Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

mercredi 15 janvier 2020

Pour un cochon de Viking

Le paisible port norvégien...

En cette fin de VIIIème siècle, la paix régnait au Gotaland entre le village de pêcheurs norvégiens du chef Eirikr Le Blanc et celui du clan suédois situé à quelques lieues à l'intérieur des terres.

Mais les fructueuses relations commerciales qui existaient ne sont désormais plus qu'un lointain souvenir, depuis que le fils cadet d'Eirikr a été surpris à batifoler avec la fille du forgeron suédois, à moins que ce ne soit du fait de la vente d'un porc bien trop grippé.
...et le charmant village suédois

En tout cas, chacun s'entend à estimer que cette
histoire de cochon est grave et que seules les armes et la vengeance pourront venir à bout de ce différent majeur. L'affrontement se tiendra donc au solstice d'hiver et chacun a fourbi ses armes et sa tactique pour anéantir les guerriers adverses voire piller leur village. 

L'occasion pour les membres du JHP d'étrenner guerriers et décors fraîchement finalisés et de s'approprier un peu plus la règle Pig Wars et ses adaptations propres au club.

Côté norvégien, le gros des troupes progresse le long de la route ...
... pendant que les archers se pressent vers la droite pour flanquer leurs adversaires
Les suédois quant à eux détachent deux petits contingents sur la route...
... pendant qu'un autre groupe tente un mouvement tournant pour attaquer le village norvégien
 Face à la convergence des troupes norvégiennes devant elle, l'avant-garde suédoise décide de bifurquer et file vers les bois à sa gauche...
... en subissant les tirs des archers du camp opposé
Sur la route, après s'être avancés au devant des Norvégiens, les Suédois optent pour un repli plus ou moins stratégique face à la menace adverse
En réaction à ces manœuvres, Eirick part avec une partie de ses troupes sur le flanc droit pour d'une part contrer la manœuvre des "bondi" suédois, et d'autre part venir s'opposer au groupe s'étant abriter dans les bois
Si la première partie de ce projet est un succès avec l'anéantissement rapide des "bondi" suédois...
... la rencontre dans les bois entre le groupe d'Eirick et les guerriers suédois tournent au massacre à ses dépens. Après avoir vu ses hommes tomber tour à tour, le chef norvégien désormais isolé est lourdement blessé et finit par rendre l'âme
Ignorants du drame s'étant joué dans les bois, les archers norvégiens poursuivent leur harcèlement efficace des troupes suédoises alors que la mêlée semble imminente
Le choc est violent et l'expérience des soldats aguerris suédois leur permet bien vite de décimer les rangs norvégiens
 
Si sur le champ de bataille, une victoire suédoise se profile donc, c'est sans compter sur la perfidie de quelques soldats d'Eirick.

Parvenus au village suédois, ils n'hésitent pas à l'incendier et à massacrer la population pour venger la mort de leur chef.


Le bilan de cette journée est dramatique pour les deux clans et aucun ne parviendra finalement à s'en remettre.


En effet, le raid d'un yarl danois voisin, intervenu quelques jours après cette sinistre journée du solstice, conduira les rescapés des deux camps soit en esclavage, soit au Valhalla, faisant tomber dans l'oubli cette bataille épique.

mardi 31 décembre 2019

Bagaudes !

Rome vacille. En cette seconde moitié du IIIème siècle, les Barbares se bousculent sur ses frontières, de nombreux généraux usurpent le titre impérial, la maladie décime les populations, par ailleurs appauvries par une crise monétaire sans précédent. Dans les campagnes, des bandes se constituent et recueillent toutes sortes de mécontents : paysans ruinés, esclaves en fuite, déserteurs... Les Bagaudes ravagent les campagnes, dévastent les fermes, et détruisent tout ce qui rappelle une administration romaine déficiente.



Notre scénario nous porte quelque part en Armorique lors des premières années de règne de Dioclétien. Des Bagaudes menacent une riche demeure pour la piller.

Malheureusement pour eux, ils s'aperçoivent, trop tard, qu'ils sont attendus.




Nous jouons sur la version 2 de la règle DBA, avec deux armées adaptées. Les Bagaudes disposent ainsi de dix plaquettes de "hordes". Elles détruisent systématiquement les plaquettes de légionnaires qu'elles défont (comme le feraient des plaquettes de "guerriers"). De plus, les Bagaudes n'ont pas de commandant en chef, mais le joueur qui les contrôle peut choisir à chaque tour une plaquette pour bénéficier du bonus de +1 au combat.

