Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest
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mercredi 9 août 2023

Odénat de Palmyre

Depuis l'assassinat de Sévère Alexandre en 235, l'Empire romain traverse une période d'anarchie dont l'apogée est atteinte lors de la capture de Valérien par les Perses en 260.

En Syrie, la contre-offensive romaine s'organise aussitôt à partir de Palmyre sous la direction de Septimius Odaenathus, Dux Romanorum et Corrector Totius Orientis, c'est-à-dire commandant suprême pour l'Orient.

Odénat se mis en campagne à la tête de son armée et envahit la Mésopotamie.


Notre scénario est joué sur la règle L'art de la Guerre. Les forces palmyrènes débusquent une armée sassanide près d'un poste frontière.

Odénat dispose de nombreux archers, tous placés en première ligne

Les Sassanides ont un déploiement moins homogène

Les cavaliers légers perses viennent tester l'aile gauche palmyrène...

...alors que l'infanterie légère tente d'investir un relief sur l'autre bord et déborder les "Romains"

Les unités d'archers d'Odénat avancent, et se mettent à portée du centre sassanide

Mais les "Romains" se concentrent d'avantage sur l'aile droite ennemie

En fait, le centre et l'aile gauche sassanide hésitent à s'engager...

...et laissent l'aile droite se faire enfoncer

Sur la gauche sassanide, c'est calme, et l'on regarde la bataille dans la plaine

Au centre, les cavaliers perses ne parviennent pas à balayer les archers de Palmyre...

...et se font tailler en pièce, offrant la victoire à Odénat

Dès lors, l'ambitieux Odénat se met à rêver. La route de la capitale sassanide, Ctésiphon, est désormais ouverte, et la Fortune a démontré, s'il en était encore besoin, que lui seul est digne de régner dans cette partie du monde ! Palmyre vaut bien Rome...

vendredi 13 mai 2022

Dorylée 1097

 

A l’appel de Pierre l’Ermite, une armée de chevaliers et de barons occidentaux prend la route vers l’est pour délivrer Jérusalem au cours de la seconde moitié de l’année 1096. Cette armée se regroupe d’abord à Constantinople au printemps 1097 puis continue son périple vers le Moyen Orient et prend la ville de Nicée après un siège difficile. 

Après la reddition de Nicée, cédée aux Byzantins, les Croisés quittent la ville entre le 26 et le 29 juin et poursuivent leur chemin vers la Palestine en traversant en diagonale le plateau d’Anatolie. Pour des raisons logistiques, les croisés se répartissent en deux armées qui se suivent à peu de distance. La première armée se compose de deux corps. 

Le sultan seldjoukide, Kilij Arslan, qui règne sur l’Anatolie et a déjà écrasé la croisade des paysans qui avait précédé celle des seigneurs, sous-estime complètement cette nouvelle menace et est en train de guerroyer à l’est contre un de ses voisins au moment de la chute de Nicée. Il décide de faire la paix avec Gazi Ahmed Bey, son adversaire de la veille et bat le rappel des Seldjoukides. Gazi Ahmed Bey lui apporte même le concours de ses troupes. 

Le 1er juillet 1097, l'avant-garde des Croisés, les Normands d'Italie de Bohémond, arrive à la hauteur de la ville de Dorylée, dans une zone montagneuse propice aux embuscades. 

Les Croisés sont immédiatement assaillis par les forces de Kilij Arslan. Les Turcs qui épiaient les Croisés depuis Nicée, choisissent un moment où Bohémond et ses soldats se sont écartés du reste de la troupe. Bohémond fait aussitôt mettre sa troupe dans une position défensive en cercle et envoie des messagers pour prévenir la seconde armée, commandée par Godefroy de Bouillon.

C’est le point de départ de notre partie, jouée avec la version 4 de la règle l’Art de la Guerre.



Les Seldjoukides lancent l’assaut sur la ligne défensive des croisés, composée essentiellement de sergents à pied, munis de lances ou d’arbalètes.

Très vite, les Turcs appliquent leur tactique de débordement, en utilisant leur cavalerie légère, mais les lourdes armures des croisés leurs permettent d’encaisser la plupart des tirs sans dommage.




C’est alors que surgissent les renforts envoyés par la deuxième armée de Croisés, composés uniquement de chevaliers, menés par Godefroy de Bouillon et Raymond de Saint-Gilles. Ce dernier a contourné l’armée turque et les prends à revers alors que Godefroy arrive de flanc, directement sur le corps de cavalerie lourde des Turcs.

Alors que Godefroy qui a divisé ses troupes se rue fougueusement à l’assaut pour essayer de dégager son camp, il se trouve bientôt pris à revers par les cavaliers légers turcs qui ont réussi à le tourner. 

 Les Croisés qui n’ont évidemment peur de rien, se lancent dans une charge effrénée mais se retrouvent cernés de toute part.



