Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

vendredi 23 janvier 2026

Les hauts ferrets

Vue générale de la table : l’auberge avec les 4 mousquetaires au premier plan, le carrefour déjà occupé par les brigands puis le hameau dans le fond (avec les chevaux et les ferrets).

Dans notre version, d’Artagnan revient d’Angleterre avec les ferrets dans la poche épaulé de ses 3 amis mousquetaires. Problème : la soirée de la veille a été très arrosée et nos héros ont confié les ferrets à quelqu’un du relais de poste sans se souvenir de qui, avant d’aller roupiller…

Dans le hameau, ça cause et un bavard mal avisé prévient la bande des six soudards du coin, qui d’habitude a du flair (la fameuse bande des six nez) qu’il y a un trésor à récupérer facilement vu que nos mousquetaires cuvent leur vinasse à l’auberge.

Voilà donc les brigands qui tentent de s’approcher de l’auberge : pas de bol, il font du bruit dès le premier tour, réveillant les 4 héros qui mal réveillés, préfèrent passer par la fenêtre pour se la péter devant les villageois. Assez rapidement, ils ont le dessus sur les malandrins, notamment grâce à d’Artagnan qui a la bonne idée de leur balancer une ruche (un des brigands meurt par allergie). Pendant ce temps, arrivent par le route de Paris des mousquetaires du rang qui font le choix prudent d’avancer groupés et par la route de Calais des gardes du cardinal, menés par Rochefort, ce dernier voulant la peau de d’Artagnan. Le carrefour devant l’auberge devient alors le théâtre d’une grosse baston des familles, à base d’épées et même de foin (quelle violence...), laissant pas mal de monde sur le carreau dont la plupart des brigands.


Mort du brigand avec une ruche lancée par d’Artagnan. Pendant ce temps, les mousquetaires du rang avancent groupés et prudents…

Arrivée des gardes du cardinal avec Rochefort

Les gardes du cardinal commencent à se replier vers l’entrée du hameau et ce qui reste des brigands court à perdre haleine reprendre leurs esprits un peu à l’abri derrière les gardes. L’un d’entre deux décide d’aller chercher du renfort, qui arrivera au tour suivant (6 autres brigands).

Sachant que les mousquetaires vont tenter de rejoindre l’écurie du hameau pour récupérer leurs chevaux, une partie des gardes va saboter les selles de tous les canassons et piquer l’arrière train de celui de d’Artagnan qui s’enfuit en hennissant de douleur… vers le carrefour où un des mousquetaires présent rattrape ce dernier.

Les gardes font barrage devant l’entrée du hameau pour intercepter les mousquetaires qui arrivent


Première baston au carrefour : d’Artagnan à droite se précipite vers le hameau


La mêlée se déplace vers la cour du hameau, les villageois apeurés se réfugient dans leurs maisons. Les mousquetaires passent par derrière un bâtiment et commencent à s’infiltrer dans le hameau. Premier objectif : retrouver à qui ils ont confié les ferrets. Comme par hasard, c’était à la jeune paysanne à qui l’un d’entre eux avait sûrement dû compter fleurette. Mais ce n’était pas un mauvais investissement car elle se transforme vite en alliée de d’Artagnan, distribuant des torgnoles à qui menace sa douce amie, y compris à Milady. Car oui, Milady de Ophélie Winter (en jaune) était planquée dans le village depuis le début avec comme objectif la même obsession que Rochefort : occire d’Artagnan. Mais choisit le mauvais moment pour se dévoiler avec Jussac, elle fut vite mise hors de combat (elle va se prendre une baffe de légende de la nouvelle copine de d’Artagnan). Son âme damnée elle fût un poil plus résistante.

Puis baston dans une maison du hameau où d’Artagnan récupère les ferrets. 

La cour du hameau se transforma alors en tombeau des gardes et des brigands qui, il faut bien le reconnaître objectivement, ont manqué de réussite de manière inhumaine depuis le début de la partie.


Baston finale dans le hameau : les mousquetaires récupèrent leurs chevaux et les pauvres Rochefort et Jussac ne peuvent empêcher leur sortie

Les trois mousquetaires récupèrent leurs chevaux, les montant à cru (voire à deux sur le même cheval), d’Artagnan en tête pour sortir victorieux de ce guêpier, les ferrets en poche. « On les mettra au Louvre, ils seront à l’abri » se dit d’Artagnan sur la route de Paris.

