Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

jeudi 20 décembre 2018

Il faut protéger le Burrows !

Nous sommes le 30 août 1942. Henderson Field est toujours aux mains des marines américains et un transport, l’USS William Ward Burrows a réussi à débarquer les équipes de maintenance et les pièces détachées nécessaires à l’entretien des avions basés sur l’aéroport de Guadalcanal. De plus, le 67ème Pursuit Squadron de l’US Army Air Force a atterri la veille, et les pilotes des Wildcat de la Navy peuvent imaginer souffler un peu. Malgré la pluie qui tombe régulièrement chaque nuit et les conditions de vie difficile, le moral des Américains remonte un peu.
Mais une mauvaise nouvelle attend les pilotes ce matin : l’USS William Ward Burrows a talonné sur les rochers au large de Tulagi et est temporairement immobilisé. Il a certainement été repéré par les Japonais. L’ordre est donné de le protéger d’éventuelles attaques japonaise en attendant qu’il se dégage. Une patrouille de P-400 est envoyée pour protéger l’USS Burrows à basse altitude alors que les F4FWildcat de la VMF 223 les protègent 500 mètres plus haut.

Effectivement, le commandement nippon connait la situation du transport, et s’attend à voir les chasseurs de Henderson Field en protection au-dessus du navire. La mission des pilotes japonais sera simple : trouver les avions américains et les descendre sans pitié !

Après 3 heures de vol, les Zero A6M arrivent à haute altitude au-dessus de Tulagi . L'USS Burrows est rapidement repéré avec la patrouille de P-400 le survolant. Sans attendre, les Japonais se mettent dans les six heures des chasseurs du 67th Fighter Squadron et fondent sur leurs proies sans défense. Les pilotes américains, pour leur première mission n’ont rien remarqué et se retrouvent coiffés par les Zero. Ceux-ci, concentrés sur leur attaque, n’ont pas repéré les Wildcat qui leur foncent dessus depuis leur patrouille haute.

Le début de partie est très rapide, les conditions de placement initial permettent un engagement et des tirs dès le premier tour. Pris en chasse par les Zero, les P-400 se dispersent et essaient de filer par les nuages. Mais les pilotes japonais sont à l’affût et un des P-400 est immédiatement expédié en flamme alors qu’il allait rentrer dans le coton protecteur.


Les Wildcat n’ont pas piqué suffisamment rapidement et se retrouvent légèrement distancés par les chasseurs japonais qui restent collés aux basques des pilotes novices de l’USAAF. De plus ceux-ci commettent l’erreur d’essayer d’engager les Japonais en combat tournoyant…


Dans le feu de l’action et au vu de la forte densité de chasseurs dans un espace aérien très réduit, un premier accrochage entre un P-400 et un Zero a lieu ; les deux avions se frôlent et se touchent. Si la structure de l’Airacobra résiste bien, un morceau de dérive du Japonais se détache et vient heurter le deuxième Zero qui se trouvait derrière lui en couverture, endommageant son moteur. 


Complètement paniqué, le pilote américain, part en vrille et ne peut pas récupérer le contrôle. Il finit par s’écraser en mer.


Les Wildcat finissent eux par arriver au contact des Japonais mais se retrouvent alors en situation d’infériorité numérique assez nette, à six contre neuf. Le dernier P-400, qui s’est enfuit dans les nuages, n’arrive pas (ou ne veut pas ?) en sortir !

Les chasseurs américains lâchent rafales sur rafales, mais la maniabilité des avions japonais est un atout qui leur permet d’éviter quasiment tous les tirs.


Des avions explosent néanmoins en vol de chaque côté, un premier Zero étant détruit rapidement par le Wildcat du capitaine Smith qui menait la patrouille de couverture. Mais Smith ne peut pas éviter non plus la vengeance des Japonais…


Le combat tournoyant s’achève bientôt, les Zero japonais ayant éliminé et dispersé la plupart des chasseurs américains. Le ciel se dégage peu à peu et les avions se croisent et se recroisent.


Un troisième Airacobra pris en chasse par une patrouille de Zero est encore abattu. C’est alors que le dernier P-400 décide alors de sortir des nuages et se retrouve, à sa grande surprise et sans avoir calculé grand-chose, engagé dans une action de poursuite de chasseurs japonais. Ceux-ci essaient eux-mêmes d’achever un Wildcat en feu et à court de munition. La chance des débutants lui sourit puisqu’il peut éviter un tir japonais et réussit à ouvrir son tableau de chasse dans la même seconde.
 

Néanmoins la chance ne sourit jamais trop longtemps et une collision dans la minute qui suit avec un autre Japonais lui arrache l’extrémité de son aile et l’oblige à se replier vers sa base.


Au final, les Japonais doivent se retirer vers leur base de Rabaul, leur niveau de carburant commençant à baisser dangereusement.

Le bilan penche encore une fois du côté du soleil levant. Les quatre P-400 ont été descendus ou sont irréparables, deux Wildcat sont au tapis et un autre est endommagé. Deux Zero ont été détruits en vol et un troisième s’écrasera au sol à l’atterrissage. Les dégâts subis par les autres chasseurs japonais sont réparables. Néanmoins, l’apparition des chasseurs de l’armée de l’air permet de soulager les pilotes de la Navy et ceux-ci continuent à emmagasiner de l’expérience.

De son côté, l’USS William Ward Burrows a réussi à se décoller de son rocher et s’en est allé voguer vers des mers plus accueillantes…

samedi 8 décembre 2018

Adiatuanos, roi des Sotiates




Ses affaires l'avaient rappelé à Rome. Mais avant de quitter la Gaule, Jules César a confié à ses lieutenants la mission de garder un œil vigilant sur les peuples turbulents pas vraiment soumis. C'est ainsi que Labienus est envoyé chez les Trévires, Sabinus et Brutus en Armorique, et Publius Licinius Crassus en Aquitaine. Intéressons-nous à ce dernier. Crassus s'engage donc, à la tête de son armée, chez les Sotiates. Adiatuanos, leur roi, ne l'entend pas de cette oreille.



