Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

mardi 11 septembre 2018

De la pertinence de l'éléphant


Les salons du jeu ou de la maquette nous permettent de partager notre passion pour le jeu d'histoire avec un public, qui, très souvent, en ignorait jusqu'à l'existence. Nous essayons donc d'attirer les curieux par des tables séduisantes et des systèmes de jeux accessibles immédiatement.

Le naval est une valeur sûre. Les modèles de voiliers au 1/1200 attirent l’œil facilement, et les scénarios sont rapides à dresser. Pour le terrestre, il faut quelque chose de percutant.



 
Et quoi de plus percutant qu'un éléphant ? C'est le choix que nous avons fait pour participer à cette nouvelle édition de la Fête du Jeu à Plouvorn (29).



Cette manifestation est organisée par l'association Troadé et offre à de nombreux auteurs l'occasion de présenter leurs nouvelles créations et de participer au "Trophée des auteurs de jeux". De plus, de nombreuses animations pour tous les types de publics sont proposées par des associations. Parmi elles, nous étions présents, avec nos éléphants.


Nos tables : du naval, de l'aérien et, tout au fond, du terrestre

 

Nous avons utilisé la règle navale Fighting Sails, parfaitement adaptée pour ce type de démonstration lors des salons.


Pour l'aérien, nous avons préféré notre petite règle maison disponible sur ce blog. Ici, pas de simulation technique ou de considérations complexes, la priorité est le jeu.

Mais revenons à nos éléphants...

Nous sommes au temps d'Alexandre le Grand. Chandragupta Maurya a unifié les royaumes du nord de l'Inde. Même le royaume de Paurava qu'Alexandre avait soumis après la bataille de l'Hydaspe est désormais intégré à un empire maurya triomphant !

En -305, Séleucos, l'un des successeurs du Conquérant, décide de reprendre les territoires perdus. De cette campagne, nous ne connaissons aucun détail. Le scénariste dispose donc d'une formidable liberté pour interpréter et jouer ces évènements.

Les joueurs disposent chacun de 26 figurines. Le vainqueur est celui qui prend le général ou 10 plaquettes à son adversaire. Nous utilisons la règle maison disponible ici. Le plateau fait 120 cm sur 60 et ne compte pas moins de 10 pachydermes.


La bataille commence, le joueur maurya dispose de 6 éléphants contre 4 pour le Séleucide
 Les pachydermes indiens se scindent sur les ailes
 Sur la gauche des Séleucides, les auxiliaires perses tentent de fixer et de contourner la menace
 Sur l'autre aile, un choc terrible se prépare...
 ...alors que les deux centres se rapprochent lentement
 Le général maurya sur son char souhaite participer activement à la mêlée
Les arrogantes troupes légères perses ne pèsent pas lourds face aux mastodontes
La curée est déclenchée au centre
Sur la droite séleucide, les combats s'éternisent, le général maurya piaffe d'impatience...
...il craque, il fonce et se jette dans la bagarre...
Un éléphant séleucide est encerclé, la bête panique...

...et le pachyderme écrase le peu inspiré général, offrant la victoire aux Séleucides. Ainsi s'achève cette partie, qui explique peut-être pourquoi les détails des évènements de ce conflit ne nous sont pas parvenus dans le détail.

vendredi 7 septembre 2018

Convoi pour Lae


Fin 1942, l’armée impériale japonaise a abandonné l’idée d’envahir l’Australie et s’est tournée vers la Nouvelle-Guinée. Des têtes de ponts sont établies mais la percée attendue par l’état-major impérial se heurte à la résistance acharnée des troupes australiennes et américaines qui reprennent même l’initiative et repoussent inexorablement l’armée japonaise vers la mer.



Début janvier 1943, des transports de troupes quittent Rabaul, la base principale japonaise, pour renforcer les derniers îlots de résistance contre les alliés.

Le convoi est repéré par des hydravions de reconnaissance australiens. L'ordre est donné aux 7ème et 39ème Fighter Squadron de l’US Air Force de le détruire. Par contre, le convoi est protégé par les chasseurs du 11ème Sentai, basés à Lae, en Nouvelle Guinée. 

 


Pour cette partie, la mission des japonais est de détruire les chasseurs bombardiers P-400 du 7ème FS, alors que les américains doivent faire traverser la table à ces mêmes avions. 

