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lundi 6 juin 2016

La révolte des Germains : Nedao, 454

Afin de garder l’unité de l'Empire Valentinien III, l'empereur d'occident, avait imposé à sa sœur ainée Honoria de vivre chastement. Mais Honoria avait pris un amant, et l'empereur n'a eu d'autre choix que de l'envoyer au loin, pour mieux la contrôler. De Constantinople, la sournoise parvint à demander secrètement l’aide d'Attila et lui envoya sa bague en gage d'amitié. Mais Attila avait interprété ce geste comme une demande en mariage, et, l’offre acceptée, avait réclamé à Valentinien la Gaule comme dot, naïvement.



Attila envahit la Gaule au printemps 451, et est battu aux Champs catalauniques, y laissant une partie de son butin. L'année suivante, il se rua sur l'Italie, mais les misères de la guerre et de la maladie forcèrent les Huns et leurs vassaux à retourner en Pannonie. En 453, Attila meurt lors de sa nuit de noce avec sa nouvelle et tendre épouse. Le Khan laisse derrière lui une œuvre inachevée et une multitudes d'héritiers.



Les peuples vassaux, menés par les Gépides d'Ardaric, se soulèvent. Il serait regrettable de laisser passer une telle opportunité, à en croire certains "conseillers" venus de Constantinople.

L'histoire qui nous intéresse ici nous mène en Pannonie en 454, sur les rives de la Nedao (la Nedava, affluent de la Save). Une armée bigarée, regroupant Gépides, Goths, Hérules, Suèves et d'autres peuples germaniques rencontre les Huns (et leurs derniers fidèles) commandés par trois fils du regretté Attila : le khan Ellac et ses frères Ernak et Dengizich.



Dans la plaine, les Huns se déploient face aux hordes scélérates
Le khan compte sur ses cavaliers légers extrêmement mobiles
En face d'eux, les Gépides disposent principalement de troupes lourdes, cavalerie et infanterie
Très rapidement, les Huns se rapprochent de leurs ennemis afin de les harceler

Partout, les groupes cherchent à se mettre à leur avantage
Les Hérules s'appuient sur les rives de la Nedao
La cavalerie lourde gépide tente de casser le centre adverse
L'infanterie germanique tente de soutenir ses archers, déjà aux prises avec les cavaliers ennemis
Au centre, les Huns se referment sur les malheureux Gépides
Les Huns parviennent à contourner les Hérules, et leur asséner des coups fatals
Les nobles Huns paradent devant les archers légers germains
Le centre germanique a été balayé
Les cavaliers hunniques contournent aisément l'infanterie gothe...
...alors que la cavalerie ostrogothe défit bravement les cavaliers hunniques
Les forces sont éparpillées, façon puzzle
Les lourds gépides sont débordés, et battus
La fin des combats : les Huns l'ont emporté sur les rebelles

Laissons encore une fois la parole à Jordanès :
Ardaric, le roi des Gépides, se souleva le premier contre les fils d'Attila, et effaça par ses succès la honte du joug qu'il avait été contraint de porter. Et ce ne fut pas seulement sa nation qu'il affranchit en se séparant des Huns, mais encore toutes celles sur qui pesait leur domination ; car l'homme est prompt et ardent à toute entreprise dont le bien général est l'objet. On s'arma de part et d'autre pour une guerre à mort, et l'on en vint aux mains en Pannonie, au bord du fleuve nommé Nedao : c'est là qu'eut lieu le choc des diverses nations qu'Attila avait tenues sous son empire. Les royaumes, les peuples se divisent ; d'un seul corps il se forme des membres divers qui n'obéissent plus à une volonté unique, mais qui, privés de leur tête, s'abandonnent à de mutuelles fureurs ; et ces vaillantes nations, qui n'avaient jamais trouvé leurs égales, n'éprouvèrent de résistance digne de leur courage que le jour où elles tournèrent leurs armes contre elles-mêmes pour s'entr'égorger. Ce fut, je pense, un admirable spectacle pour le monde, de voir le Goth en furie frappant de son épée le Gépide, brisant dans les blessures des siens tous les traits dont ils étaient atteints ; le Suève orgueilleux de son infanterie, le Hun de son adresse à lancer la flèche, l'Alain lourdement armé, I'Hérule à l'armure légère. Après une lutte longue et meurtrière, la victoire favorisa inopinément les Gépides, et près de trente mille hommes, tant des Huns que d'autres nations inféodées, tombèrent sous le glaive d'Ardaric et de ceux qui s'étaient ligués avec lui. 

 

Peut-on en vouloir à Jordanès, qui, d'origine ostrogothe, a réécrit le récit de cette bataille fantastique en en faisant une victoire gépide ?

Notre table a démontré que les Huns étaient les véritables vainqueurs, mais les dissensions entre les trois fils d'Attila furent telles qu'ils ne profitèrent guère de leurs succès et s'entredévorèrent, en laissant leurs sujets germains renouer avec la liberté. Pour l'Histoire, c'est bien Ardaric qui fut gagnant.

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