Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

dimanche 21 août 2022

13 novembre 1002, le massacre de la Saint Brice


Nous sommes en l'an 1002 et l'Angleterre est sous domination anglo-saxonne depuis de nombreuses années. Elle doit cependant faire face à des invasions nordiques régulières et des colonies danoises se sont établies sur le territoire, créant la province du Danelaw, un siècle plus tôt.
Le Roi Aethelred le Malavisé, ou Ethelred II craint alors que les Danois ne complotent pour prendre le contrôle du pays entier.

Le jour de la Saint Brice, le 13 novembre, Aethelred le Malavisé ordonne le massacre de tous les Danois du royaume d'Angleterre.

Partout, les foules se rebellent contre les nordiques, créant des vindictes populaires à leur encontre et aboutissant à de nombreux massacres.

Des Danois, alors établis à Oxford, tentent d'échapper à la foule en colère et se réfugient dans l'église de Frithuswith...

-

Les défenseurs, ici les Danois, se trouvent au centre de la table de jeu, dans une zone défendue et barricadée autour de l'église de Frithuswith.

Les attaquants, les anglo-saxons, attaquent depuis les bords de table. Chaque tour, de nouveaux renforts saxons arrivent auxquels s'ajoutent les pertes du tour précédent.


OBJECTIFS :

- Les défenseurs doivent tenir 10 tours de jeu pour remporter la victoire sans que l'église ne brûle.

- Les attaquants remportent la victoire si au contraire ils arrivent à incendier l'église dans les 10 tours de jeu impartis.


OBJECTIFS cachés :

- Les défenseurs doivent garder en vie la princesse danoise Gunhilde. Cependant, elle est fière et harangue les hommes à se battre. La princesse danoise Gunhilde ne peut se cacher dans un bâtiment et elle doit toujours être à moins de 2’’ d’un guerrier danois.

- Les attaquants doivent tuer un maximum de civils en privilégiant les femmes et les enfants.


Le 13 novembre 1002, l’ambiance est pesante. De nombreux messagers danois accourent avec la même nouvelle : les troupes d’Aethelred attaquent ! Elles arrivent en masse et tuent tous les Danois sur leur chemin.

C’est la panique.
La majeure partie de la population s’est réfugiée dans l’église et les hommes en âge de se battre ont pris les armes pour défendre le secteur.
Quelques civils errent encore dans la ville déserte, l'église ne peut accueillir plus de réfugiés et les portes ont été scellées.


La population danoise prépare sa défense. Chacun se précipite dans les fourneaux pour récupérer une torche. Le jour se couche lentement et la nuit menace.


Déjà les premières troupes d’Aethelred arrivent, bannière au vent. Heureusement pour les Danois, les champs sont boueux et peu praticables. Les soldats saxons préfèrent prendre les routes, mais cela les avantage. Moins pénalisés que dans la broussaille, ces derniers avancent à vive allure.


Déjà à portée des archers danois, qui surplombent les toitures depuis la tour de guet, les premiers morts saxons tombent sans avoir pu donner de l’épée.


Les troupes saxonnes sont dispersées et encerclent le village.
Tandis que certains entament la traversée du pont…


D’autres coupent à travers champ, sous le regard étonné de quelques pâtures.


Les Saxons sont déjà proches de la première ligne de défense, à quelques mètres seulement du petit talus de pierre qui sert de maigre rempart aux défenseurs.


Néanmoins les Danois se positionnent. Certains occupent déjà des positions défensives pour bloquer les principaux axes de communication.


La première vague d’assaillants saxons subit des revers, les archers danois, précis et efficaces, abattent leurs cibles à la faveur du jour déclinant.
Ce n’est pourtant plus qu’une question de minutes avant que le soleil ne disparaisse à l’horizon…


La princesse Gunhilde exhorte ses troupes à tenir bon. Devant le pont, ses hommes sont déterminés à sauver les villageois d’un massacre assuré.