Les P-400 se dirigent vers leur cible, pour l’instant hors de la table de jeu. Ils sont couverts par une paire de Lockheed P-38 Lightning, alors que deux Chutai de Ki-43a se dirigent vers eux. Une troisième patrouille de chasseurs japonais, des Zéro cette fois, sont en pleine ascension pour en découdre et essayer ainsi de protéger les précieux transports de troupes.


L’escorte de Lightning, devant le nombre imposant de cibles qui approchent décide de se concentrer sur les 3 Zéro qui arrivent en espérant les coiffer avant qu’ils ne puissent contacter les bombardiers.

 
Cette première phase d’approche place les chasseurs américains en bonne position derrière les Zéro qui ont gagné de l’altitude. Néanmoins, les chasseurs japonais, dans une manœuvre totalement déloyale, ont su éloigner la patrouille de couverture des chasseurs bombardiers qu’ils devaient protéger. 

Les Américains sont bien plus directs : ils foncent droit vers leur cible, sans chercher la moindre tentative d’évitement ou entamer de manœuvres complexes.

 
Les Japonais, quant à eux, sont très subtils (trop ?) et pensent évidemment à une feinte. Les deux chutai continuent tout droit et laissent un espace entre eux qui permet aux P-400 de s’engouffrer dans la brèche sans avoir subi un seul tir !

Se rendant compte de la vile tromperie occidentale, les Oscar tentent le tout pour le tout et manœuvrent plus ou moins acrobatiquement pour se remettre dans le sens de la marche. Pas de collision, mais…


… la manœuvre est bien trop tardive et seule une des deux escadrilles de Ki-43 reste en position d’interception.


De l’autre côté de la table, le combat entre les Zéro et les Lightning n’a donné aucun résultat. Les avions japonais ont fait demi-tour et essaient de rejoindre la zone de combat, poursuivis par des P-38 plus rapides et mieux armés.

 
Les P-400 décident alors de virer pour reprendre leur direction initiale et faire cap vers les transports de troupes qu’ils aperçoivent à l’horizon. Ils arrivent ainsi dans les collimateurs du seul groupe de chasseurs japonais en situation de faire feu. Malheureusement pour les pilotes nippons, ils anticipent une fois de plus une manœuvre subtile américaine qui ne survient pas. Les Zéro se retrouvent alors positionnés devant les P-400. 

  
Les Américains font preuve d’une redoutable efficacité et touchent un des Ki-43.


Emportés par leur vitesse et obnubilés par leur mission, les P-400 passent en trombe devant les Oscar qui réussissent à toucher un des chasseurs bombardiers qui encaisse les coups .


Après plusieurs tirs infructueux, sauvés par l’habileté de leurs pilotes et la robustesse de leurs avions, les P-400 américains sortent de la carte pour aller bombarder les transports de troupes ennemis. La mission est un succès pour eux. A leur retour ils revendiqueront 7 avions japonais descendus et 3 transports coulés !


Les pilotes nippons, à court de munitions ou ayant subi de nombreux impacts rentreront également tous sur Rabaul, en revendiquant aussi 5 chasseurs américains ! 


La victoire américaine est très nette, la mission est parfaitement accomplie. Mais pour la première fois depuis de nombreuses années au club, la soirée se termine sans victime ! Habileté dans l’esquive ou maladresse des tirs ? Affaire à suivre !

dimanche 19 août 2018

Sacile, 16 avril 1809



L'Autriche déclare la guerre à l'Italie le 9 avril. Le lendemain, le royaume de Bavière est envahi et les troupes autrichiennes commencent à s'installer en Italie.



Devant la rapide avance ennemie, les troupes franco-italiennes se replient dans un premier temps derrière le Tagliamento, puis derrière la Livenza. Le 16 avril, contre l'avis de son état-major et en infériorité numérique manifeste, Eugène de Beauharnais, vice-roi d'Italie (et beau-fils de Napoléon), ordonne de stopper les Autrichiens sur la rive gauche de la Livenza, à Sacile.
Une vue du champ de bataille, Sacile étant au premier plan. Les Français sont déployés tout le long du côté droit. Pour l'instant, seul le VIII Armeekorps commandé par Albert Gyulai est visible des Franco-italiens dans le coin opposé à Sacile. Le IX A.K. de son frère Ignácz ne doit pas être loin. Quant à l'archiduc Jean, il est encore à la messe.

Les deux armées ont un objectif similaire : être maître du terrain.