Le combat fut rude et elle fut à l'avantage de nos fiers Mousquetaires.


Traveling arrière : D’Artagnan se barre tranquillou du hameau, les ferrets dans la popoche...

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Nous utilisons toujours la même règle « Et un pour tous ! » (cf. billet précédent), cette fois jouée à six. On a opté pour une activation par carte à jouer (d’Artagnan était l’as de carreau, Rochefort le roi de pique…) et ça marche très bien. Tous les tours étaient donc différents dans l’ordre d’activation, sachant qu’on a joué 10 tours pour un peu plus de 2 heures de jeu.

Cette fois on a appliqué les règles de mouvement au sein d’un groupe : on peut arrêter une fig sans lui faire faire d’action, ce qui oblige ensuite à passer à une autre de son groupe. Mais ensuite, on peut revenir à la première pour la refaire bouger. On peut ainsi voir un groupe traverser toute la moitié de la table sans action, ce qui a laissé sceptiques plusieurs joueurs tant l’avantage est grand. Mais ça a le mérite d’accélérer considérablement la partie.

Autre gros doute : dans une autre version traduite, il y a une table d’effets des insultes qui se résout comme une action contre un personnage (donc avec le risque de le faire tuer!). Là aussi, je serais partisan de ne pas l’utiliser et de ne conserver que l’action.

Notre règle maison « 1 action pour monter sur un cheval sellé » marche bien.

Il faudrait aussi clarifier les règles de recul qui peuvent être objet de contestations. C’est pour cela qu’il nous semble d’un MJ arbitre est indispensable pour que le jeu soit fun : il peut trancher, valider des actions imprévues par la règle, bouger les PNJ et introduire des éléments de scénario.


 



vendredi 2 janvier 2026

L’étroit mousquetaire


Une gente demoiselle (Françoise de Mitout) faisait son marché au village, quand elle fut abordée par le chef des soudards (Gérard Nonce) dont la bande, connue sous le nom de bande à Nonce, se désaltérait dans la taverne du Maître Quanterre donnant sur la grand place.

Avec la délicatesse habituelle qui le caractérise, le chef, surnommé le gros Gégé, fît hurler la jeune dame quand il lui présenta ses compliments tout en lui demandant de la suivre illico derrière l’auberge pour lui présenter le reste... Pas de bol pour Gérard, d’une part les cris de la dame alertèrent les 3 (mais bon 4 quand même) mousquetaires qui déjeunaient à l’étage de la maison principale et d’autre part, elle sortit de ses jupons une rapière dont Gégé ne soupçonnait pas l'existence.

Un peu assoupis par un repas copieux commandé par Porthos, les mousquetaires eurent toutes les peines du monde à sortir du bâtiment, au point que deux d’entre eux, dont d’Artagnan, décidèrent que ça irait plus vite de sauter par la fenêtre vu que Porthos bloquait les escaliers en vociférant que non, il n’était pas gros.

A peine sortis, ils furent repérés par une troupe de gardes du cardinal menés par l’infâme Rochefort, bien décidés à arrêter les mousquetaires en flagrant délit de baston et de trouble à l’ordre public. « Laissez moi ce jeune freluquet ! » exultait Rochefort en désignant d’Artagnan du doigt.


Les gardes du cardinal se montrèrent redoutables, réussissant à blesser Athos et à bloquer d’Artagnan, pas très en forme ce jour là. On les vit escalader des murets et monter sur des tables pour mieux se jeter sur les mousquetaires dans des gestes techniques qui suscitèrent plus d’admiration que de succès. Sur la place du village, on s’envoya des bancs, des pommes et des poissons pas frais. Pire, on se traita de tous les noms de part et d’autres : « freluquet », « malandrin », « faquin » et « daronne » volèrent autant dans l’air que les épées sautèrent des mains. La bande à Nonce finit par sortir de sa torpeur sans trop se presser pour essayer de mettre la main sur la demoiselle qui s’étant réfugiée dans le bâtiment dont les mousquetaires venaient de sortir (après avoir occis un soudard au passage). Porthos, resté dans le bâtiment en raison de sa surcharge pondérale, la prit sous sa protection. Pour résumer, tout le monde tapait sur tout le monde et la place du village fût transformée en vrai champ de bataille au plus grand désespoir des honnêtes commerçants.

