Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

samedi 21 mai 2016

Ciel de la Bekaa, 23 juin 1941

Afin de contrer l'utilisation des aéroports du Levant par les forces allemandes, les Britanniques et leurs alliés décident de l'invasion de la Syrie et du Liban administrés par Vichy : l'opération "Exporter" est lancée le 8 juin 1941.



Parties de Palestine, les troupes australiennes, soutenues par la Royal Navy, s'élancèrent sur le Sud du Liban. En Syrie, ce sont les forces indiennes et les Forces Françaises Libres qui progressent sur Damas. Mais les Français de Vichy résistent âprement, et la situation est figée le 17 juin.

Les Britanniques poursuivent leurs opérations sur les aérodromes afin d'écraser l'aviation française. Ce matin du 23 juin, les aérodromes de Marjayoun et de Rayak sont attaqués par des Hurricane. Ils sont interceptés par des D.520 français.

  
Les Hurricane britanniques volent non loin de l'aérodrome de Rayak
Les D.520 se ruent à leur rencontre
Les "Brits" se ressaisissent, un Dewoitine est touché
La mêlée devient générale, certains écriront que ce fut une fantasia diabolique
Les chasseurs tournoient dans les airs, cherchant une cible correcte
Les armes crépitent, mais sans résultat
Des collisions sont évitées, de justesse...
... et les pilotes remettent leur survie entre les mains du Destin, fataliste
Les Hurricane tentent de quitter le secteur par le Sud
Un premier Hurricane est touché...
... puis un second
Les manœuvres continuent
Malgré les coups reçus, les Hurricane poursuivent leur route...
... et finissent par s'échapper 

Un seul Hurricane aura été abattu, un autre aura été victime d'une collision avec un D.520. La combativité et l'excellence de l'aviation française ont surpris les alliés qui ont subi de lourdes pertes. Loin de la métropole, et souffrant d'un manque manifeste de ravitaillement, les forces de Vichy ne faisaient pas le poids face aux alliés. Les combats cessent le 12 juillet.
 

samedi 14 mai 2016

Pontvallain, 1370

Bertrand du Guesclin avait été capturé lors de la bataille d'Auray. Sa rançon fut versée par le roi de France, Charles V, qui avait reconnu le nouveau duc. Désœuvré, et ne pouvant servir son nouveau maître, le "Dogue noir de Brocéliande" se replia sur ses terres. 

Pendant cette époque troublée, de nombreuses compagnies de routiers et autres écorcheurs ravageaient la France.

Le pape Urbain V, craignant pour sa ville d'Avignon, cherchait un moyen d'expédier au loin les grandes compagnies. Organiser une  croisade contre Grenade était la solution ; Bertrand fut naturellement mis à sa tête.


Dès lors, les évènements se précipitèrent pour du Guesclin, désormais  duc de Molina, comte de Sorià et de Borjà, seigneur d'Atienza, Monteagudo, Moron et Dora, connétable de Castille. Il rêvait du trône de Grenade que lui promettait le roi de Castille, Henri de Transtamarre.

Mais les Anglais continuaient de piller le Nord de la France, et Charles V devait réagir promptement. Le roi le rappelle, et le Dogue noir de Brocéliande est fait connétable de France à Paris le 02 octobre 1370, après avoir servi six ans en Espagne.

Du Guesclin lève une armée en Bretagne et en Normandie et se met en campagne, secondé par Jean de Vienne et Olivier de Clisson. Les ennemis, commandés par Robert Knolles, sont localisés dans le comté du Maine. Nous sommes le 4 décembre 1370,  près de Pontvallain. Les Français attaquent à l'aube les Anglais endormis.

