Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

lundi 12 juillet 2021

Reinhausen – 17 avril 1809



La Bavière a été envahie depuis peu et l’archiduc Charles, commandant les troupes autrichiennes, marche sur Ratisbonne pour débusquer l’armée française qui est signalée dans les parages. Il s’agit en fait du 3ème corps du maréchal Davout. 


C’est ainsi que le 17 avril, l’avant-garde du II. Armeekorps du General der Kavallerie von Klenau débouche par le Nord sur les hauteurs dominant Reinhausen. La prise de ce bourg lui ouvrirait le pont sur la Regen et la route de Ratisbonne située plus au sud.


Rapidement, les Jägers ouvrant la voie de la colonne signalent des troupes ennemies dans les alentours…

 

Il s’agit de la brigade Guiot (de la division du général Morand). 

Von Klenau ordonne immédiatement d’attaquer la ville, en vue de prendre le pont.

Alerté, Guiot, qui a pour mission d’empêcher tout ennemi de se rapprocher de Ratisbonne, ordonne de déployer ses régiments le long de la rivière, tandis que ses légers achèvent d’investir la ville.

 


En infériorité numérique, le temps joue pour lui :  les autrichiens, progressant sur du terrain difficile et
tardent à se déployer.

Ce sont bientôt deux colonnes d’assaut qui s’élancent sur Reinhausen où les légers sont maintenant bien retranchés.

 




Von Klenau, pour déborder les français, ordonne à sa cavalerie et à ses Jägers de traverser la rivière à guet plus au Nord et de fondre sur les troupes françaises retranchées en les contournant. Derrière suivent deux régiments de ligne allemands.


La conséquence est d’obliger les régiments français à quitter leurs retranchements pour leur faire face. Guiot envoie alors sa réserve d’artillerie pour les soutenir. Il est temps : déjà un régiment cède sous les tirs autrichiens. Un autre suit le même destin… Elle n’aura pas le temps de se déployer : elle est aussi prise à partie par l’artillerie à cheval ennemie qui l’engage de flan ce qui lui cause des dégâts irréversibles.

 



Inquiet, Guiot n’a plus qu’un régiment à envoyer en renfort pour s’opposer à cette manœuvre qui s’avère finalement plus dangereuse que prévue : si elle réussit, la route de Ratisbonne lui sera coupée !


Deux régiments font donc face mais ils sont maintenant opposés aux deux régiments de ligne allemands en plus de la cavalerie et des Jägers qui les engagent de flan.






Assaillis de toute part, ils finissent par capituler. Cette fois, Guiot n’a plus d’autre choix que de se replier : il ordonne aux légers d’abandonner Reinhausen et de repasser le pont. La fin de journée est là et sa mission est accomplie mais ses pertes sont si élevées que le pont sera abandonné dans la nuit.


Le General der Kavallerie von Klenau ne poursuivra que le lendemain matin mais trop tard…

samedi 3 juillet 2021

L'évasion du Guillaume Tell

En 1798, en se rendant en Egypte, le général Bonaparte s’était emparé de l’île de Malte. Aux yeux des Anglais, c’était un coin inadmissible dans leur domination de la Méditerranée. Un blocus de l’île fut aussitôt engagé.

Les défenses du général de Vaubois étaient inviolables, et les Anglais le savaient. Aussi, priver l’île de tout approvisionnement extérieur était le seul moyen qu’ils avaient pour essayer de déloger les Français.

Afin de prolonger la résistance de la garnison, le conseil de défense décida en mars 1800 de faire sortir le Guillaume Tell. À son bord, le contre amiral Décrès devra informer le gouvernement de la situation. Il saura en profiter pour se «débarrasser» des «bouches inutiles» (pas moins de 130 malades)…

La météo, avec un vent de force 6, n'est pas favorable à la navigation et encore moins à la visibilité. Les Anglais ont donc mis en place des patrouilles de corvettes et frégates le long de la côte, se rapprochant dangereusement des forts profitant de l'aveuglement de circonstance des artilleurs français. 


Le Guillaume Tell (vaisseau de second rang, avec 80 canons) attend une accalmie prévue de la météo pour appareiller au nez et à la barbe de ses "geôliers".

A 23h30, l'accalmie annoncée se fait sentir et il se lance.
Il suppose que le dispositif anglais n'a pas évolué, comme les jours précédents où les vaisseaux mouillaient de nuit juste en dehors de la portée des forts.
Sir Edward Berry, capitaine du HMS Foudroyant  (80 canons) et chef du dispositif de blocus en a décidé autrement. Il demande à ses patrouilles de se rapprocher encore de la côte, les corvettes dans l'ouest de La Valette et le HMS Penelope (frégate de 38 canons)à l'Est.
Les billes bleues sont un artifice pour suivre les  navires anglais sans les dévoiler au joueur français tant qu'ils sont hors de vue.


A 00h30, la frégate HMS Penelope aperçoit la masse imposante du Guillaume Tell dans la nuit. 
Elle fait courir dans le vent aussi vite que possible pour prévenir les vaisseaux au mouillage. 



Malheureusement pour elle, sa manœuvre la mit à portée des batteries meurtrières du vaisseau français. Ce dernier avait intégré des portées nocturnes réduites et chargé tous ses canons avec des boulets ramés. Il en résulte une destruction très significative de la mâture de la frégate, mais insuffisante cependant pour l'empêcher de courir jusqu'au HMS Foudroyant.


Avant même que la Penelope le rejoigne, Sir Berry avait vu la formidable lumière provoquée par la bordée du Guillaume Tell et donné l'ordre d'appareiller en urgence. 

Laissant son ancre au fond, le HMS Foudroyant s'éveille et se lance à la poursuite du fugitif. 


