Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

dimanche 24 novembre 2024

Les otages de Guillaume




1066, après la défaite des troupes royales anglaises à Hastings, les villes de Douvres et de Londres remettent à Guillaume de Normandie plusieurs nobles en tant qu’otages.

Guillaume garde alors ces hauts personnages avec lui, en attendant de les ramener en Normandie, afin de s’assurer la bonne coopération des élites anglaises et soumettre les régions problématiques.

Dans une position tenue secrète, le manoir de Hugues de Montfort, il charge ses meilleurs compagnons d’armes de s’occuper du transfert des prisonniers vers la Normandie.

Mais la noblesse anglaise ne l’entend pas de cette oreille. Des espions anglais ont découvert la manœuvre, et une petite force anglo-saxonne arrive sur place pour récupérer les otages au nez et à la barbe de Guillaume.

Morts, les otages ne sont plus intéressants pour le nouveau Roi d’Angleterre, pire, cela pourrait amener des révoltes dans ces régions déjà difficiles à tenir. Il lui faut à tout prix envoyer ces otages à l’abris en Normandie, coûte que coûte, pour s’assurer le maintien de l’ordre dans les terres anglaises…

Pour jouer cette bataille, nous utiliserons la règle Pillage de Guillaume Rousselot, qui sera également le maître du jeu durant cette partie et le créateur du scénario. Des personnages apparaissant sur la table de jeu apporteront une dimension "jeu de rôle" à cette bataille.


Les objectifs Normands sont de défendre la place du manoir et faire en sorte d'être les plus nombreux dans l'enceinte à la fin de la bataille. Ils doivent également exfiltrer les otages Anglais vers la Normandie.
En objectif caché, ils ont également pour but d'exfiltrer Guillaume avec les otages.

Les objectifs Anglo-Saxons sont de prendre la place du manoir et de récupérer les otages.
En objectif caché, ils ont également pour but d'incendier le manoir d'Hugues de Montfort.

Alors que les saxons se déploient de part et d’autre du manoir d’Hugues de Montfort, Guillaume, accompagné de ses cavaliers et de quelques otages, se précipite au galop pour rejoindre la sécurité de l’enceinte du manoir. 

De l’autre côté du champ de bataille, c’est le seigneur Robert de Beaumont qui tente de faire la jonction avec le manoir, afin d’escorter les otages jusqu’en lieu sûr pour leur départ vers la Normandie.

A l’intérieur du manoir, le convoi contenant les otages est sous bonne garde et s’apprête à partir sans attendre mais un émissaire anglais se présente à l’entrée. Il demande à parler au seigneur de Montfort. Ce dernier accepte. Il y aurait, parmi les otages, un noble anglais qui serait prêt à trahir en échange d’un titre et d’un domaine en Normandie.
Hugues de Montfort accepte la proposition. En échange, l’otage lui indique la position des renforts Anglais avec le seigneur Leofric à sa tête. Ils arriveront par le nord, proches des cavaliers de Guillaume qui arrivent…

Dans l’enceinte du manoir, Hugues de Montfort harangue ses hommes. Il sait que la lutte à venir sera difficile et qu’il devra lutter à 1 contre 2 avant l’arrivée des renforts.

Tandis que les premiers anglo-saxons arrivent à proximité du manoir, un arbalétrier, positionné à l’étage, décoche son premier carreau et blesse mortellement l’un d’entre eux, versant du même coup le premier sang de la bataille. 

La cavalerie de Guillaume s’est regroupée et s’est rapprochée de l’enceinte du manoir dans une cavalcade tonitruante, laissant derrière elle un épais nuage de poussière.

De leur côté, les saxons s’approchent dangereusement de l’enceinte du manoir. Les hommes de Hugues de Montfort tentent de barrer les accès au manoir en déplaçant une charrette. 

Pendant ce temps les otages s’apprêtent à faire la jonction avec les hommes de Beaumont.

Côté saxon, un petit groupe d’archers se détache pour menacer les Normands et essayer de faire de l’attrition avant de lancer l’assaut, éliminant un arbalétrier normand.

Les renforts de Leofric arrivent enfin pour menacer l’arrière de la cavalerie normande. Ils ont avec eux deux cavaliers qui partent au-devant des troupes, en éclaireur.

Le reste des Saxons est désormais juste à l’entrée du manoir. Plus que quelques pas, et ils entreront dans l’enceinte… Les normands les y attendent de pied ferme.

