Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest
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dimanche 12 août 2018

L'Amourrou à mater


Au cours de l'an 8 de son règne, Ramsès II lance une nouvelle expédition militaire afin de reprendre les villes qui avaient redonné leur allégeance aux Hittites après la bataille de Qadesh. La campagne est un succès. L'armée de Pharaon stationne dans la vallée de l'Oronte, et reçoit la soumission des cités de Tunip et de Dapour. L'Amourrou n'est plus soumis à l'emprise hittite.

La région est loin d'être pacifiée, et les troubles reprennent aussitôt dans ce secteur disputé par les deux grands empires. Deux ans après leur précédente campagne, les Égyptiens doivent de nouveau intervenir et reprendre les cités félonnes.


Pharaon, à la tête de son armée, reprend la route du nord par la route littorale. Après avoir franchi la "rivière du Chien" (Nahr el-Kalb, dans le Liban moderne), il est surpris par une armée ennemie qui lui fait face. Si Ramsès doit vaincre à tout prix, il ignore que l'objectif de son adversaire n'est que de le ralentir et de l'épuiser, le temps que les cités révoltées se préparent pour l'accueillir comme il le mérite...


Les Égyptiens sont déployés en trois colonnes, comprenant chacune des chars, des archers et des lanciers. Les rebelles disposent d'effectifs similaires mais articulés seulement en deux corps. Pour vaincre, il leur faut détruire un minimum d'adversaires avant de se replier vers le village.

Les rebelles sont confiants et prêts à en découdre
Sans aucune hésitation, ils se ruent sur l'envahisseur
 Les chars égyptiens se détachent des colonne et foncent vers l'aile gauche adverse
 L'infanterie tente de faire barrage...
...et s'interpose entre les cavaliers des deux camps
Les chars rebelles s'approchent, tirent et décrochent...
 ...attirant dans leurs sillages les chars égyptiens qu'ils espèrent isoler
Le centre est livré à la seule infanterie
 Les archers égyptiens prennent l'avantage
...et les chars continuent de manœuvrer sur les ailes
Les conducteurs rebelles sont désorientés et scindent leurs forces
 Les Égyptiens en profitent et fondent, tels des vautours, sur les piétons adverses
Les tirailleurs sont bousculés, rattrapés, détruits...
 ...puis vient le tour de l'infanterie moyenne, fixée par les archers
 Au centre, les troupes de Pharaon repoussent les dernières poches de résistance...
 ...alors que se déroule un ultime face à face entre chars de guerre

Ramsès II est encore victorieux. Les cités indociles de Tunip et de Dapour ne disposent plus désormais que de leurs maigres garnisons et de leurs pauvres murs pour les protéger de Pharaon. Cela ne devrait pas poser de problème à Ramsès. Il fera dresser une nouvelle stèle sur les bords du Nahr el-Kalb pour rappeler aux peuples soumis leurs obligations envers l’Égypte.
 

samedi 21 juillet 2018

Un sursis pour Suppiluliuma



A la famine, les dieux avaient rajouté la fureur des hommes. Des pirates écumaient le littoral hittite, pillant les villes et tuant les populations. Le roi Suppiluliuma, deuxième du nom, ne disposait plus des moyens suffisants pour repousser ces "peuples de la mer". Les bases de l'empire hittite vacillaient. La fin semblait imminente...

Notre histoire se déroule en -1200, quelque part dans le sud de l'Anatolie. Le nom du lieu a été depuis oublié des hommes.





Après avoir établi leur camp de base sur une plage, les envahisseurs ont dépêché un détachement vers le village le plus proche, déserté de ses habitants. C'est à ce moment qu'arrivent des soldats hittites, chargés de rétablir l'autorité du roi.


Nous jouons sur la règle l'Art de la guerre, chaque joueur dispose de 24 plaquettes, les armées démoralisent dès que 6 plaquettes sont éliminées.
L'alerte est donnée dans le camp de base ; les chariots partent à la rencontre des inopportuns 

Le gros de l'armée hittite ne se laisse pas distraire et fonce sur le village...
...et engage très rapidement l'ennemi...  
...méprisant le camp, dont les occupants sont bien trop éloignés
Les chars hittites passent sur le flanc des envahisseurs devant le village...
...alors que les guerriers se rencontrent dans un furieux corps à corps 
Les Hittites prennent le dessus...
 ...mais l'ennemi résiste tant bien que mal 
Chacun avance ses pions, cherchant la faille 
Les envahisseurs sont repoussés, la victoire est hittite

Pourtant, l'empire hittite est déjà condamné et ne survivra pas à la crise formidable qu'il traverse. Il ne le sait pas encore, mais Suppiluliuma II sera le dernier souverain hittite.

dimanche 3 juin 2018

Débarquement en Mysie

De vieilles rancœurs rythmaient les relations conflictuelles entre cités anatoliennes et ioniennes. Plus tard, les Grecs expliqueront que c'est l'enlèvement de l'épouse du roi de Sparte Ménélas, par le prince troyen Pâris qui déclencha les hostilités. Dès lors, tous les rois de Grèce, liés par le serment de Tyndare, s'unirent pour la libérer, le temps de se préparer et de se mettre en route...