Les soldats romains attendent, disciplinés et placides, les brigands désordonnés et braillards
Les Bagaudes n'ont pas de chef, mais semblent sous l'emprise d'une volonté supérieure
Déjà, les premiers groupent déboulent d'une colline 
Les légionnaires forment aussitôt un écran pour protéger le précieux bâtiment
Et c'est l'assaut frontal !
Les auxiliaires romains, sur le côté, accueillent tant bien que mal, le choc
Les Légions, bien que plus puissantes, souffrent d'avantage et sont enfoncées
Si les hordes des brigands ne bougent pas, quelques unités plus légères sont des proies faciles...
...bien qu'insaisissables
Les combats redoublent, apportant leurs premières pertes
Les Bagaudes galopent, les Romains piétinent et finissent par rompre

Les Bagaudes révoltés n'avaient rien à perdre, et ont osé le tout pour le tout. Ils laissent derrière eux ruine et désolation.

vendredi 13 décembre 2019

Bataille de Döbeln, 12 mai 1762



Mai 1762.

La fin de la Guerre de Sept ans est proche, mais personne ne s’y attend vraiment. Frédéric II de Prusse est mis sous pression par les armées autrichienne et russe en Saxe, Silésie et dans la Prusse Orientale, alors qu’à l’ouest de l’Allemagne ses alliés anglais et hanovriens neutralisent les armées françaises. En sous-effectif chronique, à un contre deux au mieux, la seule bonne nouvelle pour lui vient du retrait du conflit des Suédois. Cette reddition lui permet de récupérer quelques régiments qui vont être immédiatement redirigés vers la Saxe. 

 
Cette région, fortement disputée depuis près de sept ans, est encore partiellement occupée par les Prussiens, commandés par le frère du roi : le prince Henri de Prusse. Ce théâtre d’opération est considéré comme secondaire par Frédéric, et Henri de Prusse doit se contenter de régiments de qualité moyenne, et en quantité nettement insuffisante pour pouvoir faire autre chose que de la résistance. L’arrivée de ces renforts est la bienvenue. 

Le prince Henri choisit alors de prendre l’offensive en espérant surprendre les troupes autrichiennes dans leurs cantonnements d’hiver, avant qu’ils puissent repartir à l’offensive. Son choix se porte sur la région de Döbeln, petite ville sur les bords de la rivière Mulder, sur les berges de laquelle les troupes autrichiennes se sont assez fortement fortifiées depuis plusieurs années.

Les Autrichiens ont bâti des redoutes pour protéger les ponts sur la Mulder mais ne s’attendent pas à une attaque. Le 12 mai, à cinq heures du matin les Prussiens lancent l'assaut.


Le général Von Zedtwitz, commandant les forces autrichiennes, est en arrière du dispositif avec ses régiments de cavalerie et ses grenadiers. La surprise est totale et les régiments ne sont pas formés.


La colonne la plus au sud, menée par le général prussien Von Kleist , aborde son objectif la première mais se heurte à une batterie retranchée derrière le pont.


Au nord, la colonne de cavalerie menée par le général Von Seidlitz franchit elle aussi le pont, dragons en tête, pour se heurter à une seconde batterie qui la bloque dans son élan.


Les dragons se lancent à l’assaut des défenses mais ne peuvent les franchir et sont repoussés.

Au centre, la colonne d’infanterie menée par le général Von Stutterheim avance plus lentement. Les bataillons avancent les uns derrière les autres et se font cueillir à la sortie du pont par un bataillon de Grenzer qui s’oppose vaillamment à tous les efforts des Prussiens pour se déployer.

 
Deux bataillons prussiens sont mis en déroute successivement…


… avant que le rouleau compresseur des grenadiers ne s’installe, bien aidés par une batterie prussienne qui prend en enfilade les Grenzer hongrois et les oblige à se replier.

Au nord, Von Seydlitz a réussi à faire charger le bataillon de grenadiers qui accompagnait sa cavalerie. Enragés par les heures passées à manger la poussière des régiments de cavalerie placés en avant-garde, leur avance est irrésistible !

Deux bataillons autrichiens sont mis en déroute, ainsi qu’un régiment de hussards pris totalement par surprise ! Le nord de la Mulder est franchi et la cavalerie prussienne, qui a réussi à se reformer, se prépare à anéantir les Autrichiens en désordre. 


Côté sud, Von Kleist a réussi à faire traverser ses troupes mais il se retrouve coincé sans possibilité de manœuvre, alors que les renforts autrichiens du général en chef arrivent au contact. Sa situation est délicate.


Enfin, la dernière colonne, un peu au sud de Döbeln, a mis plus de temps à traverser la rivière et a déjà subi de nombreuses pertes.


Mais elle peut compter sur le soutien d'un bataillon de chasseurs qui réussit à contourner les retranchements autrichiens, et qui désorganise la défense !

Au même moment, du côté nord de Döbeln, la dernière redoute autrichienne est prise à la baïonnette par l’infanterie prussienne.

Avec la perte de cette batterie, trois des colonnes prussiennes ont passé la Mulder et ont réussi à établir une solide tête de pont. La colonne du général Von Kleist, plus isolée, résiste toujours et a pu neutraliser la majeure partie des renforts autrichiens.

Les bataillons autrichiens sont pour la plupart en déroute et s’enfuient vers le sud, pour rejoindre le gros de leur armée. Von Zedtwitz ne les a pas attendus : il a pris la fuite depuis longtemps…

La victoire est prussienne, même si les pertes ont été plus élevées que prévu !