de l'île et la garnison du château de Carisbrooke ne l'entendaient pas de cette oreille...


Le parti français débarque, rêvant de pillage
Non loin, des villageois poursuivent leurs pacifiques activités...
...alors qu'une colonne de ravitaillement rejoint le château sous bonne escorte





Notre scénario est joué sur la règle Pig Wars de Tod Kershner. Cette petite règle d'escarmouche est parfaite pour retrouver l'esprit de ce type de raids ponctuels avec peu d'effectifs, et dont l'objectif essentiel est de faire du butin.


Les Français se lancent à l'assaut, alertant les insulaires
La garnison anglaise sort du fortin à la rescousse...
...et les archers s’apprêtent à cueillir les envahisseurs
Le premier choc est violent, et le chef de la milice locale rend aussitôt son épée aux Français
Abandonné mais prudent, le convoi quitte la route et longe désormais le bois
Les Français sont juste derrière...
 ...et tombent dessus, taillant la croupe de l'escorte démunie
 Sur l'arrière, un arbalétrier isolé s'offre même un troupeau et la boisson qui va avec
Alors que les soldats sont occupés, les muletiers hâtent le pas vers le château
Les Français sont rapides, et les murailles sont encore trop loin
Malgré leur efficacité, les archers anglais sont désormais contactés, les lignes sont enfoncées 
L'ordre de repli est donné
...et seule une malheureuse mule échappe au pillage systématique auquel s'adonnent les envahisseurs

Jean de Vienne soumet l'ile à rançon, et obtient  1.000 marks pour assurer la protection des derniers habitants de l'île. La flotte, ainsi libérée, fera voile vers Southampton pour de nouvelles aventures.

samedi 29 avril 2017

Le Dogue noir de Brocéliande


Quand les faits se sont-ils déroulés ? L'Histoire n'a rien retenu de cet l'épisode de "petite guerre" en Bretagne, alors en pleine guerre de succession.

Bertrand du Guesclin a bientôt quarante ans, et sa bravoure au combat l'a fait chevalier. Son caractère batailleur et sa soif d'aventure l'ont conduit en forêt de Brocéliande, où ses talents particuliers lui offrent de nombreuses occasions de se battre au bénéfice de Charles de Blois, et pour sa propre renommée.
La présence de Bertrand et de ses soudards a été confirmé près d'un hameau, bien connu des troupes anglaises stationnant à proximité. Une patrouille est dépêchée, avec mission de capturer Bertrand et de nettoyer la forêt.

 
Les Anglais passent l'auberge, où tout semble calme...
...et progresse dans la forêt inhospitalière
Un détachement part sur les hauteurs qui surplombent le chemin, et débusque des bandits, qui tirent
Entretemps, les Anglais avancent, leur capitaine en tête...
 ...sans s'apercevoir que les paysans ont coupé la route au niveau de l'auberge...
 ...et que des arbalétriers sortent du couvert des arbres ; le capitaine est déjà à terre, blessé
Sur l'avant, le pont est bloqué, alors que Bertrand et ses hommes de mains surgissent de derrière
S'en suit une mêlée confuse
La piétaille anglaise se fait massacrer
Quant au capitaine anglais, sa rançon pourra remplir les poches de la bande de Bertrand

On l'appelle désormais le "dogue noir de Brocéliande", et ce nom suffit à emplir de terreur la soldatesque anglo-montfortiste qui viendrait à passer par ces chemins. Mais Bertrand a un autre destin que celui de bandit de grand chemin ; l'histoire est déjà en marche.

lundi 30 janvier 2017

Crécy, 26 août 1346

Voilà dix années qu’Édouard III d'Angleterre revendiquait la couronne de France, mais Philippe VI de Valois tenait bon. Les Anglais, grâce à leur marine, portaient la guerre sur le continent et pouvaient frapper où et quand ils le souhaitaient. C'est ainsi que débutèrent ces violentes "chevauchées", ponctuées par quelques grandes et terribles batailles.

Voici donc le contexte d'un scénario sur la bataille de Crécy, jouée sur notre adaptation de la règle Lion Rampant de chez Osprey.



L'armée anglaise avait débarqué le 12 juillet 1346 à St Vaast-la-Hougue, et pu dévaster la Normandie sans rencontrer de véritable résistance. Après avoir accumulé un important butin, Édouard décida de remonter vers la Flandre, sachant que l'armée du Valois tenterait de l'intercepter.

Le 25 août, le Plantagenêt s'arrêtait à Crécy, où il décida d'attendre l'ennemi. Il prépara le terrain, et fit parquer ses chevaux bien à l'arrière : les archers seront déployés sur l'avant "en forme de herse", et tous ses gens se battront à pieds. Entretemps, ils auront le temps de bien se reposer.


 

Des cavaliers français, partis en reconnaissance repérèrent l'armée anglaise, et constatèrent que la position qu'elle défendait était excellente.

Mais la noblesse française, pressée d'en découdre, oublia toutes les précautions d'usages et fonça sur Crécy. C'est ainsi que l'armée du roi de France se présenta exténuée devant celle d’Édouard III. Comble de malchance, une pluie violente s'abattit sur le champ de bataille, et distendit les cordes des arbalètes des Génois placés en première ligne devant la fine-fleur de la chevalerie.



L'armée anglaise est déployée sur la colline de Crécy
Les Français arrivent sur la plaine en colonne
Les archers, anglais, tirent les premiers
Les arbalétriers génois reculent pendant que chevaliers et troupes à pied tentent de progresser le long des chemins moins boueux
Les premiers chevaliers ayant été défaits, Philippe engage ses derniers chevaliers...
...qui décident d'une charge massive au centre
Fortement diminuées par les tirs anglais, les premières troupes françaises atteignent le village de Crécy
L'aile droite française tente de déborder Édouard
Les Français arrivent enfin au corps à corps...
 ...mais sont mis à mal et repoussés par des Anglais qui ne subissent que des pertes minimes
Au centre, les chevaliers français se lancent dans une ultime charge...
 ...mais subissent le tir croisé des archers...
...et sont massacrés avant même d'entrer en contact avec l'Anglois


Le résultat sur notre table est proche de l'Historique.

L'armée de Philippe VI a brillé par son incompétence et a payé cher son manque de cohésion et de cohérence face à une armée anglaise disciplinée et bien entrainée.

Quant à l'Anglais, tant qu'il maîtrise la mer... Nul ne sait encore que cette guerre durera 100 ans.