Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

mardi 22 décembre 2015

Bataille de Carohaise

Les barbares se partagent la dépouille de l'Empire romain d'Occident agonisant. Partout, des alliances de circonstances se font et se défont en fonction des gains politiques ou territoriaux attendus. Notre table de jeux nous porte cette fois deux ans avant la chute de Rome, près de l'ancienne cité des Osismes, en Armorique.


L'histoire se mêle à la légende. Les Bretons de l'île de Bretagne s'installent chez les Armoricains gallo-romains. Ils ont pour voisins les derniers avatars de la puissance impériale romaine et surtout les Francs. Nous sommes à l'origine du mythe arthuréen. En ce temps, la mémoire était de nouveau orale, et l'Histoire est colportée par les chansons et les poèmes.




Au cœur de l'Armorique, Carhaix, l'ancienne Vorgium de la cité des Osismii, est desservie par un réseau routier important. A la fois centre administratif, économique, culturel, religieux et militaire, Carhaix bénéficie des aménagements urbains les plus élaborés (aqueduc, thermes...). Rien d'étonnant à ce qu'une chefferie locale y soit installée, et doive se battre contre les ambitions de ses envahissants voisins.

Nous sommes le 1er mai 474. La légende nous rapporte les noms des protagonistes. Auprès de Léodagan, roi de Carmélide (qui pourrait être le Poher) et de son sénéchal Cléodalis,  nous trouvons son gendre Arthur et ses Bretons insulaires. En face d'eux, Frolle commande les Francs et contrôle le pays de Renne. Il est appuyé par Claudas, de la "Terre déserte" qui pourrait être la Vendée, et Ponce Antoine, légat romain. Nous gardons ces noms par facilité.

Le champ de bataille, côté romano-germanique
Les troupes bretonnes : Cléodalis sur l'aile gauche, Léodogan à droite, et Arthur au centre
Les Germains de Claudas ne sont pas des tendres
La bataille s'engage : les cavaliers lourds de Ponce Antoine passent à l'action
Arthur se porte au secours de Cléodalis...
...dont les troupes ne font pas le poids face aux cataphractes romains
Ailleurs, les engagements paraissent plus timides...
...mais aboutissent à des duels entre héros : Claudas  face à Léodogan à cheval
La mêlée devient générale et confuse
La cavalerie romaine est balayée
Les Bretons parviennent à former la ligne, et contenir leurs adversaires

Cette bataille mythique n'est pas forcément acceptée par les historiens. Mais le contexte est cohérent : la bataille de Carohaise serait l'une de ces innombrables rencontres entre bandes guerrières qui se disputent le contrôle d'un territoire sur la dépouille d'un Empire romain moribond. Qu'importe le nom des protagonistes : nous avons assez d'éléments pour en faire un scénario.

samedi 12 décembre 2015

Agnadel, 14 mai 1509



En 1508, Venise prend le contrôle de la Romagne qui dépendait de Rome.  A l'instigation du pape Jules II, la Ligue de Cambrai qui regroupe la France, le Saint Empire, la Hongrie, Florence, Ferrare et l'Espagne rentre en guerre contre la République de Venise.

Le 27 avril 1509, Jules II prononce l'excommunication de Venise. 

Le 9 mai, les Français, qui occupent Milan, traversent l'Adda, Louis XII à leur tête. Les jours de la Sérénissime sont désormais comptés.



L'armée de Venise est commandée par les cousins Orsini, les condotierres Bartolomeo d'Alviano et Noccolò di Pitigliano. Ils ont pour mission d'éviter toute confrontation directe avec les Français et de s'en tenir à des démonstrations et des escarmouches pour harceler l'ennemi. Les Vénitiens sont séparés en deux colonnes séparées de plusieurs kilomètres.

Le 14 mai, Alviano tombe sur l'avant-garde française de l'amiral Charles d'Amboise. Malgré les ordres reçus, Alviano décide de combattre, et attend les Français au Sud d'Alviano. Ses 8.000 hommes sont déployés sur une position favorable en hauteur, elle-même protégée par de nombreux canaux. Les Français sont environ 30.000.

 Face aux Vénitiens au premier plan, l'avant-garde française se déploie
 Les troupes vénitiennes sont composées essentiellement de mercenaires
Les Français se ruent sur les positions vénitiennes...
... mais sont rapidement fixées par l'artillerie ennemie
Sur la gauche, les gendarmes parviennent à peine à mettre les pieds sur le coteaux, alors que les Suisses hésitent à franchir le canal
Sur la droite, les stradiotes vénitiens sont sacrifiés contre leurs trop solides adversaires
 Les Vénitiens tiennent le choc...
 ... alors que se présente le corps de bataille français
 Les Vénitiens, débordés, lâchent peu à peu le terrain
Alviano tentera même de s'enfuir, sans succès

Alviano sera capturé par les Français, avant de mettre son épée au service de la France. Il sera même l'un des principaux artisans de la bataille de Marignan, au même titre que les Vénitiens, désormais alliés. Etrange époque que ce début du XVIème siècle, où les alliances se font et se défont au fil des caprices de l'Histoire.