Alors que d’Artagnan ferraillait avec Rochefort, un des derniers soudards, profitant que les mousquetaires étaient occupés à neutraliser ses complices, réussit à ceinturer Françoise de Mitout et à l’exfiltrer du village sous les yeux ébahis du public. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants dit-on. Ou pas.


Jouer aux mousquetaires est un vieux projet du club. Profitant d’une commande de figurines (surtout Blue Moon et Northstar gamme 1672) et d’une peinture habilement sous-traitée ces derniers mois, nous avons pu concrétiser ce projet. Le projet initial était de tester la règle En Garde ! (Osprey) ou une adaptation de Song of Blades (Flashing Steel), mais nous avons d'abord testé «... Et un pour tous », une règle courte, gratuite et traduite en français, à l’origine conçue pour aligner les belles figurines Eurêka en 40 mm.


Cette règle est à la fois très simple (par exemple, on ne mesure pas les distances de mouvement, les actions réussissent automatiquement, les personnages n’ont qu’un seul facteur de combat...), très cinématographique (personne ne meurt, on peut monter sur les tables, sauter par la fenêtre, insulter sa cible, on fait un effort pour décrire son action…) et très fluide (on a joué à 4, on ne passe son tour que lorsqu’on sort un 1 aux dés...). Le moteur du jeu est celui des actions : chaque joueur fait une action l’une après l’autre (qui réussit toujours) et lance un dé. Le joueur continue s'il a obtenu de 2 à 6. A la 2e action consécutive de la même figurine, le joueur lance 2 dés. Et ainsi de suite, sans fin… sauf si le joueur obtient un 1 lors d'un lancé de dé, dans ce cas le tour du joueur s’arrête. Donc plus les actions se cumulent, plus le risque d’obtenir un 1 est grand.



La place du village au début de l’action : Gégé est sonné (marqueur rouge) car il s’est pris une grosse baffe de Françoise Mitout (en jaune) et qui s’est enfuie vers le bâtiment où sont les mousquetaires. Les soudards cuvent dans le bâtiment du fond (sans toit) et commencent à sortir. Les gardes du cardinal sont hors champ (avant le pont).



Gros plan sur la cour où Athos vient de sauter de l’étage pour punir le soudard qui a bousculé le pauvre commerçant qui a voulu protéger Françoise (au premier plan, notez qu’elle n’a pas pas l’air contente).



D’Artagnan saute sur une table pour épater la galerie et tenter de fondre sur un garde : aucun effet.



Rochefort vient défier personnellement d’Artagnan après que celui-ci a essayé de lui renverser la table sur la tête, ce qui explique qu’elle soit retournée.



Alors qu’Athos est à terre, Aramis est en fâcheuse posture avec Rochefort et deux gardes dont un

qui grimpe sur le mur.

Un garde est à terre et également un soudard dans le fond.



Porthos est sorti du bâtiment mais comme deux gardes lui tombent sur le paletot, il laisse s’enfuir Françoise qui se fait capturer par un soudard à proximité. Elle est entraînée hors du village (les photos sont trop dures pour être montrées au grand public, mais si vous venez au club, on vous racontera).




vendredi 31 octobre 2025

A l'abordage du Salon


Comme chaque année, nous étions présents au Salon de la Maquette et de la Figurine organisé par le Maquette club kerhuonnais (MCK) pour faire découvrir notre passion du wargame historique. Cela nous permet de discuter autour de l'histoire, des figurines mais également de notre approche en tant que joueur.

 profitons de ces moments-là pour parler avec les autres exposants et découvrir nous aussi de très belles figurines et maquettes.

Nous sommes là pour parler aux visiteurs qui ont toujours de nombreuses questions à poser.

Comme chaque année, nous présentons nos derniers travaux. 


Deux de nos tables, avec bien sûr un côté Terre Mer qui nous caractérise bien.


Les différents travaux qui vont de la Grèce antique à la période napoléonienne.




D'un côté, une présentation fixe avec de la seconde guerre mondiale et de l'autre une bataille antique.



La bataille en question nous montre une confrontation entre Romains et Gaulois.
Un classique dans notre Histoire.

Le salon fut très agréable. Nous avons pu initier et faire découvrir notre passion. Cela fait toujours plaisir de répondre et de donner des idées à de nombreuses personnes.

Vivement l'année prochaine.