Une troupe Anglo Saxonne s’approche également de l’entrée sud du manoir, arrivant dans le dos de la caravane des otages. Les libérateurs arriveraient ils enfin ?

A l’approche du manoir, les cavaliers de Guillaume essuient une pluie de flèches qui sera mortelle pour l’un d’entre eux. L’otage qu’il transportait tombe au sol sans se blesser. Un autre cavalier pourra facilement le récupérer.

Ça y’est ! Les premiers saxons entrent dans la cour du manoir. D’autres s’en prennent à un arbalétrier qui défendait la zone et l’élimine facilement. Les Normands commencent doucement à être submergés.

Les troupes de Beaumont arrivent pour prendre à revers les saxons et les empêcher de fondre sur la caravane et les otages. Il faut à tout prix les garder et les amener en lieu sûr en Normandie.

L’arbalétrier Normand, en haut du manoir, continue de faire pleuvoir la mort chez ses ennemis en éliminant un autre guerrier saxon tandis qu’un mur de boucliers normand se forme pour protéger l’un des accès au manoir.

Les saxons entrent dans l’enceinte et des corps à corps sanglants s’engagent. Partout résonne le bruit des armes qui s’entrechoquent. Gospatrick, armé de sa hache danoise, s’enfonce profondément au cœur de la mêlée.

Les troupes de Leofric empruntent un sentier et se dirigent vers un paysan anglais apeuré. L’un des guerriers discute avec lui et le persuade d’entrer en rébellion contre la présence normande. Le paysan, convaincu, part chercher des renforts dans sa demeure et sortent alors trois paysans, armés de lances, qui s’ajoutent à la troupe de Leofric.

A peine sortis de la grange, les paysans s’en prennent à un cavalier normand, aidés par l’un des cavaliers de Leofric, récupérant au passage l’otage que ce dernier transportait, ligotée sur son cheval. 

Dans l’enceinte du manoir, c’est la mêlée générale. Les guerriers normands se précipitent au secours des défenseurs pour tenter de contenir la marée saxonne de Gospatrick qui débarque.

Au cœur du manoir, Guillaume, accompagné du restant de ses cavaliers, continue sa cavalcade et récupère la route pour essayer d’avancer plus vite encore. Son objectif est de garder un maximum d’otage et de rejoindre la Normandie avec eux.

Côté normand, Beaumont part également à la rencontre de la paysannerie locale et parvient à les convertir à la cause normande. Ce sont trois paysans qui rejoignent ses rangs et qui se mêleront désormais au désordre ambiant.

C’est ce moment qu'a choisi prêtre anglais, qui se cachait de la bataille dans des fourrés, pour sortir de l’ombre. Cet étrange personnage semble faire des signes aux troupes normandes qui l’ont aperçu et qui se dirigent vers lui. 

Dans l’entrée est du manoir, un combat s’engage. Les normands, mieux protégés, tiennent bon mais pour combien de temps encore ?

Du côté de Beaumont, les troupes se détachent pour former une haie protectrice au convoi des otages qui, pour le moment, ne semblent pas inquiétés par l’attaque saxonne. 

Dans l’enceinte du manoir, Gospatrick fait un carnage dans les rangs normands. Les saxons prennent pied dans l’enceinte pour ne plus jamais la quitter.

Leofric, motivé par le son de son cor de guerre, pénètre lui aussi dans l’enceinte du manoir. L’étau se resserre pour les défenseurs qui se sentent acculés.

Gospatrick le saxon profite de la mêlée générale pour se détacher du groupe et tenter d’incendier le manoir de Hugues de Montfort, en vain.

Au sud, la discussion s’engage avec le prêtre sorti des bois mais ce dernier n’est pas convaincu par l’argumentaire Normand. Il campe sur ses positions et cela agace particulièrement ses interlocuteurs. L’un d’eux, passablement agacé, le menace de lui trancher la tête s’il ne révèle pas d’informations intéressantes sur le champ. Le prêtre s’exécute et pointe du doigt un arbuste jaune au loin. « Ici vous trouverez un passage souterrain qui vous mènera au loin ». L’information est immédiatement donnée à Guillaume de Normandie qui y voit l’endroit idéal pour prendre la fuite, accompagné de ses otages.

Pendant ce temps un nouveau combat s’engage, cette fois entre les troupes de Gospatrick et celle de Beaumont. C’est l’affrontement qui empêchera Gospatrick d’atteindre le convoi des otages, laissant s’échapper les nobles anglais vers le continent.