La 3ème division de Grenier attend les ordres d'Eugène
Sur l'aile droite, l'infanterie de la 1ère division italienne se met en colonne de marche
Le VIII A.K. s'approche, les adversaires n'étant séparées que par les villages de Palce et Porcia
Les Autrichiens se déploient rapidement en prennent position autour de Porcia
Sur la gauche franco-italienne, la cavalerie légère s’apprête à reconnaitre le secteur de Vignovo...
...et tombe sur tout le IX A.K. prêt à en découdre
 Sur la gauche autrichienne les combats font rage
La ligne italienne a investi Ronche, et parvient à repousser des Grenzer
 Sur l'autre aile, les chasseurs à cheval rencontrent les hussards autrichiens devant Vignovo...
...et libèrent un détachement qui vient prendre à revers l'artillerie ennemie, ajoutant à la confusion
A ce stade, nul ne semble véritablement prendre le dessus
Après avoir affaibli l'aile droite franco-italienne, le VIII A.K. opère un léger replis, en ordre...
...et se redéploie à l'abri de son artillerie
D'ultimes tentatives de rompre la ligne ennemie échouent, chacun reste désormais fort sur ses positions

La partie s'achève sur un match nul, mais c'est un échec pour Eugène, qui n'aura pas su défaire l'armée autrichienne. Historiquement, les Franco-italiens ont cédé la place aux envahisseurs, et pourront relancer une contre-attaque victorieuse quelques jours plus tard.

dimanche 12 août 2018

L'Amourrou à mater


Au cours de l'an 8 de son règne, Ramsès II lance une nouvelle expédition militaire afin de reprendre les villes qui avaient redonné leur allégeance aux Hittites après la bataille de Qadesh. La campagne est un succès. L'armée de Pharaon stationne dans la vallée de l'Oronte, et reçoit la soumission des cités de Tunip et de Dapour. L'Amourrou n'est plus soumis à l'emprise hittite.

La région est loin d'être pacifiée, et les troubles reprennent aussitôt dans ce secteur disputé par les deux grands empires. Deux ans après leur précédente campagne, les Égyptiens doivent de nouveau intervenir et reprendre les cités félonnes.


Pharaon, à la tête de son armée, reprend la route du nord par la route littorale. Après avoir franchi la "rivière du Chien" (Nahr el-Kalb, dans le Liban moderne), il est surpris par une armée ennemie qui lui fait face. Si Ramsès doit vaincre à tout prix, il ignore que l'objectif de son adversaire n'est que de le ralentir et de l'épuiser, le temps que les cités révoltées se préparent pour l'accueillir comme il le mérite...


Les Égyptiens sont déployés en trois colonnes, comprenant chacune des chars, des archers et des lanciers. Les rebelles disposent d'effectifs similaires mais articulés seulement en deux corps. Pour vaincre, il leur faut détruire un minimum d'adversaires avant de se replier vers le village.

Les rebelles sont confiants et prêts à en découdre
Sans aucune hésitation, ils se ruent sur l'envahisseur
 Les chars égyptiens se détachent des colonne et foncent vers l'aile gauche adverse
 L'infanterie tente de faire barrage...
...et s'interpose entre les cavaliers des deux camps
Les chars rebelles s'approchent, tirent et décrochent...
 ...attirant dans leurs sillages les chars égyptiens qu'ils espèrent isoler
Le centre est livré à la seule infanterie
 Les archers égyptiens prennent l'avantage
...et les chars continuent de manœuvrer sur les ailes
Les conducteurs rebelles sont désorientés et scindent leurs forces
 Les Égyptiens en profitent et fondent, tels des vautours, sur les piétons adverses
Les tirailleurs sont bousculés, rattrapés, détruits...
 ...puis vient le tour de l'infanterie moyenne, fixée par les archers
 Au centre, les troupes de Pharaon repoussent les dernières poches de résistance...
 ...alors que se déroule un ultime face à face entre chars de guerre

Ramsès II est encore victorieux. Les cités indociles de Tunip et de Dapour ne disposent plus désormais que de leurs maigres garnisons et de leurs pauvres murs pour les protéger de Pharaon. Cela ne devrait pas poser de problème à Ramsès. Il fera dresser une nouvelle stèle sur les bords du Nahr el-Kalb pour rappeler aux peuples soumis leurs obligations envers l’Égypte.