Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

lundi 1 novembre 2021

Attaque viking sur l'abbaye de Landévennec

L'activité bat son plein dans la petite cour de l'abbaye de Landévennec.
Les moines vaquent à leurs occupations, aidés dans leurs tâches par la paysannerie des alentours.
Ici certains s’occupent du bétail, d’autres des champs, d’autres encore des potagers et des plantes médicinales.



Cependant la brume du large se dissipe et distraitement les moines jettent des regards en direction de l’île de Tibidy.
Quand soudain… Des voiles ! Des voiles carrées sur des bateaux à tête de dragon !

Depuis le pillage du monastère de l’île de Batz en 878, toute la côte bretonne est en alerte.
Nous sommes en 913, et les Vikings jettent leur dévolu sur l’abbaye de Saint Gwénolé…

Préparés à cette éventualité, les moines et les paysans se regroupent pour assurer la défense du lieu saint.
Certes ils ne sont équipés que de leurs outils de travail, quand ils en ont, mais cela devrait être suffisant en attendant les renforts.

Deux enfants sont envoyés donner l’alerte dans les villages.


Mais déjà les Langskip s’échouent sur la plage et les hordes sanguinaires se lancent à l’assaut du lieu.
Leur soif de richesse n’a d’égal que leur soif de sang versé en l’honneur d’Odin. 
Cette attaque sera dans les Sagas ou ne sera pas !



Rapidement les moines discutent entre eux et se répartissent les récoltes pour les mettre à l'abri. 
Ces biens sont aussi précieux que l’or qui se trouve au cœur de l’abbaye.
Privés du fruit de son travail, la communauté ne pourrait passer l’hiver.



Lancés à vive allure, les hommes du nord se rapprochent déjà des premières habitations.
Ici un four à pain encore en marche (il aura son importance) a été déserté par les paysans apeurés. 



Tandis que les Vikings s’approchent, les moines et les paysans terminent de mettre à l’abri les dernières denrées. 

Sacs de grains, de navets, tonneaux de vins et d’hydromel. 

Les bretons, curieusement, se focalisent d’ailleurs sur ces derniers. On n'est jamais trop prudent.



Soudain des cris retentissent sur la route menant à l’abbaye. Ce sont les renforts ! 
Venus des villages alentour, prévenus par les enfants envoyés chercher quérir de l’aide.
Cette fois ce sont des guerriers qui vont s'opposer aux Vikings. 
Armés d’arcs, de haches et d’épées, ils sont prêts à défendre l’abbaye du pillage et du massacre.


En attendant leur arrivée, les moines forment une ligne de défense à l’entrée du lieu saint.
Armées de crucifix, ces derniers ont juré devant dieu qu’aucun païen ne foulerait de ses pieds crochus le précieux sol de Saint Gwénolé.



Cependant les païens aux pieds crochus ne l’entendent pas de cette oreille. 
Et déjà ils longent les murs de l’abbaye, l’arme au clair, prêts à faire le ménage pour accéder au trésor tant convoité.


Les guerriers bretons se rapprochent également. S’ils manquent de temps pour contourner l’abbaye et s'occuper des Vikings situés sur la gauche, ils sont bientôt à portée de charge de ceux qui arrivent par la droite.
Ils ne passeront pas.


Ça y est, les premières flèches sont décochées. Un chasseur breton audacieux fait mordre la poussière à un archer norman. Le premier sang est versé.
Pris d’une rage folle, les Vikings s’engagent le long de l’abbaye, certains entrent dans le grenier à grain pour se protéger des tirs du chasseur breton, qui semble être un véritable fléau de dieu aux yeux des païens.


Les premiers Vikings bousculent la ligne de défense sur la gauche de l’abbaye. 
C’est le petit jeu du massacre de paysans qui commence. 
Les charges sont dévastatrices, les pauvres bretons, mal équipés et sans entraînement sont tués impitoyablement.


Cependant, à l’arrière des lignes vikings, un petit paysan breton malicieux est sorti d’une maison que
ses adversaires ont oublié de fouiller et, ramassant une torche dans le four à pain, s’en va mettre le feu aux bateaux des envahisseurs, sous le regards médusés de certains normans courant à toute jambe pour empêcher la mise à feu de l’ensemble de la flotte...

C’est le début de la fin qui commence pour les païens...


Car en effet, ces derniers sont stoppés net devant les portes de l’abbaye. 
En surnombre avec l’arrivée des renforts, les moines et les paysans lancent une contre offensive fatale.


Les Vikings tombent les uns après les autres, et même s’ils emportent avec eux bon nombre de bretons, ils restent en infériorité et ne peuvent que fuir.


Devant l’abbaye c’est la délivrance. Cette dernière est saine et sauve. 
Pas une flamme n’est venu lécher son toit de chaume et aucune de ses dalles de pierre n’a été foulée par des pieds païens.

Ce n’est pas aujourd’hui que l’abbaye de Saint Gwénolé tombera.