Godefroy se bat comme un furieux et se débarrasse de son premier adversaire alors que son corps d’armée s’amenuise.



Après plusieurs heures de combat acharné, Godefroy se retrouve isolé au milieu d’une nuée de Turcs, mais il tient bon et repousse tous les assauts ennemis, leur infligeant même de sérieuses pertes et affaiblissant leur moral.






Pendant ce temps, le camp des croisés tient toujours bon et les Turcs n’arrivent pas à s’en approcher.



L’infanterie seldjoukide qui a pu rejoindre les combats se heurte aussi aux fantassins lourds et est repoussée avec quelques pertes ; le moral médiocre de cette infanterie ne les aide pas à se lancer à l’attaque.



Finalement, voyant que son assaut sur le campement franc est repoussé et se sentant menacé sur son arrière par les chevaliers de Raymond de Saint Gilles, Kilij Arslan décide d’ordonner la retraite. 

Tout comme en 1097, notre champ de bataille a accouché du même résultat, avec une victoire tactique des Croisés. Ces derniers poursuivront jusqu’à Jérusalem, mais ceci est une autre histoire.

lundi 16 novembre 2020

Protostachium, -89

Le roi de Pont, Mithridate VI Eupator, a annexé les provinces de Bithynie et de Cappadoce,  déclenchant ainsi la Première Guerre mithridatique. Rome exigea aussitôt que Mithridate rende ses territoires à Nicomède IV et Ariobarzane Philoromaios, leurs maîtres légitimes et alliés de Rome. 

L'ambassadeur spécial du Sénat en Asie Mineure, Manius Aquillius Nepos, fut tenté par l'aventure, synonyme de richesse et de prestige. Après avoir levé une armée hétéroclite composée de mercenaires de Bithynie, Paphlagonie, Cappadoce et de Galatie, Manius lança une offensive dans le Pont. 

Il prit position en Bithynie alors que deux autres armées "romaines" se réunissaient en Galatie et en Cappadoce. Pendant ce temps, le roi Nicomède IV de Bithynie, encouragé par Manius, envahissait le Pont.  

Nicomède fut sévèrement battu lors de la bataille d'Amnias. La principale armée pontique se dirigea alors vers la Bithynie, écrasant une petite force de cavalerie ennemie au Mont Scorobas avec seulement 100 Sarmates. 

Manius fit demi-tour avec son armée, mais est rattrapé par une force pontique commandée par le général Néoptolème et l'Arménien Némanès, près de la forteresse de Protostachium.

 

Cela peut paraître confus... le mieux est de mettre tout sur table.

 

Nous allons utiliser ce scénario sur la version 2 de la règle DBA. Les armées jouées sont :

Neoptolème DBAv2 -II-48 :
GEN 3CV + 1x 3KN + 1x 2LH + 1x Sch + 4x 4PK + 2x 4AX + 2x 2PS

Manius - pas de liste DBA
GEN 3CV + 1x 3CV + 1x 2LH + 2x 4BD + 3x 3AX + 4x 2PS

 Confinement oblige, la partie se déroule par correspondance, et la mise en place est imposée :


Nous considérons que la route est centrée sur le milieu du plateau. Pour bénéficier du bonus de route, il faut que la plaquette considérée soit au milieu de la chaussée (donc une seule plaquette de front peut bénéficier de ce bonus).

L'élément de décor de 15 x 12 est une colline, que l'on va considérer impassable aux chevaux, et difficile pour les autres.

Le général Néoptolème est secondé par le général arménien Némanès sur une plaquette 3KN.
Némanès dispose d’un bonus de +1 au combat comme les autres généraux. Toutefois, sa plaquette compte comme une perte d’une plaquette normale.

 Mais place au jeu...


C'est Néoptolème qui engage le combat. La cavalerie légère placée sur son aile droite vient défier les "Romains", laissant loin derrière elle le gros de l'armée qui se met lourdement en marche.

Répondant à la provocation, Manius fait donner sa cavalerie contre l'outrecuidant. 

L'insolent est vite rejoint, et sa bravade lui coutera très cher.

C'est alors que le doute s'installe parmi les cavaliers romains victorieux : ne se sont-ils pas placés naïvement dans les griffes de l'adversaire ?

Effectivement, le char à faux pontique charge violemment l'une des unités de cavalerie de Manius, alors que Néoptolème engage les cavaliers légers romains.

Le général pontique parvient à repousser son malheureux adversaire, qui, souffrant de malchance, est immédiatement contacté par le char à faux venant de massacrer une première unité ennemie.

Et c'est la curée contre le malheureux ! Néoptolème, Némanès et le char sanguinaire se jettent sur ce qui reste de cavaliers romains.

Manius rappelle ses légionnaires à lui, et forme une ligne perpendiculaire à la ligne principale afin de contrer la menace sur son aile.

Mais les cavaliers pontiques ont soif de sang, et se mettent en position pour attaquer.