Maintenant entièrement focalisés sur la prise du manoir, les saxons continuent de pousser. Mais c’était sans compter la détermination de l’arbalétrier, toujours juché au sommet du manoir, continuant de faire pleuvoir la mort et abattant un archer ennemi d’un carreau en pleine poitrine.

Les guerriers d’Aelfric, voyant s’enfuir le convoi, redoublent d’effort et éliminent une grande partie de leurs opposants normands, dans une rage sanguinaire ! 

Mais alors que Guillaume apprend qu’il peut s’échapper par un passage dérobé, il tombe sur une embuscade de guerriers saxons qui attendaient son passage de pied ferme !
Il s’agit des troupes d’Eadric qui se précipitent autours de lui pour le désarçonner. Mais c’était sans compter l’adresse de Guillaume et sa combativité. Le futur roi d’Angleterre tient bon et fait cabrer son cheval afin de repousser ses adversaires et s’échapper de l’embuscade.

Les cavaliers détachés de Guillaume terminent leur travail en anéantissant l’archerie adverse, non sans mal toutefois.

Guillaume, libéré de ses attaquants, s’engouffre entre les murets avec pour objectif de s’échapper avec ses otages par le tunnel secret. En l'absence de menace immédiate, il y parviendra surement. 

Les saxons, parvenus au centre du manoir, finissent par y mettre le feu, mettant ainsi un terme à la bataille.

Les otages seront bien exfiltrés par Guillaume et ses hommes et arriveront sains et saufs en Normandie. Cela fera taire, pour un temps, les nobles Anglais et Guillaume sera couronné roi d’Angleterre, bien que la conquête définitive du territoire soit une autre paire de manche…
Quant aux saxons, la bataille leur laisse un goût amer. Ils n’ont pas réussi à récupérer les otages, sauf un, mais ont bien réussi à déloger Hugues de Montfort du manoir qu’il s’était approprié.
Les traitres qui se sont révélés durant la bataille seront durement châtiés avant que les troupes de Guillaume ne reviennent prendre le contrôle du territoire… 

lundi 8 avril 2024

21 avril 1809 - bataille de Laichling

Le 10 avril 1809, désireux de reconquérir une part de son influence perdue, l'empire d'Autriche profite qu'une partie des armées françaises soient engagés en Espagne pour déclarer la guerre à la France et envahir la Bavière, puissant allié de la France. Mais la réaction de Napoléon est immédiate. En à peine quelques jours, les forces franco-bavaroises se sont remis de la surprise initiale et ont émoussé l'impétuosité autrichienne. La campagne est désormais en balance.  
 







  
Pour les deux camps, les renseignements sont rendus imprécis de part la configuration du terrain, la relative proximité des troupes et la rapidité d'évolution des évènements. Napoléon, pensant ainsi faire face avec son armée au gros de l'armée autrichienne devant Landshut, ordonne à Davout, à la tête du IIIème corps d'armée, de balayer les troupes ennemies restant au sud de Ratisbonne.

Deux jours auparavant, Davout avait remporté une victoire d'importance à Teugen-Hausen face aux troupes autrichiennes. Il va se rendre compte que l'Empereur a fait une erreur magistrale. Bien loin de quelques bataillons amoindris, Davout s'avance au devant d'une forte position autrichienne.

       









Pour rejouer cette bataille, nous utiliserons la règle Blücher de Sam Mustapha et le scénario proposé sur le blog Tales from a wargame shed.
 
L'objectif pour les deux camps est de s'assurer le contrôle des localités de Laichling, qui ouvre la route vers Eckmühl plus à l'est, et d'Ober-Sanding, plus au nord et sur la route de Ratisbonne.
A l'arrivée du troisième corps d'armée français, renforcé par la 3ème division bavaroise, les hommes du
IVème corps du maréchal Von Rosenberg contrôlent déjà Unter-Laigling et les hauteurs plus à l'est.

La manœuvre de Davout est assez simple : attaquez au plus vite avant l'arrivée des renforts autrichiens. Pour cela, les Bavarois sur son aile droite doivent longer le Danube et attaquer le flanc autrichien par le sud. La 2ème division, commandée par Friant, partira au nord pour s'emparer d'Ober-Sanding et couvrir le flanc gauche français. Davout avec l'artillerie et la 4ème division attaquera au centre le bourg de Laichling

Rapidement les Français s'avancent aux abords d'Unter-Laichling où un régiment autrichien est retranché.