Le HMS Vincenjo (sloop de 18 canons dont 16 caronades) tente de se mettre en travers de la route du mastodonte. 


Dans le lointain, le bruit de la canonnade inquiète le capitaine Harrington du HMS Alexander (vaisseau de 74 canons) qui quitte son mouillage à l'Est pour se rapprocher des combats...

Se faisant, il oublie la consigne de Sir Berry de maintenir le blocus sur le port de La Valette. 


Vaillamment, le HMS Vincenjo tire une première bordée, réalise un virement de bord puis en tire une seconde. Le géant ne s'en laisse pas compter et continue sa course jusqu'à le percuter. 

L'intention du joueur anglais était de ralentir le fuyard, mais il avait compté sans l'écart de taille entre les navires, et le résultat a été une percussion dramatique pour le sloop.

A peine le sloop avalé par les flots, les deux géants, le HMS Foudroyant ayant rattrapé sa proie, commencent un échange intensif de bordées. 
Le HMS Lion (vaisseau de 64 canons) avait quitté son mouillage à la lumière des combats et s'est tranquillement placé pour prendre le fugitif en enfilade avec sa première bordée. Le résultat a été au niveau du brio de la manœuvre, perte totale du mât de beaupré et d'une bonne partie de la misaine.

Le Guillaume Tell résiste vaillamment, mais est maintenant aux prises avec deux vaisseaux anglais moins endommagés que lui qui a finalement perdu sa misaine...


Le HMS Lion manœuvre pour rester dans la bataille ce qui lui vaut de se prendre un enfilade arrière.



Profitant de ce que le HMS Alexander a quitté son poste, des navires français et un corsaire espagnol en profitent pour rejoindre le port de La Valette et ravitailler les défenseurs affamés. 








Au lever du jour, le Guillaume Tell ne s'est toujours pas défait de ses poursuivants et devra rendre les armes après que tous ses mâts ont été abattus. 

Il sera capturé et servira sous le nom de HMS Malta dans la marine anglaise jusqu'en 1840.








Ce scénario est fictif, bien que ses acteurs auraient tous pu s'y trouver. Il nous a permis de tester les derniers ajustements de la règle Pavillon du Roy, pratiquée par le club pour les batailles de cette époque.








Sources d'inspiration :
1/ Batailles navales de la France, Tome second (O. Troudé-1867)
2/ Battles of the British Navy, Vol II (Joseph Allen-1852)
3/ Carte des isles de Malte, du Goze, et du Cuming avec les nouvelles Redoutes & Batteries 1715.(Sieur Milcent)

mardi 8 juin 2021

La Saga de Harald Jakobsen



Un petit village près de Lindisfarne se réveille doucement après une nuit agitée par la tempête.
Les paysans commencent à se disperser vers les champs et les pâturages des alentours quand résonne le cor qui signale une attaque imminente.

La plupart n’ont pas le temps de rentrer chez eux quand arrivent deux bandes vikings rivales, assoiffées de butin et de gloire.
Ici chaque camp est composé de 500 points pour la règle Pillage, les troupes se déploient à l’ouest du village, face à face. Le but est d’être la bande qui ramènera le plus de butin à l’issue de la partie. Le butin doit être ramené par le bord de table de son propre camp pour être validé. Les "butins" peuvent être découverts dans les habitations mais les villageois peuvent également être capturés. Les "butins" ont une valeur aléatoire entre 1 et 3 richesses. Les villageois valent 3 richesses.

Le sentier, si paisible au petit matin, va bientôt résonner des pas lourds des hommes en armes.


La tour de guet est abandonnée depuis longtemps et constitue un objectif intéressant pour contrôler la zone de sortie.


Des hurlements résonnent sur les plaines sablonneuses. Un malheureux vient de subir les foudres de la bande du chef viking Harald Jakobsen en subissant le supplice des ailes de sang.


Le reste de la bande se lance vers le village mais prend soin de garder ses deux cavaliers en retrait, aux côtés de deux berserkers assoiffés de sang et de violence.


Pendant ce temps, la bande rivale de Wihlhelm préfère rester groupée. Des guerriers sont envoyés à travers champs pour intercepter les berserkers adverses, sans considérer les cavaliers ennemis restés en retrait.


Quand ils se rendent compte de leur erreur, il est déjà trop tard. Les cavaliers de Harald soutenus par les deux berserkers chargent et les percutent violements.


Les guerriers de Wihlhelm n’ont aucune chance. Il n’y aura aucun survivant.

De son côté, Harald prend position dans le village, envoyant ses guerriers fouiller les maisons des environs. Le butin s’avère plus que correct !


Dans le même temps, Wihlhelm envoie l’un de ses guerriers mettre le feu à une charrette de foin restée au loin, dans l’espoir que le feu se propage aux champs alentour et bloque la chevauchée des cavaliers, enhardis après leur attaque victorieuse.


Malheureusement la tempête de la veille ne permet pas au feu de s’étendre, et c’est un coup d’épée dans l’eau.

Prévoyant son retour avec le plein de richesses, Harald positionne ses deux archers au sommet de la tour de guet abandonnée. De la haut, la vue étant imprenable sur tout le village, ils commencent à faire pleuvoir la mort sur leurs ennemis, pris au dépourvus.


Dans une frénésie meurtrière, la bande de Harald ne fait pas de quartier et s’attaque aux pauvres paysans qui n’avaient pas pu fuir en lieu sûr.


Observant le massacre et en comprenant que tout est perdu, Wihlhelm se lance courageusement dans un face à face avec les cavaliers ennemis, en vain.


Harald Jakobsen vient de prendre possession du village et il était désormais impossible pour Wihlhelm et les siens d’espérer récupérer quelques menues piécettes.

Abandonnant l’attaque et ses mourants, Wihlhelm fit sonner le cor indiquant la retraite.