Leur flotte débarqua deux ans après l'enlèvement d'Hélène au nord d'Illion. Prévenu de la présence d'opportuns sur ses terres, le roi de Mysie Télèphe décida de les rejeter à la mer.

Nous allons donc confronter la légende à la réalité de notre table de jeu.

Nous utilisons le format DBA pour cette rencontre. Chaque joueur dispose de douze plaquettes, déployées sur un plateau de 60 cm sur 60. Au premier plan, les "Grecs" protègent leur campement de l'armée mysienne qui doit s'en emparer pour remporter la victoire, à moins que l'un des deux camps ne parviennent à défaire le général adverse ou à prendre quatre plaquettes, ce qui entrainera la déroute de l'armée ennemie.

Le roi des "Grecs" dans son char

Ce petit scénario se prête très bien à l'initiation du jeu d'Histoire avec figurines. Nous utilisons le système "Mini-bataille terrestre" décrit sur ce blog.

Laissant sur place leur propre infanterie, les chariots asiatiques chargent les envahisseurs
Le choc est immédiat et violent...
...mais les forces sont équilibrées, les Myséens sont repoussés
Les piquiers grecs en profitent pour renforcer une aile
Un premier char asiatique est détruit, mais rien n'est encore joué
Bien que pris sur leurs flancs et isolés, les chars myséens poursuivent héroïquement le combat...
...repoussent leurs ennemis, et finissent par faire périr le général "grec" totalement débordé

L'invasion est repoussée. Les "Grecs" mettront huit années avant de tenter à nouveau de débarquer en Asie et punir l'orgueilleuse cité de Troie. Mais cela, c'est une autre histoire...

samedi 14 avril 2018

Le destin de Zannanza

Vers -1325, le jeune pharaon Toutânkhamon meurt sans héritier. Ânkhésenamon, sa fidèle et vertueuse épouse, risque d'être dépossédée de son titre royal si elle ne trouve pas un époux digne d'elle. Ne trouvant nul prétendant dans son entourage immédiat, elle propose au roi des Hittites de désigner l'un de ses fils afin de convoler en justes noces, et consolider ainsi le trône des Deux Terres.




Voilà comment le prince Zannanza quitta le Hatti pour faire route vers son destin.

Se doutait-il que cette royale idée ne pouvait pas faire l'unanimité parmi les grands d’Égypte, qui voyaient d'un très mauvais œil l’immixtion des Hittites hais dans les affaires égyptiennes ? La route jusqu'à Thèbes est longue, et parsemées d'embuches...

Afin d'éviter de provoquer l'hostilité de certaines populations, qui pourraient s'avérer hostiles au passage de la délégation hittite, Zannanza évite la route côtière pour préférer les routes plus discrètes de l'intérieur du pays de Canaan. Mais les proches de la reine ont recruté des brigands qui n'ont qu'un seul but : faire disparaître le prince.

Sur son chariot tiré par quatre chevaux, le prince est confiant, son escorte lui ouvrant la route
Pourtant, le relief tourmenté promet des surprises


Nous jouons sur la règle Dux Bellorum, particulièrement bien adaptée à ce type de scénario d'embuscade. En fait, nul besoin de l'adapter à cette époque. Les caractéristiques des troupes définies par l'auteur sont directement transposables, et le "moteur" de la règle colle parfaitement à ces combats opposant deux bandes aux faibles effectifs.

Ici, nos joueurs hittite et "brigands" disposent de douze et quatorze plaquettes respectivement.
Les assaillants sortent de leurs cachettes, la ligne hittite préparent leur défense
Des muletiers tentent de bloquer les chariots de Zannanza
Un char hittite vient en appui de la Garde royale, rattrapée par des chariots ennemis
Alors que le prince combat ses agresseurs, les brigands essaient de le prendre de flanc
Zannanza triomphe des mulets, mais prête son flan aux javelots des brigands
Il n'a d'autre choix que de les charger, et de les détruire...
...alors que, pendant ce temps, les gardes hittites fixent les chariots adverses...
...et parviennent, au prix de lourdes pertes, à détruire la menace
Mais c'est trop tard ; Zannanza, désormais isolé, tombe sous les traits des brigands

En effet, craignant que ses séides ne puissent remplir leur mission, l'officier égyptien qui était jusqu'à présent resté caché se rue dans la mêlée. Ses troupes, galvanisées, se relancent à leur morbide tâche et criblent le prince hittite de javelots et de flèches. Zannanza ne peut rien faire. Il ne verra jamais Thèbes.

C'est ainsi qu'en Égypte, le vizir Aÿ, Horus taureau victorieux, Seigneur de justice, qui pacifie les Deux Terres, qui soumet les Asiatiques, peut épouser la veuve de Toutânkhamon et devenir pharaon.