Pendant que les cavaliers de Seydewitz partent à l'assaut de l'aile droite autrichienne ...
 
... une charge combinée du 3ème et du 57ème régiment s'organise sur Unter-Laichling.

Plus au nord, l'essentiel de la division Friant se présente devant Ober-Laichling et l'aile droite ennemie ...
 
... pendant que 2 régiments sont envoyés pour prendre le contrôle d'Ober-Sanding.

A Ober-Laichling, si la charge française a permis de repousser dans un premier temps les troupes autrichiennes, les soldats du 57ème de ligne n'ont pas le temps de prendre pied dans la ville qu'ils subissent une contre-attaque violente et doivent abandonner les lieux au profit du 22ème RI autrichien.

Face à ce revers et à l'échec de la tentative de reprise de la ville, Davout change de tactique en privilégiant désormais sa puissance de tir, et la qualité de ses tirailleurs, plutôt qu'un affrontement frontal.

Côté autrichien, l'espoir renait avec l'arrivée des premiers renforts : la brigade von Kayser,
détachée du IIIème corps, arrive de l'est en direction d'Ober-Laichling
où les troupes françaises n'ont pas encore eu le temps de se retrancher.

Au sud, les Bavarois du lieutenant général Deroi ont brillé. Ils se sont non seulement emparés d'une batterie d'artillerie mais ont également repoussé les troupes adverses.
Ils menacent désormais les hauteurs de Laichling et le coeur du dispositif de Von Rosenberg.

A Ober-Sanding, les Français ont pris pied dans la ville et, avec le renfort de la cavalerie,
affrontent l'infanterie de Von Kayser et parviennent à repousser leurs adversaires.

Du côté d'Ober-Laichling, si les tirs ont permis de mettre en déroute un régiment ennemi, il devient urgent de s'emparer de la ville avant l'arrivée des deux régiments de la brigade Von Bieber arrivée en renfort.

L'assaut est conduit par le conduit 3ème régiment de ligne soutenu par les hommes du 111ème.
 
Cette fois, les autrichiens ne parviennent pas à repousser l'assaut français et doivent se retirer.
Les hommes de Davout prennent position dans Ober-Laichling.

Ober-Sanding est sous contrôle ; Unter-Laichling est certes encore occupée par les Autrichiens mais ceux-ci vont devoir évacuer la ville s'ils ne veulent pas être encerclés par le mouvement des troupes bavaroises ; la prise d'Ober-Laichling, associée à l'arrivée des renforts de la division de réserve de Demont scelle donc la victoire française.

vendredi 29 mars 2024

Libération de Brest - À l'assaut de la colline 154 !

Été 1944 : après le succès du débarquement, les troupes américaines pénètrent en Bretagne. En quelques jours, elles s'emparent de Rennes et de l'essentiel de la région. Les ordres allemands sont de tenir jusqu'au dernier homme les principaux ports bretons. Saint-Malo, Lorient et Brest sont érigés en forteresse !

Au sud-est de Brest, la presqu'ile de Plougastel est une clé de la défense de Brest de part la vue qu'elle offre sur la cité et son port : une position idéale pour diriger les tirs d'artillerie. La ligne de défense allemande court depuis Daoulas au sud jusqu'aux rives de l'Elorn où se dresse la colline 154 ainsi désignée sur les cartes américaines. 

Située à proximité du hameau de Kerudu sur la route reliant Plougastel à Landerneau, ...

 ... l'emprise est lourdement protégée : blockhaus bétonnés, réseaux de tranchées, barbelés, mines ...

La prise de ce point stratégique incombe aux hommes du 3ème bataillon du 38th Infantry (2nde division d'infanterie) commandé par le lieutenant-colonel Olinto M. Barsanti. Le 22 août 1944 en début d'après-midi, l'attaque commence.

Pour jouer cette bataille, nous utilisons la règle Bolt Action.

Pendant que les troupes américaines se déploient à l'est de la colline ...
 
... l'alerte est donnée dans le camp allemand. Les ordres sont simples pour les soldats
de la 266. Infanterie-Division renforcés par des paras de la 2. Fallschirmjäger-Division :
il faut tenir à tout prix.
 
Les Allemands ont à peine le temps de se retrancher
qu'un violent tir de préparation sature bientôt la colline d'obus explosifs.

L'attaque est lancée et les premières troupes américaines s'avancent sur le plateau. Elles sont aussitôt accueillies par un tir de mortier bien réglé qui provoque les premières pertes alliées.