C'est fait, les assaillants arrivent enfin aux barricades de fortune, les premiers Danois tombent sous le coup des Saxons, furieux d’avoir été tenus à l’écart si longtemps. Le déchaînement de violence et de haine est terrible.
Les troupes saxonnes, nombreuses, déferlent sans discontinuer. Les défenseurs vont finir par être submergés.


Certains Saxons n’hésitent pas à passer par les toits pour se ruer vers l’église. Ils savent que la population s’est réfugiée à l’intérieur et leur objectif est clair : brûler l’église et faire comprendre aux Danois qu’ils ne sont plus les bienvenus sur les terres anglaises !


Bien mal leur en a pris… Les défenseurs n’hésitent pas à mettre le feu à leurs propres bâtisses pour stopper l’assaillant.
Mais la manœuvre échoue dans de nombreux cas.
Dommage, car les brasiers pourraient s’avérer utiles pour les archers lorsque la nuit sera tombée…


Les Danois jettent toutes leurs forces dans la bataille et résistent, encore et encore, face aux coups répétés des Saxons. Il faut tenir, coûte que coûte, et sauver la population prise au piège !


Mais les renforts saxons deviennent trop nombreux, des renforts de cavaliers rejoignent les combats. C’est la fin.
La nuit vient de tomber, les archers danois n’ont qu’une visibilité réduite sur le champ de bataille. Leur position en hauteur n’est plus d’aucune utilité…



La nuit s’annonce sanglante.

Devant l'église, c'est la mêlée générale. Les Danois résistent encore, mais leurs forces s’épuisent tandis que les Saxons sont toujours plus nombreux.
Les Danois auront su préserver l’église jusqu’aux faveurs de la nuit…
Désormais, le reste appartient à l’Histoire…

-

Historiquement, les anglo-saxons ont perpétué le massacre et brûlé l'église, en emportant la princesse Gunhilde dans leur folie meurtrière. Cela a eu pour conséquence d'inciter le frère de cette dernière, Sven à la barbe fourchue, à envahir l'Angleterre par vengeance quelques années après ce funeste épisode...

dimanche 24 juillet 2022

Le Cirque Volant

Quelque part sur le front, fin 1917, ou début 1918, les souvenirs sont flous désormais... Trois biplans français patrouillent.


C'est alors que des appareils allemands apparurent, et choisirent de croiser le fer avec eux. D'après les témoignage recueillis par la suite, c'étaient trois Fokker. Peut être des triplans. Mais est-ce vraiment important ? 

Nous avons présenté cette rencontre hypothétique entre trois Spad XIII et trois  Fokker Dr1 lors de l'édition 2022 du salon Plougern'Ludik à Plouguerneau (Finistère). Ce scénario d'initiation a été joué avec la petite règle "maison" que vous pouvez trouver en cliquant ici.

Nous avions également ouvert d'autres tables pour échanger ou jouer avec les visiteurs autour des règles DBA ou Fighting Sail, ou sur le scénario "Sécession" déjà présenté ici.


Mais revenons à nos moutons...



Les Fokker s'approchent

Les appareils des deux camps cherchent le meilleur angle pour assurer leur attaque

Premiers tirs, un Spad est touché

Alors que le biplan s'éloigne de la mêlée, un triplan explose

Son vainqueur n'a pas le temps de savourer sa victoire, et est mis aussitôt hors jeu

Le combat est désormais à deux contre deux (dont un Français blessé)

Cela fait donc deux duels dissociés, où les triplans semblent prendre l'avantage...

...mais ce serait trop simple, et les chasseurs sont aussi les chassés dans ce combat tournoyant

Même si les occasions ne manquent pas, il faut aussi un minimum de chance

C'est ainsi que le Fokker à robe rouge est touché

...mais, même blessé, ce dernier parvient à abattre un biplan ennemi...