Sortant des bois, les compagnons de Bertrand se jettent sur les Anglais pris au dépourvu
Le réveil est brutal, le déploiement inefficace
Les Anglais restent dispersés, alors que leurs adversaires se concentrent en des points précis
La confusion est telle qu'il devient difficile de distinguer les amis des ennemis
Au loin, franchissant l'Aune, les hommes de Clisson s'approchent de la bataille...
...afin de renforcer le groupe de Bertrand, fort à l'ouvrage
 Les Anglais sont repoussés de partout, et tentent de résister
Du Guesclin ne fera qu'une bouchée de leurs archers, pourtant si réputés
Des renforts anglais arrivent néanmoins, mais, devant l'ampleur de la déroute, n'interviendront pas



Bertrand du Guesclin a encore une fois été fidèle à sa réputation, même sur notre table. Par un habile coup de main, il a vaincu l'armée anglaise, qui n'ont eu d'autre choix que de se replier, comme cela s'est réellement produit ce 4 décembre 1370, à Pontvallain.







dimanche 8 mai 2016

Salade de beignes à la pompéienne

L'escarmouche est une autre facette du "jeu d'Histoire". Ici, il n'est pas question de reproduire de grandes batailles historiques où se rencontraient des milliers de combattants, mais de rejouer des évènements se rapprochant de l'échelle du fait divers.

Quand nous rejouons une grande bataille avec des figurines, ces dernières sont généralement regroupées sur des plaquettes, symbolisant plusieurs centaines de combattants réels en fonction de la règle utilisée, de l'échelle définie et du scénario choisi. Pour l'escarmouche, la figurine est la représentation "vraie" du combattant, et elle se déplace dans son environnement réel (ou du moins simulé). Nous pouvons d'ailleurs rapprocher les parties de combat aérien ou navals de l'escarmouche : les unités jouées sont bien individualisées par une figurine unique. Ici, nous nous intéressons plus aux parties "terrestres", en utilisant des figurines de 28mm.

Les règles d'escarmouche sont nombreuses, et recouvrent toutes les époques. Elles ont toutes un petit parfum "jeu de rôle" : les personnages possèdent tous des caractéristiques qui leur sont propres, et "lisibles" sur les figurines considérées (équipement, force, charisme...). Aux joueurs de savoir les utiliser au bon moment.



Notre action commence la sixième année du règne de Néron. Une foule nombreuse assiste aux combats de gladiateurs donnés à Pompéi. Nous avons choisi de tester la règle En Garde! de Craig Woodfield, éditée chez Osprey.

C'est une règle de cape et d'épée, mais très facilement transposable à de nombreuses époques plus anciennes. En effet, il suffit d'ignorer les quelques lignes consacrées aux armes à feu pour ne se concentrer que sur les épées et les armes contondantes pour retrouver un esprit plus "antique", le décor et les costumes faisant le reste.


Alors que les combats se poursuivent dans l'arène survient une clameur...
...et des spectateurs sont projetés parmi les gladiateurs
 Des groupes hétéroclites et armés investissent la place entre l'amphithéâtre et la palestre...
...et commencent à s'en prendre aux habitants de Nucérie, venus assister aux jeux
Les Nucériens tentent de fuir l'arène...
...mais ils sont accueillis par une pluie de pierres et de coups 
Le sénateur Livineius Régulus descend  dans l'arène avec sa garde, et prend partie contre les Nocériens qui ne l'entendent pas de cette oreille
Avec l'aide des gladiateurs de son ludus, le sénateur parvient à restaurer l'ordre dans l'amphithéâtre
Dehors, au milieu du tumulte, un vieillard, anonyme, ne retient l'attention de personne
 Il réussit à s'exfiltrer, les dieux ne savent comment...
 ...et prévient une patrouille de soldats, qui mettront fin à l'émeute


Nous nous sommes inspirés d'un fait divers historique, raconté par Tacite, et peint sur une fresque retrouvée sur le mur d'une maison modeste de Pompéi.

Si la raison de ce débordement, qui a conduit au massacre de nombreux Nucériens, nous échappe encore, Tacite nous en donne le développement : Livineius, qui avait organisé les jeux, fut banni, et Pompéi n'eut plus le droit de produire des combats pendant dix années.