Mais l'observateur d'artillerie américain a pu repéré la position du mortier allemand
et ordonne un tir de réaction immédiat.

La précision des artilleurs américains est redoutable !
Dès les premiers obus, les servants de la pièce allemande sont atteints et le mortier est rendu inopérant.

Pendant ce temps, un Stuart de reconnaissance s'avance sur la route de Plougastel,
aux devants d'un groupe de bretons fuyant la région à l'approche des combats.

Bien inspiré, le chef de char profite de cette rencontre pour recueillir quelques renseignements. Malgré la barrière de la langue, il parvient à récolter des informations précieuses quant aux dispositifs de défense allemands et notamment leurs champs de mines.

Sans doute trop confiant après cette échange fructueux, il n'hésite pas à progresser en profondeur le long de l'axe routier et se fait bien vite stopper dans son élan par un tir de canon automoteur allemand.

Pendant ce temps, et malgré un bombardement en provenance des batteries de Kerjean à Kerhuon et des pièces d'artillerie de la Pyrotechnie au nord de l'Elorn qui les ralentit quelques instants, les hommes des compagnies I et L s'avancent vers le hameau de Kerudu ...


... provoquant le repli d'un puppchen, qui aurait été de toute façon peu efficace face à ces unités d'infanterie.

Progressant désormais en terrain dégagé, les américains opèrent des tirs de fumigène
en avant des positions allemandes afin de limiter leur capacité d'action.

Les fantassins américains progressent vers les premiers bâtiments du hameau ...

... mais une section subit les tirs combinés des soldats embusqués dans la ferme et d'un Panzerschreck !?!?
Face aux pertes subies, les GI's doivent se replier et évacuer leurs blessés.

Ils sont très vite remplacés sur le terrain par une autre section qui part aussitôt à l'assaut du corps de ferme.
Le combat est féroce et si l'unité allemande est anéantie, la section américaine a elle aussi subi de lourdes pertes et doit se retrancher dans le bâtiment en attendant d'être secourue et renforcée.

Alors que le Marder s’apprêtait à renforcer le dispositif central allemand,
un vrombissement reconnaissable se fait entendre dans le ciel breton.
Le chasseur-bombardier américain pique immédiatement vers le blindé ennemi.

Dans le même temps, des éléments de la compagnie L, à gauche du dispositif américain,
se lancent à l'assaut d'une position tenue par des paras allemands ... 

... et prennent pied de l'autre côté de la haie pour faire prisonnier les Fallschirmjäger survivants. Si le tir de l'aviation n'était pas parvenu à endommager le blindé mais avait juste atteint le moral de son équipage, cette arrivée subite d'ennemis juste dans le dos du Marder provoque la panique de ce dernier.

Le blindé fuit alors vers Kerudu avec le fol espoir de pouvoir se retrancher sur la colline.
Mais les troupes américaines se sont déjà rendues maîtres du hameau et ont débuté leur assaut final.

Profitant que les fumigènes limitent grandement l'action des dernières forces allemandes retranchées,
les renforts américains s'avancent à proximité immédiate de la colline.

 La section du sergent Alvin Carey n'est désormais qu'à quelques mètres des tranchées ennemies
mais est ralentie par les barbelés et la mitrailleuse allemande dans le bunker ...

Sur la base des renseignements recueillis auprès des réfugiés bretons,
le sergent sait que ce secteur n'a pu être correctement miné.
Il n'hésite pas à sortir de son couvert pour s'approcher seul de l'abri bétonné.
Il est alors pris sous le feu d'un fantassin allemand.

Grièvement blessé, il parvient néanmoins à jeter ses grenades vers l'embrasure du blockhaus. Miraculeusement, l'une d'elle atteint sa cible et explose à l'intérieur de l'abri faisant taire définitivement
la mitrailleuse et ouvrant la voie aux américains pour la conquête ultime de la colline 154. 

Le temps nous a malheureusement manqué pour aller au bout de ce scénario historique.
En réalité, la bataille dura jusqu'au 23 août à 15h et nécessita le soutien de tanks destroyers du 705th TD bataillon pour anéantir les derniers abris bétonnés. L'acte d'héroïsme du sergent Carey lui valu l'attribution de la Medal of Honor à titre posthume. Le 3ème bataillon du 38ème régiment d'infanterie reçut une citation "pour son comportement remarquable au combat" lors de la prise de la côte 154.