Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

dimanche 1 janvier 2017

Gallia, anno CCCCLII



Nous sommes en Gaule, en 452. Attila a été repoussé après la bataille des Champs catalauniques, et de nombreux peuples plus ou moins intégrés, fédérés, invités ou intrusifs n'en finissent pas de se disputer les miettes de l'Empire. Quoi de mieux pour mettre en place une campagne sur la version 2 de la règle De Bellis Antiquitatis (DBA) ?

Notre campagne compte 6 nations "barbares", réparties symétriquement autour d’une nation "romaine".


 
Chaque nation correspond à l’une des listes d’armées DBA, et compte initialement 12 plaquettes dont certaines optionnelles.  Les "barbares" disposent chacun au départ de 3 cités (ou "zones"). Il n'existe pas de capitale. Le Romain quant à lui contrôle 7 cités, situées au centre de la carte.
Les zones sont reliées les unes aux autres par des routes, indifféremment terrestres ou maritimes.
C'est ainsi que nous retrouvons Allamans, Bretons, Burgondes, Francs, Saxons et Wisigoths, prêts à en découdre face aux Gallo-romains, et aux autres joueurs, bien entendu.  
La Gaule, au 1er janvier 452 (selon nous)


Une année compte 3 tours (printemps, été et automne) durant lesquels une armée est en campagne. L’hiver, les acquis sont capitalisés, et chaque nation reçoit des renforts. L’objectif pour une nation "barbare" est d’accumuler le plus de points de victoire (PV).

Les Romains ne participent pas à la compétition, et ne sont, d'une certaine façon, que des empêcheurs de tourner en rond.


Les joueurs "barbares" inscrivent simultanément leurs intentions au début de chaque tour. Les armées peuvent se déplacer de deux zones maximum, tenter une interception à une zone autour de leur position actuelle, ou défendre un secteur sous leur contrôle ou celui d’un allié ; cet ordre permet également de fournir 4 plaquettes à un allié pour l’aider à combattre un ennemi commun.

Les Gallo-romains jouent toujours en dernier, mais n'interviennent que sur leur territoire initial. L'ordre des nations "barbares" est tiré au sort à chaque tour. Nous commençons par les ordres de déplacements, puis les interceptions, puis les ordres de défense. Si deux armées se rejoignent, la bataille est résolue selon les principes de DBA.

Changement d'échelle pour un zoom tactique

Les armées déploient au maximum 12 plaquettes plus un bagage. Des alliés peuvent, éventuellement, fournir des troupes en renfort. Toutefois, afin d'accélérer les combats et pouvoir limiter le temps consacré à cette campagne, nous accordons un bonus de +2 au combat au général à la place de +1 dans la règle de base, et une rencontre ne dure au maximum que 10 tours ; au-delà, le défenseur est victorieux.

Il y a victoire à un quart des objectifs ennemis engagés éliminés. Un bagage compte pour 2 pertes, et le général 4. Dernier changement : les cités sont "ouvertes", et se soumettent automatiquement quand une armée ennemie stationne sur leur zone.


Plusieurs combats peuvent avoir lieu durant le même tour

La nation défaite doit reculer vers un territoire adjacent sous son contrôle ou le contrôle d’un allié. Si elle ne peut pas le faire, elle se soumet à son vainqueur et reste sur place (quitte à changer d’alliance).

L'armée burgonde face aux Wisigoths, lors de la seconde bataille de Paris en automne 453

A l'issue d'un combat, chacun gagne 1 PV par plaquette ennemie détruite, 5 PV si le commandant ennemi a été pris, et 3 PV si le camp ennemi a été pris, auxquels on ajoute le 1/4 (arrondi au supérieur) du total des PV du vaincu. Ce bonus au pillage a pour objectif d'ajouter un peu de chrome "barbare" à la campagne. De plus, le vainqueur gagne 5 PV supplémentaires, tout comme une nation alliée ayant fourni des renforts. Cette dernière récupère ses unités survivantes à l'issue.

Il n’existe pas d’alliance dans un cadre autre que celui de la soumission d’une nation envers une autre. Une armée peut stationner sur les zones contrôlées par son allié. Deux nations alliées ne peuvent pas se combattre. Deux nations alliées à une même nation ne sont pas alliées automatiquement. Si la nation nouvellement soumise était alliée à une autre nation, cette alliance est rompue. Une nation se soumet si le général a été capturé, ou si elle a été battue sur le champ de bataille, et ne pouvait pas reculer.

