Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest
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samedi 23 janvier 2021

Sur la route de Delphes

Les Celtes étaient rentrés en Grèce. Le roi de Macédoine, Ptolémée Keraunos, sous-estima la menace, et sa tête finit au bout de la lance de l'un des guerriers de Bolgios. Le malchanceux roi fut remplacé par Antipater II à la tête de la Macédoine, qui fut déposé au bout de sept semaine par le stratège Sosthène.

L'usurpateur se mit à la tête de son armée, et marcha contre une nouvelle bande guerrière menée par Brennos. Nous sommes en -279, quelque part en Grèce.

Confinement oblige, nous jouons ce scénario par correspondance, en utilisant la version 2 de la règle De Bellis Antiquitatis (DBA). Les joueurs disposent des armées suivantes :

Brennos (liste II-30a) :
Général LCh,  (2x) LCH,  (1x) 3CV,  (8x) 4WB
règle spéciale : les 4WB ont un second mouvement gratuit pour charger un ennemi à portée.

Sosthène (d'après la liste II-18d) :
Général 3KN,  (1x) 3KN,  (1x) 3CV,  (4x) 4PK,  (2x) 4AX,  (2x) 3AX,  (1x) 2PS
règle spéciale : les 3AX sont détruits par les 4WB en cas de défaite.

 


Comme pour le scénario précédent, des zones interdites de 12 sur 12 cm sont présentes dans les quatre coins. Cette disposition a pour but de canaliser le jeu, et d'accélérer le contact.

Les deux armées avancent l'une sur l'autre en échelons

Sosthène porte le combat sur l'aile gauche ennemie

Brennos et l'une de ses unités de guerriers rallient le chariot menacé

Les Macédoniens parviennent à isoler des guerriers, et les détruisent sans difficulté

Pour éviter l'encerclement, Brennos charge les cavaliers, parmi lesquels figure Sosthène

Alors que le premier char est fixé par son adversaire, Brennos parvient à repousser les cavaliers lourds qui lui font face, libérant ainsi le flanc droit de Sosthène qui lutte contre un groupe de guerriers celtes. Le Macédonien succombe sous les coups, abandonné par ses dieux.

Les Macédoniens tentent de se ressaisir, sans succès, alors que l'une de ses unités d'infanterie moyenne se fait détruire
 

Le score est d'une plaquette à deux, dont le général macédonien. La route du très riche et très sacré sanctuaire de Delphes est désormais ouverte à Brennos et aux siens.

lundi 5 octobre 2020

Andros, -245

Antiochos II Theos avait eu deux épouses. La première, Laodicé, était la petite-fille de Seleucos Ier. Il la congédia pour Bérénice II Phernophorus, fille du pharaon Ptolémée II Philadelphe.

A la mort d'Antiochos, Bérénice demanda à son frère, Ptolémée III Évergète, de l'aider à récupérer la régence. Mais Laodicé ne l'entendait pas de cette oreille et fit assassiner sa rivale et son fils, et proclama son propre fils Seleucos II roi.

En -246, Ptolémée III déclare la guerre à Seleucos pour venger la mort de sa sœur bien aimée.

 

Entretemps, le roi de Macédoine Antigone II Gonatas consolidait sa mainmise sur la Grèce et les îles Égéennes, et le conflit entre ses deux puissants voisins constituait donc une magnifique opportunité à saisir. Il rentra donc dans le jeu, pour disputer le contrôle des Cyclades aux Lagides.

 

Nous sommes en -245, la flotte macédonienne rencontre une flotte égyptienne non loin de l'île d'Andros, dans les Cyclades. Elles étaient respectivement commandées par Antigone II et Ptolémée Andromachos, demi-frère illégitime de Ptolémée III. 

 

 

Aujourd'hui, nous ignorons tout des effectifs engagés, hormis que les Lagides, ici à droite sur la photo, étaient bien plus nombreux. Ce scénario est joué sur la règle Poseidon's Warriors.

