Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

samedi 7 février 2015

Minden, 1er août 1759

Pendant les deux premières années de la guerre de sept ans, la France, alliée à la Saxe, à l'Autriche et à la Russie est à l'offensive en Allemagne. L'objectif pour les Français est de menacer le Hanovre, appartenant à la couronne britannique.

Les Alliés (le parti Anglo-hanovrien) sont dominés en 1757 par les armées de Louis XV. Frédérick II de Prusse intervient, et défait temporairement les Français à Rossbach le 5 novembre 1757.


L'année 1758 marque de nouveaux succès pour les Français. Le prince Ferdinand de Brunswick, désormais à la tête des armées alliées, est surclassé par le nombre, et refoulé, mais va pouvoir se renforcer progressivement en profitant de la passivité relative de ses ennemis.

En 1759, il est enfin prêt, malgré un rapport de force toujours à l'avantage des Français. Il dispose néanmoins d'un avantage indéniable : une mobilité bien supérieure. Il choisit de frapper à Minden.

 Minden est située sur la Weser, dont le pont, unique dans la région, se situe à l'intérieur de l'enceinte fortifiée. Pour les Français, Minden est la clef de l'invasion du Hanovre.

Burnswick, à la poursuite de l'armée royale, fait avancer le corps de Wangenheim vers Minden sans support immédiat. Le Duc de Contades, à la tête de l'armée française, est retranché dans Minden. Craignant un encerclement, il choisit de se porter sur le corps de Wangenheim, pour se retourner ensuite sur le reste de l'armée ennemie.

Contades fait ainsi une démonstration sur les arrières de Ferdinand pour le leurrer, alors que l'armée française franchit la Weser sur des ponts de bateaux préparés par le génie.  Mais la diversion n'a pas réussi, et les Français se retrouvent face à toute l'armée ennemie. Environ 40,000 alliés sont déployés dans la plaine exiguë de Minden, alors que les Français ne peuvent pas utiliser leur supériorité numérique à cause du faible espace de manœuvre.

Nous avons débuté cette partie sur la bataille de Minden à partir de règles amandées d'Age of Reason.

L'aile de cavalerie en trois lignes avec un total de 30 escadrons ; en arrière, la Gendarmerie de France ; au-delà, on devine les troupes du Chevalier de Nicholaï qui font l'angle de la ligne française
La gauche de Broglie et la droite de Nicholaï, face aux forces de Wangenheim
L'infanterie du corps de Broglie, grenadiers en tête, s'avance vers la gauche de Wangenheim
Le centre allié, appuyé sur les villages du nord. 
Une brigade de cavalerie lourde française se place de manière à menacer le flanc de Von Spörcke
 Le chevalier de Nicholaï fait avancer la brigade Picardie en soutien de Broglie
Alors que le centre allié attend...
Justement, voici Von Spörcken et ses bataillons d'élite

Les alliés s'avancent résolument, sans aucun soutien, vers les lignes françaises. L'artillerie de cette aile a fait taire les canons français, dont une bonne partie n'est constituée que de canons légers. Autrement dit, les Français sont totalement surclassés en terme de bouches à feu dans ce secteur. Les deux lignes de Von Spörcken comprennent deux bataillons de lignes britanniques au moral élevé et à la discipline de feu extraordinaire, ainsi que de bataillons hanovriens.

Une vue d'ensemble du combat
La cavalerie lourde française charge, et subit le feu des Hanovriens

Pendant que la brigade de cavalerie charge, Broglie est au contact avec Wangenheim et prend le dessus, aidé notamment par l'artillerie légère. Les Grenadiers de Wangenheim sont hachés menu, et l'infanterie démoralisée débute son repli. Mais le bataillon le plus à gauche de la ligne de Broglie subit des pertes lourdes face aux canons ennemis et face à deux bataillons de ligne. Cela sans même parler du 4ème bataillon de la brigade Picardie qui subit 50% de pertes et prend la fuite sans demander son reste.