Laissons la parole à César :
"Publius Crassus était arrivé dans l'Aquitaine, pays qui, à raison de son étendue et de sa population, peut être estimé, comme nous l'avons dit, le tiers de la Gaule. Songeant qu'il aurait à faire la guerre dans les mêmes lieux où, peu d'années auparavant, le lieutenant L. Valérius Préconinus avait été vaincu et tué, et d'où le proconsul Manlius avait été chassé après avoir perdu ses bagages, il crut qu’il ne pouvait déployer trop d’activité. Ayant donc pourvu aux vivres, rassemblé des auxiliaires et de la cavalerie, et fait venir en outre de Toulouse, de Carcasonne et de Narbonne, pays dépendants de la province romaine et voisins de l’Aquitaine, bon nombre d’hommes intrépides qu’il désigna, il mena son armée sur les terres des Sotiates. À la nouvelle de son arrivée, les Sotiates rassemblèrent des troupes considérables et de la cavalerie, qui faisait leur principale force, attaquèrent notre armée dans sa marche, et engagèrent avec elle un combat de cavalerie, dans lequel ayant été repoussés et poursuivis par la nôtre, ils firent tout à coup paraître leur infanterie, placée en embuscade dans un vallon. Ils assaillirent nos soldats épars et recommencèrent le combat". 
Guerre des Gaules - livre III - XX

Nous dressons la table : aux pieds de l'oppidum des Sotiates, les troupes de Crassus sont engagées par les hommes d'Adiatuanos.

La cavalerie gauloise ouvre les hostilités, mais les Légions tiennent le choc
Pendant ce temps, des cavaliers auxiliaires germains tombent sur des Celtes isolés...
...mais un prompt renfort permet aux Sotiates de piéger les cavaliers, et de les détruire

La bataille n'est pour l'instant qu'une suite d'escarmouches, et mérite une vue plus large, qui en embrasse l'intégralité.


En fait, cette partie de DBA avec des figurines 6 mm se déroule au restaurant, entre la poire et le fromage. Le minuscule plateau de 24 cm y a trouvé facilement sa place. La preuve est faite, s'il en était encore besoin : le jeu d'Histoire est transportable partout.

Les légionnaires se ressaisissent, et repoussent les cavaliers ennemis vers leurs lignes
 Les Celtes ont perdu l'initiative, et se regroupent...
...mais les Romains, emportés par leur élan, bousculent leurs adversaires

César écrira : "Le combat fut long et opiniâtre : Les Sotiates, fiers de leurs anciennes victoires, regardaient le salut de toute l'Aquitaine comme attaché à leur valeur. Nos soldats voulaient montrer ce qu'ils pouvaient faire en l'absence du général, sans l'aide des autres légions, sous la conduite d'un jeune chef. Couverts de blessures, les ennemis enfin tournèrent le dos. On en tua un grand nombre, et Crassus, sans s'arrêter, mit le siège devant la capitale des Sotiates". 
C'est effectivement ainsi que s'est achevée notre partie.

samedi 1 décembre 2018

La Belle Poule et L'Arethusa




Le 6 février 1778, la France signe un traité commercial et un traité d'alliance avec les Insurgés américains, provoquant de fait un casus-belli avec l'Angleterre.


L'amiral Augustus Keppel quitte Plymouth avec 24 navires pour surveiller les abords de Brest. Le 17, au large de Roscoff, la frégate française de 28 canons La Belle Poule, accompagnée du lougre Le Coureur aperçoit l'escadre anglaise.








Keppel détache de sa force deux navires pour les arraisonner : la frégate HMS Arethusa et le côtre HMS Alert.


Il est 18h30. Le commandant de l'Arethusa somme aux navire français de le suivre. Devant le refus du lieutenant de vaisseau Chaudeau de la Clocheterie, commandant la Belle Poule, les Anglais engagent le combat.

Nous jouons cette rencontre sur la règle Fighting Sail.

 Menaçants et sûrs d'eux, les navires anglais se dirigent vers leurs adversaires
 L'Arethusa est la première à ouvrir le feu, mais son tir reste sans effet
Les Français ne tremblent pas, et manœuvrent hardiment...
...et s'offrent l'opportunité d'un tir en enfilade sur leur adversaire, trop précipité
Le HMS Alert s'acharne sur le Courreur
Sa première bordée est dévastatrice
Le duel entre les frégates tourne à l'avantage de la Belle Poule
...alors que plus loin, le côtre anglais achève le malheureux lougre français
La Belle Poule se repositionne pour un nouveau tir en enfilade sur l'Arethusa...
...et lui porte le coup de grâce
Triomphante, la Belle Poule rentre au port, pour y penser ses plaies et recevoir des honneurs mérités

Les Anglais ont tiré les premiers, sans peser les conséquences historiques de cet acte funeste. La France peut alors s'engager pleinement dans la Guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique.

 

Nous avons proposé ce petit scénario naval les 1 et 2 décembre 2018 à Plouguern'expo, salon de modélisme à Plouguerneau (29). Il est vrai que le combat entre la Belle Poule et le HMS Arethusa s'était déroulé juste à proximité.

Parallèlement, les amateurs d'antiquité étaient également invités à rejouer la bataille de Leuctres sur notre petite règle d'initiation. En effet, si notre loisir a toute sa place dans une exposition de maquettes, ces dernières, contrairement à celles de la plupart des autres exposants, sont destinées à être manipulées et servir sur des tables de jeux.