Les deux flottes s'avancent l'une face à l'autre, s'en remettant entre les mains du Destin

Si certains navires disposent d'artillerie, pas vraiment efficace dans les faits...
 
...le plus efficace reste tout de même l'éperon, et les galères manœuvrent pour se mettre en situation favorable

Ainsi, les petits, naïvement, peuvent tenter d'attaquer les gros qui restent impassibles

Des navires se mettent flancs à flancs, cherchant à saisir et aborder l'ennemi 

La mer se couvre des restes des premières victimes
 
 Devant Andros, les Macédoniens prennent le dessus sur les galères légères lagides
 
Sur l'autre aile, plus au large, le même scénario se répète
 
Au centre, sur son navire, Ptolémée observe l'inefficacité de son dispositif face à la puissance adverse
 
Sa flotte est massacrée, et le combat devient vain
 
Ptolémée décide alors de sauver sa vie et ce qui lui reste de flotte, et rompt le combat
 
Notre scénario a aboutit au même résultat que celui que nous donne l'Histoire. Après cette bataille navale, les Macédoniens sont désormais les maîtres des Cyclades.

lundi 27 janvier 2020

Sybota


Sortant à peine d'une guerre civile, Corcyre (aujourd'hui Corfou) n'avait pas répondu à l'appel à l'aide de sa colonie illyrienne d'Épidamne en proie à des brigands. Les Épidamniens se retournèrent alors sur Corinthe, elle-même à l'origine de Corcyre avec qui elle était en mauvais termes. La boîte de Pandore venait d'être ouverte.

En effet, les Corinthiens virent là l'opportunité de s'affirmer en tant que cité protectrice d'Épidamne, et dépêchèrent aussitôt des troupes. Corcyre réagit violemment, n'acceptant pas l'action de Corinthe dans ses affaires internes.  


Une première bataille navale se joua au cap de Leukimmè, au sud de l'île de Corfou en -435. Les Corcyréens furent vainqueurs, et forcèrent les Corinthiens, humiliés, à se replier... et à revenir se venger.

Devant cette menace évidente, Corcyre renforça ses liens avec le grand ennemi de Corinthe : la cité d'Athènes, avec qui elle conclut une épimachie (traité d'assistance mutuelle en cas d'agression).

Il n'aura fallut attendre que deux ans pour que Corinthe passe à l'action. Les flottes ennemies se rencontrèrent au large des îles Sybota.

Cette fois, les Corcyréens n'étaient pas seuls. Face aux navires corinthiens commandés par Xenoclides, les Corcyréens pouvaient compter sur la présence d'une petite force athénienne. Par contre, les Athéniens, qui ne comptaient qu'une dizaine de navires, avaient reçu l'ordre de rester en retrait et de n'attaquer qu'en cas de tentative de débarquement.
Les Corcyréens avec les Athéniens à leur droite, et, en face, les Corinthiens, se mettent entre les mains du Destin

Sur le papier, les trois stratèges corinthiens Miciades, Aisimides et Eurybatus disposent de la supériorité numérique avec cent cinquante galères. Les Corcyréens en alignent cent dix, auxquelles s'ajoute la dizaine de vaisseaux athéniens commandés par Lacedaimonius. Jamais une bataille entre cités grecques n'avait engagé autant de navires de guerre !

