Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

lundi 11 novembre 2013

Des valeurs universelles... dans les croisades.

(on ne refera pas l'humanité).

Les croisades ont représenté un nouveau départ pour beaucoup des chevaliers qui y ont pris part.

Leurs motivations, souvent discutées depuis, variaient selon les individus entre la Foi la plus stricte et l'ambition personnelle la plus débridée. Avec toutes les nuances imaginables entre les deux.

Pour le seigneur Tancrède de Hauteville, l'ambition relève d'ailleurs de la tradition familiale.

Petit-fils d'un seigneur normand devenu (à la force des armes) roi de Sicile, il est élevé dans l'ambition de posséder son propre royaume et dans l'impossibilité de l'acquérir puisqu'il n'est pas le fils aîné mais que les terres de Sicile sont déjà conquises. Les croisades offrent donc une opportunité qu'il va saisir de toutes ses forces.

il s'associe donc dès les premiers temps à tous les grands seigneurs de la croisade pour se rendre indispensable. Malgré moult tentatives il ne parviens pas à se tailler un fief et doit attendre le désastre d'Harran (1104), la première véritable défaite des croisés, pour se voire confier la régence d'Antioche dont le seigneur a été capturé.

Il prends goût au rôle de seigneur, et ajoute à son escarcelle Edesse, dont le maître (Baudouin du Bourg) est aussi prisonnier des Syriens.

Mais quand celui-ci signe un traité avec son ravisseur, Jâwalî de Mossoul et est libéré, Tancrède refuse simplement de lui rendre ses terres. Baudouin reçoit alors l'aide des ennemis de Tancrède, les Arméniens de Basile le Voleur et les syrien de Jâwalî, en plus des chevaliers qui lui sont restés fidèles.

Tancrède lève les armées d'Antioche et d'Edesse, et s'allie avec son vieil ennemi le Turc Ridwan d'Alep.

Sur le plateau de Turbessel (Tell Bacher), des armées mixtes chrétiennes et turques se font face. Placé au centre des deux armées, les contingents chrétiens se massacrent mutuellement jusqu'à ce que le manque de discipline des Turcomans de Jâwalî lui coûte la victoire. Tancrède reste le maître mais doit quand même rendre son comté à Baudouin sur arbitrage du roi de Jérusalem. 2000 combattant chrétiens sont morts pour cela, troupes qui manquerons à Edesse et Antioche isolées au milieu des terres musulmanes.

Il meurt de maladie en 1112, ce qui lui évite de voir Baudouin du Bourg devenir roi de Jérusalem en 1118 (ce qui n'aurait certainement pas amélioré leurs relations).
 Nous avons donc pris prétexte de la bataille de Turbessel pour réunir 6 joueurs autour d'une table de Warrior Kings.

D'un côté Baudouin du Bourg et ses croisés d'Antioche avec à sa gauche les Arméniens de Basile le Voleur (Kogh Vasil) et à sa droite les Syriens de Jâwalî (historiquement il aurait fallu moins d'Arméniens et plus de Syriens, mais cela permettait de déployer simplement les trois armées).

En face un fort contingent de chrétiens sous les ordres de Tancrède, avec l'ensemble de la cavalerie au centre et toute son infanterie à sa gauche (en face des Syriens). A sa droite les Turcs de Ridwan.
 De manière assez typique pour l'époque les cavaleries lourdes franques se percutent en choc frontal dès le début de la bataille. Le nombre assure la victoire de Tancrède, mais bien plus difficilement que ce que la disposition initiale laissait supposer.

Comme dans la réalité l'infanterie lourde franque est vaincue par les Syriens, mais sur l'autre aile les Arméniens résistent fanatiquement aux Turcs, bien plus qu'à leur habitude.
 Infanterie lourde syrienne.

Ce sont les troupes syriennes d'Al-Jâwalî qui apportent la victoire à Baudouin en se reportant sur les restes du centre de Tancrède juste avant que les Turcs de Ridwan ne puissent faire de même au bénéfice de ce dernier.

Baudouin aura donc récupéré ses terres d'une manière plus martiale qu'historiquement mais comme dans la réalité ce sont les seigneurs syriens qui bénéficierons au final de l'affaiblissement des deux grands états croisés au nord de Jérusalem.

 L'atabeg syrien Jâwalî en marche vers la victoire.


samedi 9 novembre 2013

Piratica ludi

En l'honneur du Grand Pompée, nous nous sommes (ré)essayés sur la Règle Thalassa parue dans le magazine Vae Victis numéro 11 de novembre 1996.

Cette règle, véritablement simple, permet de rejouer des combats antiques entre galères. Nous l'avons légèrement adaptée afin de mieux correspondre à nos attentes.

Notre scénario se déroule au Sud de l'Adriatique. Un convoi marchand romain fait route vers l'Italie. Il est escorté par quatre galères. Évidemment (nous sommes un club de jeux, ne l'oublions pas), des pirates l'attendent...
 Du point de vue des gentils...
... et de celui des méchants.
 Vue d'ensemble du théâtre.

Le contact sera brutal, et de nombreux marchands tomberont entre les mains des brigands. Les flèches des défenseurs auront été inefficaces pour contrer les manœuvres des pirates qui n'hésitèrent pas à se jeter dans la mêlée.

dimanche 3 novembre 2013

Nouvel assaut sur Valoutina-Gora

Pour profiter de cette calme soirée de milieu de vacances, retour sur le scénario DBN de Valoutina-Gora (1812).

Non seulement il offre pas mal de variations possibles sur les déploiements et tactiques, mais il doit également servir de support à une prochaine initiation au Jeu d'Histoire pour des débutants, et il est préférable d'éviter les surprises. Toujours tester et retester le scénario, c'est plus sûr.

Le cadre est toujours le même : août 1812, les Français sont en train d'investir Smolensk abandonnée par les Russes, mais à l'est Ney et Junot rattrapent l'arrière-garde russe (qui s'était un peu perdue, ça peut arriver à tout le monde).

Combat d'arrière garde pour les Russes, qui doivent retenir les Français assez longtemps pour assurer le repli de leur train d'artillerie.
Innovation cette fois-ci, les Russes choisissent l'affrontement direct. Ils se placent au plus avant dans leur zone de déploiement, et font front face au corps de Ney en train d'entrer sur la table.
Les Russes se portent au devant des Français pour un choc "du fort au fort"...
... et le résultat ne se fait pas attendre, la ligne russe s'effondre devant les vétérans de la Grande Armée (qui en plus semblaient avoir mangé du lion).
Pendant qu'à l'est le corps de Baggovout réalise qu'il n'affrontait qu'une petite partie du corps de Junot (venu aider Ney) et s'élance au combat contre le rideau de troupes westphaliennes... bien, mais trop tard...

Une victoire nette et sans bavure pour les Français cette fois (face à des Russes débutants, il faut le dire).

Le choix tactique russe n'était pas prometteur : aller au choc en étant en infériorité numérique (et somme toute qualitative) n'est pas un gage d'avenir.

Mais l'une des qualités du jeu d'histoire est que l'on peut s'amuser en faisant des erreurs (et sans faire de mal à personne, voire même en faisant des heureux, en face).