Une tradition : Rome face aux Germains

En hiver, les troupes restent sur place. Chaque armée complète alors ses effectifs à raison d'une plaquette par zone contrôlée, en changeant éventuellement les options choisies initialement. Bien entendu, une armée reste limitée à 12 plaquettes. Chaque nation "barbare" gagne 3 PV par cité "barbare" contrôlée, 5 PV par cité "gallo-romaine", 10 PV pour Lutèce, et 2 PV par nation soumise, quel que soit le territoire que cette dernière contrôle.

Notre campagne nous a conduit de printemps 452 à l'hiver 454. Sur nos tables de jeux, 16 batailles auront été livrées, et Rome n'aura cédé que Nantes et Troyes. Le Burgonde l'a emporté aux points, sans toutefois parvenir à réellement s'imposer. En effet, les Wisigoths commençaient à se tailler un Empire à l'Ouest, alors que les Francs, patiemment, attendent leur heure...
La situation, au 1er janvier 455

 Quoi qu'il en soit, la preuve est faite : la Gaule est un fruit presque mûr, qu'il faudra bientôt cueillir.

mercredi 21 décembre 2016

Mission sur le Kent


Depuis début juillet 1940, la deuxième Luftflotte est sur le pied de guerre. Après les attaques sur les convois, ce sont les bases aériennes qui sont visées à partir du 11 août.

Ce matin du 15 août, la mission des Heinkel He111 du KampfGeschwader 53 basés à Lille consiste en un bombardement des aéroports du Sud-Est de la Grande-Bretagne.



Les He111 sont couverts par des Messerschmitt 110 du ZerstörerGeschwader 76 et par une patrouille haute de Me109E du JG 26.



Les pilotes s’attendent à croiser une opposition de Hurricane ou de Spitfire guidés par les radars, «comme d’habitude», pense le Major Reinhold Tamm, commandant du II/KG53, qui mène l’escadre de bombardement. Les avions décollent vers 9h00 et traversent le détroit de Douvres sans encombre.





Les He111 survolent la campagne paisible du Kent, les 110 d’escorte couvrent les ailes. Rien en vue pour l’instant.

Tout à coup, les Spitfire surgissent des nuages et se précipitent vers les bombardiers ; les Me109E de la patrouille haute piquent à leur tour vers les chasseurs anglais.
La mêlée devient générale alors que les Spitfire effectuent une première passe frontale sur le groupe de gauche des bombardiers allemands ; aucun résultat notable suite à ces premiers combats...
...sinon une collision entre un des chasseurs allemands et un Spitfire anglais au cours des manœuvres acrobatiques qui se déroulent en plein ciel. Un premier Spitfire prend feu alors que des débris endommagent un autre avion anglais.
Les Spitfire virent à 180° pour se mettre dans la queue des He111...
...mais se font surprendre par les Me110 qui reviennent sur eux et abattent un des avions du 19 Sqn.







Le pilote peut heureusement sauter en parachute et atterrit dans la campagne anglaise.





Les anglais endommagent à leur tour un des bombardiers et un des chasseurs de l’escorte.
 Mais se font prendre en sandwich entre les mitrailleurs des He111...
 ...et les canons des Me110.
Le dernier chasseur anglais persévère et finit par toucher un autre bombardier...
...mais il doit dégager rapidement, à cours de munition et poursuivi par les Zerstörer.


Les He111 poursuivent leur route vers les terrains d’aviation. La couverture de la chasse allemande a été efficace : 3 Spitfire sont au tapis, et les 3 autres doivent rompre le combat, à cours de munitions ou endommagés.

Aucune perte n'est a déplorer du côté de la Luftwaffe, même si un des bombardiers rentre sur un seul moteur. La victoire aura été allemande, mais il faudra repasser la Manche pour le vol retour, et ce sera une autre histoire !

lundi 5 décembre 2016

Première bataille de Torgau, 8 septembre 1759

1ère bataille de Torgau, ou bataille de Zinna.