Les deux flottes se rapprochent l'une de l'autre, menaçantes
Les Athéniens, attentistes, forment un "kuklos"
 Visiblement, c'est à proximité des côtes que devrait commencer les combats
Corinthe a l'avantage numérique, et laisse venir...
...mais c'est Corcyre qui prend l'initiative, à coups d'éperons ravageurs
 Les trières corcyréennes prennent aussitôt l'avantage, et isolent l'aile droite corinthienne...
 ...avant de se jeter dessus avec une hargne extraordinaire
 Le centre est également enfoncé, réduisant nombre de vaisseaux à du petit bois
 A ce moment, Corcyre prend véritablement le dessus
 Était-ce le signal attendu par les Athéniens ? Le fait est qu'ils décidèrent à ce moment de s'engager
Chez les Corinthiens démoralisés, c'est le sauve-qui-peut général
Alors que Corcyre incendie le camp corinthien, Xenoclides abandonne la partie

Thucydide rapporte que ce fut un combat "à l'ancienne", qui ignora l'éperon au profit des archers et des abordages. Nous savons désormais qu'il en fut autrement. Quoi qu'il en soit, les dissensions entre cités n'étaient pas prêtes de s'arrêter. La bataille de Sybota fut l'une de celles qui vont précipiter la Grèce dans la Guerre du Péloponnèse.

samedi 23 novembre 2019

Bataille des îles Arginuses

La guerre du Péloponnèse touchait à sa fin. Sparte et ses alliés triomphaient sur terre et sur mer. Le commandant général de la flotte athénienne Conon était assiégé à Mytilène, le port principal de l'île de Lesbos, par le navarque spartiate Callicratidas.

Tant bien que mal, Athènes parvint à rassembler une nouvelle flotte pour se porter au secours de Conon. Devant le manque de citoyens disponibles, on appela des métèques mais aussi des esclaves à qui l'on promit la citoyenneté. Cette force hétéroclite fut placée sous le commandement de huit stratèges : Aristocrate, Aristogène, Diomédon, Erasinidès, Lysias, Périclès le Jeune, Protomaque et Trasulle. Les navires prirent la mer, et, après une escale à Samos, firent escale aux îles Arginuses, situées juste en face de Mytilène.


Quand Callicratidas l'apprit, il abandonna le siège et se mit face à la flotte ennemie. Le Spartiate ne disposait que de 120 navires contre les 150 galères athéniennes. Par contre, ses équipages étaient d'un niveau bien supérieur.


La flotte athénienne se déploie en deux lignes. Les Spartiates leur font face, et n'ont laissé que quelques navires pour surveiller le port de Mytilène.

Nous jouons ce scénario sur la règle Poseidon's Warriors, avec un ratio de 1 figurine pour 5 navires réels. Ce sont tous des navires légers (trirèmes au maximum), et extrêmement fragiles. Le combat se fera à l'éperon. Alors que les équipages spartiates sont tous "élite" et disposent d'une meilleure capacité de déplacement, Athènes a pour elle le nombre.

Les Athéniens prennent l'initiative et se lancent à l'attaque
Les galères légères athéniennes, plus rapides, cherchent en envelopper l'adversaire
Alors que les Athéniens impatients se déploient en plusieurs divisions, les Spartiates gardent la ligne
Les deux flottes se toisent, mais se rapprochent inexorablement
 Les trirèmes légères athéniennes, arrogantes et inconscientes, provoquent les Spartiates
Erreur : elles ont présenté leurs flancs aux impitoyables rostres adverses
Sur l'autre aile, c'est Athènes qui triomphe, du moins pour l'instant, car...
...les galère athéniennes sont piégées par les épaves ennemies, et subissent les assauts spartiates
Certains commandants n'hésitent pas à se sacrifier dans un tête à tête sans issue
D'autres tentent de coincer un adversaire, pour lui briser les avirons, ou l'aborder
Mais l'éperon semble être la seule arme raisonnable, et la mer se couvre d'épaves
Les Athéniens sont désorganisés, et ne parviennent pas à briser la défense ennemie
Les Spartiates fondent sur toutes les galères isolées et les coulent
 Le moral athénien finit par rompre, et les survivants s'enfuient du lieu du désastre

La victoire sur notre table est différente de l'historique. Les Spartiates ont triomphé, en n'ont perdu que 5 vaisseaux contre 17 navires athéniens envoyés par le fond. Quoi qu'il en soit, il était écrit que les amiraux athéniens devaient périr.