Historiquement, point de défense pour l’abbaye de Landévennec.
Du peu de traces archéologiques que nous avons, nous pouvons en conclure une chose : l’abbaye fût bien la cible d’une attaque en 913, et fût incendiée à cette occasion.
Des sépultures ont été retournées à la recherche de bijoux et les corps brûlés dans un rite païen.
Les moines, quant à eux, s’étaient enfuis en emportant les reliques de Saint Guénolé et abandonnèrent le lieu au profit d’une nouvelle abbaye, l'abbaye Saint-Walloy près de Montreuil. 

jeudi 9 septembre 2021

La contre-attaque - 9 juin 1944


Voilà trois jours que les Alliés ont débarqué, et l’état-major allemand tente par tous les moyens de juguler l’invasion. Le Grenadier Regiment 914 reçoit l’ordre de contre-attaquer face aux troupes américaines qui progressent vers Carentan.

Nous sommes quelque part à l'ouest de la cité normande. La confusion règne encore et la ligne de front n’est pas bien délimitée. Une avant-garde américaine, venant d'Omaha Beach, a pris position autour d’un carrefour.


Il est désert, mais les GI's entendent bientôt, au loin, des bruits de moteur, puis de chenilles... et des coups de feu éclatent. Rapidement, ils se retranchent aux abords du carrefour et dans une ferme partiellement détruite qui le jouxte. Il faut tenir !


Le lieutenant renvoie une Jeep pour demander des renforts immédiats. Ils ne sont pas loin mais encore faut-il les prévenir.


De  l’infanterie et des blindés surgissent alors de la route à l’ouest : des Allemands  ! Plus de doute, ils contre-attaquent !


Un StuG III, épaulé de grenadiers progresse vers le carrefour.


En face, un Marder I déboule également, mais à vive allure… si bien que l’infanterie ne suit pas. Les GI’s saisissent l’occasion. D'un talus, un tir de bazooka bien ajusté le réduit au silence.


Maintenant que l’ennemi a été repéré, les Américains se réorientent à l'abri des haies pour lui interdire l’accès au carrefour. Les GI's attendent de pied ferme l’assaut.


Les Allemands, échaudés, commencent à les pilonner à distance au mortier.


Harcelés, les Américains se replient mais tiennent toujours la ferme. Ils espèrent des renforts.

Ceux-ci se manifestent finalement. Un Sherman M4 débouche de la route et prend à partie une section de Landsers en terrain découvert. Ils sont dispersés après une tentative de le détruire à l’aide d’un panzerfaust.


A l’approche des renforts, les retranchés s’enhardissent. Ils se rapprochent de la haie où le StuG III est tapis, prenant la route en enfilade. Un tir de bazooka fait mouche. Le blindé explose.


Les grenadiers n’ont d’autre choix que se replier. La contre-attaque a fait “long feu”.

Rien n’empêche désormais les troupes de l'Oncle Sam de pousser vers Carentan où ils se heurteront à des troupes plus coriaces : les parachutistes du 6 Fallschirmjäger Regiment.

dimanche 15 août 2021

Le vol des dragons


D'autres l'appelaient le "sabot volant". Il faut dire qu'il n'était pas franchement beau, le Blohm&Voss BV 138 "Seedrache", autrement dit le "dragon des mers". Cet hydravion au profil particulier avait pour mission d'effectuer des patrouilles maritimes lointaines, afin de repérer des convois ou des navires alliés et de les signaler.

Notre scénario nous porte le 28 juillet 1943. Trois BV 138 patrouillent au-dessus de la mer de Norvège.

Les Britanniques venaient de lancer l'opération "Governor",  opération de diversion simulant une tentative de débarquement allié en Norvège occupée. L'objectif était d'attirer le cuirassé Tirpitz afin de le détruire.

La force "D" est constituée du croiseur léger HMS Belfast, accompagné des destroyers HMS Oribi et HMS Orwel. De plus, les navires sont placés sous la protection de Beaufighter du 404 Squadron de la RCAF, auxquels s'ajoutent des chasseurs Martlet du 890 Squadron basés sur le HMS Illustrious (de la force "A").

Alors qu'ils arrivent juste au contact des navires, les BV 138 sont aussitôt repérés par les Alliés

Les avions alliés se précipitent sur les lents hydravions ennemis...

... laissant la voie libre à un Ju 88 armés de torpilles, qui se rapproche des navires

Les chasseurs sont trop rapides, et sont les proies des tourelles des hydravions...

...alors que le Junker s'approche de ses proies malgré le tir, inefficace, de la DCA

L'Allemand lance une première torpille : le HMS Orwel est détruit

Dans les airs, un BV 138 ajoute à la confusion, et parvient à abattre un Martlet  

Deux nouveaux Beaufighter se joignent au bal

Le Ju 88, toujours isolé, se réaligne sur le HMS Belfast et délivre sa dernière torpille : c'est un échec

Un hydravion est touché, mais n'encaisse que des dégâts légers

Une autre patrouille de BV 138 se joint au combat

La DCA des navires se montre enfin efficace, et abat deux avions allemands

Un Beaufighter engage l'un des BV 138 et l'abat

Les Alliés prennent l'avantage, et "nettoient" le volume autour des deux navires survivants

Les hydravions allemands parviennent à dégager sans compter de nouvelles pertes. Avec un contre-torpilleur britannique coulé, l'opération "Governor" ne commence pas sous les meilleurs auspices. Les Allemands mordront-ils à l'appât ?