Les cavaliers de Lord Sackville déboulent enfin sur le champ de bataille, avec quelque peu de retard
L'aile droite alliée progresse avec une certaine facilité...
 ... et repousse son adversaire dont l'artillerie fut particulièrement médiocre
 ... alors que l'aile gauche alliée continue de se battre, et se débattre, avec grand peine

 Le rouleau compresseur allié est en fonction
Nicholai est submergé
L'espoir ne repose plus que sur la cavalerie française...
... qui tente le tout pour le tout, sans succès
Un à un, au prix de lourdes pertes, les bataillons français décrochent

Contades doit se replier. Malgré les très lourdes pertes encaissées, l'armée de Louis XV reste toujours la plus nombreuse. La campagne est néanmoins un échec, et les Français débutent leur retraite. Les intérêts anglais ne seront plus menacés en Europe, et ces derniers pourront désormais se consacrer aux possessions françaises outre-mer, notamment le Canada.


dimanche 11 janvier 2015

Bataille de la Saône


Orgétorix était chez les Helvètes le premier par sa naissance et par ses richesses. Ambitieux, il conjura avec la noblesse et engagea les habitants à sortir du pays avec toutes leurs forces, et soumettre les peuples de la Gaule.

Ils se donnèrent deux ans pour préparer le départ, rassembler bêtes de somme et chariots, et ensemencer toutes les terres afin de s'assurer suffisamment des vivres. Ils renouvelèrent également les traités de paix et d'alliance avec leurs voisins.

Orgétorix aspirait en fait à la royauté, mais ce projet fut dévoilé aux Helvètes. Le  jour de son procès, Orgétorix fit paraître au tribunal tous ceux qui lui étaient attachés, ses clients et ses débiteurs. Ainsi, sous la pression, il put se soustraire au jugement. Les citoyens, indignés de cette conduite, voulaient maintenir leur droit par les armes, et les magistrats rassemblaient la population des campagnes, lorsque Orgétorix mourut. Selon l'opinion des Helvètes, il se donna lui-même la mort.

Qu'importe ! Les Helvètes suivirent néanmoins le plan imaginé par Orgétorix, et se mirent en route, après avoir brûlé leurs villes et leurs villages.




Ces mots sont ceux de César. La migration des Helvètes fut pour lui le prétexte pour intervenir en Gaule. Nous sommes en -58, au bord de la Saône.
 
César poursuit : l'Arar (la Saône) est une rivière dont le cours, entre les terres des Eduens et celles des Séquanes et jusqu'au Rhône, est si paisible que l’œil ne peut en distinguer la direction. Les Helvètes la passaient sur des radeaux et des barques jointes ensemble. César, averti par ses éclaireurs que les trois quarts de l'armée helvète avaient déjà traversé la Saône, et que le reste était sur l'autre rive, part de son camp, à la troisième veille, avec trois légions, et atteint ceux qui n'avaient pas encore effectué leur passage.

La cavalerie éduenne, alliée des Romains, fond sur les Helvètes
Les Helvètes tentent de se réorganiser, alors que les Légions approchent
Mais la bravoure individuelle des guerriers ne pèse pas lourd face à l'organisation césarienne
 La cavalerie éduenne balaie tout sur son passage
César lui-même, épaulé par ses cavaliers germains, participe à la curée
Et les Légions bousculent systématiquement les guerriers tigurins
Il ne reste plus que les civils, acculés par la rivière : César a vaincu

César a défait les Tigurins, qui ne composaient que l'arrière-garde helvète. Le gros de leur armée a déjà franchi la Saône. Prochain acte : Bibracte. 

samedi 3 janvier 2015

Le vol du Catalina

La guerre s'était portée sur les rivages de la Méditerranée. L'Italie rêvait d'un nouvel empire, mais s'était heurtée à la résistance des forces britanniques. En février 1941, l'Allemagne décide de soutenir son malheureux allié en dépêchant un corps expéditionnaire pour combattre en Libye et en Égypte : l'Afrika Korps.

Idéalement placée entre l'Europe et l'Afrique du Nord, l'île de Malte a été aussitôt utilisée par les Britanniques pour soutenir les attaques aériennes et maritimes contre les convois de ravitaillement de l'Axe en route pour l'Afrique.

Nous sommes au printemps 1942. Un Catalina revient d'une mission de reconnaissance. Deux Hurricane sont chargés de le recueillir : des patrouilles italiennes sont signalées.

Le Catalina et ses gardiens
Derrière eux, deux Fiat G50 et un MC200 les prennent en chasse...
... alors que deux autres G50 se présentent sur l'avant
Très rapidement, les avions ennemis se rencontrent...
 Le premier passage est favorable aux Italiens
...mais les G50 ne réussissent qu'à couper la route du Catalina, qui poursuit son chemin...
... qui réagit, en nettoyant derrière lui
  La poursuite s'engage
Les Italiens jouent de malchance, et enrayent leurs mitrailleuses
 Devenus inoffensifs, les Italiens devront abandonner la partie, le Catalina rentre sain et sauf à Malte.