C'est le choc ! Le char à faux, encore lui, s'offre un nouveau trophée, et Némanès terrasse le général romain. Seule une unité de légionnaires tient le choc, mais c'est trop tard. Manius est battu.

 

Manius Aquillius Nepos est capturé. Humiliation suprême, Mithridate VI Eupator le fera promener sur un âne avant de l'exécuter, en versant de l'or fondu dans sa bouche. Par la suite, Mithridate, triomphant, pourra conquérir l'Asie Mineure.

samedi 19 septembre 2020

Saida, 9 juin 1941


Afin d'interdire aux forces de l'Axe l'accès aux infrastructures aéroportuaires du Liban et de Syrie, les Britanniques déclenchèrent le 8 juin 1941 l'opération "Exporter" . Les Alliés, appuyés par des unités de la France Libre, se retrouvèrent face aux Français de Vichy dans la campagne de Syrie.

A Beyrouth, l'escadre navale du Levant était placée sous les ordres du contre-amiral Gouton. Elle comptait deux contre-torpilleurs (Guépard, Valmy), trois sous-marins (Caïman, Marsouin, Souffleur), un aviso (Elan) et un pétrolier.

Le 9 juin, le Guépard et le Valmy rentrent sur Beyrouth après avoir bombardé les positions britanniques à proximité de la bouche du Litani, au sud du Liban. 

Quatre destroyers anglais de la Force B tentent de les intercepter. Ce sont les HMS Hotspur , HMS Janus , HMS Jackal et HMS Isis. Le contact se fait à 13h30, à la hauteur de Saida, à 30 kilomètres environ de Beyrouth. 

 

 Le Guépard et le Valmy font du longe-côtes, espérant être à l'abri d'une attaque des Britanniques

Les HMS Jackal, HMS Janus , HMS Hotspur  filent sur les Français, le HMS Isis étant en retrait

Les navires rappellent leurs équipages aux postes de combats

Les Français disposent d'une artillerie supérieure, et ouvrent le feu, mais sans résultat
 
 
Les HMS Jackal et Janus répliquent, et leurs tirs combinés condamnent l'infortuné Guépard
 
La vengeance du Valmy s'abat sur le HMS Jackal, qui explose
 
Le combat est désormais à deux contre un

Le Valmy est touché, mais le Hotspur est mis hors de combat

Le Janus tente alors le tout pour le tout et va au contact du Français ; les deux navires se neutralisent

Ne reste alors que l'Isis, dont le rôle se bornera au recueil des naufragés


Sur notre table, ce n'était qu'un jeu. La réalité fut différente ce 9 juin. Le Janus fut sévèrement endommagé, et put être remorqué à Haifa. Les contre-torpilleurs français durent se replier sur Beyrouth faute de munitions. Le Guépard fut touché par un seul obus lors de son repli.

samedi 12 septembre 2020

Le Pactole



Certains disaient qu'il était petit et boiteux, d'autres le disaient beau et affable. Qu'importe ! Agésilas II laissa son titre de roi de Sparte à son fils, Archidamos III, afin de se consacrer pleinement à sa passion : la guerre outremer. Après une aventure en Égypte, il décide de profiter d’une révolte des Satrapes contre Artaxerxès II, afin de libérer toutes les cités grecques ioniennes des Perses. A cet effet, il réunit une armée imposante, constituée d'esclaves affranchis, de Grecs et bien sûr de quelques Spartiates.



Agésilas s’engage en Lydie, avec des fortunes diverses. Non loin du Pactole, rivière réputée charrier des paillettes d'or, il rencontre l’armée du satrape Tissapherne. Nous sommes en -395.


La phalange d'Agésilas s'avance avec ordre et discipline au devant des troupes perses

Sûrs d'eux, les cavaliers de Tissapherne défient les outrecuidants...

...et chargent les hoplites au centre

D'ailleurs, les cavaliers légers perses tentent de passer sur l'aile droite ennemie

Las, les hoplites tiennent bon, et le Satrape tourne bride sans demander son reste...

...alors qu'une unité de cavalerie grecque de l'aile droite est détruite

Mais l'aile gauche des envahisseurs se ressaisit, et tente de déborder les Perses

D'ailleurs, les cavaliers du Satrape ne parviennent pas à percer

N'écoutant que son courage, Tissapherne revient au combat, et tente de faire basculer la décision en sa faveur....

...mais il est trop tard : les Grecs piègent leurs adversaires les uns après les autres

Et, alors que le satrape est toujours engagé, ses troupes démoralisées désertent le champ de bataille

Le résultat de notre partie jouée sur la version 3 de DBA a rejoint la conclusion historique.

Tissapherne, vaincu, rentre honteusement à Colosse en Phrygie. La reine-mère va l'accuser de trahison et le faire exécuter. Il est vrai qu'elle n'avait toujours pas digéré que Tissapherne se soit révolté contre son fils préféré, Cyrus le Jeune.