Septembre 1759. La guerre de 7 ans est dans sa quatrième année. Après plusieurs succès initiaux, le roi Frédéric II de Prusse subit des revers contre les troupes coalisées autrichiennes, russes et suédoises. L’allié anglais de Frédéric lutte contre les Français en Allemagne, par l’intermédiaire des mercenaires hanovriens, ainsi qu'outre-mer, en Inde et au Nouveau-Monde.

En Allemagne du Sud, les choses avaient bien commencé pour Frédéric. En octobre 1756, son attaque surprise lui avait permis d’annihiler totalement le royaume de Saxe et de piller sa capitale, Dresde. Depuis 3 ans déjà, la Saxe fait partie de son royaume. Mais visiblement, en 1759, il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark de Prusse. Les revers s’accumulent : Paltzig en juillet puis Kunersdorf en août contre les Russes et les Autrichiens… De plus, Frédéric vient d’apprendre qu’une armée autrichienne vient d’envahir la Saxe et se rapproche de Dresde pour la libérer ! Une armée de renfort est envoyée en urgence au secours de la garnison assiégée. Cette armée, commandée par le général Wunsch se hâte vers la Saxe, mais trop tard ! Le 5 septembre, alors que Wunsch est proche de Dresde, il apprend que la ville est tombée. Un émissaire en provenance de Torgau, autre ville saxonne aux mains des prussiens, lui apprend que les Autrichiens viennent de démarrer un siège ; la garnison ne tiendra pas longtemps. A la tête de son armée d’une dizaine de milliers d’hommes, Wunsch se précipite vers Torgau pour se heurter, le 8 septembre, aux troupes commandées par le général Saint-André.

Les deux armées se font face près de Zinna, aux faubourgs de Torgau. Les objectifs de Wunsch sont simples : garder la maîtrise du terrain pour neutraliser le siège. Saint-André doit à tout prix chasser le Prussien hors de Zinna et si possible hors du champ de bataille.


Les deux armées en ligne, face à face. A gauche, Zinna et à droite, la Röhr, qui sépare l’infanterie de l’armée du Reich des 15 escadrons de cavalerie, prêtes à se lancer à l’assaut.


L’aile gauche prussienne est solidement installée sur une colline


L’infanterie autrichienne s’avance résolument. Les troupes sont composées essentiellement de bataillons de la Reichsarmee, ramassis hétéroclite de soldats plus ou moins bien entraînés et armés. La prise de Dresde leur a visiblement donné des ailes et ils n’ont peur de rien !


Ils laissent d’ailleurs quelques trous dans leurs lignes et les hussards de Malachowski en profitent pour tenter une infiltration entre le corps de cavalerie autrichien et les régiments d’infanterie trop avancés. Cette tentative sera repoussée avec quelques pertes de part et d’autre, mais le régiment de Hesse-Darmstadt a montré sa valeur au combat.

Les Autrichiens pénètrent dans Zinna...

...et les deux lignes se trouvent bientôt à portée de mousquets


L’artillerie prussienne et le bataillon de grenadiers 4/16 inflige leurs premières pertes aux troupes alliés ; les déroutes commencent, et plusieurs bataillons sont démoralisés.


Pendant ce temps, sur l’aile opposée au village, la cavalerie autrichienne tente de déborder la colline, sous le feu des canons prussiens. L’ordre oblique de l’infanterie prussienne fait merveille et la Reichsarmee a bien du mal à déborder les troupes de Wunsch, en infériorité numérique.


Les pertes s’accumulent autour de Zinna. Les Prussiens commencent eux aussi à subir des dommages importants. Les grenadiers se lancent alors au corps à corps, décidés à tout emporter sur leur passage.


Mais après un premier succès, ils sont repoussés derrière leurs lignes.


La cavalerie autrichienne se décide à monter à l’assaut, mais se fait repousser par l’artillerie. Cette dernière a pilonné régulièrement les bataillons qui lui faisaient face depuis le début du combat.


Ceux-ci se retrouvent sous le feu des bataillons de ligne prussiens encore intacts qui gardaient le centre et n’avaient pas encore été engagés. Leur intervention permettra aux Prussiens de maintenir leur position sur la colline et aux alentours de Zinna.

Alors que la nuit tombe, les troupes de Saint-André se replient sans avoir démérité. Torgau ne tombera pas cette fois-ci !