...qui sera rejoint aussitôt par le dernier Spad, ultime victime de l'autre Fokker

C'est ainsi que lors d'une petite partie endiablée les triplans sont restés maîtres du ciel le temps d'un salon.

jeudi 7 juillet 2022

La bataille de Stony Ridge

Quelque part dans le Tennessee au début de l'automne 1863, une armée confédérée et une armée de l'Union se rapprochent l'une de l'autre. Les deux parties sont toujours en train d'explorer les différentes options qui s'offrent à elles, et tentent de prendre les meilleures positions possibles pour le combat à venir.

Afin de gagner du terrain et de reconnaître la position confédérée, le commandant de l'Union ordonne à une division d'avancer sur l'aile gauche et de repousser les éventuelles unités confédérées.

L'aile droite confédérée repose sur une crête plate avec une route assez importante qui la longe. Il y a un certain nombre d'affleurements rocheux le long de la colline. Ici et là se trouve une petite ferme. De nombreux champs sont délimités par des clôtures ou des murets de pierres.

Les Confédérés n'ont qu'une brigade faible et deux batteries dans ce secteur. Les attaquants sont  nettement supérieurs en nombre, mais des renforts confédérés sont en route et attendus prochainement. 

Les régiments confédérés prennent position sur la route sur la crête de la colline.

Le terrain offre une bonne couverture pour les régiments et les batteries.

Cependant, la ligne de front est éloignée.

En arrière-plan, les premiers régiments de l'Union émergent de la forêt et se préparent à attaquer. La tension monte parmi les soldats et commandants confédérés.

Les régiments de l'Union se lancent à l'attaque sur un large front.

Une colonne tente de prendre d'assaut le flanc gauche confédéré, faible numériquement.

Au centre, de nombreux régiments de l'Union s'organisent pour une attaque. Cependant, la place exiguë gène la manœuvre.

Une autre colonne se prépare à prendre d'assaut l'aile droite confédérée.

Les avant-postes confédérés sont repoussés vers le haut de la colline par les forces supérieures en nombre de l'Union.

L'aile droite des confédérés est dans une situation désespérée. Plusieurs régiments de l'Union chargent la colline.

La batterie confédérée isolée est dépassée.


L'aile gauche n'a pas pu résister à l'assaut de l'Union. La batterie est perdue. L'infanterie est repoussée dans le terrain rocheux.

Le régiment confédéré, à l'extrême droite de l'action, lance une contre-attaque par-dessus le mur de pierres et écrase complètement le régiment adverse.

Complètement isolé des autres troupes confédérées, ce régiment
 (en bas à droite sur la photo) tient seul sa position sur l'arrière des forces ennemies, et fait peser sur elles une menace constante qui fixe certaines troupes de l'Union.

Pendant ce temps, les réserves confédérées arrivent sur le champ de bataille. Certaines interviennent sur le flanc gauche confédéré. Les autres prennent la route et aident à repousser l'attaque de l'Union contre le centre.

Les Confédérés affaiblissent considérablement les troupes de l'Union sur l'aile gauche et parviennent à les repousser complètement, malgré de lourdes pertes.

Pendant ce temps, les régiments de l'Union se sont reformés au centre pour attaquer. Sous le feu nourri de l'infanterie et surtout de l'artillerie adverse, certains régiments de l'Union doivent interrompre l'attaque et se retirent durement battus.

Les régiments restants de l'Union, défaits également, sont écrasés par les Confédérés, qui escaladent la clôture et dévalent la colline avec un hourra.


Le moment était donc venu où les forces de l'Union avaient subi des pertes si lourdes qu'elles avaient décidé de se retirer sur tout un front. Malgré des pertes tout aussi importantes de leur côté, ce fut finalement une nette victoire pour les Confédérés.





Stony Ridge a été le premier scénario terrestre avec figurines de la guerre civile américaine jamais joué au JHP. C'était aussi le premier jeu à utiliser les règles Rank & File de Mark Sims (Crusader Publishing, Royaume-Uni). Les joueurs ont su assimiler rapidement les règles et ont pu manœuvrer véritablement avec leurs troupes. C'était très amusant pour tout le monde.